Les études philosophiques
P.U.F.

I.S.B.N.9782130566991
144 pages

p. 323 à 341
doi: 10.3917/leph.083.0323

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n° 86 2008/3

Le visage du divin : la forme pure selon Alexandre d’Aphrodise

Gweltaz Guyomarc’g
Résumé — Dans son De anima, Alexandre d’Aphrodise identifie l’intellect agent au premier moteur et décrit cette « cause première » comme forme sans matière et séparée. Cet article tente de mesurer l’écart qui se creuse sur ce point entre le Philosophe et son Exégète. Le premier moteur n’est jamais défini par Aristote comme forme et la détermination primordiale de son être est l’acte. Comment Alexandre, réputé pour sa fidélité à Aristote, peut-il soutenir une telle thèse qui semble dangereusement proche du platonisme ? On essaie de montrer ici que cette description du premier moteur comme pur visage (eidos) n’est pas un accident de la pensée alexandrinienne et qu’elle touche aussi bien à sa théorie de la connaissance qu’au cœur de sa métaphysique. Abstract — In his De anima, Alexander of Aphrodisias identifies the active intellect with the first mover and describes this « first cause » as an immaterial and separate form. This article aims at explaining to what extent, and why Alexander differs from Aristotle on this point. Aristotle never defines the first mover as a form : he claims that its being is actuality. How could Alexander, who became famous as « the Commentator » par excellence, assert a thesis that seems so dangerously close to Platonism ? I intend to show that this description of the first mover as a pure « visage » (eidos) is not an accident in Alexander’s thought and that it is linked up with his epistemological conceptions as well as with his metaphysics.
• Le Premier moteur comme acte : Aristote
• Des formes abstraites à la forme pure
• Ce que fait la forme pure


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