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M@n@gement

2009/3 (Vol. 12)

  • Pages : 50
  • DOI : 10.3917/mana.123.0204
  • Éditeur : AIMS

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Les recherches consacrées à l’orientation marché se sont multipliées depuis les travaux fondateurs de Kohli et Jaworski (1990) et de Narver et Slater (1990). Considérée comme une orientation stratégique destinée à « créer les comportements nécessaires à une performance supérieure et continue » (Narver & Slater, 1990 : 21), la question de ses liens avec la performance organisationnelle a été posée dès 1990. Les recherches du domaine se sont largement structurées autour de ce premier thème. Son approfondissement a conduit à la publication successive de trois méta-analyses, qui marquent à notre sens une avancée décisive dans la connaissance de la relation « orientation marché-performance organisationnelle » (Ellis, 2006 ; Kirca, Jayachandran & Bearden, 2005 ; Rodriguez Cano, Carrillat & Jaramillo, 2004).

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Le lien entre orientation marché et performance des nouveaux produits est quant à lui abordé depuis Slater et Narver (1994). Cela est sans doute lié à l’importance stratégique des nouveaux produits : il est estimé qu’ils participent à hauteur de 32 % au chiffre d’affaires et de 31 % au profit des entreprises qui les lancent (Griffin, 1997). Cela est sans doute également en lien avec l’ampleur des taux d’échec des lancements, évalués à 90 % en Europe pour des produits de grande consommation (Andreani, 2001). Toutes les recherches du domaine font l’hypothèse d’un effet bénéfique de l’orientation marché sur la performance des nouveaux produits.

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Pourtant, Henard et Szymanski (2001), proposant une méta-analyse des déterminants de la performance des nouveaux produits, n’observent pas d’effet significatif de l’orientation marché sur la performance des nouveaux produits. Ce résultat est doublement surprenant. D’une part, il est contraire aux conclusions des méta-analyses de Rodriguez Cano, Carrillat et Jaramillo (2004), de Kirca, Jayachandran et Bearden (2005) et d’Ellis (2006), qui mettent conjointement en évidence une relation positive et significative entre l’orientation marché et la performance organisationnelle, ce qui laisse supposer un effet bénéfique sur la performance d’un nouveau produit. D’autre part, il invalide l’hypothèse courante du domaine qui suppose une relation positive et significative, comme le mentionnent Henard et Szymanski (2001) eux-mêmes, entre l’orientation marché et la performance d’un nouveau produit (Gotteland et Boulé, 2006). La question reste par conséquent en suspens : l’orientation marché a-t-elle ou n’a-t-elle pas d’effet sur la performance d’un nouveau produit ? Face à l’importance stratégique des nouveaux produits et à l’ampleur de leurs taux d’échec, peut-on considérer l’orientation marché comme un levier de performance ?

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Dans ce contexte, l’objet de cet article est de proposer une nouvelle méta-analyse de la relation « orientation marché-performance d’un nouveau produit ». Notre objectif est double. En premier lieu, à partir d’une base de données plus complète que celle d’Henard et Szymanski (2001) – nous avons pu recenser 22 articles là où ils n’en recueillaient que 13 –, et tout en retenant une méthode de traitement identique, nous cherchons à tester à nouveau l’hypothèse d’un effet positif de l’orientation marché sur la performance d’un nouveau produit. En second lieu, nous cherchons à identifier certaines contingences théoriques et méthodologiques pouvant affecter l’intensité de la relation entre orientation marché et performance d’un produit nouveau.

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Nous présentons dans un premier temps le cadre conceptuel et les hypothèses de recherche. Dans un second temps, nous détaillons la méthodologie et les résultats obtenus. Nous établissons un résultat contraire aux conclusions de Henard et Szymanski (2001). En conclusion, cela induit un ensemble de contributions théoriques à la compréhension du concept d’orientation marché et de ses effets sur la performance du nouveau produit, ainsi qu’un ensemble de recommandations managériales permettant une meilleure mise en oeuvre de l’orientation marché dans l’entreprise.

CADRE CONCEPTUEL ET HYPOTHESES DE RE CHERCHE

Orientation marché et performance des produits nouveaux

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Les articles de Kohli et Jaworski (1990) et de Narver et Slater (1990) apparaissent comme les travaux structurants du champ, en proposant les deux approches aujourd’hui coexistantes du concept d’orientation marché. Les premiers définissent le concept comme « la production par l’organisation d’informations sur les besoins actuels et futurs des consommateurs, la diffusion de ces informations dans les différents départements de l’organisation, et la réaction de l’organisation à ces informations » (p. 6). Les seconds le définissent comme « la culture organisationnelle qui induit […] les comportements nécessaires à l’offre d’une valeur supérieure aux clients » (p. 21). Ces comportements sont ceux de « compréhension et de satisfaction des besoins des clients » (p. 21), « d’identification, d’analyse et de réponse aux actions des concurrents » (p. 21), et « d’acquisition et d’intégration dans les offres de l’entreprise d’un savoir-faire technologique conséquent » (Gatignon & Xuereb, 1997 : 78). Sont ainsi définies trois composantes comportementales de l’orientation marché : l’orientation vers les clients, vers les concurrents et vers la technologie.

