2002
Le travail humain
Résumés de livres / Book summaries
Amalberti, R., Fuchs, C., & Gilbert, C. (Eds.). (2001). Risques, erreurs et défaillances. Grenoble : CNRS - Maison des Sciences de l’Homme - Alpes. 361 p.
S’agissant des Actes d’un séminaire organisé par le Programme « Risques collectifs et situations de crise » du CNRS, il ne faut guère attendre de ce recueil d’interventions une présentation bien structurée du problème. Au contraire, son intérêt réside en ce que des personnalités très diverses, par leurs points de vue et leurs disciplines, ont essayé de communiquer à un public très divers l’hétérogénéité des approches qu’ils représentent : sociologie, psychologie, informatique, physiologie et anthropologie. Cette hétérogénéité est enrichissante et s’adresse à un très large public. Les publications qui suivront témoigneront sans doute du travail accompli dans l’articulation des points de vue.
Billiard, I. (2001). Santé mentale et travail : l’émergence de la psychopathologie du travail. Paris : La Dispute. 283 p.
Cet ouvrage historique, éclairé par des compétences en sociologie, analyse l’émergence de la psychopathologie du travail à partir de l’entre-deux-guerres, en croisant des données d’ordre économique, politique, social et scientifique. Il décrit d’abord le contexte de l’objectivation du travailleur où la psychologie clinique est en mal de légitimité. Il analyse ensuite la résolution des tensions internes de la psychiatrie, l’apparition des thérapeutiques actives et le chemin parcouru entre la psychiatrie sociale et la psychiatrie du travail. Enfin, il s’achève par les premières fondations d’une psychopathologie du travail : le courant de l’hygiène mentale du travail, une psychopathologie des conditions sociales et l’appel à la psychanalyse. Cet ouvrage s’adresse à un très large public.
Eysenck, M. W., & Keane, M. T. (2000). Cognitive psychology : a student’s handbook. Philadelphia, PA : Psychology Press. 631 p.
Ce manuel s’adresse à des étudiants du second cycle. Il intéressera aussi des non-psychologues désireux de lire un texte abordable sur les connaissances acquises en psychologie cognitive, essentiellement dans le domaine académique. On y verra traités des thèmes très variés : perception visuelle, mouvement, attention, mémoire, connaissances, perception de la parole, langage, résolution de problème, raisonnement, cognition et émotion. Évidemment, les amateurs de francophonie chercheront en vain des auteurs français dans la bibliographie. Pour ce faire, il conviendra de compléter les références avec, par exemple, celles du Traité de psychologie cognitive publié par Dunod.
Yantis, S. (Ed.). (2001). Visual perception : essential readings. Philadelphia, PA : Psychology Press. 431 p.
La collection « Key readings in cognition » de cet éditeur est consacrée à la publication de livres thématiques. Chaque livre rassemble des textes majeurs sur le thème, qui sont choisis pour illustrer à la fois la façon dont le thème s’est développé et la conjoncture actuelle. Celui-ci couvre une longue période de recherches sur la perception visuelle, de 1896 (un texte de Helmholtz) à 1999. Il s’organise autour de six questions : (i) l’encodage des attributs sensoriels élémentaires (ex. : la couleur) (ii) la constance perceptive (malgré les déformations) (iii) l’organisation perceptive (contours, surfaces, etc.) (iv) la reconnaissance d’objets (v) l’attention (sélection des objets pertinents) et (vi) la conscience visuelle. Il trouve ses sources tout autant en psychologie qu’en neurophysiologie. Chaque texte est introduit par l’auteur du recueil pour en situer la portée. Le retour aux textes anciens est une démarche utile pour ne pas tomber dans le piège des interprétations successives et de la déformation des messages. Or, ils sont souvent introuvables. On apprécie également, quand on n’est pas du domaine, la sélection de textes d’actualité qui évite de se perdre dans l’inflation des publications d’intérêt inégal. Cet ouvrage s’adresse bien entendu aux chercheurs et étudiants dont la culture dans ce domaine reste à parfaire.
Matthews, G., Davies, D. R., Westerman, S. J., & Stammers, R. B. (2000). Human performance : cognition, stress and individual differences. Hove, UK : Psychology Press. 398 p.
Sans être un ouvrage de psychologie cognitive ou d’ergonomie, ce manuel sera fort utile à ceux qui veulent se faire une idée des connaissances actuelles en psychologie et des implications du comportement humain dans les situations complexes. Selon ces auteurs, la psychologie de la performance se centre sur la compréhension de la variabilité de l’expression de la compétence selon des facteurs situationnels. Elle met au centre des choses le contexte et les différents niveaux d’explication qu’il implique. Elle est préoccupée de la pertinence de ses élaborations pour l’application. Par conséquent, le champ couvert par ce manuel est conséquent : l’architecture cognitive et ses niveaux de contrôle, l’attention sélective et partagée, la vigilance et l’attention soutenue, la performance experte, l’erreur humaine, le stress, le bruit, les stresseurs physiques, la fatigue et l’énergie de la performance, le style de vie, les différences individuelles, le vieillissement.
Velmans, M. (2000). Understanding consciousness. London : Routledge. 308 p.
Malmené par une quête excessive de réductionnisme, le concept de conscience s’est trouvé relégué aux débats philosophiques et psychanalytiques. De nos jours, il revient au centre d’un plus large débat qui agite les sciences de la cognition, en particulier les neurosciences et la psychologie de la cognition. Max Velmans, tout en produisant une œuvre originale, propose une excellente revue de la question, telle qu’elle se formule actuellement, en s’appuyant sur les découvertes scientifiques récentes. Il offre un réel défi aux positions réductionnistes en montrant comment la conscience s’articule avec le cerveau et le monde physique, en adoptant une position qui n’est, ni dualiste, ni réductionniste, et qu’il qualifie de monisme réflexif.