Accueil Revue Numéro Article

Méditerranée

2015/2 (125)


ALERTES EMAIL - REVUE Méditerranée

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 7 - 15 Article suivant
1

Ce numéro 125 (2015) de la revue Méditerranée, dédié aux zones humides littorales en Méditerranée, s’inscrit dans la continuité d’un cycle de réflexion axé sur les espaces côtiers et maritimes qui, depuis maintenant deux décennies, a déjà permis d’explorer diverses facettes de leur(s) dynamique(s), relatives aussi bien à des phénomènes géomorphologiques du temps long qu’‫à‪ des questions actuelles ou prospectives liées aux intenses - intimes - relations société-environnement qui existent en leur sein. Dès le début des années 1990, le delta du Rhône et la Camargue avaient fait l’objet d’une riche synthèse publiée sous la direction de la géographe et géomorphologue aixoise Mireille PROVANSAL (Méditerranée, 1993/78 3-4,), mais c’est surtout au cours des années 2000 qu’ont été abordés la géomorphologie des littoraux, leurs risques, leur urbanisation, l’évolution des modes de gestion mais également les questions entourant l’impact réel des changements globaux sur leur évolution, et les sociétés humaines qui les occupent. En 2005, ce sont les questions de géoarchéologie et d’occupation anthropique (en particulier à travers l’étude des implantations portuaires) au cours de l’Holocène qui ont permis d’éclairer les dynamiques paléoenvironnementales des milieux côtiers (Méditerranée, 2005/104). Puis, les paléorisques, les questions d’aléas actuels et futurs, l’érosion et les problèmes d’aménagement liés ont été explorés en 2007 (Méditerranée, 2007/108). Les aspects législatifs de la protection et de la gestion des côtes en Europe et au Maghreb ont donné lieu ‫à‪ ‫ ‪ ‫une réflexion qui a fait la part belle aux enjeux de l‪ ‫’‪ ‫application de‪s différentes lois Littoral dans une synthèse publiée en 2010 (Méditerranée, 2010/115). Enfin, tout récemment, les historiens de l’environnement Georges PICHARD et Émeline ROUCAUTE ont éclairé un pan de l’histoire moderne du delta du Rhône et de la basse Provence avec une remarquable monographie dédiée à « l’histoire hydroclimatique du Rhône d’Orange à la mer », (Méditerranée, 2014/HS). Avec ses douze contributions originales ce numéro vient donc compléter et renforcer cet ensemble, grâce à l’éclairage qu’il donne sur divers aspects des zones humides littorales méditerranéennes dont les enjeux de gestion se trouvent aujourd’hui ‫à‪ ‫ ‪ ‫la croisée‪ ‫ ‪ ‫de changements écologiques, hydroclimatiques et géomorphologiques rapides et inédits liés‪ ‫ ‪ ‫aux activités‪ ‫ ‪ ‫anthropiques, aux bouleversements géopolitiques régionaux récents ainsi qu‪ ‫’‪ ‫aux initiatives institutionnelles internationales innovantes en terme de développement durable.‪ Sa réalisation trouve sa genèse dans une série de rencontres, congrès et séminaires dédiés à la géomorphologie, à la géohistoire ainsi qu’à la gestion des milieux humides, qui ont été autant d’occasions pour des ‫échanges et de‪s discussions fructueuses ces dernières années. Il se veut le résultat d’une collaboration professionnelle, mais aussi amicale, entre quatre coéditeurs français, algérien et tunisien. La synergie entre deux jeunes chercheurs, Nicolas Maughan et Najet Aroua, qui ont choisi d’orienter leur travaux sur les environnements aquatiques, souvent dans une perspective historique, et deux autres, Ameur Oueslati et Jean‑Marie Miossec, travaillant depuis plusieurs décennies sur les littoraux méditerranéens, et qui bénéficient d’une solide expérience a permis d’obtenir un‫ ‪ ‫résultat original et cohérent.‪ Pensé dès son origine comme une opportunité pour mettre en valeur et présenter les problématiques des milieux humides des rives sud et est de la Méditerranée, ce numéro thématique s’est construit autour d’une majorité de travaux aux thèmes variés issus de pays du Maghreb, dont les zones côtières sont actuellement confrontées à de prégnants enjeux de conservation et de gestion, mais aussi des Balkans pour lesquels les périodes communiste, puis post-communiste, ont entrainé de profondes transformations de leurs ‫écosystèmes. ‪

2

Cette publication a bénéficié du soutien financier de la Fédération de recherche ECCOREV (FR N°3098, Aix-Marseille Université) dans le cadre de son appel d’offre interne 2015.

3

‫Les zones humides sont des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d‪ ‫’‪ ‫eaux naturelles ou‪ ‫ ‪ ‫artificielles, permanentes ou temporaires, où‪ ‫ ‪ ‫l‪ ‫’‪ ‫eau est stagnante ou courante,‪ ‫
‪ ‫douce, saumâtre ou salée‪ ‫, ‪ ‫y compris des étendues d‪ ‫’‪ ‫eau marine‪ ‫
‪ ‫dont la profondeur à‪ ‫ ‪ ‫marée‪ ‫ ‪ ‫basse n‪ ‫’‪ ‫excède pas‪ ‫ ‪ ‫six‪ ‫ ‪ ‫mètres‪
Convention de Ramsar, 1971 [1][1]  La Convention de Ramsar (convention relative aux...