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Si les effets positifs de l’orientation marché sur la performance organisationnelle sont avérés, qu’en est-il de ses effets sur la performance des produits nouveaux ? L’orientation marché conduit-elle à davantage de performance des produits nouveaux ? La méta-analyse proposée par Henard et Szymanski (2001) infirme cette relation. Ce résultat est surprenant. Il est contraire à l’hypothèse usuelle du domaine d’une relation positive et significative entre le degré d’orientation marché d’une organisation et la performance des nouveaux produits qu’elle met en marché, quel que soit le type de performance considéré, commerciale, financière, technique, projet ou globale. En effet, l’adéquation d’un nouveau produit aux attentes et aux caractéristiques des consommateurs est une variable déterminante de sa performance (voir par exemple la méta-analyse de Montoya-Weiss et Calantone, 1994). Cette adéquation n’est possible que si l’entreprise cherche à comprendre ses consommateurs et à les satisfaire, autrement dit que si elle est orientée vers les consommateurs. Par ailleurs, le développement d’un nouveau produit bénéficiant d’un avantage par rapport aux produits concurrents est un autre facteur déterminant de sa performance (Montoya-Weiss & Calantone, 1994). Les consommateurs forment en effet généralement des perceptions favorables des produits nouveaux ayant des caractéristiques supérieures (Carpenter & Nakamoto, 1989). Le développement d’un produit bénéficiant d’un tel avantage n’est permis que parce qu’une équipe de développement a su intégrer dans son offre des technologies nouvelles (i.e. : a été orientée vers la technologie), dans une optique de différenciation par rapport aux offres concurrentes (i.e. : a été orientée vers ses concurrents). L’orientation consommateurs, technologie et concurrents constituant trois dimensions de l’orientation marché, nous supposons en conséquence, que :

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H1 : Plus une organisation est orientée vers son marché, plus les produits nouveaux qu’elle lance sur ce marché sont performants.

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Si les recherches existantes supposent conjointement un effet bénéfique de l’orientation marché, les résultats obtenus sont hétérogènes (Gotteland & Boulé, 2006 : 180-181). Les raisons en sont doubles. Elles sont en premier lieu théoriques et ne peuvent être totalement évaluées à ce stade par une méta-analyse. Les recherches du domaine ont rapidement été orientées vers la mise en évidence des effets de médiation et de modération de la relation « orientation marché-performance d’un nouveau produit ». Ceux-ci sont nombreux (Gotteland & Boulé, 2006 : 181), et leurs effets sur les mesures d’associations ne peuvent être systématiquement contrôlés. Les modèles théoriques spécifiés variant ainsi d’une recherche à l’autre, les paramètres estimés diffèrent en conséquence. En second lieu, l’hétérogénéité des résultats peut être liée à des différences méthodologiques. Nous proposons ici d’en contrôler les effets. Nous étudions quatre catégories de modérateurs caractéristiques de la méthodologie de recherche employée. En premier lieu, nous posons la question de la mesure de la performance d’un nouveau produit (H2). En deuxième lieu, le même type de considération est porté à la mesure de l’orientation marché (H3). En troisième lieu, l’effet du type de secteur est estimé (H4). Enfin, nous étudions deux propositions relatives au type de répondant (P1) et à la zone géographique (P2), et contrôlons les effets éventuels de la taille de l’échantillon et de la date de publication sur l’intensité de la relation entre orientation marché et performance des nouveaux produits.

Impact du choix de la mesure de performance d’un nouveau produit

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Les recherches consacrées aux effets de l’orientation marché sur la performance des nouveaux produits mesurent la performance de manière variable. La mesure peut ainsi être financière (Langerak, Hultink & Robben, 2004), commerciale (Wren, Souder & Berkowitz, 2000), technique, caractéristique du projet (Atuahene-Gima, 1995) ou globale (Oczkowski & Farrell, 1998). Elle peut être objective ou subjective. L’effet de l’orientation marché dépend-il du type de performance considéré et de sa mesure ? Quatre hypothèses sont formulées.

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En premier lieu, interroger un même répondant pour évaluer conjointement le degré d’orientation marché et la performance d’un nouveau produit devrait renforcer le lien entre ces deux variables lorsque la performance est mesurée de manière subjective (Doty & Glick, 1998). Il en résulterait, dans le cas présent, une liaison entre l’orientation marché et la performance d’un nouveau produit plus forte lorsqu’une mesure subjective est employée, en raison par exemple d’un biais de rationalisation (Kline, Sulsky & Rever-Moriyama, 2000). En conformité avec Kirca, Jayachandran et Bearden (2005), nous supposons par conséquent que :

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H2a : La relation entre orientation marché et performance d’un nouveau produit est positive et plus forte lorsque la performance est mesurée de manière subjective plutôt que de manière objective.

