Le travail humain
P.U.F.

I.S.B.N.9782130561354
104 pages

p. 307 à 308
doi: en cours

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Volume 70 2007/3

 
C. Chabrol et O. Olry-Louis (Eds.) (2007). Interactions communicatives et psychologie. Paris : Presses de la Sorbonne Nouvelle.
 
 
Le concept de communication est probablement le plus transversal de la psychologie, ce qui en fait son immense richesse mais ce qui, dans le même temps, rend compliquée toute démarche d’exhaustivité. Le livre qui nous est proposé ici est le fruit d’une rencontre entre chercheurs issus de domaines épars de la psychologie. Claude Chabrol et Isabelle Olry-Louis posent d’emblée l’objectif de réunir des perspectives variées d’un point de vue épistémologique, ce qui est très réussi et qui mérite d’être salué.
Mais comment « découper », différencier, regrouper ces approches scientifiques sans trahir la pensée de chacun et de chaque courant ? C’est toute la difficulté du travail d’édition. En ce sens, le choix de cet ouvrage est à la fois intelligent et novateur. La communication y est envisagée à travers trois grandes parties qui s’articulent autour d’une question originale : Analyser les interactions communicatives, pour quoi faire ? » Ce découpage autorise ainsi des regroupements originaux à l’intérieur de chaque partie.
La première partie est un plaidoyer pour une prise en compte de dimensions variées dans l’analyse des interactions communicatives. Plusieurs visions de l’analyse des communications se côtoient, telles que la dimension psycho-socio-pragmatique de la communication, la communication non verbale ou encore la prise en compte de la dimension interculturelle.
La deuxième partie propose un ensemble de travaux sur l’utilité de l’analyse de la communication pour comprendre les modalités d’apprentissage chez l’enfant et l’adolescent. Résolument et logiquement centrée sur des problématiques de psychologie cognitive, cette partie explore de façon pointue comment la communication peut devenir dans le jeu des interactions sociales et de la socialisation un formidable outil d’apprentissage.
La troisième et dernière partie aborde un des plus anciens thèmes de recherche de la psychologie sociale mais toujours aussi moderne, celui de l’influence sociale. Comment la communication, dans ses aspects formels, peut devenir un outil de manipulation et d’influence sociale dans le jeu des interactions sociales. Les travaux présentés dans cette partie sont remarquables de par leur modernité et l’hétérogénéité des approches méthodologiques. On retrouve à la fois des paradigmes expérimentaux classiques et des analyses cliniques qualitatives de dynamiques d’interaction sociale.
En conclusion, cet ouvrage trouve son originalité et sa grande pertinence dans l’ouverture épistémologique et disciplinaire dont il sait faire preuve quant à la question de l’analyse des interactions communicatives. On retrouve dans un même ouvrage des chercheurs et des travaux dans des domaines tels que la linguistique, la psychologie interculturelle, les sciences cognitives, la psychologie du développement, la clinique et, bien sûr, l’approche de la psychologie sociale, et tout cela dans une harmonie « logique ». La communication se prête naturellement à l’établissement de telles passerelles et cet ouvrage fait la preuve de leur légitimité.
Enfin, il est bon de noter que les travaux, les théories et les débats qui sont présentés dans cet ouvrage sont d’un très haut niveau, ce qui le conduit à être réservé à un public averti, et relativement familier des enjeux de la recherche en psychologie.
Patrick SCHARNITZKY,
Université de Picardie - Jules-Verne.
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