La lettre de l'enfance et de l'adolescence 2001/3
La lettre de l'enfance et de l'adolescence
2001/3 (no 45)
98 pages
Editeur
I.S.B.N. 2865868753
DOI 10.3917/lett.045.32
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Dossier : Les amours adolescentes - Problématiques

Vous consultezLa sexualité des ados intéresse leurs parents...

AuteurArlette Pellé du même auteur



« Qui aimes-tu le mieux, papa ou maman ? » « Cette question, nous dit Lacan, où l’enfant ne manque jamais de concrétiser l’écœurement qu’il ressent de l’infantilisme de ses parents, est précisément celle par laquelle ces véritables enfants que sont les parents – en ce sens, il n’y a pas d’autres qu’eux dans la famille – entendent masquer le mystère de leur union ou de leur désunion[1] [1] J. Lacan, Les Écrits, Paris Le Seuil, p. 579. ...
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. »

2 Aujourd’hui, le mystère n’a plus bonne presse. L’enfant de la modernité, aimé, adulé, adapté aux « oui », à l’accord, aux satisfactions faciles, ne se demandera pas tant : « Suis-je né de leur amour, de leur désir ou d’un ratage ? », que : « Pourquoi donc mes parents m’ont-ils fait naître ? » Un jeune répondait ainsi à cette question : « Je suis né pour leur jouissance. » Entre l’assurance de l’amour des parents et le fait de ne pas être libre de choisir entre naître ou pas, se glisse la question de la jouissance. L’adolescent prend le plus souvent, sous le toit familial, la liberté de découvrir la sexualité, d’accueillir sa (son) jeune ami, pas nécessairement avec le consentement des parents, mais avec leur tolérance. « Je sais où il est au moins, il n’ira pas traîner..., il me dit tout... », disent les parents. Sécurisés, ils laissent faire, ils laissent dire et, dans une générosité bienveillante, se retrouvent complices du sexuel de leur adolescent.

3 Les parents sont-ils du même coup sur le chemin d’opérer eux-mêmes ce détachement douloureux d’avec leur ado, dont nous parle Freud, ou bien le convoquent-ils à jouir familialement ? Acceptent-ils de parler de sexualité « librement » avec leur adolescent, ou bien, dans un certain aveuglement, regardent-ils le miroir du possible, là où, pour eux, il y a eu de l’impossible ? Acceptent-ils d’accueillir copain ou copine sous leur toit, au nom d’une libération sociale et familiale, ou bien dans une certaine ignorance, vivent-ils la jouissance d’une scène primitive inversée, ou même y puisent-ils la jouissance de leur fantasme, propre à réveiller leur sexualité endormie ?

