Mil neuf cent
Société d’études soréliennes

I.S.B.N.sans
210 pages

p. 127 à 144
doi: en cours

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Y a-t-il des tournants historiques ? 1905 et le nationalisme : Les institutions

n° 19 2001/1

2001 Mil neuf cent Y a-t-il des tournants historiques ? 1905 et le nationalisme : Les institutions

Pour la Patrie, par l’École ou par l’Épée ? L’école face au tournant nationaliste

Jean-François Chanet
Il y a cinquante ans, Jacques Chastenet commençait son portrait de La France de M. Fallières en présentant la crise de 1905 comme la vraie frontière entre le xixe et le xxe siècle. Le « coup de Tanger » et la démission de Delcassé lui apparaissaient comme l’un des « instants singuliers » qui affectent de façon irrémédiable l’existence des nations comme celle des individus [1]. A-t-on assez souligné à quel point, sur les registres de la pathologie inquiétante ou au contraire du retour à la prometteuse vigueur, cette « époque pathétique » a été décrite, en premier lieu par ceux qui l’ont vécue, à coups de métaphores médicales et hygiénistes [2] ?
Le corps enseignant primaire se prête-t-il mieux que d’autres à l’identification des « groupements nouveaux de cellules », du « métabolisme inédit », des signes enfin du changement d’orientation de l’« organisme » national entier, dont Jacques Chastenet soulignait la subtilité ? Plusieurs raisons le font penser : l’importance, unanimement reconnue quoique diversement interprétée, de sa mission éducatrice ; sa position sociale et culturelle intermédiaire, entre les prescriptions de l’administration et ce qu’on pourrait appeler le commerce républicain avec les populations ; la conscience politique que ce dernier supposait, donc l’attention portée aux événements, l’habitude et le goût de lire les journaux, l’aptitude à se passionner, fût-elle contrariée par les prudences propres au devoir de réserve. Certes, cette image sociale n’est pas dénuée de simplifications auxquelles le sujet qui nous réunit donne une valeur topique : unité et discipline des « hussards noirs », craintes ou espoirs symétriques de l’adhésion au pacifisme internationaliste ou du retour, avec le même ensemble, à la foi revancharde ; et encore, complémentaires plus que contradictoires, la dénonciation du suivisme primaire et la tendance à voir dans tout « demi-savant » un révolté doublement dangereux.
Si, par préjugé idéologique, réflexe d’autorité, choix tactique, ou simple méconnaissance de leur diversité, les amis aussi bien que les détracteurs des instituteurs laïques les ont généralement traités comme un groupe homogène plutôt que comme une somme d’individus, dont les trajectoires et les relations portent la marque de déterminations familiales et locales particulières, cela ne facilite notre tâche qu’en apparence. Privilégier cette représentation collective incite à chercher la causalité dans les événements ou les prises de position des personnalités qui ont agi le plus puissamment sur la conscience du groupe, ou ont provoqué en lui les réactions les plus marquées. Approche classique, dont on aperçoit vite les limites. Il est un seuil au-delà duquel l’explication historique requiert de penser en termes de représentativité autant que de causalité. Et non point seulement au nom de la plus grande sécurité reconnue aux observations quantifiées. Le rayonnement de telle ou telle idée, de telle ou telle inquiétude, dans la sphère où vit et agit le maître d’école, résulte d’un ensemble de facteurs qui ne peuvent pas tous être éclairés par le chiffre. L’influence est toujours le produit d’une interaction.
Il importe donc de pondérer l’approche idéologique par l’attention portée à la culture primaire, dans toutes ses composantes et ses nuances locales. En l’occurrence, les deux démarches procèdent des mêmes questionnements et donnent des résultats convergents. Elles portent à examiner d’abord les traits initiaux du milieu que les passions nationalistes sont venues, selon les points de vue, amender ou corrompre, qu’il s’agisse des caractères du patriotisme transmis par l’école ou des sources, plus ou moins claires ou mêlées, des tensions qui l’ont travaillé – le nationaliste André Chéradame l’a souligné, parmi d’autres – depuis l’affaire Dreyfus [3]. Elles aident ensuite à mesurer ces tensions à partir des enchaînements de faits qui en révèlent l’acuité. Ainsi amènent-elles à penser que, si l’on veut expliquer la suite, la « culture de guerre » à la française [4], les émotions de l’avant-guerre, pour irréversibles qu’aient été leurs effets, ne doivent pas faire oublier la solidité d’un patriotisme où se rejoignaient, conformément au vÅ“u des pères fondateurs, l’inclination et la raison.
 
