Ce numéro ou un abonnement.
Ajouter au panier Ajouter au panier - Les Tribunes de la santé| Les Tribunes de la santé 2009/2 (n° 23) | 35 € |
Versions papier et électronique : le numéro est expédié par poste.
Il est également accessible immédiatement en ligne.
| Abonnement 4 numéros 2013 | 113 € |
Tous les numéros en ligne sont immédiatement accessibles.
ATTENTION : cette offre d'abonnement est exclusivement réservée
aux particuliers. Pour un abonnement institutionnel, veuillez
vous adresser à l'éditeur de la revue ou à votre agence d'abonnements.
Recevez des alertes automatiques relatives à cet article.
S'inscrire Alertes e-mail - Les Tribunes de la santé Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezMonsieur Bovary, c’est moi !
AuteurSerge Cannasse du même auteur
Médecin généraliste de formation, a d’abord exercé dans des centres de prise en charge de patients toxicomanes avant de devenir photographe portraitiste et rédacteur pour la presse et les agences de presse de santé. Il anime le site Carnets de santé (www.carnetsdesante.fr).contact : serge.cannasse@wanadoo.frL’argument de Madame Bovary, le chef-d’œuvre de Flaubert, est connu. Insatisfaite de la vie qu’elle mène auprès de son époux, obscur officier de santé dans la région de Rouen, et aspirant à une existence transfigurée par l’amour, une jeune femme devient adultère par deux fois mais, abandonnée par ses amants, se suicide. À sa sortie, en 1857, le roman fait scandale et vaut un procès à son auteur : exposer la volupté d’une femme mariée est immoral. Flaubert gagne. Son livre a un succès immense[1] [1] G. Flaubert, Madame Bovary, Présentation par Bernard Ajac,...
suite. Bien qu’il ait depuis longtemps perdu son aura de scandale, il continue de fasciner d’innombrables lecteurs. Emma, son personnage éponyme, est devenu un mythe qui semble réfléter la puissante aspiration contemporaine à mener sa vie jusqu’à l’extase de l’accomplissement de soi, mais aussi une de ses déviances (le fameux « bovarysme ») : l’attente de l’événement décisif, pleine de rêveries et de déceptions, dans un environnement dépourvu de tout lyrisme. Comme Don Quichotte, son illustre prédécesseur, Emma est malade de littérature.
2 Face aux déploiements qu’autorise le personnage de madame, le mari ne peut faire que pâle figure, du moins pour la plupart des commentateurs, d’autant que son métier d’officier de santé est fortement déprécié, aujourd’hui encore, dans l’imaginaire médical, et sert de repoussoir à toute idée d’organisation des soins de ville par les pouvoirs publics[2] [2] D. Tabuteau, « L’avenir de la médecine libérale et...
suite. Créé au début du XIXe siècle pour couvrir les besoins en soins de la population, encore très majoritairement rurale, par des laïcs, les officiers de santé faisaient des études plus courtes que celle du « vrai » médecin. Ils n’avaient le droit d’exercer que dans le département où ils avaient obtenu leur diplôme[3] [3] P. Hassenteufel, Les médecins face à l’État, Presses...
suite. En général d’origine modeste, ils appartenaient à la toute petite bourgeoisie des bourgs campagnards. Même là, ils ne faisaient pas partie des notables, comme le montre dans le roman l’épisode où le village accueille le substitut du préfet : Charles Bovary n’est convié à aucune place d’honneur.
3 Après que leurs effectifs ont constamment diminué, ils ont disparu à la fin du XIXe siècle, à l’issue du combat mené contre eux par le corps médical, qui les accusait d’incompétence. Effectivement, dans le roman, Charles Bovary commet l’erreur grossière de vouloir réparer un pied bot dont jusque-là son propriétaire s’accommodait très bien, ce qui aboutit à une catastrophe : le docteur Canivet doit amputer le pied qui s’est gangrené.
