2003
La lettre de l’enfance et de l’adolescence
Dossier : Les filles - Cliniques, pratiques
La socialisation sexuée à l’école : l’univers des filles
Julie Delalande
[*]
Chaque société s’occupe de masculiniser ses garçons et de féminiser ses filles, selon un processus construit qui varie d’une culture à l’autre. L’apparence physique est modelée par des marquages esthétiques ou religieux, l’attitude corporelle est travaillée, si bien que l’on peut dans la plupart des pays distinguer du premier coup d’œil une fillette d’un garçonnet. L’intériorisation du rôle social assigné à l’homme et à la femme détermine la construction des identités féminine et masculine, à l’intérieur d’un système culturel déterminé. Si l’éducation au contact des adultes tient une place de premier choix dans l’intériorisation d’une représentation sexuée de soi, ce sont tous les éléments d’une socialisation qui y concourent. Parmi eux, le temps passé entre enfants tient un rôle à part, parce qu’il donne à l’individu la possibilité de se confronter aux autres dans une situation d’homogénéité d’âge et de statut.
Une ethnologue dans la cour d’école
L’analyse qui suit s’inscrit dans un travail de recherche anthropologique sur l’enfance, commencé en 1990. Depuis cette date, j’ai effectué plusieurs enquêtes de terrain dans des écoles maternelles et élémentaires dans le but de saisir, depuis le point de vue des enfants, le quotidien dans une cour de récréation (Delalande, 2001
[1]). Pour ce faire, j’ai dû expliquer aux élèves que je n’étais parmi eux ni en tant que mère ni en tant que maîtresse, mais comme ethnologue venue apprendre d’eux ce qu’ils font dans la cour. Il leur a fallu du temps pour accepter un renversement de la situation habituelle, dans laquelle l’adulte est celui qui détient l’autorité et le savoir. Ce n’est qu’au fil des semaines, voyant ma persévérance à venir aux récréations et à noter sur mon cahier ce que j’apprenais de leurs jeux et de leurs relations sociales, que certains se sont rapprochés de moi et sont devenus des informateurs privilégiés dans mon travail d’observation participante. En tant que femme, j’ai pu me rapprocher davantage des filles qui se livraient à moi plus que les garçons ; parmi elles quelques leaders m’ont inclue dans leur sphère d’influence. Par cette relation privilégiée qu’elle ont bien voulu construire avec moi, elles m’ont autorisée l’accès à leurs « histoires de filles », m’ont donné quelques clés pour comprendre les enjeux des relations qu’elles construisent entre elles et avec les garçons.
Une construction par la différence
Dès l’école maternelle, les enfants apprennent le danger et la tristesse de rester isolé à l’école, et particulièrement dans la cour. Ils cherchent à se regrouper pour se protéger des agressions et pour jouer ensemble. Ces rassemblements de circonstance prennent ensuite des formes au contenu plus amical, parce qu’en jouant ensemble ils découvrent le caractère de chacun et créent des affinités. Bien que les écoles soient mixtes, ces affinités se développent majoritairement entre enfants de même sexe, parce que, dès leur naissance, la société leur donne à voir une organisation sociale fondée sur la différence des sexes, et leur apprend à s’identifier au groupe de leur sexe.
Dans la classe, les élèves cherchent à trouver des repères par un jeu de ressemblance, et l’appartenance à un groupe sexué constitue alors leur premier point commun. L’affinité plus forte entre enfants de même sexe est vécue également à travers des préoccupations qui diffèrent déjà entre filles et garçons, si bien que l’on préfère jouer « entre soi ». Sans doute l’évitement entre sexes constitue-t-il également une règle implicite de notre société, que les jeunes élèves incorporent et exagèrent dans leurs interactions.
Au résultat, la cour de récréation, à l’école maternelle comme à l’école élémentaire, apparaît d’abord comme un lieu où s’observent des copains ou des copines jouant ensemble, avec cependant plus de groupes mixtes chez les plus jeunes. Les tabous et la pudeur liés à la confrontation à l’autre sexe sont moins forts entre enfants de quatre ou cinq ans, alors que les plus grands « se doivent » de s’éviter, de peur de se voir traiter d’amoureux...
Les objets apportés dans la cour des grands, et déconseillés à l’école maternelle, participent aussi de la séparation des sexes, car ils sont souvent associés à l’un d’eux : billes et ballons pour les garçons, cordes à sauter et élastiques pour les filles. Quand ces jeux se pratiquent dans la mixité, c’est souvent le résultat d’un ou de deux enfants acceptés par ceux du sexe opposé. Certaines filles sont ainsi connues pour aimer jouer au football et peuvent être admises pour ce qu’elles apportent de particulier au jeu. Au CE2, Alain m’explique qu’il apprécie quand quelques filles jouent avec eux :
– C’est plus marrant parce qu’y faut jouer collectif ; on est obligés de se faire des passes alors ça nous entraîne un peu plus.
