2003
La lettre de l’enfance et de l’adolescence
Dossier : Les filles - Problématiques
Femmes et filles dans la Bible
Jean-Jacques Daban
Aborder la question du féminin dans notre société nous conduit de toute évidence à interroger la Bible puisqu’elle est une des bases sur lesquelles s’est construite la civilisation occidentale.
Il faut préalablement dire quelques mots sur le texte lui-même. La construction des Écritures fut une véritable « sécrétion » par un grand nombre d’auteurs dont le travail s’est étendu sur plusieurs siècles. L’efficacité et la force du texte biblique ne sont pas à démontrer. Quant aux moyens de cette puissance, il faut avouer que rien n’a été négligé : grand spectacle dont Hollywood n’a su rendre qu’une infime partie (la violence, le sang, la mort, l’amour, le sexe sont sans cesse présents). Et la Loi a été soigneusement installée au milieu de tout cela, d’une manière qui la rend indissociable de toutes les histoires qui l’introduisent, l’illustrent et donnent à son interprétation un champ infini. Et, dans ce monde de la Bible, chacun peut trouver sa place, la définition de son rôle et des motifs d’espérer.
Mais tout cela serait peut-être resté l’apanage du peuple juif, si ce dernier n’avait été rendu perméable par l’exil et la conquête dont il fut victime. Chaque année, le dix Tévet, le judaïsme commémore un événement survenu quelque trois cents ans avant notre ère, la première traduction de la Bible de l’hébreu en grec. Ce qui fut d’abord un jour de fête, car il marquait l’enrichissement du patrimoine culturel de l’humanité, la tradition en a fait un jour de deuil et de jeûne. Ce jour, nous pouvons le considérer comme le point de départ d’une civilisation occidentale dont Emmanuel Levinas disait en substance que c’était « la Bible plus les Grecs ». Le visage de l’Occident, christianisme aidant, a commencé à se modeler et son histoire à prendre un sens nouveau. Il suffirait pour nous de voir la place de la mythologie grecque et de Moïse dans l’âme de Freud pour confirmer la profondeur et la vérité de cette affirmation.
D’où vient la femme et quelle est sa place ? Ouvrons d’abord la Genèse pour y lire les récits de la création de l’humain. Ce pluriel est justifié car le livre contient deux récits juxtaposés, d’origines probablement distinctes, qui ont été rassemblés sans véritable souci de cohérence apparente. Le premier de ces récits (Gn 1, 27-28) vient simplement indiquer que Dieu est le créateur de l’humain, qu’il l’a créé à son image, ce qui n’est pas rien.
Cet humain, il l’a créé « homme et femme
[1] ». Suit le commandement de croître et de se multiplier et de mettre la terre en valeur, la terre qui leur est donnée, avec tout ce qu’elle contient. Pour compléter, il fallait un second récit, qui rende compte de ce qu’il peut y avoir de dynamique dans les rapports entre homme et femme et réponde à certaines inquiétudes que la femme peut faire naître chez l’homme. Ce récit, c’est celui du jardin d’Éden. La création de la femme commence par la constatation du manque. L’homme ne trouve pas de compagne qui lui soit assortie (Gn 1, 20). On rapporte que certains sages disaient qu’Adam coucha auprès de chaque créature mais qu’aucune ne lui plut vraiment...
Il faudra pour lui une vraie compagne, une créature de désir qui réponde à son manque. Il faut qu’elle soit humaine, de la même nature que lui, mais, née dans son sommeil, elle comportera toujours une part de mystère. « Celle-ci, pour le coup est un membre extrait de mes membres et une chair de ma chair ; celle-ci sera nommée
icha
[2], parce qu’elle a été prise de
ich
[3]. C’est pourquoi l’homme abandonne son père et sa mère ; il s’unit à sa femme, et ils deviennent une seule chair. »(Gn 2,23)
Le récit devient ainsi, non plus seulement celui de la création de l’homme et de la femme, mais celui de la création du premier couple. Et effectivement, cette mystérieuse créature déborde de vie, comme elle déborde de désir et s’en va tout droit vers la faute. L’homme et la femme encourront les reproches de l’Éternel. Mais il faut noter que les reproches de ce dernier sont différenciés.
