La lettre de l'enfance et de l'adolescence 2007/2
La lettre de l'enfance et de l'adolescence
2007/2 (n° 68)
128 pages
Editeur
I.S.B.N. 9782749207377
DOI 10.3917/lett.068.0093
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Bruits du monde

Vous consultezL’enfant virtuel et l’échographie obstétricale

AuteurSylvain Missonnier[*] [*] Sylvain Missonnier, maître de conférences de psychologie...
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du même auteur



En 1901, dans Psychopathologie de la vie quotidienne[1] [1] S. Freud (1901), Psychopathologie de la vie quotidienne,...
suite
, Freud a étudié avec les outils théoriques de la psychanalyse naissante divers actes manqués de la vie de tous les jours. Considérés avant lui comme des plus banals, ils étaient rangés dans le registre du « commun et sans grande importance pratique ». A contrario, il va démontrer la fécondité de l’éclairage psychanalytique pour démasquer cette apparence et apporter « une explication qui dépasse de beaucoup par sa portée l’importance généralement attachée au phénomène en questions ». Pour atteindre ce but, Freud passe en revue ses propres oublis des noms propres, ses erreurs de mémoire, ses lapsus et ceux de ses contemporains dont il a connaissance. Mais il ne se limite nullement à la description de ces actes manqués en parole et en pensée. S’ajoutent ceux de l’action qui mettent en scène les « maladresses » de l’individu en étroite relation avec des objets usuels : clefs, encrier, vase, canne, machines de laboratoire, statuette, bibelot…

2 Or, à l’aube de ce troisième millénaire très « high-tech », il est opportun de mettre en exergue la méconnaissance ancienne et insistante de la culture à l’égard de cette composante matérialiste. G. Simondon[2] [2] G. Simondon, Du mode d’existence des objets techniques,...
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a bien montré les résistances opiniâtres de la philosophie à l’égard de l’objet technique. Elles sont tout aussi caricaturales chez la plupart des cliniciens se référant à la psychopathologie psychanalytique, qui n’ont pas donné suite à l’intérêt freudien pour les objets usuels. À l’exception des « nobles » productions artistiques (les tableaux, les sculptures, les films…), les objets « roturiers » sont boudés par les auteurs[3] [3] S. Tisseron, « De l’inconscient aux objets », Les cahiers...
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. La scotomisation est de taille car non seulement les représentations s’étayent sur les objets techniques courants qu’elles produisent, mais elles sont, simultanément, sculptées en retour par les relations coutumières avec eux.

3 Cette attitude épistémologique est d’autant plus paradoxale qu’un psychanalyste, H. Searles[4] [4] H. Searles (1960), L’environnement non humain, Paris,...
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, a remarquablement ouvert la voie. Il écrit en 1960 : « L’élément non humain de l’environnement de l’homme forme l’un des constituants les plus fondamentaux de la vie psychique. » Son livre, L’environnement non humain, est malheureusement méconnu en France, à l’inverse de son fameux L’effort pour rendre l’autre fou[5] [5] H. Searles (1965), L’effort pour rendre l’autre fou,...
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. En se rebellant contre l’orthodoxie psychanalytique aveugle en la matière, il y rend justice à tout ce qui ne renvoie pas dans notre environnement aux processus interpersonnels : l’inanimé, le végétal et l’animal. Sa thèse est la suivante : la capacité ou l’incapacité de l’humain « à entretenir avec son entourage non humain une relation constructive » contribue de façon non négligeable à son équilibre ou son déséquilibre psychique. Pour lui, trop de psychanalystes, centrés sur le seul champ interpersonnel, négligent ce moment crucial de l’individuation où l’enfant commence à se sentir distinct de son entourage non humain. Or, pour lui, cette « fusion subjective » initiale avec le milieu non humain du nouveau-né a des répercussions tout au long du développement ultérieur normal et pathologique de la personnalité car, inconsciemment, chez l’individu « normal » cette « fusion subjective » persiste tout au long de la vie.

4 Revendiquer ainsi l’inclusion de « l’environnement non humain » prend donc à contre-pied l’orthodoxie psychanalytique d’hier et d’aujourd’hui.

5 Pour inquiéter cette orthodoxie, je vais d’abord tenter de mieux comprendre les ingrédients de cette résistance, en compagnie de J. Perriault et de S. Tisseron, afin de dégager la voie et permettre à des options rebelles à cette exclusion de s’imposer.

6 Secondairement, je compléterai cette ébauche clinique du « système technique[6] [6] B. Gille, Histoire des techniques, Encyclopédie de la Pléiade,...
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» virtuel avec l’évocation d’un exemple singulier directement issu de ma pratique institutionnelle en maternité. Il s’agit de l’échographie obstétricale, apparemment banale, qui met en scène la rencontre singulière d’un processus complexe, le « devenir parent », avec une technique sophistiquée de diagnostic anténatal. « L’inquiétante étrangeté[7] [7] S. Freud (1919), « L’inquiétante étrangeté », Essais...
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» de la « virtualisation » de ce cadre sera soulignée et discutée comme une vision paradigmatique féconde.

7 Enfin, un récit clinique donnera chair et sens à cette proposition dans une troisième partie.

La technique : un objet défendu ?

8 Les objets techniques, privés de discours manifeste, partagent souvent avec le corps la marge silencieuse du langage. Plus encore, si les hommes se créent des outils comme les insectes des organes[8] [8] J. Perriault, « Culture technique », Les cahiers de médiologie,...
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, l’objet technique s’expose aux mêmes scotomisations que le corps. Que signifie cette frontière commune entre corps et technique ?

9 Depuis les remarquables travaux de A. Leroi-Gourhan[9] [9] A. Leroi-Gourhan (1964), Le geste et la parole, t. 1 et...
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, il est possible de répondre raisonnablement à cette interrogation. D’après cet auteur, la genèse de la symbolisation s’est enracinée dans la maturation croisée du corps et des comportements techniques. La main a libéré la parole puis les successives évolutions technologiques de l’homme ont permis d’extérioriser le langage dans l’art et l’écriture. Dans cette conception, l’évolution technique s’impose comme un substitut et un prolongement de l’évolution biologique : les outils occupent une place d’« organes artificiels ». Comme pour l’habitant des grottes de Lascaux, nos rapports aux objets-médiateurs techniques sont des vecteurs princeps de notre construction biopsychique identitaire individuelle et collective. Jean-L. Weissberg[10] [10] J. -L. Weissberg, Présences à distance, Paris, L’Harmattan,...
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formule ce point sans ambages : notre activité sémiotique est toujours déjà technologique.