Je lui demande : – Est-ce qu’il y a d’autres jeux où vous jouez avec les filles ?
– À chat.
– Entre garçons, vous jouez à chat ?
– Non.
À l’observation, mais plus encore à écouter les enfants en parler, les jeux peuvent ainsi être classés comme féminins, masculins ou mixtes. Dans les écoles que j’ai visitées, à la maternelle les jeux de papa et maman sont plutôt féminins mais gagnent à être pratiqués avec des garçons, alors que les jeux de bagarre sont masculins. À l’école élémentaire, les jeux de gymnastique sont féminins même si les garçons s’y essayent. Au contraire, les jeux de chat, chat perché et jeux d’attrape sont avant tout mixtes. Chez les plus jeunes, les jeux de sable se pratiquent sous ces trois compositions, mais prennent chaque fois une forme différente : entre filles, on s’attache davantage aux qualités du sable alors qu’entre garçons celui-ci est un support pour la construction d’une histoire. Dans un groupe mixte, la dimension fictive utilise la différence des sexes, distribuant des rôles féminins ou masculins. Mais en aucun cas la composition du groupe n’est anodine. Elle détermine le contenu du jeu et engendre un certain type de relations entre les joueurs. On peut ainsi analyser l’apport particulier de chaque composition.
Le jeu mixte est un excellent prétexte pour se rapprocher de ceux de l’autre sexe et constitue parfois une occasion de se découvrir amoureux(se). La confrontation engendre toujours une émulation ludique particulière du fait du rapport de séduction qui s’installe. Le jeu de papa et maman prend par exemple une saveur nouvelle, où l’on peut se révéler à l’autre. Plus spectaculaire, le jeu d’attrape
[2] a des allures de chat géant où « les garçons attrapent les filles » avant que les rôles ne s’inversent, construisant l’opportunité d’un contact physique dans un contexte d’euphorie et de débordement. Au CE2, Charlotte me décrit à sa manière le processus : « Des fois y attrapent les filles et y nous font des guilis (des chatouilles) et après c’est à nous. » Les garçons sont toujours désignés comme étant les premiers à lancer le jeu. Ils sont aussi les spécialistes d’une version à sens unique dans laquelle ils « embêtent » les filles. L’activité n’est pas toujours bien vécue par celles-ci, le jeu étant surtout un moyen pour les garçons de montrer leur force.
Quand le groupe de joueurs n’est pas mixte, il n’est plus préoccupé par des questions de relations sexuées et il peut se consacrer davantage au contenu du jeu. Il développe des habitudes ludiques qui lui permettent de se plonger directement dans l’action dès le début de la récréation. Chaque groupe défend ainsi le savoir et la technique qu’il a mis en place, évoquant souvent une compétence sexuée. En grande section de maternelle, Débora me dit à propos des jeux de sable : « Les garçons y savent pas faire, y laissent du blanc, y font comme ça » (montrant un geste brouillon). À partir d’une pratique a priori peu connotée, on affirme une identité sexuée, fondée sur l’acquisition d’un savoir spécifique et renforcée par l’absence de compétence des enfants de l’autre sexe, que l’on rejette de ce fait, ou que l’on accepte comme joueurs témoins d’une supériorité technique. Les filles s’adonnent avec plaisir à ce dernier stratagème, pour se mettre en valeur dans leur pratique des jeux de gymnastique et des jeux de corde à sauter. Ainsi apparaît clairement le fait que l’identité sexuée se constitue presque autant par la construction de différences avec ceux de l’autre sexe que par la mise en place de caractéristiques communes aux enfants d’un sexe.
Un modèle féminin de sociabilité ?
Qu’est-ce qui fait la spécificité des filles ? Comment construisent-elles leur « entre-soi » féminin, par une relation particulière entre elles et un rapport aux autres groupes ? De l’intérieur tout d’abord, en plus des jeux sexués, y a-t-il un comportement féminin, des valeurs et règles qui différencient les groupes de filles des groupes de garçons ? On peut s’attendre à ce que l’éducation sexuée propose un modèle de la féminité – et de la masculinité
– qui se retrouve entre pairs. Un terrain dans les cours d’école ne donne bien sûr qu’un aperçu de la question.
