Taire, mentir, simuler, dissimuler... un long héritage
Jean-Pierre Cavaillé
Afin de prendre quelque recul par rapport aux opinions contemporaines en matière de secret, de tromperie et de mensonge, on propose une courte histoire, à grandes enjambées, des notions et des problèmes : du pseudos grec au mensonge extra-moral de Nietzsche, en passant par l’élaboration durable proposée par le christianisme, caractérisée par la prohibition inconditionnelle du mensonge et la proposition d’alternatives tout aussi nécessaires que discutables, pour assurer la sauvegarde des secrets (équivoques et restrictions mentales). Le moment essentiel, pour une compréhension de notre manière spontanée de concevoir la dissimulation et le mensonge, est sans nul doute l’époque des Lumières qui voit la promotion d’une éthique de la transparence et de la sincérité dans tous les domaines des actions et de la parole humaines.Mots-clés :
mensonge, secret, tromperie, simulation, dissimulation, équivoques, restrictions mentales, droit à la vérité, véracité.
• Nobles mensonges, belles tromperies et simulations utiles
• Prohibition inconditionnelle du mensonge, équivoques et restrictions mentales
• Droit à la vérité et mensonge innocent
• Les Lumières : une éthique de la véracité, de la sincérité et de la transparence
• Adopter une perspective « extra-morale », mais néanmoins éthique