10 Dans ce contexte, les « nouvelles » technologies et plus particulièrement les machines à communiquer[11] [11] P. Schaefer, Machines à communiquer, Paris, Le Seuil, 1971. ...
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(cinéma, radio, télévision, ordinateur, multimédia…) reflètent l’extériorisation de nos représentations et constituent une pièce essentielle du puzzle de notre culture qui enveloppe et surdétermine notre identité. Comment comprendre alors le silence épistémologique à l’égard du « système technique[12] [12] B. Gille, Histoire des techniques, Encyclopédie de la Pléiade,...
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» dont l’actuelle partition psychanalytique n’est peut-être qu’une variante ? Deux rares auteurs éclairent ce débat.

Technique et société

11 J. Perriault[13] [13] J. Perriault, « Culture technique », Les cahiers de médiologie,...
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décrit avec acuité la spécificité française de cette méconnaissance. À l’instar de l’aristocratie hexagonale, l’intelligentsia a toujours méprisé la technique et l’a oubliée jusqu’à très récemment dans sa conception de l’histoire. À l’exception de Diderot et de ses collaborateurs de l’Encyclopédie, les interactions entre technique et société sont passées sous silence jusque dans les années 1960 où des travaux novateurs montrent, enfin, qu’il existe entre ces deux polarités « un fonctionnement en boucle avec rétroaction et non pas une causalité linéaire ».

12 On y « découvre » que la société produit des objets techniques qui, en retour, la transforment. L’usage de l’objet modifie les représentations individuelles, collectives de l’objet technique et génère des concepts. Perriault évoque un ouvrage de M. Baroli intitulé Le train dans la littérature française (1969) qui montre comment ce moyen de transport polémique est entré dans les mœurs en France au moment où il est devenu source de métaphores langagières. Au même moment, l’impressionnisme donne à voir un paysage où les gares sont très présentes mais surtout où, comme la vision du voyageur dans le train, les lointains sont nets et les premiers plans flous. Dans une démarche croisée originale entre épistémologie et littérature, M. Serres[14] [14] M. Serres, Feux et signaux de brume, Zola, Paris, Grasset,...
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détectera l’empreinte de la thermodynamique dans l’œuvre de Zola. L’influence du « système technique fer-houille-vapeur[15] [15] B. Gille, Histoire des techniques, Encyclopédie de la Pléiade,...
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» sur la formalisation de la théorie freudienne des pulsions (le travail de son énergie économiquement quantifiable – la libido – dans l’appareil psychique) reste à écrire[16] [16] La trace de l’apprentissage expérimental de Freud dans...
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. Mais la seule évocation de la célèbre « Note sur le “Bloc-notes magique[17] [17] S. Freud (1925), « Note sur le “Bloc-notes magique”...
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” » permet d’illustrer l’intrication mutuelle entre élaborations théoriques et usages techniques. À travers le recours exemplaire à cet original « Bloc-notes » apparu dans les années 1920, Freud décrit la complexité de l’appareil mnésique qui réussit à réunir les fonctions du papier, qui fait trace indélébile, et de l’ardoise, indéfiniment réinscriptible. Le pont jeté par la métaphore entre une théorie novatrice de la mémoire et une création technique innovante souligne leur enracinement commun dans un environnement culturel cohérent à un moment historique donné.

Objet placard, objet travail

13 De son côté, S. Tisseron[18] [18] S. Tisseron, « De l’inconscient aux objets », Les cahiers...
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montre avec perspicacité les limites des paradigmes à disposition en psychanalyse pour comprendre nos relations aux objets (entendus par lui dans un sens non psychanalytique justement). Pas plus la théorie du fantasme (les objets sont des ersatz de personnes) que celle de la relation d’objet anale (les objets se résument à leur manipulation anale) ne rendent compte, selon lui, de la complexité du plaisir que nous trouvons dans l’investissement des objets.

14 En droite filiation avec Leroi-Gourhan, il conçoit les objets comme des prolongements de notre corps qui passent de la dépendance à son égard (la prothèse) à l’autonomie (la machine). Or, affirme Tisseron, « c’est exactement la même chose pour ce qui concerne notre rapport psychique aux objets. Ce qui est éprouvé dans le corps se projette d’abord sur la surface de la peau, un peu comme le mouvement du corps se prolonge dans l’outil qui reste collé à la main. Puis il s’en sépare complètement dans les objets. La tendance de l’être humain à fabriquer des prothèses s’accompagne d’une autre qui tend à la périphérisation de sa vie psychique. Et, dans les deux cas, l’essentiel consiste dans les processus de symbolisation qui y sont mis en œuvre, à travers lesquels se construisent à la fois la vie psychique individuelle et l’existence sociale ».

15 Dans cette optique, la bobine de Ernst, le petit-fils de Freud[19] [19] S. Freud (1920), « Au-delà du principe de plaisir »,...
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, et l’objet transitionnel[20] [20] D. W. Winnicott (1971), Jeu et réalité, Paris, Gallimard,...
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de Winnicott ont un point commun : ils sont tous deux « manipulés ». Cette manipulation signe un « travail d’assimilation psychique » que n’importe quel objet peut soutenir. « Les objets qui nous entourent n’ont pas seulement une fonction utilitaire, une fonction narcissique et divers rôles de satisfaction sexuelle substitutive. Ils sont au cœur de notre travail psychique d’assimilation de nos expériences du monde. Ce travail, dans tous les cas, n’existe que dans les moments de son accomplissement. Autrement dit, il s’identifie totalement à l’acte qui le fonde. Cet acte peut être verbal, le temps où nous parlons de quelque chose, mais aussi gestuel ou iconique. »

16 L’objet, selon Tisseron, est potentiellement un « opérateur de transformations » simultanément psychiques et sociales. Si cette éventualité est réalisée, l’objet est nommé « objet-travail ». Si elle échoue, l’objet, un réceptacle d’une expérience psychique inélaborée, est intitulé « objet-placard ». « L’objet constitué en auxiliaire des processus de la symbolisation accueille certaines parties de soi et participe à leur transformation, alors qu’au contraire l’objet constitué en auxiliaire des obstacles mis au processus de symbolisation accueille certaines parties de soi sans participer à leur transformation. » Schématiquement, un emploi psychologique de l’objet correspond chez Tisseron à la « manipulation », synonyme « d’assimilation », et un usage psychopathologique, à la « fascination », trace d’un traumatisme passé resté brut. Une illustration est donnée avec un objet emblématique : l’image. Elle sera soit support d’un « travail d’assimilation », soit « placard » de fragments de vie psychique délétères. Une distinction dont il sera fortement question pour envisager l’image échographique.

17 Finalement, tout concourt, selon cet auteur, à la nécessité de « nous débarrasser de l’idée que le monde des humains et le monde des objets seraient irrémédiablement séparés ». À l’abri de ce clivage, c’est la réciprocité des « médiations » entre l’homme et les objets qui mérite toute notre attention car « non seulement le travail psychique de la symbolisation s’appuie sur les objets, mais il est organisé par le rapport avec eux ».