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En deuxième lieu, l’orientation marché favorise la congruence des actions de l’entreprise avec l’état de son marché. Plus précisément, l’orientation marché se décompose en trois composantes comportementales : l’orientation vers les consommateurs, vers les concurrents et vers la technologie (Gatignon & Xuereb, 1997). Une entreprise orientée vers ses consommateurs devrait, par définition, développer des produits conformes à leurs attentes. Une entreprise orientée vers ses concurrents et vers les technologies disponibles devrait proposer une valeur supérieure aux offres existantes. Cela induit un surcroît de performance commerciale. Conformément à Kirca, Jayachandran et Bearden (2005), nous présumons par conséquent que les effets bénéfiques de l’orientation marché sont avant tout commerciaux. Autrement dit, nous supposons que les managers ne peuvent espérer un surcroît de performance financière, technique et projet que dans un second temps. Ce qui est formalisé par l’hypothèse suivante :

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H2b : La relation entre orientation marché et performance d’un nouveau produit est positive et plus forte pour une mesure de performance commerciale, plutôt que financière, technique, caractéristique du projet et globale.

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En troisième lieu, les mesures multi-items reflétant mieux les différentes facettes des concepts étudiées (Churchill, 1979 ; Henard & Szymanski, 2001), leur utilisation devrait renforcer le lien entre le degré d’orientation marché d’une organisation et la performance des nouveaux produits qu’elle met en marché en comparaison de mesures mono-items. Conformément à Kirca, Jayachandran et Bearden (2005), nous supposons par conséquent que :

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H2c : La relation entre orientation marché et performance d’un nouveau produit est positive et plus forte lorsque la performance est mesurée sur une échelle multi-item plutôt que mono-item.

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Enfin, nous avons supposé précédemment (H2c) que la relation entre orientation marché et performance d’un nouveau produit est positive et plus forte lorsque la performance est mesurée sur une échelle multi-item plutôt que mono-item. En cohérence, et de façon plus générale, nous supposons que :

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H2d : La relation entre orientation marché et performance d’un nouveau produit est positive et plus forte lorsque la mesure de performance est multidimensionnelle plutôt qu’unidimensionnelle.

Impact du choix de la mesure d’orientation marché

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La mesure de l’orientation marché est également variable à divers égards. D’une part, les échelles existantes sont fondées sur des approches hétérogènes du concept (culturelle vs. comportementale). Certaines recherches recourent ainsi à une mesure culturelle, dans la plupart des cas à l’échelle Marketor (Narver & Slater, 1990), d’autres à une mesure comportementale, principalement l’échelle Markor (Kohli, Jaworski & Kumar, 1993). Des instruments de mesure originaux sont par ailleurs proposés (Atuahene-Gima, 1995). L’effet de l’orientation marché sur la performance varie-t-il en fonction des conditions de mesure ? Trois hypothèses sont formulées.

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En premier lieu, les caractéristiques culturelles d’une organisation orientée marché sont antécédentes à ses comportements (Homburg & Pflesser, 2000). Les effets de ces caractéristiques culturelles sur la performance d’un nouveau produit sont donc médiatisés par les comportements caractéristiques d’une organisation orientée marché. En conséquence, et en cohérence avec Ellis (2006), nous supposons que :

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H3a : La relation entre orientation marché et performance d’un nouveau produit est positive et plus forte lorsque l’orientation marché est mesurée de manière comportementale plutôt que culturelle.

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En second lieu, une mesure multidimensionnelle du concept d’orientation marché, en distinguant clairement les principales facettes du concept et en incluant les différents types de facteurs susceptibles d’affecter la performance d’un nouveau produit, c’est-à-dire distinguant clairement les consommateurs, les concurrents et la technologie (Gatignon & Xuereb, 1997), devrait permettre une meilleure explication de la performance d’un nouveau produit. En conséquence, nous supposons que :

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H3b : La relation entre orientation marché et performance d’un nouveau produit est positive et plus forte lorsqu’une approche multidimensionnelle du concept d’orientation marché est retenue plutôt qu’une approche unidimensionnelle.

