Gaston Gerger, lecteur de Husserl.
« L’élégance française »
Nicolas Monseu
Gaston Berger, le fondateur des Études philosophiques (1926), a joué un rôle décisif dans l’introduction intellectuelle, mais aussi matérielle et institutionnelle, de la phénoménologie de Husserl en France. À partir de documents inédits et d’une lecture, dès lors renouvelée, de la thèse sur Le cogito dans la philosophie de Husserl, cette étude montre l’originalité de l’interprétation que donne Berger de la phénoménologie husserlienne, ainsi que les réserves qu’il formule à l’égard de certains thèmes : le moi absolu, la tension entre l’intention et l’intuition, sans oublier la réappropriation de la réduction phénoménologique sous le mode d’un détachement. En ce sens, il apparaît, d’une part, que Berger est un représentant typique de la première génération française des « disciples » de Husserl et que, d’autre part, la réception qu’il en fait est déjà révélatrice de problématiques propres à certains phénoménologues contemporains.
Gaston Berger, the founder of Études philosophiques (1926), played a decisive role in the intellectual and also material and institutional introduction of Husserl’s phenomenology into France. Based on unpublished documents permitting a new reading of his thesis Le cogito dans la philosophie de Husserl, this study shows the originality of Berger’s interpretation of Husserlian phenomenology, as well as the reservations he developed with regard to certain themes : the absolute ego, the tension between intention and intuition, not to mention the reappropriation of the phenomenological reduction by means of a detachment. In this sense, it appears, on the one hand, that Berger is a typical representative of the first French generation of « disciples » of Husserl and, on the other hand, that the reception he offered is itself revealing as to the problematics of certain contemporary phenomenologists.
• I. Situation historique et intellectuelle
• II. Une interprétation de Husserl
• III. Les distances prises par rapport à Husserl
• IV. De Husserl à Berger : une question de méthode
• V. Conclusion