Un exemple emblématique de virtualisation : l’échographie obstétricale

18 Une des meilleures façons de s’engager dans la voie d’une psychopathologie du virtuel quotidien, c’est de « zoomer » sur un usage très spécifique pour tenter d’éviter les pièges spéculatifs d’un discours généraliste a priori.

19 C’est ce que nous[21] [21] M. Soulé, L. Gourand, S. Missonnier, M. J. Soubieux, L’échographie...
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avons tenté de faire en étudiant l’échographie obstétricale, qui s’impose comme un examen récurrent, central dans le cheminement parental en prénatal. Après coup, cette recherche-action se révèle être très propice à l’étude de la rencontre d’une technique et d’un processus biopsychique, le « devenir parent ». Plus encore, elle illustre l’intrication fondamentale entre le virtuel, matrice symbolique de l’humain, et la virtualisation technique qui l’accompagne comme son ombre. De nos jours, la maternité est en effet un temple moderne de la fécondité où la technique est omniprésente à la fondation même de l’humain. Le suivi médical y joue un rôle clef de « virtualisation ». Qu’en est-il ?

La virtualisation

20 P. Lévy, un des meilleurs philosophes actuels sur la question du virtuel, définit la virtualisation comme « une mutation d’identité, un déplacement du centre de gravité ontologique de l’objet considéré : au lieu de se définir principalement par son actualité (une “solution”), l’entité trouve désormais sa consistance essentielle dans un champ problématique[22] [22] P. Lévy, Qu’est-ce que le virtuel ?, Paris, La Découverte/ Poche,...
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».

21 Selon lui, cette virtualisation est globalement avec l’activité psychique (par essence, l’affect), le langage, la science, les techniques et les institutions sociales, constitutive de l’hominisation. Elle n’est en elle-même ni bonne ni mauvaise. Crise maturative finalisée par une quête de sens, elle permet de quitter l’ici et maintenant au profit d’un questionnement sur les contraintes et les finalités de notre vie psychique et de nos actes. Elle tire sa fécondité de sa tension interrogative et sa validité de son éthique. C’est un « mouvement inverse de l’actualisation ».

Virtualisation échographique

22 Avec l’échographie, le suivi médical prénatal projette une virtualisation diagnostique sur l’enfant virtuel parental. Mes recherches cliniques[23] [23] S. Missonnier, La consultation thérapeutique périnatale,...
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m’ont conduit à émettre l’hypothèse suivante à l’égard des échographies ne révélant aucune anomalie : la virtualisation de l’imagerie échographique peut être organisatrice ou, a contrario, délétère pour le processus de parentalité.

23 Le regard échographique confronte à « l’inquiétante étrangeté[24] [24] S. Freud (1919), « L’inquiétante étrangeté », dans...
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» de « l’étranger à demeure[25] [25] A. Bouchart-Godart, « Un étranger à demeure », Nouvelle...
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» à l’intérieur du corps maternel. La levée transitoire des correspondances entre vu et perçu (les parents voient avant de sentir à la première échographie), la levée transitoire des correspondances entre dedans et dehors, entre sujet et objet induisent une charge fantasmatique qui met à l’épreuve les capacités des spectateurs à transformer cette imagerie intracorporelle brute en représentations.

24 Pour mieux cerner le pouvoir de virtualisation de l’imagerie échographique, il est sans doute judicieux de rappeler que l’image en général « utilise des procédés qui échappent au principe de réalité, (elle utilise) ceux de la pensée magique, ceux du rêve[26] [26] P. Denis, « Séduction de l’image, image de la séduction...
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», propices aux déplacements et aux condensations. Comme l’a proposé D. Anzieu en étudiant les « signifiants formels[27] [27] D. Anzieu, « Les signifiants formels et le moi-peau »,...
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», le psychisme se constitue probablement au départ dans des rapports d’espaces. Ce n’est, selon lui, qu’après la constitution des contenants psychiques que les contenus émergent, primitivement sous forme de représentants d’enveloppe et de transformations de ces enveloppes au gré des relations très précoces. À un niveau développemental, « les enjeux de l’image précèdent (donc) ceux du langage[28] [28] S. Tisseron, Psychanalyse de l’image, Paris, Dunod, 1995. ...
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». En d’autres termes, l’image serait le véritable contenant de nos premiers contenus psychiques.

25 Tisseron nous donne une précieuse comparaison à ce sujet : « Parce que l’image est apparue avant la séparation psychique et qu’elle a d’abord été mise au service de l’illusion de l’unité primitive, toute image continue à envelopper la pensée. La pensée soutenue par une image est comme le nouveau-né porté par sa mère[29] [29] Ibid. ...
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. » La mère (comme l’image) est l’enveloppe de l’enfant à naître. Dans ce contexte de résurgences archaïques et de miroir narcissique, le pouvoir d’influence de l’imagerie échographique s’organisera donc, très schématiquement, entre deux polarités extrêmes qu’une infinité de pastels séparent :

26 a) Quand l’enfant virtuel parental trouve dans l’imagerie échographique une confirmation et un support à son anticipation objectale, la maturation de la parentalité s’actualise ; la proposition de virtualisation médicale – c’est-à-dire de problématisation de la parentalité – est transitoire, tempérée, psychiquement comestible et, in fine, dynamique pour la cohésion entre le virtuel parental et l’enfant actuel. Bref, la virtualisation échographique est un rituel de passage symboliquement efficace qui favorise l’anticipation.

27 b) Quand l’échographie contredit l’enfant virtuel, alimente un malentendu[30] [30] L. Gourand, « Place de l’échographie dans le diagnostic...
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, elle induit un mouvement persistant de virtualisation paralysante pour la parentalité. L’enveloppe parentale est effractée par la potentialité objectale d’un fœtus qui sème l’effroi d’une Gorgone pétrifiante. Le regard échographique n’a pas d’efficacité symbolique : il perd sa fonction de liaison rituelle de la transparence psychique parentale. Il ne favorise pas « l’aménagement du devenir[31] [31] J. Maisonneuve, Les conduites rituelles, Paris, puf, 1988. ...
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», il met à nu et ne contient ni ne structure.

28 Selon la structure psychique des parents et la qualité de la contenance de l’échographiste conteur (ici deux variables fondamentales), l’impact de la contradiction sera d’une violence traumatique variable pour la famille.

29 C’est dans ce contexte, qu’une psycho(patho)logie sémiotico-technique du cadre échographique peut permettre de mieux comprendre les enjeux en présence et de proposer une prévention primaire et secondaire des troubles de la parentalité et des relations précoces parents-fœtus-bébé.

