La lettre de l'enfance et de l'adolescence
érès

I.S.B.N.2749201276
120 pages

p. 67 à 72
doi: 10.3917/lett.051.72

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Dossier : Les filles - Cliniques, pratiques

no 51 2003/1

2003 La lettre de l’enfance et de l’adolescence DOSSIER: LES FILLES - Cliniques, pratiques

Ces filles qui insistent pour exister...

Isabelle Ferment  [*]
La question du sujet ne se réfère nullement à ce qui peut résulter de tel sevrage, abandon, manque vital d’amour ou d’affection, elle concerne son histoire en tant qu’il la méconnaît ; et c’est là ce qu’il exprime bien malgré lui à travers toute sa conduite, pour autant qu’il cherche obscurément à la reconnaître. Sa vie est orientée par une problématique qui n’est pas son vécu, mais celle de son destin, à savoir, qu’est-ce que son histoire signifie [1].
Jeunes adolescentes, elles ont en commun l’appétit de vie, de connaissances, des projets pour l’avenir. Intelligentes, souriantes, raffinées même parfois, leurs visages ne laissent pas transparaître la souffrance. Elles ont l’humour décapant et les certitudes que leur confère leur âge.
Oui, mais...
L’une d’elles vient en contradiction avec le mandat que nous confie le juge pour enfants dans le cadre d’une mesure d’assistance éducative : « Quoique les adultes en pensent, nous ne sommes pas en danger. »
Pourtant la réalité est autre. De courtes fugues en longues fugues répétées, elles s’absentent de l’école « pour faire la racaille », commettent parfois des larcins, élisent domicile à quinze ans dans des hôtels, chez des amis, parlent de leurs rencontres à la gare du Nord, s’égarent la nuit à la Défense, connaissent des copains qui traficotent...
Leurs parents se disent aimants à leurs endroits : elles ont été leurs filles préférées. « Nous leur avons tout donné. »
L’adolescence venue, elles représentent pour eux une énigme, devenant à leurs yeux tour à tour putains, folles, victimes parfois d’un mauvais sort, nocives parce que non exemplaires pour leurs frères et sœurs. Elles rechercheraient la liberté, l’indépendance, l’argent facile. Si elles fuguent, c’est parce que les hommes les attirent via les rencontres au hasard de rues peu fréquentables, voire sur Internet...
Ces mères, parfois ces pères sont présents à tous les rendez-vous que je leur propose, cherchant réponse à leurs interrogations. Ils sont tantôt en colère, tantôt émus, en pleurs, prêts à beaucoup pour « sauver » leurs filles, prêts à penser, à parler pour trouver un sens à ces actes décrits comme pulsionnels. Ils deviennent alors pendant de longs mois des non-parents, impuissants à transmettre les règles de vie qu’ils ont apprises, l’éducation telle qu’ils se la représentent.
Leurs filles, avec outrance, se déclarent seules au monde, n’ayant à faire qu’à elles-mêmes. Avec vigueur, elles mettent en échec leur autorité, leurs dires affectueux. Situation non médiatique : nul parent n’abandonne, ne démissionne. Il est exposé à sa propre incompréhension face à ce qui se déroule sous ses yeux et sous les nôtres aussi, dans un désordre insensé au quotidien.
C’est donc sur le fil du funambule que je me positionne face à ces problématiques dont je me suis aperçue qu’elles étaient récurrentes tout autant que singulières. Tantôt attentive, à l’écoute des histoires, des chemins que chacun raconte, tantôt ne ménageant pas mes mots pour dire la présence du danger et mon impossibilité à croire que c’est dans ce tumulte, s’il persiste, que ces adolescentes vont advenir.
Souvent, j’attends leurs venues tout en soutenant le cadre du dispositif du travail : je suis obligée de tenter de les rencontrer. Souvent elles ne viennent que lorsqu’il leur est possible de dire.