Modération du type de secteur

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En complément des hypothèses précédemment formulées, nous souhaitons déterminer s’il existe une différence entre des entreprises de grande consommation (B-to-C) et des entreprises industrielles (B-to-B). Autrement dit, l’effet positif de l’orientation marché est-il dépendant du type de secteur dans lequel l’organisation évolue ? Les secteurs industriels imposent un plus grand effort d’adaptation de l’offre aux attentes des clients, ce qui se traduit par exemple par une segmentation plus étroite du marché (Kirca, Jayachandran & Bearden, 2005). En conséquence, le degré d’orientation marché de l’entreprise devrait avoir un impact supérieur sur la performance de nouveaux produits dans un contexte industriel :

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H4 : La relation entre orientation marché et performance d’un nouveau produit est positive et plus forte dans des secteurs industriels que de grande consommation.

Explorations et contrôles complémentaires

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La relation entre orientation marché et performance d’un nouveau produit peut être affectée par la nature des répondants. Au sein d’une même organisation, il a en effet été observé des différences de perception du degré d’orientation marché de l’organisation entre départements, au sein d’un même département, entre niveaux hiérarchiques (Van Bruggen & Smidts, 1995), et entre cadres marketing et cadres non marketing (Kohli, Jaworski & Kumar, 1993). En conséquence, nous émettons la proposition suivante :

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P1 : La relation entre orientation marché et performance d’un nouveau produit est dépendante de la fonction du répondant (chef de produit, directeur général, directeur d’unité stratégique, responsable marketing, PDG).

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Par ailleurs, le contexte culturel de la recherche est un déterminant important de la force des relations dans une méta-analyse (Farley, Lehmann & Ryan, 1982). Les études proposant des comparaisons internationales de la relation orientation marché-performance mettent en évidence des résultats contradictoires. À titre d’exemple, Deshpandé, Farley et Webster (2000) relèvent des effets non significativement différents de l’orientation marché sur la performance entre cinq pays industriels (Allemagne, États-Unis, France, Japon et Royaume-Uni), tandis que d’autres travaux font état d’un effet significativement différent entre le Japon et l’Inde (Deshpandé & Farley, 1999). L’effet de l’orientation marché sur la performance d’un nouveau produit est-il par conséquent différent entre les zones géographiques ? La plupart des recherches supposant un effet significatif des différences culturelles (Kirca, Jayachandran & Bearden, 2005), nous proposons, pour le contexte particulier de la performance d’un nouveau produit :

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P2 : La relation entre orientation marché et performance d’un nouveau produit est dépendante de la zone géographique (Amérique du Nord, Asie, Europe, Océanie).

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Enfin, nous contrôlons deux effets supplémentaires. D’une part, les recherches du domaine s’appuient, pour le traitement des données, sur les modèles d’équations structurelles ou sur l’analyse de régression. Ces deux méthodes étant sensibles à la taille de l’échantillon, nous cherchons à estimer la sensibilité du lien entre orientation marché et performance d’un nouveau produit à la taille de l’échantillon. D’autre part, même si Kirca, Jayachandran et Bearden (2005) n’observent aucun effet de la date de publication des recherches, nous souhaitons vérifier si un résultat similaire est observé pour les travaux traitant de la performance d’un nouveau produit comme variable dépendante.

METHODOLOGIE ET RESULTATS

Constitution de la base de données

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Pour la constitution de la base de données, nous nous sommes conformés aux recommandations de Rosenthal (1995). Celui-ci stipule que, dans l’idéal, toutes les recherches traitant d’une relation doivent être incluses dans une méta-analyse. Nous avons ainsi cherché à être exhaustifs, sans sélectionner d’articles particuliers. Nous avons suivi la procédure proposée par Kirca, Jayachandran et Bearden (2005). Les études ont été collectées de trois manières. D’une part, en consultant par les mots clés market orientation, customer orientation, consumer orientation et new product performance les bases de données accessibles en ligne (Proquest, EBSCO). D’autre part, en consultant les notices bibliographiques des articles publiés depuis la recherche fondatrice de Slater et Narver (1994). Enfin, les listes de diffusion Elmar de l’AMA et AFMNet de l’AFM nous ont permis de collecter des recherches non publiées. Finalement, 22 articles composent l’échantillon, ce qui représente 90 estimations de la relation entre orientation marché et performance des produits nouveaux, et un échantillon cumulé de taille n = 23 754. Les études ont été codées par deux chercheurs indépendants. La grille de codage utilisée ainsi que les principales caractéristiques des études sont présentées en annexe. Sur les 22 articles retenus, 4 ont fait l’objet de discussions quant au codage. Celles-ci ont permis de faire converger les avis.

Test des hypothèses

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En préalable à la vérification des hypothèses, un test d’homogénéité (Snedecor & Cochran, 1980) a été réalisé afin de détecter d’éventuelles différences entre les études liées à des facteurs qui leur seraient spécifiques. Une valeur statistiquement significative conduit à rejeter l’hypothèse nulle d’homogénéité et met en évidence que la variabilité de la taille des effets n’est pas due au hasard. Le tableau 1 présente les résultats de ce test qui établissent l’intérêt d’une analyse plus approfondie des déterminants de cette variabilité.