Coté filles, j’ai observé un attachement visible à leur apparence : à l’école élémentaire, elles profitent de la récréation pour se coiffer l’une l’autre, certaines apportent du maquillage et organisent des séances de beauté. À la maternelle, les histoires d’amour sont souvent associées à celles relatives à la création d’une famille. Claire-Marine m’explique sa relation avec son amoureux, Clément : « On va se marier ensemble, oui, avoir qu’un bébé, pas deux parce que c’est beaucoup. » Les filles reprennent donc certains éléments d’un modèle très classique des attributs et des rôles féminins.
L’identité d’un groupe se construit sur des valeurs et des règles que chacun doit respecter pour être accepté. Dans les valeurs unisexes, on trouve la gentillesse, la fidélité, la générosité et la politesse. Entre filles, la beauté physique – mais peut-être aussi intérieure – apparaît déterminante. Quand je demande à Ludivine, au CE2, pourquoi Djamila est sa meilleure copine, elle me répond : « Je sais pas, elle est belle, c’est tout, elle est gentille. » Côté garçons, la vitalité sportive, la force physique et la vaillance sont à l’honneur. Les disputes entre ami(e)s permettent à l’observateur de saisir ce qui fait les attributs de chaque sexe. Des deux côtés, elles se donnent à entendre par les expressions « j’te cause plus » ou « j’suis plus ta copine », mais les motifs de la rupture temporaire divergent. La même Ludivine me raconte comment elle s’était fâchée pendant une journée avec Alexandra : « Elle a dit qu’elle avait toujours raison et ça m’énervait, pi alors je la causais plus. » Toujours au CE2, Geoffray me parle de son meilleur ami du CP : « Des fois quand y m’énerve, quand y m’donne des coups de pied, on s’bagarre, après y dit qu’y me cause plus. Après y m’cause. »
Sans vouloir caricaturer les attitudes de chaque sexe, une tendance apparaît qui place les filles du côté de la parole et les garçons du côté du geste. Les filles sont aussi davantage dans une culture des « petites histoires » et du secret, d’une amitié qui se constitue par la confidence. Mais attention, ce qu’il s’agit de capter ici n’est pas le profil intime et personnel d’un individu, que le psychologue saisirait davantage, mais la dimension sociale de l’identité sexuée telle qu’elle est mise en scène entre enfants. Autrement dit, ces qualités recherchées, ces attributs, sont ceux qui servent de « carte de visite » au groupe dans l’image qu’il cherche à donner à l’extérieur. Ainsi la représentation de soi à travers le groupe tend certainement à simplifier son portrait pour n’en donner à voir qu’une façade facile à porter. Le groupe sert ainsi de « structure instituante
[3] » parce qu’en posant des règles de savoir-vivre et de valeurs, il fixe également une représentation de la féminité.
La relation aux garçons : de l’évitement à la provocation
La construction d’un « entre-soi » féminin est directement liée à la manière dont le groupe de copines bâtit les contours de son monde, sur un idéal de porosité ou d’étanchéité… Dans les faits, un groupe est toujours en relation avec d’autres, parce que la cour d’école permet peu l’isolement physique. Face à cette contrainte, on peut choisir de se protéger ou au contraire de précéder l’interaction pour mieux la maîtriser. J’ai pu suivre en grande section de maternelle puis au CE2 deux groupes de filles qui définissent de façon assez opposée les contours de leur monde
[4]. Je m’attacherai ici à préciser la relation qu’elles créent avec les garçons.
Le groupe construit autour d’Ulyssa, son leader, est dans une relation de connivence spéciale avec les garçons, qui sont souvent admis à participer à ses jeux. À la maternelle, ils partagent le jeu de papa et maman ; au CE2 ils jouent ensemble à faire l’équilibre (une figure de gymnastique où l’on se tient à la verticale sur les mains). Ulyssa, qui donne sa « couleur » au groupe, bâtit son identité sur des relations de séduction et de provocation, tout en empruntant des attributs masculins par son goût pour l’affrontement avec d’autres groupes et sa vaillance sur le terrain. Elle possède une aura particulière qui entraîne l’admiration de ses copines et lui vaut d’avoir, à la maternelle, plusieurs amoureux. Le groupe est organisé autour du regard que les garçons portent sur lui : un regard séduit mais qui impose aussi l’idée d’une supériorité masculine en matière de football et de bagarre, poussant les filles à se surpasser en valorisant leurs points forts. L’identité du groupe, fondée sur l’audace et l’arrogance, prend tout son sens quand elle fait face à ceux qu’elle provoque : les garçons. Cette confrontation donne au groupe sa dynamique.