Au gré de leurs aventures et de nos entretiens, je multiplie dans mon discours des hypothèses face à leurs situations. Peut-être ai-je tort de penser qu’elles sont en danger. Comment pourrais-je entendre ce qui les guide et que je ne comprends pas ? Finalement à quoi rêvent-elles ? ... Jusqu’à présent, c’est cette seule manière d’être, de faire, que je tente d’inventer à chaque nouvelle rencontre. Soutenir alors un travail qui fasse peut-être qu’elles s’engagent dans un dire authentique, à leur rythme, qu’elles en viennent éventuellement à dévoiler des ruptures, des lieux de souffrances, à signifier un attachement impossible dans la réalité à leur(s) père et/ou mère, à exprimer que selon elles la séparation d’avec leurs parents ne peut se faire que dans l’affrontement, la violence, le déni, les actes pulsionnels...
Elles enchaînent passages à l’acte et temps de rémission, m’entraînant dans des sillons inattendus et parfois dangereux, là où je suis censée être un des maillons de leur protection.
L’outrance est au rendez-vous, une outrance qui leur coûte parfois fort cher. Mais est-ce le prix à payer pour qu’elles se rendent dans les tréfonds de leurs questions, méconnaissables et insaisissables dans leurs apparences ?
Calliope a à peine quinze ans lorsque je ne la rencontre pas. C’est l’été. Elle est en fugue depuis plusieurs mois du domicile de sa mère. Absente régulièrement du collège depuis deux ans, elle côtoie les bandes de son quartier de banlieue, sort jusque tard dans la nuit, apparaît « ange et démon » à ceux, parents proches et intervenants (professeurs, assistante sociale...), qui la connaissent. C’est sa mère qui viendra au premier rendez-vous. Ses parents sont divorcés. Son père vit en Afrique.
À l’origine de la mesure d’aide éducative, une demande de cette adolescente. Elle en a assez de vivre dans sa famille. Récemment, elle a commis un vol dans une grande surface qui a donné lieu à une correction musclée de la part de ses frères aînés. Sa mère en avait donné l’ordre. Pour elle, cette correction venait juste faire face à la multiplication d’agissements inacceptables de la part de sa fille depuis maintenant deux ans. Selon elle, nous n’avons pas à y voir un sadisme particulier, les corrections qu’elle a reçues lorsque elle-même était enfant étaient bien plus virulentes.
Voilà donc plusieurs mois que Calliope ne répond plus aux attentes de sa mère quant à avoir une grande fille à l’image de la petite fille préférée qu’elle était jadis. Elle s’est construit une nouvelle représentation de sa fille : Calliope ne veut que sa liberté, avoir de l’argent et être en compagnie d’hommes. Si Calliope a sollicité son placement auprès de l’assistante sociale du collège, c’est parce qu’elle pense que dans un tel lieu elle pourrait assouvir toutes ces tentations.
Ce n’est pas faute pour cette mère d’avoir cherché à se faire une autre idée du désordre dans lequel se débat sa fille. De contacts téléphoniques en contacts téléphoniques en Afrique, auprès de personnes plus aguerries qu’elle, elle en est venue à la conclusion qu’il n’est pas de mauvais sort qui guide la conduite de sa fille. Calliope n’a pas d’excuse.
Elle conclut alors sévèrement que celle-ci, bien que rusée, n’est pas aussi intelligente qu’elle le croyait ; « sinon, elle ne ferait pas autant de bêtises ». Rien pour cette mère ne permet une pensée explicative même si elle nous invite à connaître le chemin de vie de Calliope.
Sa fille a été accueillie à la Réunion chez sa co-épouse, avec ses frères et sœurs aînés, entre ses cinq et dix ans. La situation en Afrique était trop explosive : elle risquait en allant à l’école d’être tuée. Régulièrement, Calliope demande à sa mère pourquoi elle a dû quitter la famille alors que deux de ses plus jeunes sœurs n’ont pas eu à vivre cette séparation, restant avec leurs père et mère. N’encouraient-elles pas le même danger ?