4 Fils et frère de chirurgiens de renom, Flaubert est supposé partager leur mépris à l’égard du métier de Bovary, qu’il aurait choisi pour accentuer son côté falot. Il faut cependant noter deux choses. D’une part, la grave erreur de Charles vient de ce qu’il s’est aventuré sur le terrain de l’innovation scientifique, qui n’est pas le sien. Il cède ainsi aux insistances de sa femme, Emma, et de Homais, le pharmacien, dotés de l’ambition dont il manque tant et lui faisant miroiter le prestige de celui qui apporte le progrès, maître mot de l’époque. Comme lui explique pourtant Homais lui-même, qui n’en est pas à une contradiction près, l’objet des soins dont s’occupe l’officier de santé est la plupart du temps fait de « peu de choses graves, rien de spécial à noter ». Ce qui n’empêche pas Bovary de pratiquer au besoin quelques gestes chirurgicaux simples, et le plus souvent avec succès, comme réduire la fracture à la jambe de celui qui deviendra son beau-père.
5 L’officier de santé Bovary n’est donc pas aussi incompétent que l’affirment les « vrais » médecins et les critiques littéraires à leur suite. Il faut d’ailleurs noter l’ironie cruelle de Flaubert à l’égard du prétentieux docteur Canivet quand, pour tenter de sauver Emma, celui-ci doit se résoudre à faire appel au grand docteur Larivière qui, lui, « plein de cette majesté débonnaire que donnent la conscience d’un grand talent, de la fortune, et quarante ans d’une existence laborieuse et irréprochable », n’a nul besoin de mépriser qui que ce soit.
6 D’autre part, le professionnel Charles Bovary est apprécié de la population, même après l’épisode du pied bot, puisqu’il continue à être demandé. Cela tient en bonne part à sa façon d’être avec les gens, qui « le chérissaient parce qu’il n’était pas fier […] et inspirait de la confiance par sa moralité ». Au risque de froisser la susceptibilité de nombreux praticiens contemporains, cela ressemble beaucoup à l’exercice actuel des médecins généralistes, dont une bonne part des consultations est faite de troubles mal répertoriés par l’université, quand elle s’en soucie, et dont les professionnels jouissent d’une excellente réputation dans la population générale. La sociologue Marie Jaisson tient même pour homologues les places de l’officier de santé d’autrefois et du médecin généraliste d’aujourd’hui[4] [4] M. Jaisson, « L’honneur perdu du généraliste »,...
suite. Ainsi, c’est au spécialiste que celui-ci se compare, pour ne pas dire se mesure, comme autrefois l’officier de santé au médecin. Aux traits déjà notés, elle ajoute qu’il est souvent d’origine plus modeste, qu’il exerce plus volontiers dans les campagnes alors que le spécialiste s’installe de préférence en ville, qu’il est en grande partie tenu pour responsable des gâchis économiques de la médecine contemporaine, parce qu’il prescrirait trop et pas toujours à bon escient, et enfin que sa discipline n’est guère scientifique, ne donnant lieu qu’à peu de recherche. Quitte à être féroce et sans doute injuste, on peut rajouter à ce tableau la concurrence des pharmaciens, comme l’apothicaire Homais qui reçoit en cachette dans sa boutique et réussira à évincer tous les remplaçants de Bovary après la mort de celui-ci.
7 L’important est de s’arrêter sur le paradoxe fait du manque de prestige des officiers de santé et de la réalité des services qu’ils ont rendus à la population des campagnes. En cela, ils ressemblent effectivement aux médecins généralistes, la toute fraîche reconnaissance dont ces derniers font l’objet dans les textes officiels et dans les déclarations politiques ayant du mal à se concrétiser dans les faits. On peut même élargir ce paradoxe à la plupart des activités humaines qui ont pour objet le souci d’autrui, c’est-à-dire le « care » anglo-saxon, récemment traduit avec bonheur par le vieux terme de « sollicitude »[5] [5] F. Brugère, Le sexe de la sollicitude, Seuil, 2008. ...
suite. Les féministes américaines ont bien souligné ce contraste entre la nécessité impérative de ces travaux besogneux, attentifs, domestiques ou réservés aux femmes quand ils sont professionnels, et leur manque de prestige et leur obscurité[6] [6] J. Tronto, Un monde vulnérable, La Découverte, 2009. ...
suite. Doit-on rapprocher cela de la féminisation en cours de la médecine générale ? et du fait que pour beaucoup de commentateurs du roman de Flaubert, l’homme du couple, c’est Emma ?
