2002
Le travail humain
Résumes de livres / Book summaries
Cornu, R. (2001). Éducation, savoir et production. Bruxelles : Éditions de l’Université de Bruxelles. 302 p.
Dans la mouvance de l’ « ergologie », cet ouvrage académique propose une réflexion sociologique et historique sur les rapports entre formation, emploi, qualification et compétence. Il traite également du travail comme source de savoir. L’ouvrage s’adresse principalement à des chercheurs en sciences sociales. Son fil directeur reste ténu, mais il est bien documenté.
Crin (Éd.). (1999). Entreprises et compétences : le sens des évolutions. Paris : ECRIN. 222 p.
Ce court fascicule rassemble des contributions courtes et en provenance de plusieurs disciplines, intégrant des interventions d’entreprises, sur le thème des compétences. Les coordinateurs ont eu bien du mérite à trouver une organisation dans cette succession d’éclairs sur des questions variées qui sont bien loin d’aller au bout des choses. On y traite successivement des motivations des entreprises pour s’intéresser aux compétences, de la construction des compétences et des relations entre compétence et activité. Le style de l’ouvrage s’adresse à un public étendu, notamment à des praticiens de la gestion des ressources humaines et de la formation.
Poitrenaud, S. (2001). Complexité cognitive des interactions homme-machine. Modélisation par la méthode ProcOpe. Paris : L’Harmattan. 220 p.
Quoi que certains en disent, il faut bien avouer que la recherche sert quelquefois à autre chose qu’à elle-même. Ce petit manuel, malgré ses apparences trompeuses n’est pas seulement destiné à des chercheurs dans le domaine des interfaces homme-machine, mais aussi à leurs concepteurs et à leurs évaluateurs. Il rend utilisables des recherches menées depuis plusieurs années pour modéliser à la fois les propriétés déclaratives et procédurales des dispositifs informatiques, en débouchant sur des évaluations très pertinentes, susceptibles de réduire la complexité.
Bourrier, M. (Éd.). (2001). Organiser la fiabilité. Paris : L’Harmattan. 237 p.
Le séminaire pluridisciplinaire du programme « Risques collectifs et situations de crise » s’intéresse aux déterminants de la fiabilité des grands systèmes à hauts risques (nucléaire, aviation, etc.). Mathilde Bourrier a coordonné la publication d’un recueil de textes (majoritairement d’origine sociologique) présentés lors d’une réunion sur les relations entre organisation et fiabilité. Elle les classe selon trois grands modes d’approche. La voie de l’ « immersion » est celle de l’action située qui met l’accent sur le rôle des individus (Gras, Moricot, Rochlin, Saglio, Vaughan). La voie systémique met en avant le rôle de l’organisation (Fahlbruch et Wilpert). Elle souligne les difficultés à articuler ces deux approches de niveaux épistémologiques différents. La troisième approche est celle du couplage entre l’organisation et son environnement (La Porte). Malgré son caractère un peu hétérogène, ce recueil donne accès à des tendances marquantes du domaine. Il intéressera tout au temps les chercheurs que les praticiens de la fiabilité.
De Keyser, V., & Leonova, B. (Eds.). (2001). Error prevention and well-being at work in Western Europe and Russia. Dordrecht, The Netherlands : Kluwer. 263 p.
Ce fruit d’une rencontre entre deux équipes de recherche d’Europe occidentale et de Russie sur le thème de la sécurité et de la fiabilité humaine intéressera des chercheurs et praticiens dans ce champ, mais également des acteurs politiques et des juristes. Il montre comment deux traditions, certes différentes quant aux contextes politico-sociaux, ont été complémentaires, en s’appuyant finalement sur une base commune : les théories de l’activité. Elles aboutissent en tout cas à la recommandation de stratégies structurées de prévention et de gestion des erreurs. Les deux parties du livre présentent successivement les deux approches, au travers de théories, de méthodes, de recherches et de pratiques. La conclusion est une bonne tentative d’articulation. Cette entreprise est aussi une occasion pour des chercheurs de prendre conscience des effets des idéologies sur le financement de la recherche qui en détermine grandement le type de résultat.
De Montmollin, M. (2001). Discours sur l’organisation du travail. Paris : L’Harmattan. 139 p.
Un « essai polémique » selon le propre résumé de l’auteur, plein d’humour et d’expressions décapantes. De quoi faire venir l’eau à la bouche de ceux qui ne se prennent pas trop au sérieux parmi tous ceux que ces quelques pages égratignent un peu : la psychologie du travail, la sociologie du travail, les sciences de la gestion, l’ergonomie, rien que cela ! À quoi servent-elles pour une organisation du travail que les organisateurs n’organisent pas si mal que cela sans cette armée de sciences humaines ? Ce livre plaira aussi aux ombrageux qui y trouveront matière à entretenir leurs délires de persécution. Quel délice ! À ne pas citer dans les publications « scientifiques ».