2006
Les études philosophiques
Analyses et comptes rendus
Alberto Grilli, Vita Contemplativa. Il problema della vita contemplativa nel mondo greco-romano, Brescia, Paideia, 2002.
Cette réédition d’un ouvrage déjà ancien offre l’aperçu de ce que l’école philologique italienne peut proposer de meilleur, aussi bien du point de vue de l’érudition subtile que de l’approche synthétique de vastes pans de l’histoire antique des idées. L’angle choisi à l’époque par l’auteur, à savoir l’introduction, à l’articulation des Ve et IVe siècles avant J.-C., d’une définition spécifique de l’activité philosophique comme essentiellement « contemplative », n’a rien perdu de sa pertinence. En effet, il y a aujourd’hui encore, dans l’examen de cette acception parfois paradoxale de la vie intellectuelle, matière à de multiples explorations critiques.
Le nerf de l’ouvrage consiste en une étude des différentes formes historiques de ce bios theoretikos à la période hellénistique, en particulier dans ses confrontations avec l’autre tentation du sage, le bios politikos et l’insertion active dans la polis. Le paradoxe qui naît de l’articulation de ces deux injonctions contradictoires est souligné dans l’avant-propos ; il est au départ conditionné par l’émergence politique de la structure démocratique, et prend un aspect nouveau avec le déclin de cette dernière. À partir des conquêtes d’Alexandre, l’instabilité générale des conditions d’existence et leur précarité favorise davantage la recherche d’un refuge dans une citadelle intérieure. Parallèlement, la décadence d’un modèle économique fondé sur l’agriculture renforce le désir d’autarkeia ; une ruralité fortement idéalisée devient le modèle explicite de la « vie contemplative », une « vie simple, non pas solitaire, mais éloignée du tumulte démagogique de la cité » (p. 18, nous traduisons).
Grilli propose donc à la fois l’histoire synchronique d’une expression (le bios theorétikos), et l’histoire diachronique des grandes figures philosophiques qui l’ont tour à tour thématisée, voire incarnée. Grilli étudie ainsi avec minutie les glissements de sens successifs de la theoria, de la contemplation religieuse jusqu’à la spéculation rationnelle en passant par la divination, et l’articulation de cette problématique avec celle du genre de vie propre au philosophe – vie publique active, vie cachée méditative. Du point de vue de l’historiographie, il montre comment chaque système philosophique en son temps réévalue sa position vis-à-vis de cette problématique et l’interprète à nouveaux frais.
Un premier grand moment de l’analyse est consacré à Épicure ; ce philosophe constitue en effet un objet privilégié, dans la mesure où il résout la problématique du genre de vie par l’hypothèse d’une incompatibilité absolue entre le bios theoretikos et le bios politikos. En cela, Grilli souligne qu’Épicure est en parfaite adéquation avec le contexte politique et culturel de son époque. Mais cette adéquation vient-elle d’une nécessité intérieure propre à l’épicurisme ? Ou indique-t-elle la nature réactive de cette doctrine, qui proposerait des hypothèses purement polémiques ? C’est là, à notre avis, une question fort pertinente posée à la doctrine épicurienne, dans laquelle cette tension entre une inspiration originale et une volonté de « réaction » est réelle et permanente. Grilli suppose, pour atténuer cette tension, un modèle d’interprétation dans lequel les insertions polémiques appartiennent bien au développement théorique de la doctrine épicurienne, mais visent toujours l’ataraxie selon une finalité essentiellement pratique.
Les suggestions de Grilli sur la conception épicurienne de l’otium ne sont pas d’une grande originalité, et n’apporteront pas grand chose à qui s’est déjà penché sur la question. C’est plutôt dans le chapitre consacré à la philia, et à ses rapports avec la phusikè koinonia des stoïciens, que les riches analyses textuelles de Grilli apportent matière à des réflexions moins datées. On s’intéressera en particulier à l’exposé des différences entre la philanthropia d’Épicure et celle du Portique, la première naissant de l’intérêt égoïste des individus isolés, la seconde étant le prolongement naturel du développement de l’humanité, dès le départ conçue comme une totalité rationnelle.