L’automate et le fœtus

30 Dans son célèbre essai « L’inquiétante étrangeté[32] [32] S. Freud (1919), « L’inquiétante étrangeté », dans...
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», Freud se propose d’expliciter les divers ingrédients constitutifs de ce sentiment mêlé d’effroi et de familiarité vécu dans la vie courante ou rencontré dans la littérature. Nous allons en rappeler les grands traits pour en établir la résonance avec le cadre échographique en particulier et les objets virtuels en général.

31 Dans sa minutieuse enquête, il a d’abord recours à l’analyse étymologique et sémantique du mot allemand heimlich. Il met en exergue le sens paradoxal, non univoque, « ambivalent » de ce mot qui peut signifier son contraire en se substituant à son antonyme unheimlich. « Heimlich appartient à deux ensembles de représentation qui, sans être opposés, n’en sont pas moins fortement étrangers, celui du familier, du confortable, et celui du caché, du dissimulé. »

32 Ensuite, en s’appuyant sur des exemples de la vie courante et des fictions littéraires, il établit différentes composantes de cette familière étrangeté. Si on suit la hiérarchisation freudienne, la principale caractéristique de ce sentiment complexe est de marquer une répétition. L’impression de nouveauté qui accompagne ce sentiment est illusoire suggère Freud. « Unheimlich n’est en réalité rien de nouveau ou d’étranger, mais quelque chose qui est pour la vie psychique familier de tout temps, et qui ne lui est devenu étranger que par le processus de refoulement. »

33 Dans ce cadre de compulsion de répétition, ce sentiment commémore des « phases isolées de l’histoire de l’évolution du sentiment du moi, d’une régression à des époques où le moi ne s’était pas encore nettement délimité par rapport au monde extérieur et à autrui ». À l’extrême, cette maison (heim) primitive, cette terre natale (heimat) dont le souvenir s’accompagne du mal du pays (heimweh), c’est, nous livre Freud, le sexe et le sein de la mère. Unheimlich « est donc aussi dans ce cas le chez-soi (das heimische), l’antiquement familier d’autrefois. Mais le préfixe un par lequel commence ce mot est la marque du refoulement ».

34 Dans la mouvance de cette répétition, ce sentiment provient aussi de la réactivation des complexes infantiles refoulés (complexe de castration) et de la toute-puissance des pensées. D’ailleurs, cette dernière survit chez l’adulte civilisé dans la superstition et le pouvoir magique de la psyché, fragiles remparts contre la perception de notre finitude dans la mort.

35 Pris dans son ensemble, ce texte plaide en faveur de la thèse principale que nous venons de résumer. Mais il y en a une autre que Freud considère comme secondaire en regard de la théorie psychanalytique du complexe de castration, du refoulement et de la répétition. Il s’agit de l’option défendue par E. Jentsch dans la seule étude trouvée par Freud sur ce sujet. Selon cet auteur, l’inquiétante étrangeté reflète une « incertitude intellectuelle » quand l’on « doute qu’un être apparemment vivant ait une âme, ou bien à l’inverse, si un objet non vivant n’aurait pas par hasard une âme ». Pour illustrer son propos, Jentsch évoque le sentiment inquiétant des « processus automatiques » des crises épileptiques, de la folie et des poupées animées, des automates. C’est cette piste qui conduit Freud aux contes d’Hoffmann et, en particulier, à L’homme au sable.

36 Dans ce conte, l’étudiant Nathanaël achète à l’opticien ambulant Giuseppe Coppola une longue-vue de poche. Grâce à cet instrument, il épie l’appartement du professeur Spalanzani situé en face de chez lui. Il aperçoit sa fille Olympia, « belle, mais énigmatiquement laconique et immobile. Il éprouve pour elle un coup de foudre si violent qu’il en oublie sa fiancée raisonnable et banale. Mais Olympia est un automate dont Spalanzani a monté les rouages et dans lequel Coppola – l’homme au sable – a inséré les yeux ».

37 Freud n’accepte cette piste de l’incertitude entre animé et inanimé à l’origine de l’inquiétante étrangeté du conte que comme « point d’appui » pour son investigation psychanalytique. Et de fait, avec un brio remarquable, il donne une analyse œdipienne du conte dont l’auteur lui-même, Hoffmann, à l’instar de Nathanaël, a perdu son père dans son enfance.

38 Mon intention présente est de redonner à la proposition de Jentsch toute sa force. Elle me paraît injustement remisée au second rôle alors qu’elle mérite autant d’attention que la juste filière œdipienne. Sa restauration est capitale pour l’analyse du cadre échographique, qui se doit d’allier également complexe de castration, refoulement, répétition, mais aussi distinction entre animé et inanimé.

39 En effet, cette « incertitude intellectuelle » défendue par Jentsch dans la distinction de l’humain et du non-humain est emblématique de ce sentiment particulier d’inquiétante étrangeté que véhiculent l’image échographique du fœtus et la « bande-son » de l’examen. Les frontières entre fiction et réalité y sont aussi incertaines. Et, de plus, comme le fait remarquer M. Soulé[33] [33] M. Soulé, « De la pédiatrie à la psychiatrie fœtale...
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, « l’automatisme » des mouvements du fœtus (bouche, tête, tronc) n’est pas, selon le témoignage de certains parents, sans évoquer ceux d’un automate… animé ou d’un être vivant mécanique. L’automatisme génétique du programme du développement du fœtus (qui reproduit parfois les erreurs) est aussi à envisager avec la même valence inquiétante et familière.

40 Une fois bien établie la part due à cette immersion dans l’incertitude, on peut poursuivre l’analogie entre l’analyse freudienne de l’inquiétante étrangeté et l’examen échographique. Ce cadre commémore une époque où le moi n’est pas distingué du monde extérieur ni d’autrui et, caricaturalement, stimule le fantasme de vie intra-utérine dicté par une nostalgie de la terre natale (le mal du pays).