4

Parmi les quelques 20 millions d’hectares qu’occupent les zones humides en Méditerranée, ce sont celles présentes au sein des domaines littoraux qui subissent aujourd’hui les plus fortes pressions socio-économiques et hydroclimatiques et qui concentrent la majorité des enjeux environnementaux (Synthèse de l’Observatoire des zones humides méditerranéennes, OZHM, 2012). L’importance de ces écosystèmes est écologique, économique mais également culturelle, historique et scientifique (BARBIER et al., 2011 ; PAPAYANNIS et PRITCHARD, 2011 ; SCOTT et al., 2014‫ ; ‪ ‫CAUTADELLA ‪ et al., 2015‫ ; ‪VOLKE et al., 2015). Les services écologiques rendus sont conséquents et englobent, par exemple, le rôle central de ces infrastructures naturelles de protection côtière contre les événements climatiques extrêmes (ERWIN, 2009 ; VASCHALDE, 2014). Si les lagunes ont une forte valeur économique et tiennent une place notable dans l’histoire des rivages méditerranéens, les marais maritimes ont eux un intérêt pour la reconstitution des paléo-milieux grâce aux indicateurs qu’ils peuvent offrir pour la connaissance de l’évolution récente des rivages ainsi que pour les approches prospectives dans une conjoncture d’élévation du niveau marin.

5

Avec 135 millions d’habitants, le littoral méditerranéen est une zone stratégique qui concentre une grande partie de la population et l’essentiel de la croissance démographique actuelle. Par exemple, la densité de population sur le littoral méditerranéen égyptien et le delta du Nil qui est actuellement d’environ 1 075 hab/km2 doit atteindre, selon les prévisions, 1 902 hab/ km2 en 2030 et 2 681 en 2060 (NEUMANN et al., 2015) ! Bien que la principale pression soit liée au développement des secteurs urbains, les facteurs anthropiques et climatiques qui agissent aujourd’hui à différentes échelles sur la dynamique des zones humides côtières sont hétérogènes et d’amplitudes variées. De nombreuses questions se posent quant à l’évolution physique et spatiale de ces écosystèmes, aux relations que les sociétés locales entretiennent avec eux et aux différentes réponses apportées pour leur gestion. Le changement climatique et la hausse du niveau de la mer contribuent à une intensification de l’érosion côtière, un affaiblissement de la protection du littoral et une augmentation de la salinité dans les estuaires voire une érosion régressive des deltas (CAPON et al., 2013). En outre, les risques sanitaires et la transmission des maladies infectieuses dues à l’expansion de certains vecteurs (e.g. moustiques) sont également une source d’inquiétude (PRADIER et al., 2014). Bien que l’augmentation du niveau marin, les tempêtes, l’‫évolution des flux sédimentaires, et la variation des apports en eau douce peuvent directement influencer les milieux humides côtiers (DAY ‪ et al., 2011), les processus biologiques peuvent en retour limiter ces impacts physiques. Les changements de la géomorphologie des écosystèmes côtiers et des estuaires peuvent avoir des conséquences complexes sur les biocénoses mais qui ne sont pas forcément négatives parce qu’atténuées par les réseaux d’interactions biotiques. Les impacts des activités anthropiques se produisent à toutes les échelles. Beaucoup de zones humides côtières peuvent donc s’adapter en réponse aux changements climatiques, mais si les impacts anthropiques viennent se superposer, ils affectent alors de manière significative leurs écosystèmes (DAY et al., 2008).