La position stoïcienne, étudiée dans la partie suivante, est apparemment l’inverse de la position épicurienne. La vie du sage stoïcien est par nature politique ; l’oikeiosis le porte à s’intéresser à la dimension publique de l’existence. Mais Grilli fait remarquer à plusieurs reprises, et avec raison, que dans le stoïcisme également, cet idéal revendiqué entre en contradiction avec une aspiration réelle à l’autarcie et à l’apathie, aspiration qui, comme dans le cas de l’épicurisme, est difficilement conciliable avec une « vie publique ». Chrysippe représente le foyer historique de cette contradiction : il hérite de l’injonction formelle de Zénon à la participation politique, mais tente de la concilier avec l’impératif éthique du détachement. Cette souplesse acquise du modèle stoïcien explique alors pour Grilli sa plus grande fortune culturelle et le relatif déclin de l’épicurisme, jugé dans les milieux romains cultivés trop exigeant par le détachement absolu qu’il impose.
La nécessité de réconcilier ainsi des tendances a priori contraires donne lieu à l’émergence, dans le stoïcisme tardif, et en particulier chez Panétius, d’un courant que Grilli se refuse à qualifier d’hérétique, mais qu’il présente comme « réformateur », qui tente de rapprocher stoïcisme et platonisme. Le modèle de la vie contemplative se nuance à l’infini pour s’accorder à la diversité des cas, et tend vers un équilibre entre vie contemplative et vie pratique, équilibre que Grilli n’hésite pas à rapprocher de l’euthumia démocritéenne ; ce travail synthétique de Panétius va avoir un succès considérable, et ce jusqu’à l’ère chrétienne, puisque Grilli en retrouve trace dans les premiers ordres monastiques.
À partir de la p. 172, Grilli se penche sur les traces, dans la littérature, et surtout dans la poésie, de la prégnance du modèle du bios theoretikos. L’hypothèse qu’il défend alors nous semble quelque peu curieuse – et pour tout dire elle aussi un peu datée : les doctrines philosophiques iraient, à partir de la période hellénistique, vers de moins en moins de technicité et de plus en plus de rhétorique. Le matériel éthique commun qu’elles proposeraient, contaminerait alors progressivement toutes les voies d’expression intellectuelle. L’expansion du modèle de la diatribe s’expliquerait en ce sens par son adéquation à l’expression des tensions propres à l’injonction contemplative. De même pour le trope poétique du locus amoenus, « lieu délicieux », figure à laquelle Grilli attribue une origine non pas « esthétique », mais « psychologique » (p. 187). Nous restons sur ce point assez peu convaincue ; n’y a-t-il pas là une illusion rétrospective, qui incite Grilli à utiliser une hypothèse, fertile mais somme toute limitée, comme grille de lecture universelle ? Grilli nous semble ici victime d’un type d’analyse consistant à fonder sur d’hypothétiques « mentalités » la présence ou l’absence de « concepts » ou de « structures mentales » dans les productions écrites d’une période donnée. P. Vidal-Naquet, G. E. R. Lloyd et J.-P. Vernant ont montré les limites de ce type d’investigations. Dans le cas du locus amoenus, on ne peut réduire cette figure à un fantasme collectif ; mais elle est également motivée sur un plan formel, par la référence à une poétique pastorale liée à des problématiques stylistiques que l’on peut faire remonter, bien au-delà de la période hellénistique, à la poésie archaïque.
On touche là à une limite plus générale de l’angle choisi par Grilli, qui voit dans le bios theoretikos une thématique transversale de la spiritualité hellénistique, traversant les genres et les champs épistémologiques, un locus communis rhetorico. Cependant, ne voir dans les épicuriens et les stoïciens tardifs que des rhéteurs, qui auraient affadi les doctrines initiales et les auraient faites converger vers des topoi poétiques, nous semble quelque peu abusif. La connaissance critique d’auteurs comme Épictète ou Cicéron pâtit encore aujourd’hui de ce type de jugements. De fait, Grilli ne cite chez ce dernier ni le De Finibus ni les Académiques, qui sont bel et bien des textes « techniques ».