À l’opposé, les filles rassemblées autour d’Aurélia sont hostiles aux garçons. En grande section de maternelle, elles jouent beaucoup au sable ; au CE2 elles sont au printemps des spécialistes des exercices à la corde à sauter. Elles apprécient la sécurité que procurent d’une part l’attitude hermétique face à l’extérieur et d’autre part des jeux d’abord caractérisés par la force de leurs règles
[5]. Plutôt maladroites avec les garçons, ces fillettes cherchent à les éviter et ont une attitude agressive à leur égard. Elles construisent leur féminité par leur quotidien entre filles et sur ce rejet des garçons, attitude qu’elles incorporent comme un élément identitaire. Elles véhiculent souvent une image mythique de l’autre sexe fondée sur l’ignorance ou la caricature volontaire. Mais quand elles tombent amoureuses, ce qui malgré toute prudence leur arrive, leur rejet se mue en timidité qu’elles cherchent à vaincre en s’alliant entre elles. C’est comme si l’amour de l’une d’elles pour un garçon était contagieux, et loin de les mettre en concurrence cet état commun les rassemble encore, créant une intimité nouvelle entre elles.
Que le groupe soit conduit par une intention d’intersection ou au contraire de disjonction avec les autres
[6], les garçons apparaissent toujours comme un révélateur de ce qui fait l’identité du groupe par les réactions visibles ou non qu’ils provoquent. La confrontation des sexes à l’école apparaît finalement comme génératrice d’une dynamique sociale.
La mixité scolaire entretient-elle les stéréotypes ?
On aurait pu imaginer que l’instauration de la mixité à l’école entraînerait un mélange des enfants des deux sexes dans leur quotidien. En fait, les enseignants sont les premiers à constater que les filles restent entre elles, de même que les garçons, quand elles se rangent par deux, choisissent leur place en classe et surtout quand elles jouent. En fait, les études sociologiques montrent que, dans les écoles mixtes, les stéréotypes sexués sont plus marqués que dans les établissements de filles – ou de garçons –, et la même constatation se fait dans les fratries
[7]. L’exposé qui précède donne des éléments pour comprendre ce phénomène : si la mixité renforce la différence entre les sexes, c’est que leur promiscuité amène chacun d’eux à affirmer sa spécificité en se construisant dans la différence. Quand les filles sont entre elles dans une école qui n’accueille pas de garçons, elles construisent leur identité en se distinguant entre elles en fonction de critères nuancés et en formant des groupes sur ces critères. Quand elles sont face aux garçons, elles cherchent d’abord à marquer leur identité en se démarquant d’eux et véhiculent plus facilement des stéréotypes féminins.
L’idée d’une partition de la cour en deux camps, celui des filles et celui des garçons, telle que le donnent à voir et à entendre les enfants, provient aussi du contexte de la collectivité. L’individualité qui existe dans un face-à-face s’efface en partie à l’école au profit du collectif, les enfants valorisant avant tout leurs points communs pour s’unir. L’appartenance à un sexe est leur plus petit dénominateur commun, conçu comme un utile réducteur des différences. Ce dénominateur apparaît d’autant mieux que l’on gomme les particularités de chacun(e) et que l’on adhère à un même modèle de féminité
– de masculinité. Par ce fait, on exagère les différences avec l’autre sexe.
Dans ce contexte, que reste-t-il du projet républicain de scolariser les enfants dans un rapport d’égalité entre les sexes
[8] ? Comment les filles se considèrent-elles face aux garçons ? Ont-elles une estime de soi moins grande, supérieure ou égale à celle des garçons ? La difficile égalité dans la différence, prônée par notre société et par notre système scolaire, est déjà en jeu dans les relations entre enfants, qui construisent leur identité sexuée dans un rapport de force et de pouvoir avec l’autre sexe, mais parfois aussi dans un grandissement de soi qu’entraîne l’envie de faire face ou de séduire…
Motivation et performances scolaires : les filles creusent l’écart
C’est au début des années 1970 que les filles rattrapent et dépassent les garçons en termes de réussite scolaire. Depuis, les filles continuent leur progression : elles sont à la fois reconnues comme meilleures élèves que les garçons dans l’enseignement primaire ou secondaire et plus nombreuses à poursuivre des études longues.
À 15 ans, 53 % des filles se trouvent dans les classes de première et seconde de l’enseignement général contre 47 % des garçons qui ont le plus souvent redoublé.