Une m‫émoire ‪pour la reconstitution des paléo-environnements côtiers

6

Le premier grand thème abordé concerne la place centrale tenue par les zones humides dans la reconstitution des paléo-paysages et paléo-environnements côtiers méditerranéens et plus particulièrement de ceux de la Tunisie. En effet, les recherches géologiques et géomorphologiques ont montré que le développement de ces zones humides sur le littoral tunisien a constitué un phénomène récurrent au cours des interglaciaires holocènes et pléistocènes. Tout d’abord pour le début du Quaternaire, BALESCU et ses collègues (1) ont montré que les séquences littorales du Pléistocène supérieur et moyen préservées le long de la côte orientale de ce pays, conservés à proximité des sebkhas actuelles, dans les localités de Khniss et de Chebba au Sahel et sur l’île de Jerba, renferment plusieurs niveaux lagunaires représentés par des dépôts limoneux souvent pédogénéisés. Ces dépôts fournissent d’importants repères chronostratigraphiques et constituent de précieux indicateurs pour la reconstitution des paléoenvironnements et l’histoire des zones humides. Pour cela ils ont mis en œuvre une méthode de datation alternative et originale par luminescence : la méthode IRSL (Infra Red Stimulated Luminesence) appliquée aux grains de feldspaths détritiques qui permet une discrimination chronologique entre les dépôts lagunaires. Il apparaît que les séquences littorales du dernier Interglaciaire au Sahel et dans le Sud tunisien, ont enregistré trois cycles marins plutôt que deux, chaque cycle s’achevant par un faciès émersif (paléosol ou dune littorale). Ce travail pluridisciplinaire a tout son intérêt car les études des dépôts lagunaires pléistocènes demeurent beaucoup plus rares, dans la mesure où ils sont moins accessibles et moins bien conservés que les dépôts lagunaires holocènes. Ces derniers, très bien représentés le long du littoral tunisien, constituent d’importantes archives paléoclimatiques et paléoenvironnementales. Mais, à ce jour, peu de séquences holocènes retracent les changements des paysages végétaux pour la Tunisie méridionale. L’état parcellaire et ponctuel des données polliniques sur le plan géographique et chronologique laisse en suspens plusieurs questions comme la présence et le rôle des essences ligneuses méditerranéennes, ainsi que les rôles respectifs des facteurs anthropiques et climatiques dans les changements des écosystèmes semi-arides et arides. C’est dans la plaine côtière de la Jeffara sur les dépôts de l’Holocène moyen et supérieur de la sebkha Boujmel (Sud-Est tunisien), ainsi que sur des échantillons de surface qu’a porté l’analyse palynologique inédite proposée par JAOUADI et al. (2). Les marges désertiques et les écosystèmes arides du Nord de l’Afrique sont des zones de transition hautement sensibles aux variations des paramètres climatiques et aux impacts anthropiques. Dans le contexte du réchauffement climatique global, les études prospectives prévoient une accentuation des sécheresses et de la désertification de ces régions. Le Sud-Est tunisien, zone de transition entre la Méditerranée et le désert, est actuellement extrêmement fragilisé par l’action anthropique croissante et les contraintes climatiques. Les changements économiques et sociaux profonds des dernières décennies ont entrainé une surexploitation des parcours pastoraux et une dégradation prononcée du milieu naturel et du couvert végétal, accentuant la désertification. Leurs résultats préliminaires montrent une importante diversité végétale et enregistrent les réponses de la végétation au changement climatique et à l’impact des activités humaines. Entre 7000 et 4000 cal. BP, la présence d’une steppe graminéenne dans la plaine de Jeffara et d’une strate de taxons xérophytes-méditerranéens sur les reliefs proches reflètent les conditions climatiques plus humides de l’Holocène moyen. L’impact anthropique demeure limité avec des modifications de la végétation d’origine climatique. L’aridification observée à partir de la transition Holocène moyen-supérieur engendre un recul des éléments méditerranéens et une progression de l’armoise et des taxons désertiques. Les échantillons de surface reflètent eux les bouleversements radicaux des relations homme/milieu que connaît le Sud-Est tunisien marqués par l’essor des écosystèmes désertiques, l’importance de l’olivier et une pression anthropique accrue sur les écosystèmes locaux. Dans la plaine littorale, jusqu’à la fin du xix e siècle, l’économie traditionnelle était basée sur un pastoralisme extensif assurant la mobilité des troupeaux et des hommes. L’ensemble formait un anthroposystème en équilibre pour ces territoires aux ressources limitées et fragiles. Avec le protectorat français, la sédentarisation des nomades et l’instauration de nouveaux systèmes de production agricole basés sur l’appropriation individuelle des terres avec une exploitation agricole intensive (olivier et céréaliculture) va rompre les structures sociales et productives traditionnelles. Ces changements économiques et sociaux se traduisent par une pression importante sur l’environnement avec une accentuation de l’érosion hydrique et éolienne.

7

Le dernier travail réalisé par BRAHIM (3) sur une autre petite sebkha du littoral oriental tunisien, la Sebkhet Ennjila, dresse un intéressant panorama diachronique de la transformation d’un milieu humide de sa naissance au Pléistocène supérieur jusqu’‫à‪ ‫ ‪ ‫nos jours.‪ La naissance de cette sebkha, entourée par une zone d’épandage « garaa » remonte au Tyrrhénien lorsqu’un petit cordon littoral interne segmenté a commencé à isoler un plan d’eau sous la forme d’une lagune semi-fermée. Puis, l’auteur décrit les phases d’évolution de la lagune qui se transforme en une sebkha continentale offrant les conditions favorables à l’endoréisme. Il montre clairement que si son régime hydrologique est commandé par le caractère semi-aride du climat et l’aspect saisonnier des pluies, celui‑ci va subir des modifications anthropiques dès le début de la période historique sous l’influence d’un canal de communication avec la mer, creusé par les romains dans le cordon tyrrhénien (probablement pour des activités halieutiques), puis‫ ‪ ‫réhabilité‪ ‫ ‪ ‫au début du‪ ‫ ‪ xx e siècle pour évacuer l’eau vers la mer lors des inondations. La description d’une « garaa ‫» ‪ ‫toujours vide d‪ ‫’‪ ‫établissement humain‪, quelles ques soient les époques, met clairement en évidence cet obstacle permanent qu’a toujours été le caractère « humide », voire l’inondation périodique, pour l’installation des sociétés dans ces espaces, dont l’occupation du sol est souvent uniquement limitée par une mise en culture tirant profit des eaux d’épandage.

8

Ces articles centrés sur la Tunisie montrent clairement que l’analyse des dynamiques passées, ‫« ‪ ‫the past as prologue‪ ‫ »‪ comme l’a bien décrit l’historien et archéologue américain Charles REDMAN (1999), peut permettre de cerner l’histoire de la structuration du paysage actuel des zones humides‫ ‪ ‫méditerranéennes‪, en particulier au Maghreb, de caractériser les processus de dégradation naturels ou anthropiques et d’évaluer la résilience des ‫écosystèmes (DAOUD‪ ‫‑‪ ‫BOUATTOUR ‪ ‫et al.‪ ‫, 2011)‪.