À la femme, l’Éternel reproche d’avoir désobéi. À la femme, il dit : « J’aggraverai tes labeurs et ta grossesse ; tu enfanteras avec douleur ; la passion t’attirera vers ton époux, et lui, te dominera » (Gn 3, 16).
Toute cette puissance de vie et de désir, la femme doit la mettre au service de l’enfantement, où elle doit voir sa misère, tout comme sa grandeur.
La seconde partie du verset n’est pas moins importante pour la définition de la condition de la femme. Elle vient rappeler que la puissance du désir est du côté féminin, qu’elle n’y peut résister et que ce doit être à l’homme de lui mettre des bornes.
Car, à Adam, l’Éternel-Dieu reproche d’avoir cédé à la voix de son épouse (Gn 3, 17). Dieu commande à la femme d’être soumise à son mari et le premier moyen de domination qui est donné à l’homme sur la femme, c’est le pouvoir de la nommer. Le nom d’Ève paraît seulement à ce moment du récit (Gn 3, 20). Il peut être traduit par « vie » ou « vivante ». L’homme est nommé par Dieu et la femme obtient son nom de l’homme qui la domine. Dieu, quant à lui, ne révèle pas son nom, il n’a que des appellations.
L’accomplissement de la femme se fera dans l’enfantement. Ève devient « la mère de tous les vivants » (Gn 3, 1). « Or, l’homme s’était uni à Ève, sa femme. Elle conçut et enfanta Caïn en disant : “J’ai fait naître un homme, conjointement avec l’Éternel !” », (Gn 4, 1). La femme est la coopératrice de l’Éternel et le père n’a qu’un rôle de procréateur. Il en sera de même pour Abel : « Elle enfanta ensuite son frère Abel » (Gn 3, 2). On sait ce qu’il adviendra des deux frères...
Le premier homme, né d’Ève par la volonté de son père Adam, sera Seth. C’est de lui que descendront Noé et par lui tous les hommes de la suite de l’histoire : « Adam, ayant vécu cent trente ans produisit un être à son image et selon sa forme, et lui donna pour nom Seth » (Gn 4, 25). On peut remarquer dans le texte hébreu qu’Adam qui signifie « humain » était jusqu’à la naissance de Seth écrit avec un article qu’il perd dans la suite, devenant un nom propre. C’est en quelque sorte la naissance de Seth qui fait d’Adam un père véritable et achève son humanité.
Et Ève, la mère, que devient-elle ? Vous remarquerez qu’on n’en parle plus. La transmission du père vers le fils est devenue la seule prise en compte. C’est ainsi que, quand les Évangiles rapporteront la généalogie de Jésus, ils ne mentionneront que l’ascendance de Joseph !
On voit avec quel soin sont décrits l’enfantement des garçons et les échecs possibles de cette entreprise si le père n’est pas solidement en place. En revanche, nous constatons avec surprise que le livre ne nous rapporte pas les circonstances de la naissance des premières générations de filles. On sait qu’elles sont là, mais elles voient le jour hors du récit. Nous ne les voyons pas plus naître qu’Adam n’avait vu la création d’Ève pendant son sommeil. Toutefois, on ne manque pas de nous rappeler qu’elles sont remarquablement belles, ces filles des hommes, et que leur beauté va attirer les anges, déchus ou non. De cette union naîtront des géants
[4]. Ce passage un peu surprenant du sixième chapitre de la Genèse, nous pouvons penser qu’il a été placé là pour indiquer que la beauté des femmes recèle une force (et un danger) qui peut aller au-delà de l’humain. Cette beauté s’exerçant sur la vue, il y a donc lieu de voiler les corps. C’est si important que l’Éternel-Dieu lui-même confectionne les tuniques de peau dont il vêt Adam et Ève (Gn 3, 21).