Inlassablement sa mère lui explique : « Elles n’avaient pas à sortir de la maison puisqu’elles n’allaient pas à l’école. Ton père pensait que tu devais poursuivre ta scolarité. » Cette réponse ne convient pas à Calliope, qui estime que sa mère l’a abandonnée, reproche qu’elle lui adresse régulièrement.
Nous demanderons à cette mère de joindre les frères et sœurs de Calliope, peut-être a-t-elle trouvé refuge chez eux ? Effectivement, nous apprendrons quelque temps plus tard qu’elle est accueillie chez un de ses frères aînés.
Il me sera difficile de parvenir à contacter Calliope. Elle ne répond pas à mon courrier, n’est pas joignable par téléphone. Ce n’est qu’au domicile de son frère que je pourrai la rencontrer : elle ne voulait pas venir au service au cas où j’aurais eu l’intention de faire venir sa mère à son insu pour l’entretien proposé. Elle n’a pas confiance.
Elle dit avec éloquence qu’elle va bien, qu’« elle fait tout et rien » à une des portes de Paris, près des boulevards des Maréchaux... Entre fascination et frayeur, elle s’est organisée pour faire face aux dangers de la gare du Nord où elle se rend régulièrement : en côtoyant des jeunes hommes « traînant » là. Ainsi elle a appris comment ils faisaient pour « s’attaquer aux femmes ». Elle explique que cette connaissance lui permet de se protéger, elle connaît ses adversaires potentiels. Avant, il lui est arrivé d’aller à l’école avec un couteau sur elle pour se défendre...
Elle ne veut en aucun cas revoir sa mère, ordonnatrice de la violence dont elle a fait l’objet de la part de ses frères. Ce sera la seule fois où Calliope parlera de l’événement à l’origine de mon intervention. De toutes les façons, « quand on reçoit des coups, la dette est payée. Être punie moralement, cela m’aurait obligée à réfléchir ».
Elle se dit plus affectée du fait que sa mère ne l’aime pas. La preuve : sa séparation d’avec elle pour aller vivre chez la co-épouse de sa mère. Pourquoi elle et non aussi ses plus jeunes sœurs ? Pourtant ce n’est pas qu’elle ait eu à souffrir de l’attitude de sa belle-mère à son endroit : « Elle était comme une vraie mère. Elle et moi avons pleuré pendant des semaines quand j’ai rejoint ma mère. »
Son père ? Il est loin en Afrique et ne vient plus que très rarement maintenant en France. Calliope égrène le prénom de toutes ses femmes et de tous ses frères et sœurs. Depuis quelque temps, il ne donne plus aucune nouvelle. Quasiment tous ses enfants sont en France, destination obligatoire, car il exige qu’ils fassent des études. Pendant plusieurs années, il a subvenu aux besoins financiers des membres de la famille, mais récemment, il les a lui aussi abandonnés, entre autres, Calliope. Elle nous fait alors la démonstration qu’elle ne pourra compter que sur elle-même pour s’en sortir. Et cela, elle le souhaite.
Dès le début de ma rencontre avec cette adolescente, malgré toute l’aversion dite à l’encontre de sa mère, je lui ai dit que je ne pouvais la rencontrer sans que celle-ci n’en soit avisée. Mais nous avons convenu d’un dispositif tant avec Calliope qu’avec sa mère, compte tenu du conflit existant, qui puisse permettre à chacune d’elles de cheminer.
Ce qui se disait pendant les entretiens alors individualisés n’était pas communicable à l’insu de l’une ou de l’autre, exception faite du cas où cette adolescente serait exposée à quelque danger. Dans un premier temps, la mère de Calliope a été rassurée par l’accueil de sa fille chez un de ses frères. Cette situation n’a cependant pas pu perdurer (suite à une expulsion) et, au mois de décembre qui suivit, Calliope devait être accueillie dans un foyer éducatif avec l’accord de sa mère durant quelques mois.