Des milieux humides fragiles, sensibles aux changements globaux et à la littoralisation

9

Les trois articles regroupés dans la deuxième partie de ce volume abordent les questions du fonctionnement hydro-sédimentaire souvent perturbé des zones humides littorales, sous l’effet de l’urbanisation et de la poldérisation, mais aussi les questions de subsidence et de maritimisation, qui tendent à s’accélérer, à travers les cas de trois vastes lagunes situées au Maroc et en Tunisie. OUESLATI et al. (4) présentent le cas de la lagune de Ghar El Melh et son annexe, la lagune de Sidi Ali El Mekki, qui appartiennent au littoral du golfe de Tunis. Le cordon littoral, qui les isole est aujourd’hui confronté à d’importants problèmes consécutifs à la création, en 1974, d’un petit port de pêche qui a déréglé la dynamique sédimentaire le long du rivage. La morphologie du lido a été fortement modifiée et des perturbations ont eu lieu au niveau de la dynamique hydrologique. Les conséquences ont été ressenties dans l’activité agricole menée sur les berges du système lagunaire, notamment la culture dite Ramli ‫à‪ ‫ ‪ ‫l‪ ‫’‪ ‫origine d‪ ‫’‪ ‫un terroir unique et d‪ ‫’‪ ‫un grand intérêt‪ ‫ ‪ ‫patrimonial. Il s‪ ‫’‪ ‫agit d‪ ‫’‪ ‫un terroir basé‪ ‫ ‪ ‫sur une technique qui consiste à‪ ‫ ‪ ‫gagner des terres agricoles par une forme de poldérisation et où‪ ‫ ‪ ‫les plantes sont irriguées, depuis leurs racines, suite au mouvement, en rapport avec la marée‪ ‫, ‪ ‫d‪ ‫’‪ ‫une lentille d‪ ‫’‪ ‫eau douce qui se forme dans le sol artificiel.‪ La question est d’autant plus importante que ce système lagunaire est menacé de maritimisation, que les modifications dans la morphologie du lido s’accompagnent de problèmes d’ordre social et que les efforts pouvant sauver ce terroir et garantir sa pérennité ne sont pas visibles. En effet, la dynamique favorisant l’ouverture de la lagune sur la mer est toujours en cours et semble même s’accélérer. Une telle situation doit, a priori, permettre une amélioration des conditions hydrologiques dans la lagune en favorisant l’échange avec la mer et le renouvellement des eaux sujettes à des problèmes d’eutrophisation. Mais ceci ne vaut qu’à moyen terme et ne concerne pas les activités agricoles. Les auteurs mettent bien en évidence ici la difficulté à concilier les différents objectifs écologiques et économiques dans la gestion d’un milieu lagunaire. La maritimisation des zones humides peut être liée à une évolution de la dynamique hydrosédimentaire locale et à l’élévation du niveau marin. Elle est aussi fortement contrôlée par les phénomènes de subsidence qui touchent particulièrement les grands deltas méditerranéens, principalement celui du Nil sur le revers sud du bassin (NICHOLLS et al., 1999 ; ZAID et al., 2014‫ ;‪ SHALTOUT et al., 2015). Les possibles choix dans les stratégies d’adaptation sur le long terme (pour le siècle à venir) sont toujours âprement discutés. Pour les milieux humides littoraux de la région du Languedoc‑Roussillon (France), qui sont fortement concernés pas les risques de submersion, une évaluation faite à partir d’une prévision extrême d’élévation du niveau marin d’un mètre en 100 ans montre qu’une politique qualifiée de « retrait stratégique », basée d’une part sur l’étude des possibles pertes et transformations des habitats écologiques et l’évolution des services écologiques rendus et, d’autre part, sur l’estimation de l’impact économique, est bien plus favorable qu’une attitude axée sur le refus d’une situation inéluctable ou un laissez-faire (KUHFUSSA et al., 2016). Et, s’il a été récemment montré que les écosystèmes de zones humides pouvaient réagir et s’adapter de manière efficace et rapide aux impacts d’une augmentation du niveau marin, leur persistance dépend‫ ‪ ‫néanmoins ‪largement de la façon dont les influences anthropiques interagissaient avec cette élévation et les facteurs socio-économiques qui peuvent favoriser la transgression marine au niveau des terres basses (KIRWAN et MEGONIGAL, 2013).

10

Toujours dans le Nord-Ouest de la Tunisie, quelques kilomètres plus au sud, Walid CHOUARI (5), grâce un travail de cartographie historique et de SIG, retrace avec précision le processus d’anthropisation progressif des berges des lacs sud et nord du vaste complexe lagunaire de Tunis, puis de restauration écologique des plans d’eau, sur une période de plus d’un siècle. L’analyse cartographique proposée permet de suivre de manière diachronique l’évolution morphométrique et morphologique des lacs nord et sud. Une artificialisation progressive des berges est observée ainsi qu’une diminution de la superficie des lacs jusqu’à la fin des années 1970. En outre, les images satellitaires permettent aussi de mettre en évidence une eutrophisation du milieu aquatique concordante avec les mesures de la qualité de l’eau. Puis, dès le début des années 1980, on observe une poldérisation des berges du lac nord, puis du lac sud, qui s’amplifie avec la réalisation de deux vastes programmes d’aménagement à visée foncière. La question de la subsidence des vastes zones remblayées dans la lagune, qui présentent un taux très ‫élevé‪ ‫, ‪ ‫est aussi abordée‪ ‫ ‪ ‫car elle‪ va poser des problèmes de gestion pour ces espaces artificiels au cours des prochaines décennies, comme d’ailleurs pour beaucoup d’autres polders situés dans des zones deltaïques en Méditerranée (STANLEY, 1997 ; CAVALIÉ et al., 2015). Dans cette étude les cartes topographiques anciennes et les photographies aériennes mais aussi les images satellitaires disponibles, apparaissent comme des sources essentielles pour comprendre la dynamique spatiale et les contraintes environnementales successives de cette zone humide.