Tableau 1 - Tests d’homogénéité

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Afin de tester l’hypothèse générale d’un effet positif de l’orientation marché sur la performance des nouveaux produits (H1), nous suivons la méthode de traitement mise en œuvre par Henard et Szymanski (2001), en vue de permettre la comparaison de nos résultats (tableau 2).

Tableau 2 - Relation estimée entre orientation marché et performance des produits nouveaux (H1)

Corrélation

moyenne

Corrélation

moyenne ajustée

pour la taille de

l’échantillon

Corrélation

moyenne ajustée pour la fiabilité a

Nombre d’études

dans le tiroir

0,252*

0,232*

0,249*

176

a : les ajustements pour la fiabilité sont basés sur la distribution des fiabilités

* : p-value statistiquement significative à 0,05

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L’hypothèse d’un impact positif de l’orientation marché d’une entreprise sur la performance de ses nouveaux produits (H1) est ainsi supportée. Cette hypothèse n’avait pu être vérifiée par la méta-analyse d’Henard et Szymanski (2001). Quelques années de recul supplémentaire ont permis de collecter un plus grand nombre d’estimations de la relation et d’arriver à une conclusion différente et davantage conforme à la théorie. De plus, la conclusion paraît robuste si l’on se fie au nombre élevé d’études « dans le tiroir » (176). Les études publiées ont tendance à ne mettre en évidence que les effets statistiquement significatifs, tandis que celles qui observent des résultats non significatifs restent « dans le tiroir ». Ce biais de publication peut être appréhendé en calculant le nombre d’études non significatives qu’il devrait y avoir « dans le tiroir » pour remettre en question la significativité du lien. Ce nombre est calculé en utilisant la formule de Rosenthal (1991).

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Si nous pouvons désormais parler d’un effet globalement positif de l’orientation marché sur la performance des nouveaux produits, il n’en subsiste pas moins une variabilité dans les relations estimées par chaque étude recensée. Cela fait l’objet de nos hypothèses de modération et des propositions évoquées plus haut. La démarche de test est la suivante. Les mesures d’association sont dans un premier temps transformées en coefficients de corrélation de Pearson (r). Cependant, étant donné que la distribution de ces coefficients est biaisée, nous évaluons la taille des effets en utilisant ensuite une transformation de Fisher (Rosenthal, 1991). Chaque valeur du coefficient de corrélation de Pearson est ainsi transformée en une valeur zr. Les valeurs zr sont alors comparées en testant leur différence par rapport à 0. Le tableau 3 présente les résultats obtenus de manière détaillée.

Tableau 3 - Résultats détaillés

* : p-value statistiquement significative à 0,05

nd : non disponible

ns : non significatif

nb : nombre insuffisant

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L’hypothèse H2a est supportée : la relation entre orientation marché et performance d’un nouveau produit est d’autant plus forte que cette dernière est mesurée de façon subjective. Les hypothèses H2b à H2d ne sont en revanche pas supportées. D’une part, nous n’observons aucune différence entre les mesures de performance commerciale et les autres types de mesure. D’autre part, les effets du nombre d’items et de dimensions sont contraires à ceux attendus. Ces résultats, ainsi que leurs conséquences pour les managers et pour la recherche, sont discutés en conclusion. L’hypothèse H3a est supportée : la relation « orientation marché-performance d’un nouveau produit » est plus forte lorsque l’approche comportementale est retenue. L’hypothèse H3b ne peut quant à elle pas être testée du fait d’un nombre insuffisant d’études utilisant une mesure unidimensionnelle de l’orientation marché. Enfin, l’hypothèse H4 ne peut être complètement testée, là encore en raison d’un effectif insuffisant d’études réalisées dans des secteurs de grande consommation.

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La proposition P1 est supportée : la fonction du répondant influe sur l’estimation de la relation entre orientation marché et performance du nouveau produit. La proposition P2 est également vérifiée : les estimations diffèrent selon la région du monde dans laquelle est réalisée la collecte de données. Plus précisément, c’est en Europe et en Asie que l’on observe les relations les plus fortes. Quoique toujours positive, cette relation est significativement moins forte en Amérique du Nord.

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Enfin, la relation est plus faible en Océanie que dans toutes les autres régions du monde. L’orientation marché accorde une importance cruciale au partage d’information et à la collaboration dans le but d’offrir un surcroît de valeur aux clients. Dans cette perspective, on peut comprendre que les cultures à dominante collective (comme par exemple au Japon, et par opposition aux cultures individualistes comme aux États-Unis) devraient être plus propices à une mise en œuvre efficace de l’orientation marché, et ainsi à un impact plus important de celle-ci sur la performance. Néanmoins, il est délicat de généraliser cette interprétation du fait que nous travaillons au niveau régional et que les régions étudiées recèlent d’importantes disparités en leur sein. Les différentes méta-analyses déjà citées (Ellis, 2006 ; Kirca, et al., 2005 ; Rodriguez Cano, et al., 2004) rapportent d’ailleurs des résultats hétérogènes à ce sujet, ce qui tend à montrer que l’approche régionale est trop générale et plaide en faveur d’une prise en compte de caractéristiques nationales, telles que décrites par Hofstede (2001) par exemple. Malheureusement, descendre à un tel niveau de détail n’est pas possible du fait d’un trop faible nombre d’études sur le sujet.