Léa et la rov ingénue

41

Mercredi 15 h. Sortant d’une chambre, je croise dans le couloir de la maternité une sage-femme échographiste avec qui j’ai l’habitude de considérer l’espace de cet examen prénatal comme un lieu de prévention privilégié[34] [34] S. Missonnier, « L’échographie obstétricale : un lieu...
suite
. Elle me dit : « Je viens de voir une gamine enceinte pour sa première écho, elle a dix-sept ans et j’ai négocié avec elle que tu la rencontres, on peut en parler un peu ? »
Léa, m’apprend l’échographiste, est en cap de pao (publication assistée par ordinateur). À l’issue d’une scolarité obligatoire sans enthousiasme, elle s’épanouit maintenant dans un apprentissage qu’elle a choisi et qu’elle apprécie. Elle « sort » depuis un an avec Jo, dix-huit ans, menuisier. Léa est enceinte de 5 mois. C’est à l’occasion d’une visite chez son médecin de famille il y a trois semaines, pour des douleurs abdominales dont elle était coutumière, que la grossesse a été découverte.
À son initiative, Léa avait consulté à quinze ans le gynécologue de sa mère pour envisager une contraception. Pourtant, elle avait seule décidé d’arrêter la prise de pilule considérant que ce traitement accentuait les douleurs de ses règles. Jo mettait des préservatifs… sauf quand il n’en mettait pas !
Au moment de la découverte, ses parents l’avaient d’abord copieusement « engueulée » puis, sur les conseils du médecin de famille, ils avaient adopté une attitude plus contenante. Depuis que Jo, relativement apprécié par les parents de Léa, avait clairement affirmé vouloir assumer sa responsabilité, la situation s’était quelque peu détendue. Léa avait rencontré l’assistante sociale qui l’avait informée sur ses droits et, notamment, sur la possibilité d’accoucher sous X.
L’échographiste insistait sur le fait que dans l’entretien qui avait précédé l’examen, Léa avait exprimé sans détour le bouleversement occasionné par cette révélation mais n’avait rien dit de l’avenir. Au début de l’examen, elle ne regardait pas l’écran mais seulement le visage de l’échographiste. Puis elle y jeta quelques regards furtifs et, peu à peu, en restant silencieuse et captivée, son regard s’immergea dans les images. Dans un deuxième temps, elle avait simplement demandé à l’échographiste : « Serait-il possible que je revienne avec mon ami pour une nouvelle séance ? » La sage-femme, connaissant le pouvoir d’étayage des images échographiques discutées dans notre recherche-action, avait bien volontiers accepté la perspective.
Je rencontre Léa avant cette deuxième échographie. Elle a un visage poupin mais une forte détermination dans le regard, la gestuelle et la voix. Elle porte un long pull ample qui laisse peu transparaître sa grossesse. Elle est spontanément ouverte au dialogue avec moi et manifestement pas seulement parce qu’il a été vivement recommandé par l’échographiste avec qui elle affirme avoir eu un bon contact. Léa me raconte son incroyable surprise face aux images échographiques : « C’est à partir de là que j’ai vraiment réalisé que je porte un enfant », affirme-t-elle avec une émotion empreinte d’émerveillement mais aussi d’une pointe de terreur.
Elle associe d’elle-même sur le moment redoutable où elle a dû annoncer à son père cette grossesse. Elle m’explique qu’elle l’a d’abord révélée à sa mère puis, ensuite, à son père. Sa mère, choquée, l’a au départ insultée, mais elle lui avait rapidement apporté son soutien dans les jours qui suivirent en revendiquant avec gourmandise « être prête à être grand-mère ». De la part de son père, Léa craignait une réaction démesurée. Quand j’invite Léa à me préciser quelle attitude elle redoutait, elle dit : « Fille unique, j’avais peur qu’il me chasse de la maison, mais je savais que ma mère réussirait à l’amadouer. » De fait, son père resta sans voix face à la nouvelle et, incapable de poursuivre la discussion, quitta la maison pendant quelques heures. Suivirent de longues séquences de reproches, qui s’estompèrent après la rencontre avec le généraliste en qui le père avait très confiance.
Léa adore le travail qu’elle apprend. Elle est fière de son stage de graphiste dans une agence de pao où elle s’est particulièrement investie dans la construction de sites sur Internet. Avant cet apprentissage, elle surfait déjà beaucoup sur le web et « chattait » fréquemment avec d’autres ados. Depuis le début de son stage, elle fréquentait essentiellement des forums de « webmestres » pour échanger des infos entre architectes du web. Avec humour, elle me précise : « Maintenant ce sera plutôt “ma grossesse.com” », qu’elle avait visité récemment avec intérêt.
Quinze jours plus tard, je reçois Léa et Jo, qui a pris un jour de congé pour l’accompagner à la maternité. Ils sortent de la deuxième échographie ; ils sont très enthousiastes. Jo s’impose comme un jeune adulte plus mature que Léa qui semble, par contraste, plus candide. Léa explique son impatience pour cet examen : elle attendait beaucoup de retrouver cette fascination qu’elle avait ressentie la première fois face aux images fœtales ; elle se réjouissait de la partager avec son compagnon. Elle insiste de nouveau sur l’importance prise par les images échographiques dans sa prise de conscience qu’ils attendent un enfant. Plus encore, Léa précise : « Quand je traverse des moments d’angoisse pour mon avenir, je me repasse ces images et j’imagine celles de l’examen suivant en tirant des plans sur la comète. »
Jo raconte sobrement et avec acuité son histoire dans une famille nombreuse d’émigrés polonais où, face à l’adversité et la pauvreté, la famille et le travail sont « sacrés ». Dans sa culture personnelle, comme souvent dans les milieux défavorisés, être mère est socialement valorisé. Il souligne son étonnement face à la relation de Léa avec ses parents, qui sont « trop sur elle » selon lui. Léa acquiesce.
Un rythme de rencontres deux fois par mois est décidé. Jo ne peut pas quitter facilement son travail, mais il fera le maximum pour venir ponctuellement.
De ce parcours prénatal de consultations thérapeutiques et de la collaboration avec l’échographiste avec qui nous avons mûri ce que signifiaient la demande d’échographies mensuelles de Léa et son acceptation, je retiens électivement les éléments cliniques suivants :
– Avant que la grossesse ne survienne, l’adolescence de Léa mettait en exergue une immaturité dans la filière des conflits de séparation/individuation. Depuis les premières et difficiles années de scolarisation, les angoisses de séparation parents/enfant émaillaient le parcours du trio et muselaient quelque peu son épanouissement. Le grand-père paternel était mort pendant la Seconde Guerre mondiale quand le père de Léa avait un an. Ce dernier a vécu toute son enfance au milieu des photos du jeune officier défunt. La grossesse de Léa peut être hypothétiquement envisagée comme une tentative paradoxale de distanciation maturante des parents et, simultanément, de régression nostalgique vers la dépendance infantile auprès d’un père surdéterminé par son nid monoparental où la tendresse paternelle avait fait défaut.
– Suite à de graves problèmes gynécologiques infectieux, la mère de Léa avait été opérée d’une hystérectomie deux ans après la naissance de sa fille, alors qu’elle préméditait avec son mari une fratrie. Le caractère d’enfant précieux accordé à Léa par ses parents puis l’extrême compliance de sa mère à l’idée de devenir grand-mère signent probablement l’inertie de cette stérilisation maternelle impromptue. Être enceinte, pour Léa, c’était sans doute confirmer et conforter sa fertilité, tout en donnant satisfaction au mandat transgénérationnel maternel de prolongement filial.
– Une fois la confiance établie dans le cadre de la consultation thérapeutique, Léa insista dans un premier temps sur ses douleurs abdominales, puis sur ses craintes de malformations fœtales.
À partir de sept mois de grossesse, la liaison initiale faite par Léa entre ses douleurs abdominales et son refus de la contraception met aussi bien en exergue la tension à la source de cette grossesse. Plus qu’à une réédition des conflits structuraux œdipiens et préœdipiens de l’enfance et de la puberté, inhérente à toute grossesse, Léa était d’abord confrontée à la contextualisation désorganisante de l’édition originale adolescente de cette crise corporelle et identitaire. La liaison dangereuse de la crise adolescente et du passage à l’acte de la grossesse amplifiait singulièrement chez elle l’impérialisme des représentations archaïques de fusion et de désir d’enfant incestueux dont l’obtention lui permettait de se substituer inconsciemment à la mère stérile défaillante. L’exploration de cette collusion[35] [35] Ce mot est ainsi défini dans Le Petit Robert (1988) : «...
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psychique constitue un des fils rouges des consultations thérapeutiques.
Dans cet esprit, il est raisonnable de se demander si, chez Léa, les craintes de malformation du fœtus – a priori structuralement polymorphes[36] [36] S. Missonnier, La consultation thérapeutique périnatale,...
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– ne s’inscrivent pas dans un registre conflictuel plus élaboré que les douleurs abdominales infantiles qui précèdent et qui accompagnent fréquemment les résistances somatiques à la féminisation des premières règles. Quand, à sa demande, Léa apprit qu’elle attendait un garçon, elle dit d’emblée que la nouvelle allait faire très plaisir à son père. De fait, c’est après ce questionnement sur le sexe de son enfant et cette affirmation que Léa quitta les douleurs abdominales pour les angoisses de malformation. Le ressenti proprioceptif des mouvements fœtaux a aussi favorisé cette mutation.
– Un suivi régulier en postnatal de Léa, Jo et leur fils pendant six mois permet de témoigner d’une qualité « suffisamment bonne » du lien parents-bébé instauré pendant la période périnatale. Un déménagement dans un appartement, la négociation explicite d’un investissement tempéré des grands-parents maternels dans l’intendance du petit-fils, la reprise du travail de Léa à la fin de son congé maternité parallèlement à la garde de l’enfant chez une nourrice sont les éléments les plus visibles de cette évolution favorable que seul un suivi longitudinal permettrait de confirmer dans la durée.