La République, c’est la paix
 
 
Le discours sur l’instituteur français appelé à venger Sedan comme son modèle prussien avait vengé Iéna est trop connu pour qu’il soit nécessaire d’y revenir [5]. Qu’il fût en poste à Belfort ou à Barcelonnette, la fidélité à la leçon de M. Hamel, dans La dernière classe de Daudet, lui imposait de se considérer comme le premier gardien du souvenir alsacien-lorrain. Mona et Jacques Ozouf ont vu avec raison dans l’importance donnée à cette responsabilité « un trait national de surestimation intellectualiste [6] ». Ils ont aussi montré à quel point le contenu réel donné au patriotisme à l’école laïque s’est écarté du bellicisme revanchard [7]. Nous avons tous en mémoire les pages de La République des ducs où Daniel Halévy, lecteur acrimonieux du Tour de la France par deux enfants, raille le « double travail d’éclairage et d’ombrage qui est le travail même de l’éducation républicaine [8] ».
Le retour critique sur l’orientation de cette éducation n’a pas été seulement le fait des historiens ; il est un signe précurseur des débats de l’avant-guerre. Pour des raisons qui ne sont pas sans liens avec l’affaire Dreyfus, ce signe accède à une large visibilité au cours de l’année 1899. À preuve l’inauguration, le 20 août, du monument aux trois instituteurs de l’Aisne fusillés par les Prussiens en 1870, érigé face au mur de l’École normale de Laon. Émile Bocquillon a dédié à la mémoire de Debordeaux, Poulette et Leroy son copieux essai de 1905 sur La crise du patriotisme à l’école, en tête duquel il a fait reproduire le monument. Il y rappelle, sans indiquer la source de ces chiffres, que « 50 000 instituteurs de France » ont participé à la souscription lancée en 1895 et que trois mille d’entre eux sont « venus de tous les points du pays » pour assister à l’inauguration [9]. Mais il oublie de préciser qu’à l’initiative d’Henri Murgier, directeur d’école à Versailles, une avant-garde syndicaliste a choisi cette occasion pour annoncer la tenue d’un congrès à Paris pendant l’Exposition de 1900, et qu’au mois de juin précédent, dans la Revue de l’enseignement primaire, qui allait bientôt s’ouvrir aux idées de Gustave Hervé, le socialiste Émile Chauvelon avait vu dans ce monument, inspiré selon lui par l’amour, une réponse à la haine du « hobereau poméranien Bismarck contre la France de la Révolution [10] ».
C’est cette France-là, bien sûr, que les instituteurs laïques devaient rendre chère aux écoliers et à leurs parents. Une France qui avait été guerrière, sans doute – il s’est trouvé des catholiques pour en tirer argument en faveur du Ralliement –, mais afin de délivrer l’humanité du despotisme et d’ouvrir le règne du droit. « Que les despotes qui divisent les nations pour les opprimer disparaissent de ce monde, et que la sainte fraternité réunisse tous les peuples de la terre dans une même famille [11] ! » Madame Thérèse, l’un des plus fameux parmi les romans nationaux d’Erckmann-Chatrian, et l’un des plus présents dans les bibliothèques scolaires et populaires, s’achève sur « ces vÅ“ux et ces espérances » de l’oncle Jacob Wagner. On comprend que Georges Goyau ait jugé inquiétant le goût des « primaires » pour ceux qu’il appelait les « deux maçons d’Alsace [12] ». Bel exemple de mépris intellectualiste, et d’aveuglement sur tout ce que de tels lecteurs pouvaient puiser, dans leur Å“uvre, d’exemples propres à nourrir un patriotisme défensif, certes, mais profond et, à sa manière, fervent. Les responsables de la maison Hachette l’ont compris, eux, qui ont réédité en 1915, outre Madame Thérèse, Le brigadier Frédéric, l’Histoire d’un conscrit de 1813, l’Histoire d’un paysan et même Waterloo [13].
De même qu’elle marquait, dans l’évolution politique intérieure, le terme pacifique de la Révolution, la République se voulait, dans l’ordre international, la patrie universelle de la civilisation. Que Ferdinand Buisson ait compté parmi les promoteurs de cet humanitarisme, c’était chose connue et, pour les nationalistes, chose préoccupante. Car son influence était désormais relayée par celle d’autres guides ; celle, en particulier, des revues d’enseignement primaire, en majorité ouvertes aux idées pacifistes. C’est « la faute des mandarins », écrira en 1906 le député Georges Grosjean [14]. On pense au recteur Jules Payot et à sa revue le Volume. Ou au poète Maurice Bouchor, inlassable missionnaire laïque, dont les recueils de Chants populaires pour les écoles ont connu un succès durable. « Tu ne peux te figurer comment tout le peuple assemblé dans la grande salle du Kursaal vibrait quand sa voix puissante nous jetait la bonne parole, les paroles de fraternité et de paix », écrit en juin 1901, au lendemain d’une soirée qui a réuni autour de lui les normaliens et les normaliennes de Besançon, l’élève-maître Louis Pergaud [15].
Les acquisitions du Musée pédagogique confirment la publicité donnée au pacifisme par les autorités académiques. On y retrouve les écrits de Frédéric Passy, président-fondateur de la Société pour l’arbitrage entre nations, en particulier le texte de la conférence de 1902 où il appelle à faire plus de place, dans l’enseignement primaire, à l’« histoire du travail » qu’à l’« histoire-bataille » [16] ; et toute la collection de la « Bibliothèque pacifiste internationale », dans laquelle il a publié son Historique du mouvement de la paix. Entre ces opuscules, les Fables et récits pacifiques de son ami Charles Richet, l’un des maîtres de la physiologie française, auquel Sully Prudhomme n’a pas cru devoir refuser une préface, retiennent l’attention. Ce petit livre contient en effet l’un des rares témoignages sur la guerre de 1870 qui, sans dissimuler la brutalité particulière des envahisseurs, vise, avec une crudité toute médicale dans les descriptions, à faire détester la guerre en général [17]. Certes, son intérêt nous semble aujourd’hui aussi grand que sa diffusion a été faible. Mais en l’absence de données vérifiables à ce sujet, le pouvoir amplificateur de la presse pouvait faire craindre ou espérer que le prestige intellectuel de ces « apôtres » ne fût pas insensible aux instituteurs.
 