11

Ces outils sont également au centre de l’article de BOYAUZAN et IRZI (6) consacré aux dynamiques morpho-sédimentaires récentes de l’île barrière de la lagune de Nador dans le nord du Maroc. L’île barrière de Nador et ses passes constituent des éléments essentiels de l’écosystème lagunaire, classé site RAMSAR depuis 2005. Le suivi de l’évolution morphologique de l’île barrière de 1958 à 2014 grâce à l’analyse couplée de photos aériennes et d’observations de terrain a permis de mettre en évidence les principaux facteurs de contrôle naturels de l’évolution du trait de côte. Les auteurs ont montré que son fonctionnement hydrosédimentaire naturel connaît un déséquilibre notable induit par les divers aménagements mis en place récemment. Des modifications du sens du transit sédimentaire sont observées au niveau de corps sédimentaires érodés ou d’autres nouvellement constitués. L’édification de jetées au niveau des passes engendre des modifications du régime hydrologique le long du littoral de l’île avec au nord‑ouest un littoral en progradation alors qu’il est en cours d’érosion au sud-est d’une seconde passe. Ce dernier travail met en évidence le rôle central des facteurs anthropiques, couplés aux processus naturels, dans les changements morphologiques des écosystèmes lagunaires côtiers. Les aménagements généralement réalisés dans le cadre d’interventions ponctuelles aux objectifs de court terme peuvent impacter négativement, et de manière durable, voire irréversible, ces milieux au fonctionnement hydrosédimentaire complexe (ANTHONY, 2014).

De la difficulté d’avoir des outils innovants (et performants) pour une gouvernance et une gestion efficace