8 Une objection vient immédiatement à l’esprit : s’il faut accorder un peu plus d’estime au métier de Charles, pourquoi alors Flaubert a-t-il doté son personnage d’un caractère aussi peu enviable ? Son intelligence est limitée, il peine à l’étude. Son horizon est étroit ; comme on l’a vu, il manque d’ambition. Il est influençable ; il se laisse distraire et doit s’y prendre à deux fois avant de décrocher son diplôme d’officier de santé. Peu cultivé, il s’endort sur son seul livre, un précis de médecine. Ses manières sont rustres, dès l’enfance, ce qui lui vaut les moqueries de ses camarades et le dédain de sa femme. Sa mère le domine, il se laisse harceler par sa première épouse et la seconde, Emma, qu’il adule, le berne facilement. Les dettes de celle-ci s’accumulent et, après sa mort, le conduiront à la ruine. Charles Bovary a donc tout pour être un personnage inconsistant, un de ces faibles sur lesquels aiment se pencher les psychologues en invoquant la mère abusive et le père flambeur et absent ou un des ces médiocres qui font le malheur de leur entourage et le bonheur des moralistes. C’est d’ailleurs ainsi que la postérité l’a le plus souvent repris, dans les adaptations cinématographiques du livre ou dans les romans qui se sont placés dans sa lignée[7] [7] A. -M. Baron, « Charles et ses images. Flaubert, Traductions/ Adaptations »,...
suite. Sa réhabilitation a parfois été tentée. Il a, par exemple, été imaginé comme une espèce de maître d’œuvre lucide, compréhensif et complaisant des plaisirs de sa femme, jouant de sa bonhommie pour abuser jusqu’à son auteur !
9 Il est probable que Flaubert aurait trouvé cela ridicule et vain. À l’égard de ses personnages, il éprouve le double sentiment de la colère devant le gâchis de leur vie (« bourgeoise », écrit-il à Louise Collet[8] [8] Cité par B. Ajac (cf. note 1). Voir également sur le site...
suite, ce qui suffit à plus d’un critique pour les marquer d’infamie), mais aussi de la compassion, comme tout grand écrivain. Il ne les condamne ni ne les méprise. Son ironie est cruelle, jamais méchante. Elle n’épargne personne, pas plus Bovary que les autres personnages[9] [9] O. Pamuk, Conférence prononcée à l’université de Rouen...
suite. Charles Bovary est terne ou, en reprenant le titre d’un ouvrage du philosophe François Julien, fade[10] [10] F. Julien, Éloge de la fadeur, Editions Philippe Picquier,...
suite. Occupé à mener une vie banale du mieux qu’il peut, il est un homme du commun, complètement étranger à cette sensibilité à soi qui est tenue pour signer l’individu moderne. C’est bien ce que lui reprochent ses détracteurs ou ce que gomment ses sauveurs. Ils oublient que le livre commence et finit avec lui. Madame Bovary, c’est l’histoire de l’événement qui sortit de l’ordinaire Charles Bovary, officier de santé à Tostes puis à Yonville-L’Abbaye, « aux confins de la Normandie, de la Picardie et de l’Île-de-France ». Ils oublient que Charles Bovary est un personnage littéraire et même, pour Flaubert, un « type » : un personnage chargé de réalité, mais que l’on ne rencontrera pourtant jamais dans la « vraie vie ». Le roman n’est pas plus l’histoire de madame que celle de monsieur. Il est « une œuvre surtout de critique, ou plutôt d’anatomie », écrit Flaubert, d’abord celle d’un couple et de leur milieu, mais aussi de soi. « Le cœur que j’étudiais, c’était le mien. Que de fois j’ai senti à mes meilleurs moments le froid du scalpel qui m’entrait dans la chair ! »[11] [11] Cité par B. Ajac (cf. note 1). ...