Le corps de la femme est un trésor extraordinaire, mais il est potentiellement dangereux. La vue du corps féminin dénudé provoque de manière irrépressible le désir de l’homme. Ainsi en est-il de Bethsabée que David voit nue, un soir, depuis la terrasse de son palais (2S 11, 1) ou de Susanne au bain dans le livre grec de Daniel. Au demeurant, l’image de la femme nue est également utilisée par l’auteur du livre de Judith qui prend bien soin de nous dire qu’elle était fort belle et nous décrit avec complaisance ses quotidiennes ablutions nocturnes. Car la beauté féminine peut être une arme, pour tuer, dans le cas de Judith, ou une arme politique, dans le cas d’Esther. Si la femme doit être cachée, la jeune fille doit, jusqu’au mariage, garder sa virginité. C’est une véritable obsession qui va conduire au meurtre deux des fils de Jacob, Siméon et Lévi, à la suite du viol de leur sœur Dina (Gn 34, 1s). Leur père désapprouvera une violence aussi disproportionnée qu’inutile, mais dont il n’a pu empêcher l’accomplissement. On pourrait rapprocher de cela l’épisode de Tamar, violée par son demi-frère Amnon et vengée par son frère Absalom (2S 13).
Le désir sexuel de la femme peut dépasser toute limite. Ainsi la femme de Putiphar se précipite-t-elle sur Joseph (Gn 39, 7 à 20). Et, dans son plus creux, le corps féminin est aussi habité par le désir d’enfants. L’épisode des filles de Loth (Gn 19, 31-32) vient montrer jusqu’où il peut aller. Et la leçon est une nouvelle fois donnée avec Jacob, qui, sans l’avoir vraiment voulu, est marié avec deux sœurs. Et celle qu’il aime n’est pas celle qui lui donne des enfants. « Rachel, voyant qu’elle ne donnait pas d’enfant à Jacob, conçut de l’envie contre sa sœur, et elle dit à Jacob : “Rends-moi mère, autrement, j’en mourrai !” » (Gn 30, 1). Et Jacob de se fâcher contre Rachel, c’est Dieu qui accorde la fécondité et lui seul ! La stérilité apparaît comme une malédiction, ce qui ne rend pas enviable le sort de la femme stérile.
Que dit la loi mosaïque dont nous avons décrit les liens si étroits avec les récits bibliques ? La Loi, particulièrement dans le livre du Deutéronome, va prévoir des dispositions sévères pour garantir la virginité des jeunes filles (Dn 22, 28-29). Elle garantira également la fidélité des femmes (Dn 22, 22). Le divorce n’existe qu’à l’initiative du mari. C’est en fait une répudiation. La femme est alors libre de se remarier, mais son premier mari perd alors le droit de la reprendre (Dn 22, 28-29).
Mais aussi, prudemment, la Loi prévoit comme une nécessité que la jeune mariée soit satisfaite : « Si quelqu’un a pris nouvellement femme, il sera dispensé de se rendre à l’armée et on ne lui imposera aucune corvée : il pourra vaquer librement à son intérieur pendant un an, et rendre heureuse la femme qu’il a épousée » (Dn 24, 5).
Si la femme donne la vie, il faut rappeler que « le principe vital de toute créature, c’est son sang qui est dans son corps » (Lv 17, 14). Et le sang rend impur qui le touche. « Lorsqu’une femme éprouvera le flux, son flux, c’est le sang qui s’échappe de son corps, elle restera sept jours dans son isolement ; et quiconque la touchera sera souillé jusqu’au soir » (Lv 15, 19). Après un accouchement, il existe également une prescription d’impureté, mais sa durée est augmentée si c’est une fille... Fréquemment impure, la femme y gagne un sentiment d’infériorité qui facilite son assujettissement. Mais également, cela a pour effet de séparer périodiquement le monde de l’homme de celui de la femme, de maintenir une distance, un mystère propre à entretenir le désir. Adam aurait-il tant désiré Ève si elle n’avait été créée pendant son sommeil ?