12

La troisième partie thématique est la plus conséquente puisqu’elle regroupe six études relatives à des lagunes et des lacs situés dans trois pays différents, l’Algérie, l’Albanie et la France ainsi qu’une vaste synthèse touchant à l’ensemble du bassin méditerranéen. Les dynamiques spatiales contemporaines, les enjeux de gestion et les questions de gouvernances sont abordés – en particulier la Gestion intégrée des zones côtières (GIZC), outil de gouvernance des territoires littoraux visant un développement durable. Elle promeut une gestion intégrée de l’espace et des ressources prenant simultanément en compte les enjeux terrestres et marins, naturels, économiques et sociaux d’une zone littorale définie comme territoire cohérent de réflexion et d’action (DALIGAUX et MINVIELLE, 2010). En premier lieu, la très complète analyse réalisée par BELTRAME et al. (7) (station biologique de la Tour du Valat) a permis de suivre pendant 30 ans (1975-2005) l’évolution de l’occupation du sol dans 214 zones humides. Il apparaît que la superficie des habitats humides naturels a diminué de 10 % sur cette période, soit une perte de 1 329 km². À l’inverse, la surface des habitats humides artificiels a augmenté de 105 %, avec un gain de 854 km². Par exemple, si l’on prend le cas bien étudié d’Israël, sur 192 mares et marais littoraux apparaissant sur les sources historiques cartographiques dans la plaine côtière centrale du pays seul 18 % subsistent encore aujourd’hui (35) (LEVIN et al., 2009). Une extrapolation faite à partir de 69 sites (invisibles dans les sources historiques), suggère qu’au xix e siècle, bien avant que beaucoup de secteurs soient drainés, transformés en terres agricoles, ou urbanisés, le nombre de milieux humides dans cette plaine était probablement trois fois supérieur. De plus, les multiples cours d’eau naturels présents tout le long de la plaine qui les alimentaient ne sont plus que temporaires, avec des débits‫ ‪ ‫réduit‪s et fortement contraints par les infrastructures routières et urbaines. La principale pression directe sur les habitats naturels est l’agriculture puisque 71 % des milieux humides perdus l’ont été au profit d’espaces agricoles. Les conclusions de BELTRAME et al., montrent aussi que si l’urbanisation a eu un impact direct moindre elle a cependant entraîné la conversion des terres agricoles périurbaines, qui se sont reportées vers d’autres habitats naturels périphériques. Une tendance inverse est mise en évidence dans la micro-analyse réalisée sur trois siècles par MAUGHAN (8) au niveau du secteur est de l’étang de Berre. Dans cette zone, c’est principalement le développement industriel et urbain qui a provoqué la disparition progressive des salins et le comblement d’une partie du petit étang de Bolmon dès la première décennie du xx e siècle, au moment de la réalisation d’importantes infrastructures hydrauliques (i.e. canal de Marseille au Rhône), puis à partir des années 1950. Les trois cas algériens concernent le lac Fetzara, près de la ville d’Annaba, la région côtière de Terga (dans l’ouest du pays) et ‫la zone humide littorale de Réghaia dans l‪ ‫’‪ ‫Algérois.‪ Dans le cas du lac Fetzara, MELLOUK et AROUA (9) montrent que la forte croissance urbaine de la ville côtière d’Annaba ne peut se faire que vers les plaines alluviales. Cela engendre des impacts négatifs sur le milieu naturel, notamment sur le lac Fetzara et ses zones humides, situés à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest, dont l’équilibre écologique est aujourd’hui menacé. L’analyse multicritère utilisée révèle que le projet d’aménagement d’un nouveau pôle urbain dans la localité de Draa Errich a des impacts sur l’hydrosystème local dont fait partie la zone humide et le lac. Dans le périmètre d’étude, c’est le système viaire et la voirie en particulier qui constituent les facteurs les plus importants de perturbation de l’équilibre de l’hydrosystème local. La nappe phréatique est la composante la plus menacée. Par ailleurs, le site d’implantation semble concerné par quatre principaux risques liés à l’eau : l’imperméabilisation des sols, le ruissellement, la construction d’obstacles à l’écoulement et la pollution des milieux récepteurs. Les résultats obtenus témoignent de l’ampleur de sa dégradation et soulignent la nécessité d’engager des mesures de protection dans le cadre d’une stratégie durable d’aménagement du territoire. Plus à l’Est, dans l’Algérois, LARID (10) décrit l’importance du retour d’expérience d’un protocole de Gestion intégrée des zones côtières initiée dans le cadre du plan côtier local pour protéger et gérer la zone côtière humide de Réghaia qui est confrontée à des problèmes à la fois écologiques et socio-économiques. La croissance de la métropole algéroise et le développement de l’urbanisation menacent cet écosystème et sa remarquable biodiversité, reconnue au niveau international par la convention de Ramsar. Le plan a permis l’engagement d’un processus intégratif, qui s’avère être une expérience intéressante, mettant en évidence les difficultés d’initiation d’une gestion intégrée, pourtant incontournable, pour une gestion durable de ce patrimoine naturel remarquable. Les enseignements préliminaires révèlent les difficultés qui restent encore à surmonter pour parvenir à une application efficace et effective d’un tel outil de gestion. L’auteur explique que le contexte de gestion actuel en Algérie n’est pas encore suffisamment réceptif à la conduite d’un modèle intégratif. Enfin, ces résultats, confortent l’idée que la gestion intégrée est une démarche itérative et cumulative. La dynamique engagée offre des perspectives intéressantes d’intégration. Celle-ci dépend d’une meilleure implication des acteurs locaux, de l’amélioration du processus de participation et de concertation, d’une réglementation plus efficace et mieux adaptée et d’un système d’information plus opérationnel et accessible (BILLÉ, 2006). Dans le dernier cas algérien proposé, GHODBANI et al. (11) essaye de mettre en exergue, à travers l’exemple de la région de Terga, à l’extrême ouest du pays, les difficultés de protection et les enjeux qui entourent la gestion des milieux littoraux algériens. Ils abordent deux principaux points ; le premier concerne les impacts environnementaux liés à l’extraction sablière et les difficultés d’application des mesures de préservation du patrimoine naturel ; le second est consacré à l’analyse du jeu d’acteurs, aux conflits d’usage et à la mise en place d’outils de gestion. Leur étude est basée sur deux approches complémentaires : une analyse diachronique pour suivre les modifications affectant le paysage dans le temps et une autre multiscalaire pour mieux comprendre les interactions entre actions anthropiques et facteurs environnementaux au niveau local, régional et national. L’étude a permis de mettre en évidence un des aspects actuels de la dégradation des environnements littoraux méditerranéens liés aux forts impacts écologiques de l’extraction sablière (STEINBERGER et al., 2012 ; SAVIOUR, 2012 ; UNEP, 2014 ; LAIMÉ, 2015). En effet, l’extraction massive et anarchique du sable a conduit à la disparition d’importantes surfaces du tapis végétal naturel, à l’ensablement des terres agricoles et à la multiplication des inondations de secteurs urbanisés situés sur ou à proximité de la plage. Devant la faible volonté des responsables, à différents niveaux de décision, de protéger cet écosystème fragile, les extractions conduiront sans doute d’ici quelques années à l’épuisement des réserves de sable disponibles sur ce site. Par conséquent, la disparition définitive d’une telle forme dunaire pourrait être catastrophique pour l’équilibre écologique d’une grande partie du littoral ouest algérien. La zone côtière de Terga est un espace de plus en plus convoité. La concurrence pour l’accès à l’espace foncier littoral, l’instrumentalisation des outils d’aménagement et la faiblesse des dispositifs de protection de l’environnement en sont la preuve. Cependant, pour la majorité des zones humides, le défi de la protection est lié à la concurrence pour l’accès à ces ressources naturelles entre les groupes d’intérêt locaux. Dans le cas de Terga, le problème semble essentiellement lié à la logique contradictoire d’intervention de l’État qui tantôt encourage les extractions de sable, tantôt exprime une volonté de préservation à travers des outils qui sont difficiles à mettre en œuvre. Ces interférences dans les démarches proviennent de trois facteurs majeurs : la sectorisation dans les actions de développement local couplée à une absence totale de vision de gestion intégrée, une faible conscience au niveau local pour une protection durable des espaces littoraux et de leurs zones humides et enfin le poids du contexte socioéconomique d’un pays en voie de développement qui favorise la minimisation du coup des matériaux de construction comme le sable au détriment des équilibres écologiques.