Régression au moi idéal

4 L’enfant arrive à l’adolescence coincé dans le narcissisme infantile, propre au moi idéal. « Le moi idéal tire le sujet en arrière, c’est le corps parfait qu’il aurait dû être par amour, celui auquel le sujet est sommé de s’identifier par la demande maternelle[2] [2] G. Pommier, Les Corps angéliques de la postmodernité,...
suite
. » Une mère adresse des demandes à son enfant, celui-ci tente d’y répondre et de la satisfaire par amour. L’adéquation parfaite entre demande et réponse est impossible, l’enfant en aura l’intuition, car cette mère continuera à lui demander d’être ceci ou cela, de faire ceci ou cela ; elle ne sera pas satisfaite... Dans l’écart entre ces demandes et l’impossibilité d’y répondre adéquatement, se profile la séparation, qui amène l’enfant à se tourner vers le père et l’idéal du moi. À notre époque, l’enfant, puis l’adolescent, reste vissé aux mirages du moi idéal. Il voudrait bien avancer mais la prise de risque le tire en arrière. Cette régression au moi idéal pourrait être représentée par l’image d’un alpiniste. Il exerce toute sa force et son savoir-faire sur les parois de la montagne pour trouver une prise mais, une fois qu’il met le pied ou la main dans l’empreinte, la prise n’est pas fiable ; elle se désagrège, et voilà qu’il glisse au point précédent et se retrouve collé, englué en ce point, empêché d’avancer. L’enfant trouve très tôt les objets leurres qui satisfont son narcissisme et celui de ses parents : il se laisse aller dans leurs bras, leur amour, leur compréhension, leur réponse, leur explication... : « En ce point tu ne risques rien restes-y le plus longtemps possible... » L’orientation du monde moderne fait retour dans les familles qui, depuis l’enfance, surinvestissent les modalités d’accès faciles à la jouissance, donnent l’amour autant que les objets de satisfaction. À l’enfant s’impose alors l’idée d’une adéquation parfaite entre une demande et une réponse. Il est l’objet phallique (merveilleux) tentant de répondre aux demandes des parents ; très vite, ils sont eux-mêmes soumis à la demande de l’enfant et, par amour, répondent oui à ses demandes. Cette position moderne, inédite, a pour effet qu’ils régressent eux-mêmes au moi idéal dans leur lien à l’enfant, instaurant pour longtemps la prédominance du lien narcissique. Cette relation en miroir n’évolue pas au moment de l’adolescence de leur enfant. Le moi idéal occupe une place forte, d’autant plus renforcée que la place d’autorité dans la famille a été balayée. Si le premier lien se met en place sur la base d’un oui, les séparations s’effectuent sur la base d’un non. Le temps du non faiblement soutenu institue du « maternel généralisé ».

5 Pourtant, ces enfants ne sont ni psychotiques ni pervers. À l’adolescence, ils n’émergent pas avec une parole semblable à celle d’un ordinateur ; malgré cette disposition, ils sont construits en base 3, quelque chose a fonctionné comme nom du père, comme point de capiton. Mais ce qui fait limite à la jouissance pulsionnelle est touché et amène une succession des relations sexuelles, la captation dans une jouissance familiale, la ronde des satisfactions pulsionnelles.

6 La période de la sexualité adolescente s’inscrit dans un balancement entre trouver la prise, celle de l’Idéal du moi, et le lâcher-prise, régression au moi idéal. L’idéal du moi incite à concilier exigence libidinale et exigence culturelle ; « c’est l’idéal paternel auquel le sujet cherche à satisfaire au futur[3] [3] G. Pommier, op. cit. ...
suite
 », c’est l’ouverture à l’amour durable pour d’autres que ses parents, l’inscription dans un lien social plus que familial, la recherche d’un idéal projeté dans un avenir...

Des interdits à la liberté

7 Pour les générations précédentes, les interdits, contraintes, frustrations parentales constituaient un étau dont il fallait se libérer au plus vite. Ces interdits avaient le pouvoir de stimuler, au moment de l’adolescence, la formation d’un idéal externe à la famille (idéal prenant appui sur les idéaux dominants religieux, politiques ou autres, ancrés dans la société). Cet idéal projeté en dehors de la famille, bien que le jeune vive encore dans celle-ci, poussait l’adolescent vers un futur habité d’un rêve « d’ailleurs ». La famille restait le lieu des jouissances refoulées et de leur répression. La sexualité reléguée au second plan n’était pas une affaire familiale, on en parlait peu ou pas avec ses parents, elle restait un domaine réservé du jeune qui, chemin faisant, commençait à se détacher de ses parents. Aujourd’hui, la liberté change de régime. Elle n’est plus constituée par un idéal à atteindre dans le futur, elle se donne au présent, elle est donnée par les parents : liberté de sortir, parfois d’avoir des relations sexuelles sous le toit familial, droit de parler librement avec eux de tout. La transparence est au goût du jour. Parler de sexualité obéit à la logique qui a soutenu l’éducation de l’enfant : « On parle librement de tout », cette modalité induit une indifférenciation des registres, la sexualité en devient banalisée, dans la méconnaissance des enjeux de jouissance qu’elle produit. Dans le même temps où l’adolescent est confronté à une maturité sexuelle qui peut être agie, il est tiré en arrière par l’infantile de l’amour œdipien qui l’attache à ses parents.