Assez vite cependant cette adolescente nous a demandé des nouvelles de sa mère. La famille disait qu’elle était malade... Calliope a finalement accepté de revoir progressivement sa mère en ma présence. Elle avait à lui reposer d’emblée la question récurrente qui s’imposait toujours à elle : pourquoi ai-je été abandonnée ? Sa mère n’avait pas d’autres réponses que celle qu’elle lui avait toujours donnée. Cela ne fut cependant pas un obstacle à ce que cette adolescente regagne le domicile familial au printemps suivant. Elles pouvaient maintenant se parler.
Je rencontrais alors Calliope depuis presque un an. Elle m’avait sollicitée pour deux choses essentielles pour elle : le maintien de sa scolarité et l’obtention de papiers d’identité lui permettant d’être reconnue ici en France. J’ai donc accompagné cette adolescente dans sa demande. Ce n’est probablement qu’aujourd’hui, dans l’après-coup et l’écriture, que me vient cette idée selon laquelle ces souhaits qui m’étaient adressés dans la réalité s’accrochaient à la parole de son père.
Ce père qui désirait que tous ses enfants fassent des études. Calliope n’a eu de cesse de se projeter dans un avenir professionnel. Si elle avait le désir de devenir pompier, elle signifiait dans le même temps qu’elle n’avait aucun goût pour la culture physique et qu’il lui manquait deux centimètres en taille pour parvenir à ses fins. Peu à peu s’est dessinée pour elle une autre éventualité : faire de l’import-export entre son pays d’origine et la France... Lorsque Calliope s’est inscrite pour faire alors ses études, j’ai reçu tous les courriers provenant du lycée qui me disaient son évolution (notes trimestrielles, bulletins de présence...). J’ai demandé à plusieurs reprises conjointement à cette adolescente et à sa mère de faire en sorte auprès des services administratifs de l’établissement scolaire que ces courriers ne me soient plus envoyés, puisqu’ils ne m’étaient pas a priori destinés. La démarche tardait, jusqu’au jour où Calliope m’indiqua qu’elle avait inscrit mon nom sous la rubrique réservée au tuteur...
Ce père qui l’avait conduite en France avec son passeport. Ici, rien ne la reliait, à la différence de ses frères et sœurs, à sa mère. Administrativement, Calliope n’était pas alors reconnue comme enfant à charge de cette femme.
Souvent j’ai pensé que je devais joindre ce père lointain afin de solliciter sa présence dans la réalité de vie de cette adolescente. Tant elle que sa mère m’en ont dissuadée. Il ne répondrait pas à mes appels, était injoignable, elles ne possédaient pas son adresse... J’ai régulièrement alors renoncé à cette éventualité. Il sera impossible pour le frère de Calliope, qui s’était rendu en Afrique quelques mois plus tard, d’obtenir du père, réputé par sa famille être si puissant dans son pays, l’acte de naissance de cette adolescente. Il aurait été perdu.
Sa mère se rendra alors elle-même en Afrique pour enfin retrouver ce document indispensable afin qu’elle puisse faire reconnaître ici le statut et l’identité de sa fille.
A posteriori je suis amenée à reconnaître l’omniprésence du père, malgré son absence physique, dans ce que construisait Calliope, dans cette élaboration à laquelle je participais.
Si Calliope tentait de réussir ce qu’elle entreprenait, en particulier à propos de son devenir professionnel, il n’en restait pas moins qu’elle était toujours en quête d’un quelque chose sans mots, et ce pendant de longs mois. Durant les trois années où je l’ai rencontrée, elle commençait toujours son année scolaire avec enthousiasme. Ses professeurs sentaient chez elle une certaine fragilité dans son investissement, mais se montraient soutenants. Mais dès le printemps venu, elle se montrait plus absente. Chaque été annonçait une nouvelle errance de Calliope. De nouveau elle fuyait le domicile familial pour « faire tout et rien » aux portes de Paris. Chaque été les espoirs de sa mère s’effondraient, elle qui nous disait peu de temps avant que sa fille était toujours, malgré tout, la meilleure de ses filles. « Quel genre d’affection veut-elle ? », se demandait-elle alors, épuisée par le non-sens apparent de ses agissements.