La « crise du patriotisme »
 
 
Ce sont précisément ces conjectures et l’état de nervosité croissante qu’elles trahissent qui nous intéressent ici. Or, la chronologie suffit à démontrer qu’ils sont dus, pour l’essentiel, aux effets politiques et syndicaux de la formation du Bloc des gauches plutôt qu’aux réactions à une menace extérieure encore inexistante. La poussée de fièvre n’a pas attendu 1905, elle est déjà forte en 1902 et traduit, pour parler le langage d’aujourd’hui, la recomposition en cours du paysage national [18].
À droite, Georges Goyau réunit en un volume, intitulé L’idée de patrie et l’humanitarisme, des articles parus dans la Revue des deux mondes de juillet 1900 à octobre 1901. À ses yeux, « l’internationalisme socialiste de l’heure présente rejoint en quelque façon l’humanitarisme républicain d’il y a trente ans [19] ». Fort de ce que l’on a appelé sa « démonologie [20] » antimaçonnique et antiradicale, il déplore que les instituteurs, en s’adonnant trop nombreux à la « politique militante et quotidienne [21] », renient la doctrine de Jules Ferry.
À gauche, le nombre des initiatives atteste l’intensité des débats. Célestin Bouglé publie Vie spirituelle et action sociale, où il reprend le texte d’une conférence faite en novembre précédent à Toulouse (il enseignait la philosophie sociale à l’université) devant la Fédération des « Petites A » et la Ligue de l’enseignement. Il y répondait à Goyau et aux nationalistes sur la prétendue « crise du patriotisme », mais concluait, à l’adresse de ceux qui en doutaient, que la Ligue avait eu « raison de prendre pour devise : “Pour la patrie, par le livre et par l’épée !” [22] ». C’est précisément en 1902, au congrès de Lyon, qu’intervient la première discussion sur la devise de la Ligue, Émile Chauvelon et Gustave Téry suggérant d’en retrancher l’expression « par l’épée » [23]. Le même Chauvelon, en juillet de la même année, consacre dans la Revue de l’enseignement primaire un long et élogieux article au Chant de l’Alsace de Maurice Bouchor, récemment paru dans la Petite République et dédié à Jaurès [24]. Chauvelon figure enfin – avec Téry – dans le jury, présidé par Buisson, du concours organisé par ce même journal pour dénoncer les manuels qui ne répondent pas « aux exigences et aux aspirations de l’esprit moderne [25] ».
Ces polémiques vont connaître un premier point culminant deux ans plus tard, à l’automne 1904, au congrès d’Amiens de la Ligue de l’enseignement. À la mi-mars, Émile Bocquillon, Félix Comte et Théodoric Legrand ont adressé à toute la presse un « Appel des instituteurs-laïques patriotes aux cent vingt mille instituteurs et institutrices de France ». Les trois rédacteurs exercent à Paris. Bocquillon est aussi rédacteur en chef de la Jeunesse, Comte est membre du Conseil supérieur de l’Instruction publique, et Legrand directeur de l’Avant-garde pédagogique, revue dans laquelle l’appel a paru le 1er avril signé de 78 noms. La liste de ces noms confirme qu’on a affaire à un petit réseau constitué à partir de relations personnelles, et très majoritairement parisien : 46 des 78 signataires exercent à Paris ou dans le département de la Seine [26]. Ce manifeste n’en a pas moins provoqué des débats considérables dans la presse et jusque sur les bancs de la Chambre. Ferdinand Buisson l’a publiquement condamné au Congrès de la Paix par le Droit tenu à Nîmes le 10 avril. C’est donc dans une atmosphère orageuse que s’ouvre, à la fin de septembre, le congrès d’Amiens. Face à des délégués acquis en majorité au pacifisme, le radical Henri Hauser, professeur d’histoire à l’université de Dijon, demande qu’on ne change rien à la devise : « Nous atteindrons ainsi tout naturellement notre idéal d’aspirations pacifiques et patriotiques ; par le livre s’il se peut, et par l’épée s’il le faut [27]. » Mais le président Buisson, en déclarant « qu’il n’y a pas et qu’il ne saurait y avoir de devise officielle de la Ligue », donne l’impression de céder aux délégués les plus à gauche, qui réclamaient sa suppression [28].
Faute de pouvoir connaître ce qu’ont été, dans leur prévisible diversité, les réactions des maîtres et des maîtresses d’école, on observe que les tensions entre chefs de file ou porte-parole, et la bipolarisation, les simplifications partisanes qu’elles ne pouvaient manquer de provoquer, ont atteint à cette date un niveau de dramatisation qui préparait les réactions aux crises à venir. Il est certes révélateur qu’au frontispice du numéro de l’Assiette au beurre qu’il consacre en juin 1903 aux instituteurs, Lucien Émery déplore le « dédain complet » dont les « miséreux en redingote » font l’objet dans la grande presse [29]. C’est encore Jean Coste [30] qui est ici représenté et défendu, c’est au « péril primaire [31] », autrement dit à la crise des vocations, qu’il est fait allusion, sans qu’il soit question du patriotisme. Et ce sont les réalités si largement majoritaires de l’école rurale [32], d’une France villageoise où l’irritabilité de l’esprit public tarde à enregistrer les secousses parisiennes, qui ont inspiré au dessinateur ses caricatures. Le sens, la portée mais les limites aussi des exagérations qui caractérisent, à gauche comme à droite, les discours critiques sur la « crise du patriotisme » n’en ressortent que plus nettement. Comme l’a noté Jean-Paul Martin, « la charge émotionnelle du thème de la patrie, le climat polémique lié aux enjeux politiques et corporatifs du moment apparaissent largement responsables des déformations qui se sont produites de part et d’autre [33]. » Le rideau peut donc se lever sur les crises de 1905.
 