8 Dans ce contexte, les relations sexuelles, la liberté de circulation des copains sous le toit familial colmatent l’effraction du sexuel propre à l’adolescence. L’adolescent devrait être poussé à exercer la brisure dans l’amour unitaire, constitué par son rêve d’harmonie, élaboré dans les théories sexuelles infantiles, prince charmant ou amour parfait. Il découvre le sexuel, jusque-là méconnu (non pas au sens pulsionnel mais au sens génital de l’investissement de jouissance dans l’acte sexuel. Du fait de la prégnance du moi idéal, du statut que l’enfant occupe pour ses parents, cette sexualité ne reste-t-elle pas en son fond « une sexualité infantile » ? Pas de brisure des liens de l’enfance.

Séduction renouvelée entre parents et enfants

9 L’effraction violente que constitue l’adolescence exerce un excès de séduction et une séduction renouvelée entre parents et enfants. Dans le contexte actuel, la scène familiale va servir de point d’appel réel aux jeux de séduction.

10 Une jeune fille, amoureuse d’un garçon avec qui elle souhaite vivre, parle dans ses séances avec une grande excitation, d’une scène qui se répète quotidiennement. Elle branche son père, chaque soir, sur son orientation scolaire qu’il refuse. Engueulades, colères et cris s’ensuivent, le ton monte, le père pleure (elle le trouve minable). La mère, muette, regarde cette scène. Après quelques minutes, la jeune fille monte dans sa chambre et suppose que sa mère console son père (elle n’est bonne qu’à ça). Les pleurs du père sont associés, après un certain temps, à la détumescence : « J’attendais ça ! »

11 Quand un jeune apprend, au moment de l’adolescence, que son père a une maîtresse, cette phrase lui échappe : « Qu’il parte, on en a assez de ses bêtises, ce sera cool de vivre seul avec ma mère... » Cette concomitance de la maturation sexuelle et de la mise en scène de la jouissance œdipienne, vécue avec les parents, enclenche un processus de continuité dans les liens parents-ado, au lieu même où une coupure serait attendue.

12 Le jeune, libre de sortir... est empêché de sortir des liens de dépendance. L’idéal narcissique se voudrait si parfait, si lisse, qu’aucun accroc n’est supportable, d’abord pour les parents. Leur inquiétude, leur culpabilité est proportionnelle à la force de ce lien qui les pousse à prendre une place, avec la complicité du jeune, dans le lien amoureux. Ce lien narcissique constitue les parents comme lieu d’adresse de la sexualité de l’adolescent.

13 – « Je suis venue vous rencontrer pour ma fille de 19 ans ; après plusieurs séparations douloureuses, elle s’est remise avec un homme de quinze ans plus âgé qu’elle. Elle ne dort plus, prend des somnifères, va mal », raconte une mère.

14 – Vous êtes inquiète ! lui dis-je.

15 – Non, pas tellement. C’est pour elle que je viens. Je lui ai dit que je venais. Elle trouve que c’est bien que je commence à parler de ses problèmes, comme ça elle n’aura pas tout à recommencer. Elle n’a pas envie de raconter son histoire... Cet homme la rend heureuse.

16 – Qui ?

17 – Ben elle, elle me dit tout, on est très proches, vous comprenez ? Je vais prendre rendez-vous pour elle.

18 – Elle peut parler ?

19 – Oui pourquoi ?

20 – Dites-lui de me téléphoner...

21 – Alors je viendrais vous régler, toutes les deux ou trois fois... »

22 Cet entretien récent montre comment les parents peuvent ne pas lâcher prise. Ils ne voient pas venir le coût et le contrecoup de l’absence de frustrations, de contrainte, du rêve d’harmonie qui les poussent à s’immiscer dans les affaires du jeune. Il ne s’agit pas de l’intrusion du passé, ici le jeune participe, demande, accepte cette présence des parents. Ce rapport mis en place depuis l’enfance se perpétue parfois avec des montées de violence ou de haine qui mettent à nouveau les parents dans l’inquiétude ou la culpabilité, dans le vouloir comprendre, parler, savoir... Le système se perpétue en boucle jusqu’à la limite : symptômes pour les parents ou pour le jeune.