Ce n’est qu’au terme de notre intervention que, devenant majeure, Calliope est venue en entretien pour parler des dangers qu’elle avait connus pendant l’été. Tous les ans, le même scénario se reproduisait. Tous les ans elle se sentait happée par la rue, le dehors, les rencontres de plus ou moins bon augure, mais cette fois, expliquait-elle, « cela a été pire que tous les autres étés, j’ai bien cru que j’allais devenir clocharde ». Calliope percevait alors qu’une répétition venant d’au-delà d’elle-même se produisait. En l’écoutant, l’idée m’est venue que ce moment de l’année était peut-être à mettre en lien avec un événement marquant de son histoire. Elle a montré sa surprise lorsque je lui ai alors demandé à quelle période elle était revenue de la Réunion en quittant celle qui avait été un temps durant comme une vraie mère pour elle : « Mais... C’était l’été... Vous croyez que... ? » Je n’étais pas en position d’y croire ou pas. Mais la surprise occasionnée me fit lui dire que parfois, le passé nous rattrape... J’illustrais alors mon propos au travers de l’écrit de Marie Cardinal, Les mots pour le dire, et lui proposait, si elle le souhaitait un jour, de lui prêter ce livre.
Quelques semaines plus tard Calliope me téléphonait : « Je n’ai pas trouvé votre livre, Le passé vous rattrape... » Elle est venue chercher le livre de Marie Cardinal, m’a tenu informée qu’elle l’avait lu. Elle doit toujours me le rapporter...
La majorité de Calliope, pour une part, a interrompu le travail engagé avec elle. Elle n’a pas souhaité solliciter auprès du juge pour enfants une mesure d’aide en tant que jeune majeure. La mère de Calliope m’a cependant contactée pour nous dire que cet été sa fille s’était occupée de ses petites sœurs comme elle l’aurait fait elle-même pendant qu’elle avait dû se rendre en Afrique. Cependant, une autre question, d’après elle, avait surgi pour sa fille. De nouveau des conflits, suite à des événements banals de la vie quotidienne, éclataient entre elles, conflits dans lesquels Calliope ne pouvait s’exprimer que dans la répétition de termes injurieux à son encontre, lui indiquant qu’elle était une femme de mauvaise vie... Et si elle s’adressait aujourd’hui à la femme qu’est sa mère ?
L’histoire de Calliope insiste.
Ici est alors perceptible combien, dans le cadre d’une mesure d’aide éducative, nous en arrivons parfois à être, pour peu que nous nous y laissions emmener, au-delà du mandat initial qui nous est confié. Sans faire fi de la notion de danger, notion à l’origine de ce travail, le « manque vital d’amour ou d’affection » énoncé par Calliope dans son discours ouvre la porte avec éloquence à une histoire méconnue et singulière.
Sans cesse, ce père absent manifeste sa présence tant pour elle que finalement pour moi, dans une position transférentielle qui apparaît quasiment au détour de l’écriture de ce texte. Aurait-il fallu dans la réalité contacter ce père et à quel titre ? Au nom de ce qui est appelé dans le jargon professionnel « restaurer le père » ? Je suis plutôt encline à penser que, pour Calliope, ce père est loin d’être oublié... et que le contacter serait finalement une démarche qui lui appartiendrait au moment où cela serait opportun pour elle, s’il advient.
Calliope se tourne aujourd’hui vers sa mère, avec un discours virulent à son endroit. Il n’est plus ici question de l’abandon « réel » énoncé au début de notre travail auprès de cette adolescente, mais là aussi de continuer, avec force et parfois éclats, une démarche d’élaboration psychique qui concerne son « destin ».
 
NOTES
 
[*] Isabelle Ferment, assistante sociale en aemo.
[1] J. Lacan, Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, Sém. II, Paris, 1999.
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