Les études philosophiques
P.U.F.

I.S.B.N.9782130534433
144 pages

p. 466 à 482
doi: en cours

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n° 67 2003/4

Voir, regarder, contempler : le plaisir de la reconnaissance de l’humain

Sophie Klimis
Résumé — Aristote a choisi de situer la Poétique dans le lieu conceptuel de la production, et non dans celui de l’action. Il y théorise donc les règles techniques de l’agencement de l’intrigue, et non le rôle éthico-politique de la tragédie au sein de la cité. C’est donc la possibilité même d’une lecture éthico-politique de la Poétique qui doit être construite, en interrogeant ce sériage méta-réflexif. Pour franchir le saut du poiétique au politique, nous proposons ici de travailler la piste médiatrice de la continuité bio-psycho-politique du potentiel cognitif de l’humain. Le point de départ de notre enquête sera le chapitre 4 de la Poétique, où Aristote thématise le lien entre représenter, apprendre et comprendre, en associant la mimèsis au plaisir de la mathèsis. Il nous faudra élucider en parallèle deux continuités : celle des « parties » de l’âme (sensible, imaginative, affective, intellectuelle), et celle des activités de l’humain (le jeu, l’apprentissage, la délibération politique). Le fil qui permettra de les relier sera la construction dans le discours d’une continuité entre voir (horan perceptif), regarder (theôrein pré-discursif) et contempler (theôrein méta-discursif).
• 1.Regarder un tableau : l’appréhension imaginative de la forme
• 2.Contempler une tragédie : la compréhension discursive du général
• 3.La nécessité de la maîtrise poiétique,un contre-poids au hasard de la vie humaine
• 4.Le tragique et le philanthropique, liens des cités
• 5.Conclusion : la continuité bio-psycho-politique du potentiel cognitif de l’humain


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