13

La dernière analyse proposée concerne une zone des Balkans dont les milieux humides n’ont été que rarement abordés ces dernières décennies : la plaine littorale albanaise. Elle aborde les questions de dessèchement et de mise en valeur tout en comparant les temporalités des projets engagés avec ceux d’autres pays. Dans ce travail SHALLARI et MAUGHAN (12) explorent les transformations que le complexe de zones humides de cette région a subi pendant la période communiste de 1945 à 1990 et qui ont modifié ces écosystèmes en profondeur (en particulier l’hydrosystème côtier et son fonctionnement hydrosédimentaire, CIAVOLA et al., 1999). Ils apportent des repères chronologiques et cartographiques. La déforestation, l’assèchement, le drainage, la bonification et la mise en culture furent en effet extrêmement rapides par rapport aux pays de l’Europe de l’Ouest où l’un des rares exemples comparables fut celui de la bonifica integrale de l’Italie fasciste (RUGG, 1994). Cette étude, basée sur un important travail cartographique, permet de saisir l’ampleur spatio-temporelle de ces changements et de comprendre l’évolution du rôle et de la place tenue par ces zones humides dans l’Albanie communiste puis post-communiste, à partir des années 1990. On découvre le rôle crucial que joue aujourd’hui cette plaine littorale, qui concentre une grande partie de la population du pays, la majorité de la production agricole et des activités économiques. Mais, bien que fortement transformé, le complexe de zones humides maritimes albanais, qui accueille encore une riche faune ornithologique, et qui a acquis récemment un statut de zone naturelle d’intérêt international, est aujourd’hui confronté à des défis environnementaux et socio-économiques à cause de sa position comme carrefour entre des pôles de développement nationaux et internationaux.

14

Chaque article de ce numéro a été évalué et soigneusement relu par deux correcteurs, dont au moins un externe à l’équipe éditoriale. Que soient ici remerciés tout particulièrement Edward Anthony, Gilles Arnaud-Fassetta, Stéphane Cordier, Jean-Michel Carozza, Michel Sivignon, Mahmoud Moussa, Mohammed Ater, Bouchta El Fellah, Assia Fernini-Hafif, Vakur Sumer, Aysegul Kibaroglu et Boudjéma Samraoui ainsi que les autres collègues qui ont préféré garder l’anonymat. Merci également à l’éditeur en chef, Christophe Morhange (AMU), pour sa confiance et son soutien durant l’élaboration de ce projet et pour ses démarches qui ont permis d’obtenir les fonds nécessaires à la publication.