Mais la Bible n’a pas réservé aux femmes uniquement le rôle de mère, elle garde la mémoire de prophétesses, de reines vertueuses comme Esther ou abominables comme Jezabel ou Athalie et d’héroïnes meurtrières comme la belle Judith. De l’histoire de cette dernière, il faut rapprocher celle de la prophétesse Débora et de Yaël. Barak avait peur de s’avancer au combat sans la présence de Débora, et la prophétesse lui répliqua : « Certes, j’irai avec toi ; seulement, ce n’est pas à toi que reviendra l’honneur de ton entreprise, puisque c’est à une femme que l’Éternel aura livré Sisara » (Jg 4, 9). Et Sisara, le chef cananéen, mourut de la main de Yaël, cloué d’une tempe à l’autre par un piquet de tente. Si l’homme est défaillant, la femme peut se montrer plus terrible que lui.
Ces femmes fortes, que savons-nous de leur enfance ? Rien.
En revanche, les récits d’enfance concernant les personnages masculins sont nombreux dans la Bible. Ces garçons dont la naissance a été très fortement désirée ont comblé leurs mères. L’histoire d’Isaac nous est ainsi contée dès avant sa conception. Le récit de l’enfance de Samuel est également très instructif et nous savons qu’il fut un père malheureux, ses fils, Joël et Abya, ne suivant pas ses voies (1S 8, 1s). Ces récits continuent dans les Écritures chrétiennes, il suffit de citer Jean et Jésus. Mais les Évangiles ne décrivent pas l’enfance d’Élisabeth et de Marie, leurs mères. Parmi les écrits apocryphes, le protévangile de Jacques (repris par l’Évangile de la nativité de Marie) présente un récit de la naissance et de l’enfance de Marie peu original puisqu’il reprend les traits principaux du récit de la naissance et de l’enfance de Samuel.
Prophétesses et autres héroïnes entrent dans les récits bibliques sous la forme de femmes accomplies. Pour aucune d’entre elles on ne nous rapporte que ses parents ont désiré avoir une fille.
Si les relations père-fils sont souvent décrites, les relations entre mère et fille ne le sont guère. Les relations d’une jeune veuve, Ruth, et de sa belle-mère, Noémi, sont plus en valeur. Toutefois, le but avoué n’est autre que la conquête de Boaz, le nouveau mari de Ruth.
Et les relations entre père et fille ?
On peut en voir un exemple dans la tragédie de la fille de Jephté le Galaadite au livre des Juges. Le nom de la fille de Jephté ne nous est pas précisé, mais nous savons qu’en dehors d’elle, le terrible chef de guerre n’avait pas d’enfant. Au moment de partir en campagne contre les Ammonites, Jephté avait fait ce vœu à l’Éternel : « Si tu livres en mon pouvoir les enfants d’Ammon, la première créature qui sortira de ma maison au-devant de moi, quand je reviendrai vainqueur des enfants d’Ammon, sera vouée à l’Éternel, et je l’offrirai en holocauste » (Jg 11 ; 31). Et, lorsque, vainqueur, Jephté s’en revint chez lui, ce fut cette fille chérie, qui vint à sa rencontre avec des « tambourins et des chœurs de danse ». « Quand il la vit, il déchira ses vêtements et s’écria : “Hélas, ma fille, tu m’accables ! c’est toi qui fais mon malheur ! Mais je me suis engagé devant l’Éternel, je ne puis m’en dédire.” Elle lui répondit : “Mon père, tu t’es engagé devant Dieu, fais-moi ce qu’a promis ta bouche...” » (Jg 11 ; 35-36) Abraham n’a pas sacrifié effectivement son fils, Jephté, lui, a immolé sa fille !