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Concernant les contrôles que nous avons effectués, les effets potentiels de la taille de l’échantillon et de la date de publication sont évalués en calculant puis en testant leurs liens avec la relation orientation marché-performance des nouveaux produits. Ainsi, la taille de l’échantillon et la relation sont corrélées positivement (r = 0,285 ; p < 0,05). En revanche, aucune tendance à l’inflation au fil du temps des estimations publiées de la relation n’est observée (r = 0,019, non significatif).

CONCLUSION

Contributions

40

Notre recherche propose une nouvelle contribution à l’analyse de la relation « orientation marché-performance ». Poursuivant les travaux de Rodriguez Cano, Carrillat et Jaramillo (2004), Kirca, Jayachandran et Bearden (2005) et Ellis (2006), nous présentons une méta-analyse du lien « orientation marché-performance des nouveaux produits ». Nos résultats (tableau 4) permettent de proposer plusieurs contributions managériales ainsi que plusieurs contributions académiques.

Tableau 4 - Synthèse des résultats

Contributions managériales

41

Deux questions sont centrales pour les managers relativement à l’orientation marché : quel est son effet sur la performance ? Comment la mettre en œuvre ? Nous proposons une contribution à ces deux questions.

Effets sur la performance

42

Nous établissons clairement que l’orientation marché affecte positivement la performance des nouveaux produits. Par ailleurs, l’orientation marché ne favorise pas seulement la performance commerciale. Elle affecte également positivement les performances financière, technique et projet, qui représentent l’ensemble des dimensions de la performance d’un nouveau produit (Griffin & Page, 1996). L’orientation marché est par conséquent un levier de performance aux incidences positives multiples. Ainsi, si le coût de mise en œuvre de l’orientation marché a été souligné (Rust, Moorman & Dickson, 2002), il semblerait que les bénéfices qui peuvent en être retirés soient réels, ce qui est conforme aux conclusions de Kirca, Jayachandran et Bearden (2005). Par ailleurs, la robustesse du lien (176 études « dans le tiroir ») assure aux managers que l’augmentation du niveau d’orientation marché de leur organisation aura bien les effets attendus sur la performance des nouveaux produits qu’elle met en marché. Enfin, nos résultats établissent que les effets bénéfiques de l’orientation marché sont significatifs quelle que soit la zone géographique d’activité de l’entreprise (Amérique du Nord, Asie, Europe et Océanie). Cependant, des différences d’intensité de l’effet sont observées. Cela signifie que les managers ont un plus grand intérêt à accroître leur niveau d’orientation marché dans les zones où les effets sont les plus élevés sur la performance des nouveaux produits, en Asie et en Europe.

Mise en œuvre

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Les recherches consacrées à la mise en œuvre de l’orientation marché sont très peu nombreuses. Kennedy, Goolsby et Arnould (2003) écrivent ainsi que « la littérature marketing souligne le lien entre l’orientation marché et la performance organisationnelle, mais est relativement silencieuse sur la mise en œuvre de cette orientation » (p. 67). Une partie des travaux est consacrée à la conversion du système de valeurs de l’organisation, et une autre à la modification de ses processus et de ses activités. Se retrouvent ainsi les débats sur la nature de l’orientation marché, culturelle ou comportementale. Nos résultats suggèrent qu’une transformation comportementale est préférable à une transformation culturelle : l’impact de l’orientation marché sur la performance d’un nouveau produit est plus fort lorsque l’approche comportementale est retenue. Face à la diversité des méthodes existantes, nous préconisons en conséquence que les managers s’orientent vers les approches fondées sur une transformation comportementale de l’organisation, telles que celles proposées par Payne (1988), Kohli et Jaworski (1990), Ruekert (1992), Day (1994) et Kennedy, Goolsby et Arnould (2003).

Contributions académiques

44

Nos résultats proposent un double apport académique, à la fois méthodologique et théorique.