Léa et l’épreuve initiatique de l’échographie

42 Au prix d’une réduction de la complexité de ce récit clinique mais pour coller à la thématique de ce collectif, il est temps désormais de s’interroger sur le rôle présumé joué dans ce scénario par chacune des séances d’échographie. La plupart de nos consultations thérapeutiques démarraient par une narration de ces examens qui se révélèrent être une fenêtre ouverte sur le « complexe problématique » de Léa. Comment comprendre la fonction d’activateur de ce cadre ? Comment dynamise-t-il le questionnement de Léa sur les enjeux générationnels de son histoire et sur son investissement de projet d’enfant, secondairement établi, sur la base d’une grossesse initialement mise en œuvre par un passage à l’acte ?

43 Envisager cette influence en termes de « virtualisation » offre une piste prometteuse. De fait, l’histoire de Léa est une bonne illustration du rôle dynamique de l’échographie. La conjonction de la virtualisation de ce cadre et de celui de la consultation thérapeutique semble avoir favorisé l’étayage de la rov de Léa. Je crois que, dans son cas, c’est bien en effet la synergie de ces deux espaces qui s’est révélée féconde. La virtualisation de la grossesse mise en images par le laboratoire échographique n’est pas restée brute. L’examen peut être après coup perçu comme un rituel initiatique séculier[37] [37] J. Maisonneuve, Les conduites rituelles, Paris, puf, 1988. ...
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44 Mixte d’affect et d’intellect, le rituel a dans ce cas un pouvoir de liaison individuelle et sociale dont l’immense paradoxe est de reposer sur la traversée d’une désorganisation transitoire féconde. Les rites de baptême, par exemple, prototypes des rites de passage, ont été décrits comme des bains d’indifférencié d’où l’on ressort mieux différencié. Van Gennep[38] [38] A. Van Gennep (1909), Les rites de passage, Paris, Picard,...
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a nommé « marge » cette indifférenciation transitoire. Elle représente l’épicentre de la séquence rituelle : séparation/marge/ intégration.

45 Animée par une fonction organisatrice de transitionnalité et de liaison, l’échographie s’est imposée comme un rituel séculier efficace offrant un moyen d’élaboration de l’angoisse et des conflits. Le triple pouvoir de représentation, de transformation et d’enveloppe des images[39] [39] S. Tisseron, Psychanalyse de l’image, Paris, Dunod, 1995. ...
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, et, plus largement, du cadre échographique est un ingrédient essentiel de cette efficacité symbolique. La résonance entre la virtualité du fœtus et celle de son image échographique vient étayer l’émergence identitaire de l’enfant du dedans et sa différenciation.

46 L’élaboration d’un sens vécu et partagé de l’examen entre Léa, Jo et leur environnement social et soignant (échographiste, psychothérapeute) est une autre composante essentielle de cette efficience. Avec cette symbolisation communautaire, la violence de la traversée de la « marge » de la transparence psychique transitoire de la grossesse et de son amplification avec le cadre échographique est reconnue et contenue par ce rite de passage.

47 Quels commentaires formuler pour la question générale du virtuel et sa rencontre avec le « pubertaire qui est à la psyché ce que la puberté est au corps[40] [40] P. Gutton, Le pubertaire, Paris, puf, 1991. ...
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» ?

48 D’abord, souligner la vertu[41] [41] Virtualis, « qui n’est qu’en puissance », est dérivé...
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matricielle et spécifiquement humaine de la virtualisation. Dans toutes les périodes sensibles dites classiquement de crise, cette virtualisation occupe – pour le meilleur et pour le pire – le devant de la scène humaine. Elle flambe à l’adolescence avec la confrontation pulsionnelle prégénitale et génitale, l’émergence de l’objet sexuel, l’agressivité, le clivage, la projection, le déni et la bisexualité psychique…

49 Ensuite, convenir que dans cette spirale, Léa est « tombée » enceinte victime d’une accélération brutale où le virtuel perd son épaisseur temporelle processuelle et laisse le pouvoir à l’atemporel inconscient instaurant un « quand je veux » tout-puissant. Cependant, chemin faisant, la brutalité de cette effraction a pu être, en partie, progressivement élaborée. D’une part, l’issue favorable de la mise à l’épreuve de ses liens et, d’autre part, la maturation des identifications projectives induites par la vision fœtale échographique plaident en faveur de cette évolution.

