Phénomène, schème, figure.
L’origine de l’ontologie figurale de Heidegger
[1]
Paul-Étienne Atger
La tension problématique du concept de Gestalt dans la première pensée de l’art de Heidegger indique une autre provenance que celle, implicitement reconnue par Heidegger, de Nietzsche. La première interprétation du schématisme kantien programme le dépassement phénoménologique de sa dissimulation comme « art caché ». Cette phénoménologie de la temporalité originaire, formulée en termes de « schèmes horizontaux », révèle l’échec de ce dépassement, lié à celui de la Seinsfrage. La collusion entre le problème de la liberté et celui du schématisme se résout, au-delà du phénoménologique, dans le motif de la figure, nous conduisant à voir dans le retrait du schématisme un « impensé » de Heidegger, auquel il aura répondu par une surdétermination « onto-typologique » de la finitude du figural.
The problematical tenseness of the concept of Gestalt in Heidegger’s first philosophy of art indicates another source than Nietzsche’s influence, which was implicitly recognized by Heidegger. The first interpretation of Kant’s schematism programs a phenomenological overstepping of its dissimulation as « hidden art ». Such a phenomenology of original temporality, formulated in terms of « horizontal schemas », shows the stumble of this overstepping, related to that of « the question of being ». The connexion between the problematics of freedom and of schematism finds a resolution, beyond phenomenology, in the motif of the figure, leading us to see the withdrawal of schematism as an « unthought », to which Heidegger responded by « onto-typological » overdetermination of the finitude of figurality.
• Premier jalon
• Deuxième jalon
• Troisième jalon
• Conclusions