Les trois coups de 1905
 
 
Les réactions au coup d’éclat de Guillaume II à Tanger, le 31 mars, ne doivent pas faire oublier l’importance de la loi militaire du 21 mars. Si la durée du service dans l’armée active est réduite à deux ans, toutes les exemptions sont supprimées. Cette mesure égalitaire, attendue par la gauche, a-t-elle modifié l’attitude des instituteurs devant la menace de guerre ? Les responsables de l’enseignement public s’accordaient à penser que la loi de 1889, en imposant à tous les instituteurs l’obligation du service militaire d’un an, était la première cause du net fléchissement du nombre des candidatures aux écoles normales [34]. « Maintenant qu’ils devront faire deux ans de service comme tout le monde, ces vocations disparaîtront presque toutes, et on ne pourra plus recruter les écoles normales », n’avait pas hésité à prophétiser Alphonse Aulard, le 31 août 1904, dans un article de l’Aurore où il réclamait pour les instituteurs l’exemption pure et simple. Georges Goyau a eu beau jeu d’ironiser sur les effets d’une législation qui selon lui dépeuplait les écoles normales bien plus qu’elle ne vidait les séminaires [35]. L’argument n’ajoutait qu’un motif de plus au procès des nationalistes contre l’école laïque. Mais le plus instructif est que ses défenseurs aient été aussi peu lucides sur le caractère social de cette crise des vocations : elle révélait moins, en effet, le rejet du patriotisme que la difficulté accrue, pour toute famille modeste, de garder à charge un fils jusqu’au moment où celui-ci aurait son premier poste [36].
Cependant le « tournant nationaliste », à mesure que s’est précisée la menace de guerre, a sans doute accentué, dans le milieu instituteur, un effet de génération. On peut présumer qu’il a avivé une tension déjà perceptible entre les aînés, qui avaient subi le traumatisme de l’Année terrible, et les jeunes à qui reviendrait de laver leur humiliation. Mais comment la mesurer ? Si l’on admet que ces aînés étaient aussi des supérieurs, des chefs, et que leurs jeunes adjoints, non seulement avaient de plus en plus de mal à souffrir leur autorité, mais devaient se contenter d’un « budget de prolétaires [37] », on comprendra mieux le lien entre cette tension et les prises de position des uns et des autres face aux premiers efforts d’organisation syndicale [38]. Et celle-ci, précisément, connaît un tournant majeur avec la fondation, le 13 juillet 1905, de la Fédération nationale des syndicats d’instituteurs et d’institutrices et la publication, le 24 novembre suivant, du Manifeste des instituteurs syndicalistes [39].
Ce qui se joue, au même moment, c’est enfin la nature et la force des relations entre un syndicalisme enseignant encore minoritaire, illégal et divisé, et un socialisme au sein duquel, Gilles Candar nous le rappelle ci-dessus, l’aboutissement des efforts unitaires permet d’abord d’encadrer la pluralité des tendances. Décisif est à cet égard le changement qui se produit en juin à la rédaction de la Revue de l’enseignement primaire et primaire supérieur. Au moment où il fait paraître Leur patrie [40], Gustave Hervé cède à cette tribune une place que Jean