Le travail humain
P.U.F.

I.S.B.N.2130536018
96 pages

p. 93 à 94
doi: 10.3917/th.661.0093

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Volume 66 2003/1

 
Fuller, R., & Santos, J. A. (Eds.). (2002). Human factors for highway engineers. Amsterdam : Pergamon, 325 p.
 
 
Comme son titre l’indique, cet ouvrage vise un lectorat d’ingénieurs des ponts et chaussées. Mais, en tentant une synthèse des travaux d’ergonomie et de psychologie sur la conduite automobile, il permet à d’autres publics d’accéder à une synthèse dans ce domaine. Il suffira alors aux spécialistes de ces disciplines de « sauter » quelques parties un peu trop générales. Les thèmes les plus développés sont les suivants : perception visuelle, erreur humaine, charge mentale, apprentissage, jeunes conducteurs et conducteurs âgés. Des lectures recommandées et une bibliographie abondante permettent d’aller plus loin.
 
MacCarthy, B. L., & Wilson, J. R. (Eds.). (2001). Human Performance in Planning and Scheduling. London : Taylor & Francis, 466 p.
 
 
Bien que l’ordonnancement soit crucial pour la productivité d’une entreprise, peu de recherches ont porté sur l’ordonnanceur humain. À la suite d’une conférence en 1998 (INFORMS/CORS Conference, Human Performance in Planing, Scheduling and Supply Chain Management, Montréal, Canada, 28-30 avril 1998), MacCarthy et Wilson ont considéré opportun de réunir dans un même ouvrage les auteurs internationaux de recherches sur l’ordonnanceur humain. Ce livre, regroupant cinq chapitres, part d’un regard rétrospectif sur l’état de l’art en ordonnancement humain (chap. I), et se poursuit par six études de terrain menées sur la pratique humaine de l’ordonnancement (chap. II). La compréhension de l’expertise humaine permet alors d’introduire et de discuter les problèmes de mise en œuvre d’outils informatisés (chap. III). Ensuite, les auteurs abordent les problèmes d’organisation sociotechnique et leurs incidences sur l’ordonnancement (chap. IV). Enfin, le dernier chapitre, tout en argumentant sur l’intérêt des recherches pluridisciplinaires, avance de nouvelles pistes de recherche (chap. V).
 
Wilpert, B., & Itoigawa, N. (Eds.). (2001). Safety culture in nuclear power operations. London and New York : Taylor & Francis, 332 p.
 
 
La notion de « culture » constitue un défi pour tous ceux – ergonomes, psychologues du travail, sociologues, en particulier – qui veulent dépasser l’approche « micro », sécurisante mais aujourd’hui insuffisante, de la description et la conception des situations à risque. Un défi, car « culture » ne se réfère souvent qu’à une approche « macro » trop vague pour être opératoire sur le terrain. Il faut donc remercier Bernhard Wilpert et Naosuke Itoigawa pour les 19 chapitres consacrés, pour l’essentiel, aux méthodes d’analyse de la « culture de sûreté » dans les organisations à risque, en premier lieu les centrales nucléaires. L’ouvrage est issu de la seconde « International Conference on Human Factors Research in Nuclear Power Operations (ICNPO). ” La première a donné lieu en 1999 à l’ouvrage de J. Misumi, B. Wilpert & R. Miller, chez le même éditeur (Nuclear Safety. A Human Factors Perspective). Après une introduction substantielle, rappelant en particulier les phases progressives des approches : « Technique », « Erreur humaine », « Sociotechnique », et « Relations interorganisations » mises en évidence par Reason, les quatre parties sont chacune précédées d’un sommaire, le tout étant complété par un index précis. La partie I, « Les bases conceptuelles de la culture de sûreté », présente plusieurs approches théoriques. Des grilles d’analyse sont présentées (dont celle de l’incontournable Rasmussen), toujours illustrées par des exemples réels de situations à risque. L’importance des normes et des valeurs est soulignée. La partie II, « La dynamique de la société et les tendances dans les questions de sûreté nucléaire », comporte en particulier des études sur l’impact des dérégulations socio-économiques – aux États-Unis et au Japon surtout – ainsi que les impacts des enquêtes sur l’opinion publique. La partie III, « Le management de la sûreté dans l’énergie nucléaire », présente diverses méthodes de « gestions des risques ». Le plus souvent – mais pas toujours – il s’agit de méthodes d’analyse, incluant les composantes culturelles, conçues à partir de cas réels d’incidents ou d’accidents. La partie IV, « Gestion du personnel et problèmes des postes de travail dans le nucléaire », moins homogène, comporte notamment des chapitres sur la formation des opérateurs, et les connaissances qui leur sont nécessaires, en tant qu’individus ou en tant qu’équipes. On ne peut que recommander fortement la lecture de cet ouvrage à tous ceux qui sont confrontés aux problèmes de « culture de sûreté ». Le recommander en particulier aux lecteurs francophones qui prendront ainsi connaissance d’auteurs (31 au total), et de références, que généralement ils ignorent (ou tout au moins qui sont rarement cités). Auteurs Japonais (de loin les plus nombreux), Américains, Britanniques, Bulgare, Finlandais, Danois... ; un seul Français (A. Colas, d’EDF). À suivre !
 
Karnas, G. (2002). Psychologie du travail. Paris : PUF, 124 p. 
 
 
Cet ouvrage court (coll. « Que sais-je ? ») dresse un tableau très complet des diverses disciplines qu’on identifie sous l’appellation globale de « Psychologie du travail », en intégrant aussi bien les contributions en langue anglaise que les apports francophones. Le chapitre I, Le travail, situe les chapitres suivants, en se focalisant sur le « sens du travail ». Le chapitre II, L’analyse du travail, reprend et situe l’opposition bien connue des psychologues et des ergonomes francophones entre « tâche » et « activité ». Le chapitre III, La psychologie du personnel, concerne la sélection, l’évaluation et la formation. Le chapitre IV, La psychologie des organisations, englobe et compare les études et les applications concernant la motivation, le développement des organisations, le leadership, les équipes, la culture, et le stress professionnel. Le chapitre V, La psychologie ergonomique et l’ergonomie cognitive (dont l’auteur est un expert reconnu), est évidemment plus centré sur les travaux des ergonomes francophones, mais sans oublier cependant le courant américain des « Human Factors ». Les travaux les plus récents sont évoqués, issus en particulier des problèmes posés par les « Nouvelles Technologies de l’information et de la communication », et les compétences requises des opérateurs qui y sont confrontés. L’accent est mis sur la recherche académique, en laissant moins de place aux interventions. Le public visé est celui des enseignants et de leurs étudiants, ainsi que les psychologues, les ergonomes et les sociologues professionnels, beaucoup plus que celui de leurs clients. On peut cependant peut-être regretter qu’il ne soit guère fait mention de l’impact réel des études et des recherches disciplinaires sur le vaste monde des entreprises et des services. Mais c’est là, il est vrai, un sujet encore un peu tabou ! En conclusion : un ouvrage que les lecteurs du Travail Humain se doivent d’acquérir sans tarder...
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