Bibliographie

    • ANTHONY E.J., (2014), The human influence on the Mediterranean coast over the last 200 years: a brief appraisal from a geomorphological perspective, Géomorphologie, relief, processus, environnement 20 (3), p. 219-226.
    • BARBIER E. B., HACKER S. D., KENNEDY C. et al., (2011), The value of estuarine and coastal ecosystem services, Ecological monographs,81 (2), p. 169-193.
    • BILLÉ F., (2006), Gestion intégrée des zones côtières : quatre illusions bien ancrées, VertigO 7 (3), en ligne].
    • ‪CAPON S.J., CHAMBERS L.E., MAC NALLY R.‪ et al., ‪(2013), Riparian ecosystems in the 21‪ ‪st‪ ‪ century: hotspots for climate change adaptation? ‪ ‪Ecosystems‪ ‪ 16, p. 359-381. ‪
    • ‪CATAUDELLA S., CROSETTI D., MASSA F., (eds) (2015), Mediterranean coastal lagoons: sustainable management and interactions among aquaculture, capture fisheries and the environment. ‪ ‪Studies and reviews‪ ‪ 95, General fisheries commission for the Mediterranean, FAO, 278 p., [‪ ‪en ligne‪ ‪]. ‪
    • ‪CAVALIÉ O., SLADEN A., KELNER M., (2015), Detailed quantification of delta subsidence, compaction and interaction with man-made structures: the case of the NCA airport, France, ‪ ‪Natural Hazards and Earth System Sciences‪ ‪ 15, 1973­1984.‪
    • CIAVOLA P., MANTOVANI F., SIMEONI U., TESSARI U., (1999), ‪Relation between river dynamics and coastal changes in Albania: an assessment integrating satellite imagery with historical data, ‪ ‪International Journal of Remote Sensing‪ ‪ 19, p. 561-585.‪
    • ‪DALIGAUX J., MINVIELLE P., (2010), De la loi Littoral à la Gestion intégrée des zones côtières, regard critique sur vingt ans d’urbanisation des littoraux méditerranéens français, ‪ ‪Méditerranée‪ ‪, 115, p. 56‑67, [‪ ‪en ligne‪ ‪].‪
    • ‪DAOUD-BOUATTOUR A., MULLER S.D., JAMAA H.F. ‪ ‪et al.‪ ‪ , (2011), Conservation of Mediterranean wetlands: interest of historical approach, ‪ ‪Comptes Rendus Biologies‪ ‪, 334, (10), p. 742-56.‪
    • ‪DAY J.W., CHRISTIAN R.R., BOESCH D.M. ‪ ‪et al.‪ ‪, (2008), Consequences of climate change on the ecogeomorphology of coastal wetlands, ‪ ‪Estuaries and Coasts‪ ‪ 31, p. 477-491.‪
    • ‪DAY J.W., IBÁÑEZ C., SCARTON F. ‪ ‪et al.‪ ‪, (2011), Sustainability of Mediterranean deltaic and lagoon wetlands with sea level rise: The importance of river input, ‪ ‪Estuaries and Coasts‪ ‪ 34 (3), p.483-493.‪
    • ‪ERWIN K.L., (2009), Wetlands and global climate change: the role of wetland restoration in a changing world. ‪ ‪Wetlands Ecological Management‪ ‪ 17, p. 71-84.‪
    • ‪KIRWAN M.L., MEGONIGAL J.K., (2013), Tidal wetland stability in the face of human impacts and sea-level rise, ‪ ‪Nature‪ ‪ 504, p. 53-60.‪
    • ‪KUHFUSSA L., REY-VALETTEA H., SOURISSEAU E. ‪ ‪et al.‪ ‪, (2016), Evaluating the impacts of sea level rise on coastal wetlands in Languedoc-Roussillon, France. ‪ ‪Environmental Science & Policy‪ ‪ 59, p. 26-34.‪
    • ‪LAIMÉ M., (2015),‪ ‪ ‪ ‪Guerre du sable sur les côtes de France, ‪ ‪Le Monde Diplomatique‪ ‪, ‪4 novembre, ‪[‪ ‪en ligne‪ ‪]. ‪
    • LEVIN N., ELRON E., GASITH A., (2009), Decline of wetland ecosystems in the coastal plain of Israel during the 20th century: Implications for wetland conservation and management, Landscape and Urban Planning 92, p. 220-232.
    • NEUMANN B., VAFEIDIS A.T., ZIMMERMANN J. et al., (2015), Future Coastal Population Growth and Exposure to Sea-Level Rise and Coastal Flooding – A Global Assessment, PLoS One 10 (3).
    • NICHOLLS R.J., HOOZEMANS F.M.J., MARCHAND M., (1999), Increasing flood risk and wetland losses due to global sea-level rise: regional and global analyses, Global Environmental Change 9 (1), p. S69‑S87.
    • PAPAYANNIS T., PRITCHARD D.E., (2011), Culture and Wetlands in the Mediterranean: an Evolving Story, Athens, Med-INA, 438 p.
    • PICHARD G., ROUCAUTE E., (2014). Sept siècles d’histoire hydroclimatique du Rhône d’Orange à la mer (1300‑2000). Climat, crues, inondations, hors‑série Méditerranée, Presses Universitaires de Provence, Aix-Marseille Université.
    • PRADIER S., SANDOZ A., PAUL M.C., LEFEBVRE G., TRAN A., MAINGAULT A., LECOLLINET S., LEBLOND A. (2014), Importance of wetlands management for West Nile virus circulation risk, Camargue, Southern France, International Journal of Environmental Research and Public Health 11 (8), p. 7740‑7754.
    • REDMAN C.L., (1999), Human Impact on Ancient Environments, University of Arizona Press, 288 p.
    • RUGG D.S., (1994), Communist legacies in the Albanian landscape, The Geographical Review, 84, 1, p. 59-73.
    • SAVIOUR N., (2012), Environmental impact of soil and sand mining: a review, International Journal of Science, Environment and Technology 1 (3), p. 125‑134.
    • SCOTT D.B., FRAIL-GAUTHIER J., MUDIE P.J., (2014), Coastal Wetlands of the World: Geology, Ecology, Distribution and Applications, Cambridge University Press, 364 p.
    • SHALTOUT M., TONBOL K., OMSTEDT A., (2015), Sea-level change and projected future flooding along the Egyptian Mediterranean coast, Oceanologia 57 (4), p. 293-307.
    • ‪STANLEY D.J., (1997), Mediterranean deltas: subsidence as a major control of relative sea-level rise, ‪ ‪Bulletin de l’Institut océanographique‪ ‪ NS 18, p. 35-62.‪
    • ‪STEINBERGER J.K., KRAUSMANN F., EISENMENGER N., (2010), Global patterns of materials use: a socioeconomic and geophysical analysis, ‪ ‪Ecological Economics‪ ‪ 69, p. 1148-1158.‪
    • ‪UNEP (2014), Sand, rarer than one thinks, mars, 15 p., en ligne : [‪ ‪http://www.unep.org/pdf/UNEP_GEAS_March_2014.pdf‪ ‪].‪
    • VASCHALDE D., (2014), Services écologiques rendus par les zones humides en matière d’adaptation au changement climatique. ‫État des lieux des connaissances et évaluation économique, ‪ Plan Bleu pour l’environnement et le développement en Méditerranée, 74 p.
    • ‪VOLKE M.A., SCOTT M.L., JOHNSON W.C., DIXON M.D., (2015), The ecological significance of emerging deltas in regulated rivers, ‪ ‪BioScience‪ ‪ 65 (6), p. 598‑611.‪
    • ZAID S.M., MAMOUN M.M., AL-MOBARK N.M., (2014), Vulnerability assessment of the impact of sea level rise and land subsidence on North Nile Delta Region, World Applied Sciences Journal 32 (3), p. 325-342.

Notes

[1]

La Convention de Ramsar (convention relative aux zones humides d’importance internationale particulièrement comme habitats des oiseaux d’eau), est un traité international adopté le 2 février 1971 pour la conservation et l’utilisation durable des zones humides. Elle a pour but d’enrayer leur dégradation ou disparition, en reconnaissant leurs fonctions écologiques ainsi que leur valeur économique, culturelle, scientifique et récréative.

Plan de l'article

  1. Une m‫émoire ‪pour la reconstitution des paléo-environnements côtiers
  2. Des milieux humides fragiles, sensibles aux changements globaux et à la littoralisation
  3. De la difficulté d’avoir des outils innovants (et performants) pour une gouvernance et une gestion efficace

Article précédent Pages 7 - 15 Article suivant
© 2010-2017 Cairn.info