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M@n@gement

2008/1 (Vol. 11)

  • Pages : 66
  • DOI : 10.3917/mana.111.0057
  • Éditeur : AIMS

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Olivier Boiral 2007 Environnement et gestion : de la prévention à la mobilisation Sainte-Foy : Presses de l?Université Laval. Recensé par Emmanuelle Reynaud IAE d?Aix-en-Provence emmanuelle.reynaud@iae-aix.com

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Description :

Date de publication : 24 mai 2007

Editeur : Presses de l’Université Laval

338 pages ; 15 x 22,5 cm

ISBN : 978-2-7637-8489-2

http://www.pulaval.com/catalogue/environnement-gestion-prevention-mobilisation-9012.html

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L?ouvrage d?Olivier Boiral traite du management environnemental du point de vue des ressources humaines, peu abordé dans la littérature. Olivier Boiral distingue ce qu?il appelle le côté jardin (stratégie et communication) de ce qu?il appelle le côté cour (opérationnel).

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La partie 1 détaille le côté jardin.

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Côté jardin, les entreprises sont « considérées comme des acteurs incontournables pour promouvoir un développement durable dont les contours demeurent incertains. » (p. 43) Elles adoptent donc un comportement volontaire qui trouve sa légitimité dans plusieurs déterminants. La réponse aux demandes des acteurs a longtemps été la raison principale d?adoption d?un comportement responsable avant de céder sa place à la saisie des opportunités (satisfaction du marché de l?environnement, amélioration de l?image de l?organisation et satisfaction des clients et des investisseurs). Les systèmes de gestion environnementale (e.g., ISO 14001) ne sont que la résultante de cette prise en compte initiée par les entreprises.

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Mais, Olivier Boiral demeure septique face à cette prise de conscience subite de la gestion environnementale. Selon lui, « la vision harmonieuse (…) d?une “organisation écologique” plus ou moins en phase avec les attentes de la société et avec les opportunités des marchés de l?environnement correspond à un idéal technocratique visant surtout à légitimer les entreprises par rapport à des enjeux où leur crédibilité fait souvent défaut. » (p. 83) Il ne s?agit alors que d?un mythe rationnel. La complexité de l?organisation est occultée au profit d?un dirigeant omnipotent. Olivier Boiral souhaite donc interroger les acteurs à tous les niveaux de l?organisation pour réhabiliter le rôle de tous dans la gestion environnementale.

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Dans la partie 2, l?auteur détaille les problèmes apparaissant lors de la mise en œuvre des politiques de prévention. Des procédés de dépollution et ou de prévention pertinent peuvent devenir totalement inefficace par manque d?information des employés à l?origine d?une mauvaise utilisation. Ainsi, « lorsque les systèmes de traitement des con- taminants sont centralisés et éloignés des activités de production, il semble difficile de sensibiliser, plus en amont, les opérateurs qui ont peu de contacts avec les activités d?épuration » (p. 133). De même, la méconnaissance des propriétés chimiques des micro-organismes des stations d?épuration peut être à l?origine de pollution ponctuelle : un ajout d?acide (du fait de l?arrivée d?un nouveau déchet) peut, par exemple, endommager les bactéries en charge du nettoyage. Olivier Boiral déniche aussi des croyances suffisamment naïves pour être attendrissantes. Ainsi, il a trouvé de nombreux employés croyant que leur station d?épuration agissait comme un filtre pour nettoyer le Saint Laurent. Mais la politique de prévention souffre, selon Olivier Boiral, d?un problème beaucoup plus grave : le choix d?un procédé de dépollution est réalisé sur la base d?une étude coûts bénéfices bien plus qu?en fonction de son efficacité !

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La partie 3 traite de l?implication des salariés dans la démarche environnementale. Il montre que l?entreprise adopte souvent une approche top down et que la gestion participative n?est que très rarement mise en place. Ainsi la formation est magistrale alors qu?une approche interactive permettrait de mettre en évidence les problèmes rencontrés au quotidien. Les savoirs tacites ne sont pas non plus exploités alors qu?ils pourraient être diffusés et éviter des situations de crise. Or, pour l?auteur ceci n?est pas dû à une mauvaise compréhension du phénomène de pollution mais est, bel et bien, délibéré afin de masquer les nombreuses contradictions entre la recherche de profit et la gestion environnementale. Aborder la gestion environnementale par le point de vue des employés est très instructif.

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Trois cas sont étudiés en profondeur. Pour les analyser, l?auteur utilise une méthodologie qualitative classique et fouillée. 81 entretiens ont été réalisés et de nombreux verbatims nous sont présentés au cours des parties 2 et 3.

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On y apprend que les PME québécoises étudiées ont beaucoup gagné en termes de réduction de la pollution à mettre en place une approche préventive. On apprend aussi que l?amélioration continue prônée a du mal à se mettre en place faute de moyens suffisants pour mettre en œuvre les idées des salariés mais aussi compte tenu d?une culture trop technique des managers en charge de la gestion environnementale.

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La bibliographie utilisée est très dense : ouvrages, revues spécialisées et revues génériques sont tour à tour abordées. Beaucoup d?articles (ou ouvrages) non liés à l?environnement sont aussi exposés pour appuyer le discours sur la vacuité de la stratégie. La bibliographie constitue sans contexte un des points forts de l?ouvrage.

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Cet ouvrage dénonce les écrits en stratégie qui, selon l?auteur, adoptent une approche par trop optimiste et naïve. Pour Olivier Boiral, c?est l?ensemble de ce courant inscrit dans une approche libérale qui est à rejeter. Il ne prend pas la peine de montrer en quoi cette approche est optimiste et naïve ce qui enlève beaucoup de poids à son argumentation. Ceci est amplifié par le fait qu?à l?issue de la partie 2, il trouve que l?approche gagnant-gagnant est contingente, ce qui corrobore les écrits stratégiques dénoncés précédemment.

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De même, dans les trois PME étudiées, les actions mises en œuvre apparaissent comme coûteuses. Des résultats similaires sont trouvés par d?autres auteurs mettant en avant la nécessité d?imposer ses standards environnementaux pour rendre la démarche de protection rentable. Or, une PME n?en a que rarement les moyens.

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Pour résumer, l?ouvrage revisite le thème de la gestion de l?environnement en adoptant tour à tour une approche iconoclaste puis une approche descriptive.

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La principale originalité de cet ouvrage est d?être centré sur les propos des employés et c?est pourquoi il mérite d?être lu.

Titres recensés

  1. Olivier Boiral 2007 Environnement et gestion : de la prévention à la mobilisation Sainte-Foy : Presses de l?Université Laval. Recensé par Emmanuelle Reynaud IAE d?Aix-en-Provence emmanuelle.reynaud@iae-aix.com

Pour citer cet article

« Recension d'ouvrage », M@n@gement, 1/2008 (Vol. 11), p. 57-59.

URL : http://www.cairn.info/revue-management-2008-1-page-57.htm
DOI : 10.3917/mana.111.0057


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