Société, sexualité, jouissance

23 À l’intérieur des familles, s’intègre avec plus ou moins de puissance la vision que la société a de la vie sexuelle et ce qu’elle en attend. La sexualité est au premier plan, elle se déploie sur les murs de la ville, sur les écrans de télévision. On parle d’orgasme réussi, de pratiques sm... bref de la sexualité réussie.

24 L’émission la plus regardée à la télévision britannique est celle qui interroge un jeune homme sous forme de qcm (questionnaire à choix multiples), à propos des pratiques sexuelles de ses parents, présents allongés sur un lit ! L’interviewer demande : « Comment imaginez-vous qu’ils font l’amour ? Quelles sont leur pratique sexuelle ? Quelles positions préfèrent-ils ? Votre mère, votre père préfèrent-ils faire l’amour comme ceci ou comme cela ? » La sexualité des parents n’a pas résisté à la levée des tabous. La vérité s’il vous plaît, crue si possible. En se prêtant à ce jeu, les adultes n’interrogent-ils pas, en miroir, la sexualité de l’adolescent, plus de mystère, tout pourrait se montrer ou se dire ?

25 En France, Loft Story, émission très regardée par les jeunes de 15 à 25 ans et aussi par leurs parents, ne constitue-t-elle pas un lieu de jouissance d’une forme de scène primitive, dans laquelle on peut regarder sans être vu, dans laquelle les parents regardent leurs propres enfants dans leur intimité. On regarde l’intimité des parents, on regarde l’intimité des jeunes. Les fantasmes fondamentaux sont traités comme matière pour jouir ensemble. Tous ensemble, parents-ado à égalité. Scène primitive, enfant battu, séduction par le père, viol, pédophilie, maltraitance, scènes montrées, scènes parlées, scènes excitantes et fascinantes qui font monter l’audimat, au nom d’une jouissance partagée dans une réciprocité échangeable, entre ceux qui regardent, ceux qui écoutent, ceux qui se mettent en scène. Jouissance possible, permise, sans culpabilité. Et jouissance sans séparation. Le départ d’une personne du loft est l’image caricaturale de la négation de la séparation, de la coupure, du passage d’un monde à un autre. À peine sortie de l’intime partagé en vase clos, la personne se retrouve dans les minutes qui suivent sur la scène publique où des cadeaux et même un avenir empaqueté l’attendent. Court-circuit entre l’avant et l’après, entre l’intime et l’extime. Ce jouir ensemble s’infiltre dans les familles de manière subtile.

Famille, sexualité, jouissance

26 Lorsque les parents laissent les relations se produire dans le lieu familial, que l’appartement soit petit ou grand, qu’ils entendent ou non les cris, chuchotements de l’amour, le miroir d’un autre couple sous le toit familial les renverra à une scène primitive inversée ; régression, ils seront les enfants qui peuvent entendre, ils seront joués par la liberté qu’ils croyaient donner. La scène familiale devient le théâtre d’une autre scène dans laquelle chacun également, d’un côté ou de l’autre du miroir, puisera une jouissance « toute incestueuse ». Leur propre jeunesse, leur propre adolescence leur sautera aux yeux, avec tout ce qu’ils ont raté, eux qui se retrouvent un peu vieillis. Ils trouveront, dans le salon ou la cuisine, préservatifs usagés ou ordonnances de pilules, pêle-mêle ; ils feront semblant d’ignorer ces signes, car ils ne sont pas intrusifs, ils ne chercheront pas à savoir ce qui se passe sous leur toit... Les jeunes attendent-ils une intervention, une parole, un non qui ne vient pas, un non qui les soulagerait enfin de la souffrance du oui, et de l’angoisse de la jouissance incestueuse, mortifère ?