Apports méthodologiques

45

Nos résultats suggèrent différents éclairages méthodologiques, directement induits des résultats. En premier lieu, le choix d’une mesure subjective de performance, plutôt qu’objective, amplifie l’effet observé de l’orientation marché sur la performance. Cela nous conduit à recommander l’utilisation de mesures objectives de performance, en complément de mesures subjectives. Ce dernier type de mesure permet en effet de tenir compte de manière implicite des spécificités sectorielles et de la diversité des objectifs poursuivis par les entreprises (Pelham & Wilson, 1996), assurant ainsi une mesure de la performance pertinente car relative. En deuxième lieu, puisqu’aucune différence n’est observée entre les mesures de performance mono-items et multi-items, les recherches futures pourront s’appuyer indifféremment sur des instruments parcimonieux ou au contraire plus exhaustifs des différentes facettes de la performance. Le choix sera déterminé par leur objet de recherche. En troisième lieu, aucune différence n’est mise en évidence entre les mesures de performance multidimensionnelles et unidimensionnelles. Exception faite du cas où l’objet de recherche est précisément de mieux expliquer les effets de l’orientation marché sur les différentes dimensions de la performance des nouveaux produits, la dimensionnalité de l’échelle de performance retenue ne devrait pas avoir d’effet sur les résultats. En quatrième lieu, la relation entre orientation marché et performance d’un nouveau produit apparaît sensible à la taille de l’échantillon. Celle-ci affecte positivement la force de la corrélation observée. Nous recommandons en conséquence l’utilisation d’une procédure de rééchantillonnage. Cela permettrait de faire varier les tailles des échantillons répliqués et donc d’estimer la sensibilité des résultats à la taille de l’échantillon. En dernier lieu, le choix des répondants ne semble pas devoir affecter la relation entre orientation marché et performance d’un nouveau produit. Le recueil des données par multiplication des types de répondants, comme proposé par Gabel (1995), Webb, Webster et Krepapa (2000), Deshpandé, Farley et Webster (1993) et Steinman, Deshpandé et Farley (2000), procédure complexe à mettre en œuvre, n’apparaît par conséquent pas nécessaire.

Apports théoriques

46

En premier lieu, nous proposons un éclairage nouveau sur l’effet de l’orientation marché sur la performance d’un nouveau produit. Henard et Szymanski (2001) proposent une méta-analyse des facteurs de performance d’un nouveau produit, qui n’indique aucun effet de l’orientation marché. Nous établissons un résultat contradictoire, qui nous semble robuste. D’une part, nous cumulons 22 articles tandis qu’Henard et Szymanski (2001) en recueillent 13. D’autre part, 176 études devraient se trouver « dans le tiroir » pour remettre en question notre résultat. Adopter la culture et les comportements caractéristiques d’une organisation orientée marché est donc bien facteur d’une plus grande performance des nouveaux produits que celle-ci lance sur le marché. L’orientation marché étant considérée comme la « mise en œuvre du concept marketing » (Kohli & Jaworski, 1990 : 5), cela réaffirme que « la profitabilité à long terme d’une entreprise est davantage assurée en focalisant ses activités sur la satisfaction des besoins des consommateurs composant un/des segment(s) cible(s) » (Deng & Dart, 1994 : 726), ce qui constitue un postulat de la démarche marketing (Webster, 1992). En deuxième lieu, nos résultats établissent l’existence d’un lien plus fort entre l’approche comportementale de l’orientation marché (vs. culturelle) et la performance dans un contexte d’introduction de nouveau produit. Ainsi, si l’approche culturelle semble pertinente pour comprendre la nature du concept et ses dimensions constitutives, l’approche comportementale paraît mieux adaptée pour expliquer les effets de l’orientation marché sur la performance (ici, celle d’un nouveau produit). Ces deux approches, qui ont pu apparaître comme concurrentes, apparaissent donc au contraire comme complémentaires. Ce fait est à rapprocher de Homburg et Pflesser (2000), qui mettent en évidence la complémentarité théorique de ces deux approches, en indiquant que l’approche culturelle est antécédente de l’approche comportementale. En troisième lieu, cette recherche participe à une meilleure compréhension de la sensibilité des effets de l’orientation marché à la zone géographique. Comme indiqué précédemment, les études proposant des comparaisons internationales de la relation orientation marché-performance mettent en évidence des résultats contradictoires (Deshpandé & Farley, 1999 ; Deshpandé, Farley & Webster, 2000). La méta-analyse proposée ici met en évidence, pour un type de performance plus particulier (celle d’un nouveau produit), que l’intensité de l’effet de l’orientation marché sur la performance est sensible à la zone géographique d’activité de l’entreprise. Ce qui conforte les conclusions de Kirca, Jayachandran et Bearden (2005).

