Schlick et Popper.
Signification et vérité
Alain Boyer
Karl Popper a toujours exprimé une grande admiration à l’égard de l’Allgemeine Erkenntnislehre de Moritz Schlick (1918). En revanche, les positions adoptées par Schlick au cours de son séjour à Vienne (1922-1936) ont surtout suscité la critique de l’auteur de la Logique de la découverte scientifique (1934). Le désaccord porte sur la réduction schlickienne de la valeur des théories à des instruments de prédiction, sur la portée du Tractatus de Wittgenstein, sur la théorie du sens et sur la vérité. Popper, dès 1931, refuse absolument le positivisme anti-métaphysique, le « tournant » linguistique et le « principe de vérification ». Le débat sur la base empirique au sein du Wiener Kreis à partir de 1931 est complexe, et l’intervention de Popper comme celle de Schlick sont cruciales. On tente ici d’en faire très rapidement un historique précis.
Popper always expressed his admiration for Schlick’s Allgemeine Erkenntnislehre (1918), but he was much more critical with the positions adopted afterwards by the latter in Vienna. Popper rejected altogether the interpretation of scientific theories as mere instruments for inferring singular statements, as well as the linguistic « turn », the positivistic elimination of metaphysics and of course the “ principle of verification ”. Besides, Popper as well as Schlick were decisive in the famous debate concerning the « empirical basis ». I try to explore very briefly the intricate story of that exemplary philosophical debate.