suite
10 Deux histoires et deux personnages enchâssés l’un dans l’autre : les rêveries d’Emma, le prosaïsme de Charles ; l’exaltation de l’une, la placidité de l’autre ; la prolixité de l’imagination, la pauvreté de la trivialité ; les aventures et la routine. En somme, le sentiment aigu de sa singularité et le banal de la vie quotidienne. Contrairement à la légende, Flaubert n’a jamais dit : « Madame Bovary, c’est moi ! » L’aurait-il fait qu’il aurait pu ajouter : « Monsieur Bovary aussi, et tous les autres. »
11 Le roman s’est construit contre le lyrisme spontané de l’auteur, qui imprègne son œuvre précédente, La Tentation de saint Antoine, dont ses amis Maxime du Camp et Louis Bouilhet lui feront voir, avec raison, qu’elle est ratée[12] [12] G. Flaubert. Œuvres complètes. Seuil, coll. L’intégrale,...
suite. Ce sont eux qui l’ont obligé de choisir un sujet « terre à terre », qu’il trouvera dans un fait divers. Il suffit de jeter un coup d’œil aux manuscrits du roman pour prendre la mesure de l’ampleur du travail accompli, de la difficulté de la tâche, de son caractère souvent fastidieux pour aboutir à cette plongée dans la matérialité du réel qui fascine tous ses lecteurs[13] [13] « L’Atelier Bovary », Centre d’études Gustave Flaubert...
suite.
12 Comment alors ne pas penser que le couple Bovary est un écho de Flaubert lui-même ? Et que le choix d’un officier de santé est certes influencé par sa parenté, mais qu’il correspond tellement bien au travail de l’auteur, ce qu’indiquent les fréquentes métaphores médicales qu’il emploie pour parler de l’écriture ? Comme l’officier de santé, l’écrivain s’efface et se livre à un travail souvent laborieux et terne[14] [14] Entre autres : G. Genette, Figures I, Seuil, 1966 ; J. ...
suite.
13 Iris Murdoch prétend que tout humain est un « artiste littéraire » : « Les modes littéraires sont très naturels pour nous, très proches de la vie ordinaire et de la manière dont nous vivons en tant qu’êtres réflexifs. […] Quand on rentre à la maison et raconte sa journée, on met de façon artistique un matériau dans une forme narrative. […] Nous employons constamment le langage pour extraire des formes intéressantes d’une expérience qui semblait peut-être originairement sans intérêt ou incohérente. »[15] [15] Citée par J. Bouveresse, La connaissance de l’écrivain. ...
suite Pour la suivre, il faut évidemment se débarasser d’une conception périmée de l’art, mais encore suffisamment séduisante pour que les professionnels du marketing en tirent un parti remarquable : celle qui l’assimile à l’inspiration fulgurante d’un être élu par le destin sinon par les dieux, proche de vérités éternelles qui ne peuvent se révéler qu’au travers d’une existence chaotique, malheureuse ou comblée par les dieux[16] [16] J. -M. Schaeffer,
suite
14 Or, l’artiste est un travailleur bien avant d’être éventuellement un inspiré. Vient ensuite le débat que mène chacun sur la nécessité ou non de se retirer de la vie pour se consacrer à sa discipline. Flaubert avait tranché en se consacrant uniquement à l’écriture. Charles Bovary ne s’est certainement jamais posé la question. Pourtant, il est possible de dire que, comme tout praticien de santé, il se consacrait à son art, sans s’y sacrifier.
15 Si Iris Murdoch a raison, chaque humain a du Flaubert et donc du Charles Bovary en lui : livré à la routine des jours sans éclat, il tâche d’en être l’auteur. Il est vrai qu’elle ajoutait ailleurs : « Vous pouvez connaître une vérité, mais si elle est un tant soit peu compliquée, vous devez être un artiste pour ne pas l’énoncer comme un mensonge. »[17] [17] « L’Atelier Bovary », Centre d’études Gustave Flaubert...
suite
Notes
[ *] Officier de santé was originally a Revolutionary expression intended to replace the “elitist” term médecin. In Flaubert’s time it was used as a derogatory name for doctors, usually rural, with inferior qualifications.