La fin de l’ouvrage considère l’émergence du néoplatonisme comme celle d’un nouveau modèle de contemplation, décrite en terme d’apogée ; la theoria est identifiée à une élévation, une progression vers une union mystique mettant en jeu une transcendance plus ou moins substantifiée. Le christianisme hérite de cet infléchissement, et ramène la theoria à sa nature originellement sacrée, refermant en quelque sorte la boucle inaugurée à la fin du IVe siècle. Mais ce retour à une conception religieuse de la contemplation n’est pas un bégaiement ; elle est dissociée du contexte politique qui l’a vue naître, le prêtre n’étant plus pensé comme une figure publique, garante du maintien des traditions et des valeurs de la cité, mais comme un personnage ayant définitivement renoncé au monde.
Au sein de cette longue histoire du bios theoretikos, Panétius, sur qui Grilli revient dans sa conclusion, peut être considéré comme une figure décisive, le seul qui ait tenté de rendre possible un idéal séculaire de vie contemplative. Mais l’authentique theoria platonicienne ne pourra être réalisée que beaucoup plus tardivement, lorsqu’il ne sera plus question de concilier spiritualité et activité, mais de dissoudre absolument l’activité au sein de la spiritualité, dans un monde dont la signification est rapportée à une éternité dont il n’est plus qu’un pâle reflet. Cette tentative de restaurer une continuité de plusieurs siècles à une période de l’histoire des idées décrite le plus souvent en termes de crises et de ruptures n’est pas le moindre mérite de l’ouvrage d’A. Grilli.
Julie GIOVACCHINI.
Alain-Patrick Olivier, Hegel et la musique. De l’expérience esthétique à la spéculation philosophique, préface de Bernard Bourgeois, Paris, Honoré Champion, 2003.
Même si les Cours d’esthétique lui consacrent un nombre de pages respectable, la théorie hégélienne de la musique n’a jamais bénéficié de la caution officielle d’un grand musicien, à la différence, par exemple, de la philosophie de la musique de Schopenhauer qui fut célébrée par Wagner. Certes, Mendelssohn a suivi, à Berlin, les leçons professées par Hegel, et Schumann a fait une recension élogieuse de la partie musicale des Cours d’esthétique lors de leur publication posthume par Hotho en 1832. Pourtant, la théorie hégélienne de la musique de Hegel n’a guère été prise au sérieux, sans doute en raison des préférences esthétiques inattendues revendiquées par le philosophe, qui ignore purement et simplement Beethoven, dénonce le Freischütz de Weber, critique la remise à l’honneur de la Passion selon Saint Matthieu de Bach à la fin des années 1820, mais s’enthousiasme pour le bel canto, incarné notamment par les œuvres de Gluck et de Rossini. La plupart des commentateurs n’ont vu ici qu’une faute de goût, considérant que l’engouement de Hegel pour la musique profane et vocale était du même ordre que son intérêt pour le jeu de whist ou les vins de Bordeaux. Alain-Patrick Olivier montre, en réalité, la signification profonde de ce choix esthétique : la musique consiste, pour Hegel, à incarner la subjectivité au détriment d’un contenu véritablement substantiel. Il est donc cohérent, de ce point de vue, de valoriser une musique légère plutôt qu’une musique s’appuyant sur un thème national ou religieux. Pourtant, à moins de sombrer dans l’insignifiance, la musique, dit Hegel, a besoin d’un contenu poétique intrinsèque, même si celui-ci doit essentiellement renvoyer au domaine des sentiments. Enfin, la prédilection