Jaurès va occuper du 2 juillet 1905 à sa mort. Pour être précis, le départ de Hervé s’accompagne de celui de Chauvelon, tandis que Jaurès arrive accompagné d’Eugène Fournière et de Marcel Sembat. Christophe Prochasson fait crédit à Jaurès, qui s’est défendu d’être à l’origine de ce limogeage [41]. Au vrai, la cause est de bien moins d’importance que l’effet. Hervé avait été d’autant plus durement attaqué qu’il se piquait d’avoir avec lui les quatorze mille lecteurs de la Revue [42]. Émile Bocquillon rappelle qu’en juin 1904 il avait annoncé son intention de « redoubler de propagande auprès des instituteurs », et monte en épingle une lettre ouverte au ministre publiée au même moment dans la Revue. L’auteur, qui s’était paré du pseudonyme éclairant de « Jean, Pierre et Paul Coste », croyait pouvoir annoncer à Joseph Chaumié que son successeur, dans quelques années, se trouverait « à la tête d’une petite armée de quatre-vingt mille éducateurs socialistes [43] ».
Les manifestations, à droite, de ce que je propose d’appeler le « syndrome de Thiers [44] » ne sont pas moins instructives que le souci, à gauche, de peser sur l’opinion comme sur la culture des « primaires ». Si, de 1905 à 1914, Jaurès a donné plus de cent soixante articles à cette revue – à laquelle, en 1912, les renseignements généraux attribuent un tirage de « 20 000 exemplaires au moins [45] » –, il n’y a pas lieu de s’en étonner : elle touchait le milieu dont, en dreyfusard conséquent, il attendait le plus pour les progrès du socialisme en France.
Le mot de tournant n’est pas abusif pour désigner ce moment, si l’on veut bien être attentif à tout ce qu’il change dans l’ordre politique et intellectuel. Albert Thibaudet garde présents à l’esprit les souvenirs de ce temps-là lorsqu’il écrit, au début des années 1930, que « la fonction même de l’école laïque consiste à maintenir ce sinistrisme permanent » sans lequel, selon lui, on ne peut comprendre la marche des idées politiques dans la France républicaine [46]. « Opter entre la Guerre et la Paix, ou bien opter entre le Roi et la République ce sont deux options parallèles ou plutôt c’est la même option » : cette idée, qui prolonge si logiquement l’humanitarisme quarante-huitard, il appartenait à un socialiste, Marcel Sembat, de la rappeler à la veille même de la guerre. Mais il en tirait une leçon politique immédiate :
Il y a quantité de gens […] qui, monarchistes de toute leur âme, ont fini par admettre qu’ils étaient républicains. Grave confusion ! Malgré cette méprise, ils sont, au fond, demeurés des royalistes. Leur adhésion corrompt la République. M. Méline a cru que ces recrues la fortifiaient : elle en meurt [47].
Car le « sinistrisme » a eu pour corollaire le « glissement vers la droite [48] » des républicains modérés. Opposés à la politique du Bloc, à laquelle ils reprochaient de contredire les principes des fondateurs « opportunistes » du régime – caractéristique est ici l’attitude d’un René Goblet, préfacier de Bocquillon en 1905 –, ils attendaient, si l’on peut dire, leur revanche. Leur homme sera Poincaré. Et son triomphe aura pour eux la saveur trompeuse d’un retour aux sources.
 