50 La virtualisation de l’échographie a opéré comme un « organisateur psychique[42] [42] J. -P. Boyer, P. Porret (1987), « L’échographie obstétricale...
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». Bien sûr, elle a cyniquement amplifié chez Léa les résurgences conflictuelles archaïques et œdipiennes de cette grossesse impromptue (et il serait idéaliste et naïf de croire qu’il n’en restera pas peu ou prou des traces chez elle, dans son couple et dans l’histoire périnatale de son enfant), mais elle en a aussi, simultanément, ouvert les potentialités anticipatrices et élaboratives.

51 Au fond, l’immersion dans une réalité saturée d’images virtuelles numériques n’a-t-elle pas cette propriété – dans le meilleur des cas[43] [43] L’échographie obstétricale « sauvage » est facilement...
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– de faire affleurer à la surface de la psyché les conditions de son dépassement ? Les images échographiques d’un fœtus bien réel mais encore enfant virtuel poussent à l’extrême cette logique car elles commémorent les fondements les plus archaïques.

52 Dans un contexte plus banal (jeux vidéo, rencontres sur Internet, loisirs vidéo et photographiques…), cet originaire – mutatis mutandis – persiste, mais beaucoup plus masqué. À ce titre, l’adolescent sera friand de ces parcours initiatiques fondés sur les images numériques. Il y négocie l’apprivoisement progressif des angoisses propres à la complexité objectale à travers une simulation dont l’authenticité, toujours croissante, le préserve toutefois des dangers les plus redoutés.

53 De cette richesse, le virtuel peut tirer son poison. Son potentiel de transitionnalité n’est jamais acquis a priori. De fait, la vertu du virtuel s’interrompt là ou commence la tragique solitude du rituel, cette fois au sens psychopathologique du terme.

54 Chez les jeunes filles enceintes à l’adolescence, l’enfant virtuel est, quand il n’est pas le fruit d’un viol, une poupée brouillonne exprimant maladroitement une démonstration de féminité, un désir d’exister, une aspiration à l’indépendance, un cri d’alarme… dont notre société aggrave souvent le pronostic par une maltraitance solidement ancrée historiquement.

55 Avec Léa, la virtualisation des images échographiques a acquis le statut de rituel séculier opérant grâce à une élaboration symbolique individuelle et collective. Parions, une fois n’est pas coutume, que son enfant virtuel réponde à la promesse d’un tâtonnement ingénu mais, in fine, ingénieux.

GRAPE
Colloque sur l’adolescence
Paris, 29, 30 nov. et 1er déc. 2007
« Pourquoi les adolescents nous poussent-ils à inventer ? la manière de voir celle-ci d’un œil neuf. Mais quand un jeune lance un défi, il faut qu’il y ait un adulte pour relever ce défi ! »
Cette invitation de Winnicott dans « Conversations ordinaires » nous permet de vous convier à aborder l’adolescence sous l’angle d’un processus créateur, inventif au plan subjectif et social. Le moment adolescent nécessite de la créativité, de l’inventivité : il en faut aux jeunes sujets pour poser les actes qui devraient assurer leur devenir, leur inscription sociale ; il faut aussi, pour accueillir ces jeunes inventions, que les institutions d’adultes aient de réelles capacités d’adaptation inventive.
Pour l’adolescent, l’accès à la génitalité et le violent regain des pulsions qui l’accompagne constituent le chaos préalable à toute création. Ainsi, sans un travail de résolution symbolique des éventuels vécus traumatiques impensables ou des expériences d’insécurité fondamentale, ne sont-ils pas amenés à vivre de plus en plus tôt une sexualité de type adulte sur fond in-analysé de sexualité infantile ?
De la créativité est nécessaire pour passer, au prix de souffrances, de séparations et d’« arrachement », de l’enfant assujetti au sujet de l’acte. Dans ce temps difficile de passage, certains adolescents peuvent se trouver en panne et – faute de pouvoir poser des actes vrais, des actes de parole, tentent le passage en force, passages à l’acte.
La société exige la flexibilité des citoyens qui, en réponse, opposent leur besoin de sécurité. Les jeunes, dans leur vie affective et sociale, dans leurs études ou leur entrée dans le monde du travail, sont aussi confrontés à la paradoxale exigence moderne : mouvance et fixité.
Sans question ni demande, beaucoup d’adolescents sont prisonniers d’un instant présent impératif et impulsif. Ils brillent par leur absence d’inscription – ou par leur hyper-réactivité – dans les institutions scolaires, soignantes ou éducatives, vite décontenancées. Pour ces institutions pensées par des adultes, le rapport à la Loi et à la fonction de l’interdit résiste-t-il aux interpellations de l’adolescent ?
L’adaptation inventive des institutions spécialisées dans l’accueil des jeunes en grande difficulté se heurte au « syndrome de la patate chaude » – leurs mains sont-elles devenues moins résistantes à la chaleur ? – et renvoient de service en service ces jeunes inclassables, incasables/incasés, qui, eux-mêmes en période de gel de leur créativité, les dérangent et les bousculent, les interrogent sur leur propre capacité à faire preuve d’inventivité.
Enrayer ce syndrome, relancer un processus de création, nécessite sans doute de tabler sur la rencontre individuelle, où un certain « transfert » peut se nouer. Mais en plus, toute institution devrait être un lieu où le jeune n’est pas assigné à demeure, où il peut circuler, où il est convoqué comme sujet. Alors, il pourrait passer de la « parole-acte » à l’acte de parole.
Le Groupe de Recherche sur l’Adolescence du GRAPE
Renseignements et inscriptions GRAPE, 8 rue Mayran, 75009 Paris
Tél. : 01 48 78 30 88 – Fax : 01 40 16 95 92 – www.legrape.org
 

Notes

[ *] Sylvain Missonnier, maître de conférences de psychologie clinique à Paris X-Nanterre, directeur de recherche dans le laboratoire du lasi, psychanalyste (Institut de psychanalyse, spp).Retour

[ 1] S. Freud (1901), Psychopathologie de la vie quotidienne, Paris, Payot, 1967.Retour

[ 2] G. Simondon, Du mode d’existence des objets techniques, Paris, Aubier, 1958.Retour

[ 3] S. Tisseron, « De l’inconscient aux objets », Les cahiers de médiologie, n° 6, « Pourquoi des médiologues ? », p. 231-243.Retour

[ 4] H. Searles (1960), L’environnement non humain, Paris, Gallimard, 1986.Retour

[ 5] H. Searles (1965), L’effort pour rendre l’autre fou, Paris, Gallimard, 1977.Retour

[ 6] B. Gille, Histoire des techniques, Encyclopédie de la Pléiade, Paris, Gallimard, 1978.Retour

[ 7] S. Freud (1919), « L’inquiétante étrangeté », Essais de psychanalyse appliquée, Paris, Gallimard, 1976.Retour

