Les Cahiers de la Shoah
Les Belles lettres

I.S.B.N.2251694072
216 pages

p. 9 à 11
doi: en cours

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no 5 2001/1

2001 Les Cahiers de la Shoah

Avertissement

Anne Grynberg Catherine Nicault
Après deux années d’interruption, Les Cahiers de la Shoah reparaissent. De nouveau, les textes des conférences prononcées dans le cadre du séminaire sur l’histoire de la Shoah mis en place à l’université Paris I-Sorbonne en 1993, sous la responsabilité du Pr. André Kaspi, sont donc accessibles non seulement aux étudiants et aux chercheurs, à tous ceux qui, depuis des années, suivent fidèlement ce séminaire, mais aussi à un public élargi soucieux d’approfondir ses connaissances et de suivre les travaux qui sont menés en France dans ce domaine.
Le titre retenu pour le présent volume, Survivre à la Shoah. Exemples français, montre bien à quel questionnement se sont confrontées les études publiées ici, selon deux lignes directrices.
Pendant les années noires, tout d’abord : quelles étaient les échappatoires possibles face à la persécution ?
Celle qui semblait la plus accessible fut, sans nul doute, le départ vers la zone dite libre, en tous cas jusqu’en novembre 1942. Éric Alary décrit ces passages clandestins de la ligne de démarcation, la spécificité qu’ils revêtent pour les Juifs pourchassés, la répression qui frappe ceux qui sont repérés, les réussites et les échecs de ces tentatives.
Autre possibilité, autre rêve ? La traversée des Pyrénées pour gagner l’Espagne, terre d’asile au moins provisoire. Bartolomé Bennassar, après avoir rappelé les ambiguïtés du gouvernement franquiste vis-à-vis des communautés séfardites, s’emploie à dresser un bilan historique, démythifié, de ces passages souvent difficiles et du rôle des réseaux qui y contribuèrent.
Au lendemain de la Libération, le groupe juif en France, amputé numériquement, fragilisé psychologiquement, déstabilisé jusque dans sa définition identitaire, doit se reconstruire.
Les responsables institutionnels du judaïsme religieux choisirent-ils de revenir au passé ou bien prirent-ils des initiatives originales afin de redynamiser une pratique rituelle menacée de déliquescence ? L’étude de Claude Nataf analyse éléments de continuité et facteurs de renouveau.
Dans et par la Résistance, le sionisme a acquitté en quelque sorte son « droit d’entrée » dans la communauté juive organisée. Après avoir rappelé la teneur de l’utopie sioniste du « nouveau Juif » depuis la fin du XIXe siècle, puis l’impact de ce modèle dans la France de l’entre-deux-guerres, Catherine Nicault étudie les avancées de l’esprit haloutzique dans les fermes-écoles et les centres artisanaux ouverts pendant la période de l’Occupation et, enfin, la réalisation concrète de ce projet dans un éventuel développement de l’alyah des jeunes Juifs de France après la Libération.
Dans les toutes premières années de l’après-guerre, l’antisémitisme a-t-il vraiment disparu ou, du moins, un interdit pèse-t-il sur son expression publique ? La découverte de l’horreur de la « solution finale » a-t-elle modifié les esprits ou, en tous cas, rendu certains propos tabous ? Telle est la question qu’analyse l’article d’Anne Grynberg.
Survivre physiquement en déjouant la traque, en échappant à l’arrestation et à la déportation. Survivre à la Catastrophe en tant que Juif attaché à la tradition ou en tant que « nouveau Juif » rêvant de se débarrasser des vieux oripeaux de la galout. Survivre dans une France où se côtoient encore les héritiers de Zola et ceux de Drumont… Telles sont les pistes que ce numéro des Cahiers de la Shoah se propose d’explorer.
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