Limites et voies de recherche

47

Cette recherche souffre cependant de plusieurs limites. En premier lieu, comme indiqué précédemment, nous n’avons pas pu inclure dans les analyses l’ensemble des études recensées, en raison du manque d’informations nécessaires au codage. Une méta-analyse complémentaire serait en conséquence utile, une fois le nombre d’études nécessaires atteint, afin de tester l’ensemble des hypothèses proposées. En deuxième lieu, notre recherche a été limitée à l’examen des modérateurs que nous pouvions coder à partir des études existantes. En conséquence, nous avons proposé un nombre d’hypothèses plus restreint que Kirca, Jayachandran et Bearden (2005), même s’il est plus élevé que celui de Rodriguez Cano, Carrillat et Jaramillo (2004). Une méta-analyse complémentaire serait en conséquence utile, de la même façon que les travaux de Kirca, Jayachandran et Bearden (2005) et Ellis (2006) approfondissent la recherche de Rodriguez Cano, Carrillat et Jaramillo (2004). En troisième lieu, la méthode d’analyse utilisée consiste à calculer des corrélations par paire de variables. Les résultats ainsi obtenus pourraient être approfondis par la reconstitution d’un modèle structurel liant orientation marché et performance d’un nouveau produit. Néanmoins, cette reconstitution n’est pas envisageable à ce stade du fait du nombre trop faible de recherches disponibles. En dernier lieu, l’étude des effets de la dimensionnalité de l’orientation marché se limite au nombre de ces dimensions. Il serait intéressant de compléter cette analyse par la prise en compte de la nature de ces dimensions (orientation consommateurs, orientation concurrents, orientation technologie, etc.).

48

Deux voies d’approfondissement complémentaires peuvent à notre sens être empruntées. En premier lieu, les recherches consacrées aux modérateurs de la relation orientation marché-performance d’un nouveau produit ont été focalisées sur l’étude des effets de l’état de l’environnement. Observe-t-on des effets de contingences ? Autrement dit, le degré d’orientation marché de l’organisation doit-il être plus ou moins élevé selon les conditions de marché rencontrées ? En second lieu, il nous paraîtrait extrêmement stimulant et utile de pouvoir reconstituer la chaîne complète par laquelle l’orientation marché se transforme en davantage de performance des produits nouveaux, sur le modèle du travail de Kirca, Jayachandran et Bearden (2005). Comment la culture et les comportements d’orientation marché, qui caractérisent une organisation dans son ensemble, affectent-ils spécifiquement les comportements et la performance d’un sous-ensemble de cette organisation (i.e. une équipe de développement de produits nouveaux) ?


Annexe

Annexe 1 : Grille de codage des articles et principales caractéristiques des études

49

La grille utilisée pour le codage des articles a été la suivante.

50

Les principales caractéristiques des études sont les suivantes.


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  • les références en gras indiquent les articles retenus pour la méta-analyse
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Résumé

Français

En raison de l’importance stratégique des produits nouveaux et de l’ampleur des taux d’échec de leurs lancements, la relation entre l’orientation marché de l’entreprise et la performance des produits nouveaux a été largement étudiée. Toutes les études ne concluent pas à l’existence d’un lien et le caractère généralisable des résultats obtenus pose question. La présente méta-analyse (1) confirme un effet bénéfique de l’orientation marché sur la performance des nouveaux produits, (2) met en évidence les contingences méthodologiques de cet effet, (3) induit un ensemble de recommandations managériales relatives à la mise en œuvre de l’orientation marché.

Mots-clés

  • orientation marché
  • performance des produits nouveaux
  • méta-analyse

English

Does market orientation afeect new product performance ? a meta-analytic approach.
Due to the strategic importance and the high failure rates of new product introduction, the link between market orientation and new product performance has been largely investigated. All studies do not lead to a conclusive link and it seems difficult to generalize observed results. This meta-analysis (1) clearly establishes the positive and significant effect of market orientation on new product performance, (2) presents some methodological moderators of this relationship, (3) induces a set of managerial recommendations relative to market orientation implementation.

Keywords

  • market orientation
  • new product performance
  • meta-analysis

Plan de l'article

  1. CADRE CONCEPTUEL ET HYPOTHESES DE RE CHERCHE
    1. Orientation marché et performance des produits nouveaux
    2. Impact du choix de la mesure de performance d’un nouveau produit
    3. Impact du choix de la mesure d’orientation marché
    4. Modération du type de secteur
    5. Explorations et contrôles complémentaires
  2. METHODOLOGIE ET RESULTATS
    1. Constitution de la base de données
    2. Test des hypothèses
  3. CONCLUSION
    1. Contributions
      1. Contributions managériales
        1. Effets sur la performance
        2. Mise en œuvre
      2. Contributions académiques
        1. Apports méthodologiques
        2. Apports théoriques
    2. Limites et voies de recherche

Pour citer cet article

Gotteland David, Haon Christophe, Jolibert Alain, « L'orientation marché affecte-t-elle la performance des produits nouveaux ? une approche méta-analytique », M@n@gement, 3/2009 (Vol. 12), p. 204-223.

URL : http://www.cairn.info/revue-management-2009-3-page-204.htm
DOI : 10.3917/mana.123.0204


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