marquée par Hegel pour le spectacle vivant de l’opéra tient à l’importance qu’il accorde à la subjectivité de l’auditeur, considérée comme constitutive de l’œuvre musicale. L’analyse d’Alain-Patrick Olivier est résolument thématique : il n’examine pas la spécificité qu’aurait éventuellement, pour Hegel, le discours spéculatif sur la musique par rapport à d’autres types de discours ni la place de la musique dans l’architecture du système (même s’il rappelle utilement un certain nombre de données sur la conception hégélienne de l’art romantique), mais il propose un tableau général de la conception hégélienne de la musique : quels genres ou quels compositeurs le philosophe valorise-t-il ? Du point de vue de la composition, quelle idée se fait-il de la mesure et de l’harmonie ? Quelles sont, à ses yeux, les conditions du plaisir musical ? On est agréablement surpris de la clarté de l’ouvrage, trop rare dans la littérature hégélienne. La première partie de l’étude présente l’expérience musicale de Hegel, qui apparaît comme un mélomane passionné quoiqu’il ne possède lui-même aucune formation pratique. À Berlin, il fréquente assidûment les soirées musicales organisées par des familles patriciennes comme les Parthey, les Beer (Amalia Beer est la mère de Giacomo Meyerbeer) ou les Mendelssohn, ou encore les concerts publics sur l’évolution desquels l’auteur fait un exposé aussi précis que vivant. Surtout, Hegel montre un enthousiasme inattendu pour les cantatrices alors en vogue comme la Catalani ou Anna Milder-Hauptmann. Les voyages à Vienne et à Paris sont également, pour lui, l’occasion de fréquenter assidûment opéras et salles de concerts. Dans la seconde partie de l’ouvrage, l’auteur rend compte de la théorie de la musique grâce à une analyse minutieuse du texte des Cours d’esthétique mais aussi grâce à la comparaison approfondie de différents manuscrits d’auditeurs. Dans la lignée des travaux d’Anne-Marie Gethmann-Siefert, il confirme la relative infidélité de Hotho à son maître et rend compte de quelques évolutions spectaculaires du philosophe (ainsi l’éloge de la virtuosité instrumentale, qui apparaît précisément à la suite d’une série de concerts donnée à Berlin en 1829 par Paganini). L’auteur insiste, pour terminer, sur ce mystère qui veut que Hegel ne cite en aucune manière Beethoven – fait rendu encore plus étrange, comme le montre A.-P. Olivier à la suite des analyses de Th. Adorno et de C. Dalhaus, par la proximité de la forme sonate telle qu’elle est développée par Beethoven et du principe hégélien de la dialectique. L’hypothèse, en définitive, est que le philosophe est réticent à accepter l’idée d’un art contemporain qui ne serait pas, en quelque manière, formaliste et superficiel – et, paradoxalement, en cela même digne d’estime. Les analyses s’appuient ici de part en part sur l’information érudite externe au système, ce qui leur confère une extrême crédibilité. Il aurait cependant été intéressant de montrer en quoi les résultats obtenus coïncident aussi avec des principes théoriques énoncés dans d’autres parties de l’œuvre de Hegel.
Gilles MARMASSE.
Marcel Gauchet, La condition politique, Paris, Gallimard, « Tel », 2005.
Ce livre réunit onze essais rédigés entre 1976 et 2005, dont deux inédits. Gauchet y défend la thèse que notre condition politique est la condition originelle de l’humanité et que ses multiples avatars, du refoulement à sa disparition annoncée, ne sont en réalité que des modes d’être du politique.