[ 1] G. Flaubert, Madame Bovary, Présentation par Bernard Ajac, Garnier-Flammarion, 2006.
[ 2] D. Tabuteau, « L’avenir de la médecine libérale et le spectre de Monsieur Bovary », Droit social, n° 4, avril 2009.
[ 3] P. Hassenteufel, Les médecins face à l’État, Presses de Sciences Po, 1997.
[ 4] M. Jaisson, « L’honneur perdu du généraliste », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 143, 2002 (téléchargeable sur http://www.cairn.info)
[ 5] F. Brugère, Le sexe de la sollicitude, Seuil, 2008.
[ 6] J. Tronto, Un monde vulnérable, La Découverte, 2009.
[ 7] A.-M. Baron, « Charles et ses images. Flaubert, Traductions/Adaptations », (mis en ligne le 19 janvier 2009 : http://flaubert.revues.org/index628.html).
[ 8] Cité par B. Ajac (cf. note 1). Voir également sur le site de l’université de Rouen : Correspondance de Flaubert, éditions Louis Conard ( http://flaubert.univ-rouen.fr/correspondance/conard/accueil.html)
[ 9] O. Pamuk, Conférence prononcée à l’université de Rouen le 17 mars 2009 ( http://flaubert.univ-rouen.fr/etudes/pamuk_francais.php)
[ 10] F. Julien, Éloge de la fadeur, Editions Philippe Picquier, 1991.
[ 11] Cité par B. Ajac (cf. note 1).
[ 12] G. Flaubert. Œuvres complètes. Seuil, coll. L’intégrale, 1964.
[ 13] « L’Atelier Bovary », Centre d’études Gustave Flaubert de l’université de Rouen ( http://flaubert.univ-rouen.fr/bovary/atelier/atelier.php).
[ 14] Entre autres : G. Genette, Figures I, Seuil, 1966 ; J. Rancière, Le Spectateur émancipé, La Fabrique, 2009 ; P. Forest, Le roman, le réel, Éditions Cécile Defaut, 2007.
[ 15] Citée par J. Bouveresse, La connaissance de l’écrivain. Sur la littérature, la vérité et la vie, Agone, 2008.
[ 16] J.-M. Schaeffer, 
[ 17] « L’Atelier Bovary », Centre d’études Gustave Flaubert de l’université de Rouen ( http://flaubert.univ-rouen.fr/bovary/atelier/atelier.php).
Cet article est également redevable à : site de l’université de Rouen : Flaubert, études critiques ( http://flaubert.univ-rouen.fr/etudes/) ; Flaubert, revue critique et génétique ( http://flaubert.revues.org/).
Résumé
Charles Bovary est un personnage largement discrédité dans l’histoire littéraire, par la faiblesse de son caractère et par sa profession d’officier de santé. Or, si Flaubert n’est pas tendre avec lui, il ne l’est guère avec les autres protagonistes de l’histoire non plus. Le mépris affiché à son égard n’est pas de son fait, mais trahit une tradition de dédain envers la vulnérabilité humaine et les activités modestes du service à autrui. Plus généralement, il traduit la difficulté à accepter que tout travail comporte une part essentielle de besogne obscure, y compris le travail d’auteur. Mais tout humain ne veut-il pas être l’auteur de sa vie ?
I am Monsieur BovaryI am Monsieur BovaryCharles Bovary is quite discredited in literary history, both for the weakness of his character and for his profession as an officier de santé
POUR CITER CET ARTICLE
Serge Cannasse « Monsieur Bovary, c'est moi ! », Les Tribunes de la santé 2/2009 (n° 23), p. 65-71.
URL : www.cairn.info/revue-les-tribunes-de-la-sante-2009-2-page-65.htm.
DOI : 10.3917/seve.023.0065.