[ 8] J. Perriault, « Culture technique », Les cahiers de médiologie, n° 6, « Pourquoi des médiologues ? », 1998, 197-214.Retour

[ 9] A. Leroi-Gourhan (1964), Le geste et la parole, t. 1 et t. 2, Albin Michel, 1998.Retour

[ 10] J.-L. Weissberg, Présences à distance, Paris, L’Harmattan, 1999.Retour

[ 11] P. Schaefer, Machines à communiquer, Paris, Le Seuil, 1971.Retour

[ 12] B. Gille, Histoire des techniques, Encyclopédie de la Pléiade, Paris, Gallimard, 1978.Retour

[ 13] J. Perriault, « Culture technique », Les cahiers de médiologie, n° 6, « Pourquoi des médiologues ? », 1998, p. 197-214.Retour

[ 14] M. Serres, Feux et signaux de brume, Zola, Paris, Grasset, 1975.Retour

[ 15] B. Gille, Histoire des techniques, Encyclopédie de la Pléiade, Paris, Gallimard, 1978.Retour

[ 16] La trace de l’apprentissage expérimental de Freud dans l’équipe de Brücke de la physique et de la chimie du système nerveux mériterait conjointement d’être explorée, notamment à travers les nombreuses métaphores techniques et optiques qui émaillent ses écrits.Retour

[ 17] S. Freud (1925), « Note sur le “Bloc-notes magique” », dans Résultats, idées problèmes, II, Paris, puf, 1985.Retour

[ 18] S. Tisseron, « De l’inconscient aux objets », Les cahiers de médiologie. n° 6, « Pourquoi des médiologues ? », p. 231-243.Retour

[ 19] S. Freud (1920), « Au-delà du principe de plaisir », Essais de psychanalyse, Paris, Payot, 1982.Retour

[ 20] D.W. Winnicott (1971), Jeu et réalité, Paris, Gallimard, 1975.Retour

[ 21] M. Soulé, L. Gourand, S. Missonnier, M.J. Soubieux, L’échographie de la grossesse : les enjeux de la relation, Toulouse, érès, 1999.Retour

[ 22] P. Lévy, Qu’est-ce que le virtuel ?, Paris, La Découverte/Poche, 1998.Retour

[ 23] S. Missonnier, La consultation thérapeutique périnatale, chap. « Voir dedans », Toulouse, érès, 2003.Retour

[ 24] S. Freud (1919), « L’inquiétante étrangeté », dans Essais de psychanalyse appliquée, Paris, Gallimard, 1976.Retour

[ 25] A. Bouchart-Godart, « Un étranger à demeure », Nouvelle revue de psychanalyse, 19, 1979.Retour

[ 26] P. Denis, « Séduction de l’image, image de la séduction », Topique, « Pouvoirs de l’image », n° 53, 1994.Retour

[ 27] D. Anzieu, « Les signifiants formels et le moi-peau », dans D. Anzieu (sous la direction de), Les enveloppes psychiques, Paris, Dunod, 1987.Retour

[ 28] S. Tisseron, Psychanalyse de l’image, Paris, Dunod, 1995.Retour

[ 29] Ibid.Retour

[ 30] L. Gourand, « Place de l’échographie dans le diagnostic prénatal », dans D. David, S. Gosme-Séguret, Le diagnostic prénatal, Paris, esf, 1996.Retour

[ 31] J. Maisonneuve, Les conduites rituelles, Paris, puf, 1988.Retour

[ 32] S. Freud (1919), « L’inquiétante étrangeté », dans Essais de psychanalyse appliquée, Paris, Gallimard, 1976.Retour

[ 33] M. Soulé, « De la pédiatrie à la psychiatrie fœtale », dans M. Soulé, L. Gourand, S. Missonnier, M.J. Soubieux, L’échographie de la grossesse : les enjeux de la relation, Toulouse, érès, 1999.Retour

[ 34] S. Missonnier, « L’échographie obstétricale : un lieu de prévention précoce des avatars de la parentalité ? », dans P. Mazet, S. Lebovici, Psychiatrie périnatale, Paris, puf, 1998, p. 111-129.Retour

[ 35] Ce mot est ainsi défini dans Le Petit Robert (1988) : « Entente secrète au préjudice d’un tiers. »Retour

[ 36] S. Missonnier, La consultation thérapeutique périnatale, Toulouse, érès, 2003.Retour

[ 37] J. Maisonneuve, Les conduites rituelles, Paris, puf, 1988.Retour

[ 38] A. Van Gennep (1909), Les rites de passage, Paris, Picard, 1981.Retour

[ 39] S. Tisseron, Psychanalyse de l’image, Paris, Dunod, 1995.Retour

[ 40] P. Gutton, Le pubertaire, Paris, puf, 1991.Retour

[ 41] Virtualis, « qui n’est qu’en puissance », est dérivé du latin classique virtus, vertu, et vir, l’homme.Retour

[ 42] J.-P. Boyer, P. Porret (1987), « L’échographie obstétricale : premières remarques à propos d’un changement épistémologique », Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence, 35, 8-9. I. Dormois, D. Robin, « Décompensation psychique au cours d’investigations échographiques obstétricales », Communication au 38e congrès de la Société de psychologie médicale de langue française, Angers, 15 et 16 septembre 1995.Retour

[ 43] L’échographie obstétricale « sauvage » est facilement mise au service d’une propagande culpabilisatrice anti-ivg-img-accouchement sous X, étrangère à toute réflexion casuistique.Retour

Résumé

L’environnement non humain est trop souvent tenu à l’écart de la clinique et des théories psychanalytiques. Mais la scotomisation des éléments psycho(patho)logiques du virtuel quotidien est désormais incompatible avec notre pratique.
Dans cet esprit, la rencontre périnatale du « devenir parent » et du « naître humain » devient indissociable de l’usage de hautes technologies, notamment diagnostiques.
Dans le cas particulier de l’échographie prénatale, comment s’influencent mutuellement processus de parentalité et imagerie médicale du corps de l’enfant virtuel ?
Le récit d’une intervention psychothérapique à la maternité avec une adolescente enceinte donne ici l’occasion d’étudier le pouvoir d’influence du cadre échographique.

Mots-clés

grossesse adolescente, échographie obstétricale, enfant virtuel


PLAN DE L'ARTICLE


POUR CITER CET ARTICLE

Sylvain Missonnier « L'enfant virtuel et l'échographie obstétricale », La lettre de l'enfance et de l'adolescence 2/2007 (n° 68), p. 93-106.
URL :
www.cairn.info/revue-lettre-de-l-enfance-et-de-l-adolescence-2007-2-page-93.htm.
DOI : 10.3917/lett.068.0093.