On dit parfois des Sauvages qu’ils ignorent la dimension politique, régis qu’ils sont par le religieux, et de nous que nous l’avons quittée : à rebours de ce cliché, Gauchet montre la permanence du politique dans les sociétés humaines les plus diverses, au travers d’un parcours historique des plus édifiants. Dans « La dette du sens et les racines de l’État », il explique comment le religieux a structuré la société en lieu et place du politique. Mais ne nous y trompons pas : c’est le premier qui a permis l’émergence du second, en affermissant la croyance que c’est à une extériorité (d’abord aux dieux, puis à l’État) que nous devons ce que nous sommes. Ce concept d’une dette originelle est essentiel pour asseoir l’idée d’une unité dans l’évolution des structures sociales. Mais « unité » ne signifie pas « continuité ». L’intérêt de la démarche de Gauchet est de montrer les limites des interprétations téléologiques : le surgissement de la « nouveauté » – on a, bien entendu, toujours affaire aux mêmes structures anthropo-sociales fondamentales comme le montre le concept de dette longuement développé – est toujours probable, jamais nécessaire. La logique interne d’un processus ne saurait signifier absence de contingence entre ses séquences.
Cette unité se retrouve à l’époque moderne. Gauchet montre que si l’émergence du concept d’État ne va pas sans une autonomisation métaphysique des communautés humaines, celle-ci doit toutefois se comprendre comme une redéfinition religieuse du politique plutôt que comme une disparition pure et simple du religieux en tant que structure sociale fondamentale. Il y a, dans le XVIe siècle finissant, « une captation de la religion par l’État » lors de même de la séparation des deux ordres divin et terrestre. Cette religiosité de l’État se lit dans sa mission qui engage non seulement le « salut » de l’ensemble de la collectivité, mais aussi le divin ( « ce qui est fait pour l’État est fait pour Dieu » ). Il n’en reste pas moins que l’émancipation du temporel s’accompagne d’une éclipse politique du religieux qui, par contrecoup, remet en question la transcendance de l’action politique. Cette sortie du religieux place les sociétés devant un problème jusque-là inexistant : il faut redéfinir les rapports de la société civile avec l’État. Après le moment contractualiste qui les identifie autour du concept de souveraineté, le libéralisme d’un Constant vient les dissocier ; sa Liberté des Modernes, en affermissant la suprématie de la première, inaugure un moment crucial de la modernité et fournit à la contemporanéité un de ses principaux traits. C’est ainsi que dans nos sociétés actuelles le droit vient se substituer au politique. Voici venu le « sacre » de la politique, sacre qui en réalité la dessert plus qu’il ne la consacre, notamment parce qu’il s’accompagne d’une perte de la dimension sociale-historique, c’est-à-dire de notre condition historique dont le XIXe siècle, avec Hegel, nous faisait prendre conscience.
La leçon de Gauchet se veut pourtant optimiste. Révéler les effets négatifs de la disparition, de la « secondarisation » ou de l’absorption du politique est une manière d’en montrer la permanence. Au premier plan des affaires humaines à l’époque moderne (bien que divergents, le contractualisme d’un Rousseau par exemple et le libéralisme d’un Constant se rejoignent dans l’affirmation explicite du primat du politique), relégué au loin avec l’émergence du concept de société, le politique est en effet toujours présent. Si Gauchet s’astreint à en montrer les multiples visages, ceux qu’il a revêtu au cours de l’histoire, c’est pour nous inviter à sortir du fatalisme régnant, un rien mondain – le politique est mort, assumons notre condition post-politique. Gauchet reconnaît aux théories du droit politique le mérite de nous donner raison d’espérer, car de leur insuffisance à rendre compte du cadre où elles s’appliquent, naît la nécessité de recourir au point de vue politique. Reste alors à en repenser les modalités nouvelles, au cœur du défi européen et de la conciliation malaisée entre nations et civilisation à laquelle nous nous trouvons acculés (cf. « Le problème européen »).
La condition politique a le mérite de replacer le débat sur des bases saines en insistant notamment sur l’idée que la permanence du politique ne signifie pas pour autant sa présence continue sur le devant de la scène. Il est bien plutôt ce qui, d’une manière ou d’une autre, « tient les sociétés ensemble ». Le lecteur reste néanmoins parfois sur sa faim lorsqu’il s’agit de comprendre comment le politique « tire les ficelles » d’un jeu dont on n’a pas toujours ni les règles ni les tenants et aboutissants.
Soumaya MESTIRI.