27 Je ne sais pas si la sexualité d’apprentissage des jeunes abrase leur fantasme, mais leur sexualité, même si elle se dévoile avec pudeur dans la famille, réveille les fantasmes des parents. Cela peut aller jusqu’à la précipitation de symptômes. Cette épreuve est parfois si insupportable qu’elle fait éclater le couple des parents, l’un ou l’autre doit partir, et c’est l’un ou l’autre parent qui part avec un copain ou une copine. Un père se met tout à coup à rentrer plus tard, il ne sait plus comment se débrouiller avec la séduction de sa fille ; il pourra la rejeter, le rejet comme marque du désir. Une mère, élevant seule son fils, l’espace d’un instant a peur qu’il n’entre dans sa chambre et la viole. Retournement du fantasme de séduction. Chacun pourra se croire autonome en fuyant l’espace familial ou libre en jouissant familialement.

Le « détachement douloureux des parents

28 Les relations sexuelles n’opèrent plus une discontinuité chez l’adolescent, et d’autre part la sexualité adolescente n’opère pas de discontinuité dans les relations parents-ado. Il n’est pas rare que les parents aient eux-mêmes à s’engager dans un travail douloureux de détachement d’avec leurs propres parents pour couper le lien narcissique avec leur enfant devenu adolescent.

29 La mère d’une adolescente me dit : « Maintenant, je voudrais revivre mon adolescence. Quand je vois ma fille de 15 ans, je voudrais être à sa place, elle est tellement à l’aise pour parler aux garçons... Elle peut sortir, rentrer tard, elle va dormir chez un copain, et moi qui me suis sacrifiée... » Quelques séances plus tard : « Ce qui est primordial maintenant, c’est la relation sexuelle avec mon mari, être une femme pour un homme, maintenant que j’ai lâché mes parents qui étaient jusqu’alors à la première place ; je faisais tout par rapport à eux, réussir aussi bien qu’eux. Même s’ils n’étaient pas d’accord avec mon mariage, je demandais tout le temps l’avis à mon père, si c’était bien ce que mon mari faisait comme bricolage, je diminuais mon mari, mon père avait toujours raison. Maintenant quand je le vois arriver sans prévenir, je le mets dehors. »

30 Avant l’effritement du patriarcat, l’autorité incontestée des parents maintenait le refoulement sur leur propre sexualité infantile, sur leurs désirs œdipiens. Dans l’ère postmoderne, chacun est poussé à la limite, autant les adolescents que leurs parents. Selon Winnicott[4] [4] D. W. Winnicott, Conversations ordinaires, Paris, Gallimard,...
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, « la progression que l’enfant doit accomplir pour devenir adulte ne peut se faire qu’en passant par le cadavre d’un adulte ». Il pourrait se faire que les parents aient eux-mêmes à en passer ou à en repasser par là, pour opérer le détachement d’avec leur enfant et éviter de l’enraciner plus longtemps dans les pièges de l’amour et de la jouissance incestueuse. Il pourrait se faire que le remue-ménage suscité par la sexualité de l’adolescent fasse événement psychique pour les parents, qui passent alors eux-mêmes au statut d’adulte, réalisant une véritable séparation. Le jeune trouvera le moyen de mettre en position d’autorité, enfin libre de la jouissance incestueuse, quelque chose qui va faire point d’arrêt, limite. Ce point, cette limite, dans son redoublement, est à trouver, à construire, à accrocher, là où il était donné par la fonction d’un père.

 

Notes

[ 1] J. Lacan, Les Écrits, Paris Le Seuil, p. 579.Retour

[ 2] G. Pommier, Les Corps angéliques de la postmodernité, Paris, Calmann-Lévy, p. 32-36.Retour

[ 3] G. Pommier, op. cit.Retour

[ 4] D.W. Winnicott, Conversations ordinaires, Paris, Gallimard, p. 180.Retour

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POUR CITER CET ARTICLE

Arlette Pellé « La sexualité des ados intéresse leurs parents... », La lettre de l'enfance et de l'adolescence 3/2001 (no 45), p. 27-32.
URL :
www.cairn.info/revue-lettre-de-l-enfance-et-de-l-adolescence-2001-3-page-27.htm.
DOI : 10.3917/lett.045.32.