Le travail humain
P.U.F.

I.S.B.N.2130553869
96 pages

p. 285 à 285
doi: 10.3917/th.683.0285

Veille sur la revue
Vous consultez

Volume 68 2005/3

 
Diaper, D., & Stanton, N. (Eds.). (2004). The Handbook of Task Analysis for Human-Computer Interaction. Mahwah, NJ : Lawrence Erlbaum Associates. 650 pp.
 
 
Ce manuel représente une énorme quantité de travail, réalisé par cinquante auteurs. Il est principalement orienté vers des méthodes relativement formalisées d’analyse de la tâche pour la conception et l’évaluation des interactions homme-machine. C’est ainsi qu’il s’adresse plus volontiers aux concepteurs de logiciels interactifs, mais il sera de tout intérêt également pour des ergonomes qui s’efforcent de fournir aux concepteurs des descriptions de tâches d’utilisateurs, sous une forme aisée à utiliser pour la conception. En revanche, la structure de l’ouvrage ne saute pas aux yeux, de sorte que l’accès par l’index ou par les titres des méthodes recherchées sera sans doute le plus utilisé. Chaque partie est toutefois introduite par la liste des résumés des chapitres qui la composent.
La première partie s’intitule « Les fondements ». Elle se propose de fournir une première initiation aux différents aspects de l’analyse de la tâche. Le chapitre introductif définit quelques concepts et quelques principes qui sont appliqués à un protocole recueilli dans le domaine du contrôle de la navigation aérienne. Conforme au sens anglais du terme « tâche », l’analyse de la tâche est présentée comme englobant toutes les méthodes de recueil, de classification et d’interprétation de données concernant la performance (production, mais aussi mode de fonctionnement) de systèmes. Quelques éléments de choix sont proposés autour de quatre questions : l’objectif de l’analyse, la forme finale des résultats de cette analyse, le type de données à recueillir, la méthode à choisir. Le deuxième chapitre présente un exercice simple en mettant le lecteur en situation de concepteur de système. Les trois chapitres suivants de cette partie sont consacrés à la présentation de méthodes classiques : l’analyse hiérarchique de la tâche, procédant par décomposition de buts en sous-buts ; la méthode GOMS, qui est une transposition de l’analyse des temps et des mouvements à l’analyse des activités cognitives ; l’analyse fondée sur des scénarios. Le chapitre suivant compare quelques méthodes, ce qui fournit au lecteur une première base concrète de leur variété. Enfin, la partie se conclut sur une méthode plus particulièrement destinée à l’analyse du travail coopératif assisté par ordinateur.
La deuxième partie est centrée sur les contraintes qu’impose le monde industriel sur le choix des méthodes, pour qu’elles soient praticables. Les contributions sont très variées : la prise en compte des différences culturelles dans la conception d’un logiciel général, la conception d’applications de gestion électronique, l’usage de scénarios d’interaction pour une conception rapide, l’usage d’interfaces aisées à comprendre pour la participation collective à la conception, la conception d’applications de commerce électronique et la conception d’un centre de contrôle de la navigation aérienne.
La troisième partie rend compte de diverses contributions des psychologues à l’analyse de la tâche. Les premiers chapitres replacent le problème dans le cadre de théories de la psychologie cognitive. Ensuite, les thématiques sont très variées : présentation d’une méthode inspirée de la méthode des incidents critiques, d’une méthode inspirée de la méthode d’analyse hiérarchique des tâches, d’une méthode d’analyse des erreurs, d’une méthode d’analyse des enchaînements de tâches, d’une méthode destinée à la conception d’environnements virtuels. Enfin, cette partie se conclut sur la présentation des principes de la théorie de l’activité (Vygotski) qui a beaucoup inspiré les derniers développements méthodologiques dans la conception des interactions homme-ordinateur.
La quatrième partie est concentrée sur des méthodes mises au point par des concepteurs de systèmes informatiques. Le premier chapitre est un mode d’emploi très utile puisqu’il s’efforce d’orienter le choix de l’utilisateur vers la méthode la plus appropriée à ses besoins. Le deuxième chapitre décrit des environnements de programmation pour soutenir l’analyse de la tâche. Le chapitre suivant insiste davantage sur la formalisation de l’analyse de la tâche. C’est ce type d’approche formelle qui permet aux auteurs des chapitres suivants de montrer comment une méthode (TOOD) permet de déboucher très directement sur la spécification des interactions homme-ordinateur et des interfaces. Le dernier chapitre intègre la modélisation des dialogues.
Enfin, comme il se doit, une dernière partie résume les principaux apports du livre et trace des perspectives futures. En particulier, la conclusion souligne le besoin d’une plus grande cohérence conceptuelle dans ce champ (comme dans bien d’autres relevant des sciences humaines...) et d’une « méta-méthode » permettant d’orienter les choix des utilisateurs. Il est certain qu’un ouvrage collectif comme celui-ci ne permet pas d’avancer de façon notable vers une telle intégration. Toutefois, il constituera une référence dans le domaine pour plusieurs années et sa présence dans les bibliothèques des concepteurs de logiciels interactifs et des ergonomes s’impose.
Jean-Michel Hoc
© Cairn.info 2009 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
Cairn.info | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis