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La lettre de l'enfance et de l'adolescence

2004/1 (no 55)

  • Pages : 100
  • ISBN : 2749202841
  • DOI : 10.3917/lett.055.52
  • Éditeur : ERES


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Il faut se rendre à l’évidence : dès 10 ans pour les filles, un peu plus tard pour les garçons, les enfants vont sur Internet, d’abord pour se faire des copains et des copines, que ce soit en écrivant dans des forums de discussion ou en parlant en direct dans des « chats » (plus explicitement des « bavardoirs », comme disent les Canadiens). Les jeux éducatifs et les recherches pour l’école viennent bien après dans l’ordre de leurs préoccupations. Au grand émoi des parents qui se demandent – pour ceux que le « virus » n’a pas encore contaminés – ce que l’on peut retirer de ces tête-à-tête avec une machine.

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Toute la différence, notamment avec la télévision, réside dans le fait que non seulement l’ordinateur ouvre sur l’ailleurs et la rencontre avec l’autre, mais qu’il permet la communication et l’échange. Le téléphone aussi, certes, et nous ne parlerons pas de la lettre rangée aux accessoires des autres siècles. Mais pour décrocher le combiné, encore faut-il connaître son interlocuteur et ses coordonnées. Internet, lui, réussit le tour de force de mettre en relation des inconnus, parfois situés aux antipodes : un des effets « magiques », tant prisés des préados et des jeunes adolescents.

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C’est vrai, sur Internet on communique pour une large part « à l’aveugle » et les forums de discussion présentent pour l’essentiel une succession d’opinions : « Moi, je pense que », « moi, j’aime », « moi j’aime pas », « À ta place, je ferais ça »... Une fiction de relation ? Pour les enfants, donner son avis, parler de soi, c’est exister. Et l’immensité du cercle des « chatteurs » aide à réaliser que l’autre existe aussi, différent. Le premier pas vers la rencontre d’autrui.

Internet est un formidable terrain d’essais et de création de la relation à l’autre

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Tout est plus facile sur le Net. Les inhibitions, les frustrations, les peurs peuvent être dépassées sans mal. Leurs principaux véhicules à l’âge du collège sont le regard des adultes, parents/enseignants/voisins, et celui de la bande de copains/copines, mais surtout l’imaginaire du jeune lui-même. Avec sa terreur de grandir qui n’a d’égal que son envie de quitter l’enfance.

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C’est l’âge des grandes interrogations et des gigantesques appétences. Et c’est aussi celui où l’on est le plus sur ses gardes. Être « nouveau » au collège, c’est l’horreur absolue. Aborder une fille dans la cour est d’une complexité folle. En ligne, tout va plus vite. Un simple « asv » pour demander l’âge, le sexe et la ville, et la discussion peut s’engager. Ils ne se disent rien de fondamental. Ils comparent ce qu’ils aiment (musiques, stars, émissions, jeux, sport, animaux pour les plus jeunes). Ils évoquent rarement les parents, les frères et sœurs, l’école. Cela vient en un deuxième temps, lorsqu’ils se sont « reconnus ».

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Ils ne se définissent pas en fonction de codes sociaux : classe, fratrie, profession des parents, couleur de peau, apparence physique ou « look » qui, dans la vie « incarnée », étiquettent immédiatement. A priori, tout le monde est en bonne santé, sans handicap ou marque distinctive. Ils ne sont ni fils/fille de, ni du quartier de. Ils se présentent tels qu’ils se ressentent au moment où ils parlent.

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En fait, ils ne se contentent pas de « parler » : ils tapent sur leur clavier les mots conçus pour être compris (quelle que soit l’orthographe employée). Un processus bien plus élaboré dans la démarche vers autrui que la seule expression orale qui, souvent chez les jeunes, fuse en exutoire ou provocation.

Un lieu d’expérimentation du lien aux autres et à soi-même

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En s’exprimant sur le Net, on peut tout à la fois être soi et tester ses autres « moi ».

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Les copains dans la vie incarnée, c’est la bande. Mais on ne choisit pas toujours son appartenance. Elle est fonction du quartier, du nom, des vêtements plus ou moins imposés par les parents, de la réussite scolaire. On est catalogué. L’enfant qualifié d’« intello » qui ne fait rien en classe pour ne plus être exclu du clan qui l’attire en est un exemple probant.

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Sur Internet et nulle part ailleurs, il est facile – par le jeu des pseudonymes – de se tester au sein de différents groupes, sans être accusé de trahir l’un ou l’autre. Le choix d’un ou de plusieurs pseudonymes lorsque l’enfant s’inscrit sur un site (Spiderman, Buffy, Cruella, Spicebombe, Potter, mais aussi Feuilleblanche, Mélodie, Skateur, Princess, Ratatouille...) et son entrée en scène dans un espace de conversation permettent d’être le héros que l’on s’est choisi. L’imaginaire entre véritablement en action, puisqu’il n’est plus seulement une vue de l’esprit. Le jeune confronte, cette fois, ses « possibles » aux réactions des autres.

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Le préado ou le jeune adolescent peut ainsi – au-delà de l’âge socialement autorisé –, et avec l’entier agrément de ses pairs, continuer à « faire comme si », principe constructeur de l’enfant. Mais sans le sentiment de toute-puissance du petit, puisqu’il se trouve lié par le principe de réalité que représentent les autres internautes. Il est en effet tenu à la cohérence de son personnage, sous peine de se voir réclamer des comptes. Mais il peut laisser tomber ses masques, les faire disparaître, pour privilégier une identité et les liens qu’il a noués avec. Il peut également tenter d’en apprivoiser d’autres.

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À la différence de l’adulte qui, par le truchement des « chats », édulcore souvent la relation, le jeune s’engage tout entier, comme lorsqu’il jouait enfant.

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À l’âge où le jeune se met en quête de modèles fiables et commence à récuser ceux proposés par ses parents, les copains représentent souvent l’identifiant. Mais dans la vie incarnée, ils constituent également une sorte de carcan. Car mentir à ses copains, enjoliver la réalité, s’avère parfois lourd de conséquences et mène souvent, une fois la supercherie découverte, à la fâcherie, à la déception, à la perte de confiance, à la réputation entachée pour au moins une année scolaire – une éternité. Sur le Net également, les jeunes n’hésitent pas à mettre en doute et contester un autre internaute. L’affabulateur est démasqué. Mais il ne portera pas de stigmates. D’un clic, l’identité incriminée s’évanouit. L’enfant peut effacer cette partie test de lui-même et revenir la tête haute. Il a la preuve qu’il peut choisir ce qu’il veut être vraiment. Certains décident d’ailleurs d’assumer un certain temps ce « mauvais » moi et en cherchent les limites.

Sur Internet, on peut parler de tout, avec des alter ego

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Oser dire, sans crainte de souffrir. Exprimer ses fantasmes et ses peurs, sans se mettre en danger. Vivre ses envies.

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Ce que l’on ne confie qu’à sa meilleure amie, à son meilleur copain, peut être exposé sans honte, au vu de tous, dans un forum de discussion. Les réponses peuvent être directes, voire crues, débarrassées des convenances. C’est un parler vrai. Les mots viennent plus facilement qu’en face. Les interdits – ou du moins ce que les jeunes pensent être des interdits – n’ont pas cours.

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Pour prendre un exemple, le baiser est un sujet qui préoccupe beaucoup, qui angoisse même parfois. Il est récurrent sur les sites, alors qu’au collège plutôt mourir de honte que de laisser entendre qu’on ne l’a pas encore « fait ». Les modes d’emploi préconisés par les jeunes internautes sont autrement plus rassurants et stimulants que la réponse classique de l’adulte embarrassé : « Ça vient tout seul quand on aime vraiment. » Et où peut-on, ailleurs que sur Internet, demander sous forme de sondage comment les filles aiment que les garçons les abordent pour un premier rendez-vous et recevoir des dizaines de réponses ?

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Les sujets graves sont également évoqués, traités. Problèmes réellement rencontrés ou fantasmés : maltraitance, viol, suicide, dépression, maladie, mort, divorce, échec scolaire. Les jeunes trouvent les mots de réconfort, racontent ce qui leur est arrivé, ce qu’ils ont lu, aident à relativiser, à supporter ce qui paraît insoutenable. On n’est jamais seul sur Internet.

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Dans une classe de collège, on « parle » vraiment avec trois ou quatre personnes. Il n’y en a souvent qu’une seule à qui l’on peut « tout dire ». Et ce n’est pas toujours le cas. Sur le Net, il est possible de se confier à des dizaines d’autres et de partager. Si certains sont choqués, désapprouvent, rejettent, ce n’est pas sans appel. D’autres vont se reconnaître, se faire connaître, choisir d’intervenir. Les jeunes sont généreux. Ils proposent fréquemment de continuer à correspondre par mails privés. Des soutiens actifs se mettent en place. Ils ne comptent pas leur temps, leur élan, leur tendresse pour autrui. Et à cet âge où l’on se sent « moche, nul, incompris », pouvoir aider l’autre – plus fragile encore que soi – est un fort levier personnel pour mûrir.

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Les jeunes sont ici bien ancrés dans la réalité. On ne se trouve pas dans l’espace des jeux vidéo, ni dans une bd ou un manga, pas plus que dans des mondes fantasmagoriques. Les références sont celles de la vie incarnée, comme en témoignent ces deux contributions, respectivement d’un garçon et d’une fille de 14 ans, relevées dans un forum sur un site réservé aux ados [1]  Bertrand Brocard et Patrick Oster, concepteurs du site... [1] .

La dépression

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« Je trouve révoltant que les gens qui vont bien traitent les déprimés avec autant de mépris, du style : “Tu as tout pour être heureux, il y a plein de gens qui sont beaucoup plus dans la misère, tu n’as pas le droit d’être malheureux, alors ferme-la.” C’est injuste !

C’est vrai qu’on a tout pour être heureux, oui, mais voilà, on ne l’est pas. Et on souffre encore plus quand personne ne comprend pourquoi. Quelquefois, c’est vrai, il n’y a aucune raison valable. Mais vous croyez que celle ou celui qui souffre s’occupe vraiment de la raison ? Vous croyez que ça fait une différence si on a envie de mourir pour cette raison ou pour une autre ? Vous croyez vraiment que c’est en lui prouvant combien il est stupide ou ingrat que vous allez l’aider ? Vous croyez vraiment que c’est en niant cette souffrance qu’elle va disparaître ? Je ne crois pas. Je crois, moi, que la seule chose dont les déprimés ont besoin, c’est d’amour pour les aider à s’en sortir. Il ne faut surtout, surtout pas les traiter comme des fous ou des pestiférés. C’est un appel au secours. À quoi sert-il, s’il ne peut même pas être entendu ? »

Comment plaire ?

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« La plupart des ados veulent avoir une réputation, une image, souvent pour plaire à la personne du sexe opposé. Je parle ici exclusivement aux filles.

Ce matin, tu t’es regardée dans la glace et tu t’es trouvée tous les défauts du monde. Regarde cet affreux bouton et puis de toute façon, tu as toujours été moche et tu le seras toujours. Pour plaire, il faut d’abord être ouvert. Il faut sourire. Il faut se plaire à soi-même. Il faut trouver les bons côtés de la vie. Il faut regarder autour, il ne faut pas juger, il faut être libre.

Le matin, pars bien dans ta peau, énergique, dynamique. Bois ton verre de jus d’orange cul sec. Dès que tu passes le portail du collège, souris ! Montre que tu as la pêche, que tu n’es pas une de ces filles qui passent la journée comme une zombie, en confondant la moitié des copines et qui ne sait plus si elle s’est réveillée ce matin. Habille-toi comme tu veux, sois coquette. Ensuite, affirme-toi. Dans les discussions, ne reste pas dans ton coin. Donne ton avis, sans l’imposer aux autres. En cours, ne joue pas à la rebelle pour plaire. Et quand tu rentres chez toi, un coup de jus d’orange et repose-toi.

Je voudrais juste préciser que pour plaire, chacun a ses méthodes, bonnes ou mauvaises. Mais la meilleure façon, c’est de rester fière de soi. »

On parle aussi beaucoup de sexe. Ce qui se discute honteusement ou avec fanfaronnade dans la cour du collège est également débattu sur le Net. On parle notamment règles, hymen, longueur de sexe masculin, masturbation... Mais cette fois sans gêne. Le nombre d’internautes concernés rassure. Les jeunes constatent, sont convaincus qu’ils sont bien comme les copains.

L’amour et l’amitié sont le « lait » de leur vie de jeunes

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Plaire à une fille, avoir un petit copain. Cette quête si ardue dans la vie de tous les jours a toutes les chances de se voir couronnée de succès sur le Net. C’est éphémère, mais cela permet de dépasser inhibitions et frustrations. Dire et accepter le « je t’aime » devient facile.

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Les jeunes savent que ce n’est pas pour de vrai. Mais cette séduction en ligne est en fait profonde. Elle s’exerce à partir du déclaratif, donc de l’intellect et non pas de l’apparence. Les systèmes de caméras vidéo sont encore très peu usités dans les familles. Même lorsqu’on prétend être un grand blond aux yeux bleus de 14 ans, ce n’est pas ce qui compte. On plaît par ce que l’on écrit. C’est une occasion inouïe de tester ce que l’on « vaut » vraiment et de prendre de l’assurance... même boutonneux, même pourvue de bagues dentaires.

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Il y a peu de chagrin d’amour avec les cybers (copains ou copines). Les jeunes sur Internet réinventent, de fait, l’amour courtois. Ils ont une dame ou un héros dont ils portent les couleurs devant les autres internautes. Ils expérimentent l’amour platonique, même si les mots échangés peuvent paraître assez osés à des yeux d’adultes. De toute façon, selon leurs propres dires, leur petite copine ou petit copain « de cœur » est celui ou celle qu’ils peuvent dévorer des yeux et éventuellement toucher.

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Au fil des échanges, le copinage dématérialisé, fondé initialement sur des goûts ou dégoûts communs, se construit. Les échanges se font en privé. Les amitiés se forgent, parfois au-delà des frontières. Des rencontres s’organisent avec l’aval des parents. De véritables tribus s’échafaudent et se donnent rendez-vous dans des espaces de discussions, où l’on s’inquiète quand l’un manque, où l’on râle quand l’autre est en retard.

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Deux jeunes filles d’une douzaine d’années ont raconté comment leur amitié sur Internet s’est concrétisée dans la vie incarnée.

« La première fois que l’on a correspondu, c’était sur les forums, il y a plus d’un an. Après avoir résolu les problèmes de cœur de chacune, on a échangé nos e-mails et puis on s’est écrit, plus ou moins régulièrement, mais sans jamais s’oublier complètement. Au départ, on s’envoyait des mails assez courts, mais plus on a appris à se connaître, plus nos mails sont devenus longs et personnels. Maintenant, on se raconte tout. Je trouve ça vraiment génial, d’autant plus que pour moi c’est plus facile de me livrer à quelqu’un par écrit.

Au bout d’un an, on a eu envie de se rencontrer, alors on s’est échangé quelques lettres et photos par la poste. Ça m’a fait tout drôle de voir sa tête. Je ne l’imaginais pas du tout comme ça. Ça m’a fait aussi un choc de l’entendre au téléphone. Ce qui était comique, c’est que dans nos mails on avait plein de choses à se raconter, alors que là, on ne savait plus tellement quoi se dire.

Il fallait bien sûr l’accord des parents pour qu’elle vienne chez moi (il y a huit heures de train entre nous). Ils n’étaient pas très enthousiastes au début. Mais j’ai réussi à les convaincre. Ils ont téléphoné aux parents de ma correspondante et ont réglé tous les détails ensemble. Alors le grand jour est arrivé. C’était tellement bizarre de la voir comme ça, devant moi. On était super contentes ! »

Avec Internet, l’univers du jeune a repoussé les limites. La toile lui offre un gigantesque creuset où il puise de nouvelles amitiés. Elles sont vraies, tangibles. D’authentiques enfants échangent avec d’autres, non moins réels. Tous les jeunes internautes le disent : les copains d’Internet comptent autant que ceux du collège. C’est une dimension qui ne peut être ignorée, même si l’on n’est pas un praticien « branché ».

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Pour l’enfant et surtout pour le jeune, l’ordinateur représente beaucoup plus qu’une machine à jouer. Connecté à la « toile » mondiale, il devient « doué » de communication et le nombre des sollicitations possibles, comme la multiplicité des contenus, génèrent des opportunités d’implications qu’il ne rencontrera peut-être jamais dans sa vie quotidienne.

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Au-delà de la richesse de tels échanges, il faut également s’interroger sur leur fonction de structuration et de socialisation. Comme je l’ai constaté en animant forums et « chats », les enfants expérimentent par « essais et erreurs » les rapports humains avec beaucoup moins de prévention, de conformisme, de peur de la frustration que dans la vie incarnée. Principalement parce que, grâce au nombre et à la diversité des internautes, il y a toujours quelqu’un « comme eux » pour leur renvoyer une image jumelle et fraternelle, un identifiant constructif.

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Qu’on le veuille ou non, derrière l’écran, se déroule désormais tout un pan de la vie sociale des enfants.

Notes

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Annette Dumesnil, psychologue, a exercé près de vingt ans auprès d’enfants en hôpital de jour et en cmpp. Associée à l’élaboration du site pour enfants « Kazibao » et à son animation en tant qu’Isaline, la « psy », elle a publié chez Audibert : Internet, mes parents et moi, dans la collection « Brins de psycho ».

[1]

Bertrand Brocard et Patrick Oster, concepteurs du site « www.kazibao.net », ont créé en 1998 un site protégé, animé et interactif, pour la tranche d’âge des 10-14 ans, les préadolescents. Il a compté jusqu’à 200 000 inscrits, avant de se figer faute de subsides suffisants.

Plan de l'article

  1. Internet est un formidable terrain d’essais et de création de la relation à l’autre
  2. Un lieu d’expérimentation du lien aux autres et à soi-même
  3. Sur Internet, on peut parler de tout, avec des alter ego
    1. La dépression
    2. Comment plaire ?
  4. L’amour et l’amitié sont le « lait » de leur vie de jeunes

Pour citer cet article

Dumesnil Annette, « Mes copains sur Internet, c'est « pour de faux » et « pour de vrai » », La lettre de l'enfance et de l'adolescence 1/ 2004 (no 55), p. 47-52
URL : www.cairn.info/revue-lettre-de-l-enfance-et-de-l-adolescence-2004-1-page-47.htm.
DOI : 10.3917/lett.055.52


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