Bien sûr, on peut en extraire l’enseignement qu’il ne faut pas s’engager à la légère devant l’Éternel. C’est également un exemple de la soumission que la fille doit avoir pour son père. Nous croyons aussi y lire une histoire d’amour. Rien ne dit que Jephté aimait moins son unique fille que s’il se fût agi d’un fils. Et la fille de Jephté aimait son père au point d’accepter sans une plainte de mourir de sa main.
Tout père doit renoncer à l’amour de sa fille puisque cette dernière doit quitter la maison paternelle. Le
Commentaire sur la Torah
[5] de Jacob Ben Isaac Achkenazi de Janow rapporte que : « Dans le Midrach Rabba, il est écrit : Rabbi Gamaliel maria sa fille ; au moment de quitter la maison de son père, elle lui dit : “Père, bénis-moi.”
Il la bénit et ajouta :
– Chère fille, fasse le Saint, béni soit-il, que tu ne reviennes jamais plus dans ma maison.
– Cher père, pourquoi me maudire de la sorte ?
– Détrompe-toi, je t’ai donné ma bénédiction afin que tu sois bien dans ta maison, que tu désires y rester et que tu n’aies jamais plus envie de revenir ici. »
On devine bien de la passion dans les paroles du sage. On sent la tristesse et la douleur de sa fille.
En conclusion, la leçon est d’une désarmante simplicité. La fille doit rester vierge jusqu’à son mariage, elle doit quitter alors la maison de ses parents et ne rien espérer que dans son statut d’épouse fidèle et obéissante, puis de mère, d’un fils tout particulièrement. Elle peut y voir son accomplissement, comme Sara, ou comme Marie, mère de Jésus. De plus, elle doit rester un mystère pour l’homme que sa sexualité attire et inquiète. Et il y a beaucoup de chance qu’elle demeure également un mystère à ses propres yeux... Mais cette femme, car chacun doit avoir son heure, garde au fond d’elle l’espoir de renouveler l’histoire d’une des grandes héroïnes d’Israël.
Le texte biblique dit beaucoup de choses sur les conditions de la réussite de la construction psychique du garçon, et le fait d’avoir une « bonne mère » du type que nous venons de décrire en est une. En revanche il en dit peu sur la construction psychique de la fille. Mais ce silence est éloquent. Il exprime à merveille le manque. La fille grandit dans la conviction que sa naissance n’a pas été une cause de satisfaction pour sa mère. Elle grandit aussi dans l’amour de son père, mais cela doit rester un secret.
Mais au fond, ce discours, ne faudrait-il pas le mettre en parallèle avec le propos traditionnel de la psychanalyse sur la femme, en tout cas de celui de Freud qui a laissé plus de terrae incognitae dans ce domaine que dans d’autres ? Il est d’ailleurs remarquable qu’il se soit intéressé à la personne de Moïse beaucoup plus qu’à son enseignement.
Et notre époque, a-t-elle su vraiment construire un discours cohérent et fécond sur le féminin ?
[1]
La distinction est absolue et ne laisse pas de place pour qui ne serait ni tout à fait homme ni tout à fait femme. Les cas d’ambiguïté sexuelle tout comme les cas de transsexualisme nous montrent pourtant que les choses sont loin d’être aussi simples.
[2]
Femme, littéralement « hommesse ».
[4]
Ce n’est pas la seule irruption dans le texte biblique d’une mythologie étrangère au monde juif. Ainsi, Isaïe (34, 14) mentionne les satyres et Lilith, démon femelle babylonien. Il faut d’ailleurs rappeler que la Bible ignore la légende de Lilith. Il n’y a dans la Genèse qu’une seule première femme, Ève.
[5]
Recueil populaire composé en yiddish au
xvii
e siècle.