Les écarts de performance entre filles et garçons dans la compréhension de l’écrit peuvent être rapprochés de leurs pratiques respectives en matière de lecture. 40 % des garçons disent ne jamais lire pour leur plaisir, soit deux fois plus que les filles (21 %). Les garçons sont deux fois plus nombreux que les filles à considérer que la lecture est « une perte de temps » (31 % contre 15 % des filles) et 37 % d’entre eux déclarent même ne pas pouvoir rester tranquillement à lire plus de quelques minutes contre 23 % des filles. Les filles préfèrent les romans : 51 % en lisent au moins un par mois contre 37 % des garçons. Ces derniers lisent plutôt des bandes dessinées ou consultent le courrier électronique ou les pages web. Mais garçons et filles se rejoignent dans leur intérêt pour la lecture des journaux : à égalité, 65 % déclarent en lire fréquemment.
La réussite des filles accompagne un projet professionnel ambitieux : à 15 ans, 48 % souhaitent en effet exercer une profession intellectuelle, scientifique ou de direction, contre 38 % des garçons.
Lors de l’orientation en fin de seconde, les filles vont plus souvent dans les filières générales (57,9 % contre 49 % des garçons). Cependant elles boudent les filières scientifiques : 68 % des garçons obtiennent un bac « S » contre 37 % des filles.
Les différences d’orientation viennent ainsi tempérer l’effet des compétences plus élevées des filles notamment dans les disciplines littéraires.
in
insee première, n° 886, mars 2003. Site :
www. insee. fr
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Baudelot, C. ; Establet, R. 1992. Allez les filles !, Paris, Le Seuil.
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Delalande, J. 2001. La cour de récréation. Pour une anthropologie de l’enfance, Rennes, pur.
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Duru-Bellat, M. 1990. L’école des filles. Quelle formation pour quels rôles sociaux ?, Paris, L’Harmattan.
·
Duru-Bellat, M. 1995. « Filles et garçons à l’école, approches sociologiques et psychosociales », Revue française de pédagogie, n° 110, janv-févr-mars, p. 75-109.
·
Jaulin, R. 1973. Gens du Soi, gens de l’Autre, Paris, Union générale d’éditions.
·
Mosconi, N. 1989. La mixité dans l’enseignement secondaire : un faux-semblant ?, Paris, puf.
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Mosconi, N (dir.) 1998. Égalité des sexes en éducation et formation, Paris, puf.
·
Rayou, P. 1999. La grande école. Approche sociologique des compétences enfantines, Paris, puf.
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Rayou, P. 2000. « Une société de cour. Les compétences politiques des enfants à l’épreuve de la récréation », dans Djamila Saadi-Mokrane (sous la direction de), Sociétés et cultures enfantines, Actes du colloque organisé par le cersates et la sef, Lille, Éditions du csu Lille 3, p. 145-150.
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Thorne, B. 1992. « Girls and boys together… but mostly apart : gender arrangments in elementary schools », dans Education and Gender Equality, J. Wrigley ed., The Filmer Press.
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Zaidman, C. 1996. La mixité à l’école primaire, Paris, L’Harmattan.
[*]
Julie Delalande, ethnologue, enseignante à l’université Haute-Bretagne Rennes 2.
[1]
Terrain mené dans quatre écoles maternelles et deux écoles élémentaires, choisies dans des milieux sociaux et géographiques différents.
[2]
Une pratique signalée par plusieurs sociologues : P. Rayou, 1999, C. Zaidman, 1996 et B. Thorne, 1992.
[3]
Le sociologue Patrick Rayou parle à propos du jeu d’une « activité instituante » de la cour de récréation, parce qu’il oblige à s’accorder sur des règles ludiques et sociales qui sous-tendent une façon de « pacifier » la cour (2000, p. 146).
[4]
Voir Delalande 2001, p. 116-128.
[5]
En effet, bien que les jeux de sable ne nécessitent pas
a priori de fortes règles, ce sont celles-ci qui semblent donner dans ce groupe son intérêt au jeu.
[6]
Ainsi que le définit Robert Jaulin pour présenter deux manières de séparer les « gens du Soi » des « gens de l’Autre » (1973, p. 23).
[7]
Sur le sujet, on peut lire les travaux de Marie Duru-Bellat (1990 et 1995 notamment) et de Nicole Mosconi (entre autres 1989 et 1998), ou encore Christian Baudelot et Roger Establet (1992). La presse révèle l’actualité du sujet,
Le monde de l’éducation de janvier 2003 (n° 310) proposant un dossier sur la mixité.
[8]
Comme le préconise la convention interministérielle du 25 février 2000 « pour la promotion de l’égalité des chances entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif » (
B.O., n° 10 du 9 mars 2000).