Le patriotisme des Aliborons [49]
 
 
Ce triomphe est celui du « juste milieu », mais d’un juste milieu décentré vers l’Est, auquel la droite s’est ralliée d’autant plus naturellement qu’elle le savait disposé à la guerre. Le chemin qui va de 1905 à 1913 n’a certes pas la linéarité que suggère ce résumé. Mais nous inclinons à suivre Jean-Paul Martin, pour qui « à l’automne 1905, le courant ultrapacifiste semble bel et bien en perte de vitesse [50] ». Nombre de signes l’indiquent ; par dessus tout, le retour de la Ligue de l’enseignement vers une ligne patriotique orthodoxe, sensible dès le congrès de Biarritz, en octobre, et annonciateur de son futur « poincarisme » [51].
Dès lors, quel que soit l’éclat oratoire ou littéraire des espérances socialistes et des ferveurs nationalistes, la tendance dominante de l’opinion – celle des instituteurs ne fait pas exception – est au recentrage unitaire. Réduire l’influence hervéiste est un souci commun à tous les républicains. Les élections de 1906, préparées par Clemenceau, ne sont pas, c’est le moins qu’on puisse dire, un succès pour la droite. Le cas de Georges Grosjean est assez éclairant. Compagnon de Ferry au temps du boulangisme, devenu un antidreyfusard virulent, Grosjean, élu député en 1902, avait dénoncé l’hervéisme à la tribune de la Chambre le 3 juin 1905 [52]. Mais le 6 mai 1906, une majorité d’électeurs lui préfèrent un radical. Il lui reste le loisir de réunir en volume les articles qu’il publie, cet été-là, dans l’Énergie française d’André Chéradame, sous le titre « L’École et la Patrie. La leçon de l’étranger ». Et sur la page de titre, il place en épigraphe cette question de… Clemenceau : « Quand nos voisins passent leur temps à nous montrer la pointe du fer, quelle préoccupation pourrait l’emporter chez nous sur la nécessité de la défense ? »
De fait, entre tous les textes révélateurs de ce que les autorités attendent désormais des instituteurs, il faut distinguer les circulaires relatives à la pratique du tir et à la préparation militaire dans les écoles, celles d’Aristide Briand, en 1907 [53], puis celle de Gaston Doumergue, du 25 février 1910 [54]. Ces initiatives ne sont pas nouvelles. Chacun connaît les bataillons scolaires, dont le déclin, Philippe Marchand l’a montré pour le département du Nord [55], avait coïncidé avec la politique d’apaisement menée après la crise boulangiste. Dans ses Mémoires d’un instituteur syndicaliste, André Delmas s’est souvenu des grands fusils en bois, couverts de poussière, qu’on avait remisés en haut de l’escalier de l’école primaire de Sapiac (Tarn-et-Garonne), et qui l’avaient tant inquiété lorsqu’il y avait fait sa première rentrée, à l’automne 1905 [56]. Un ministre pourtant ne s’était pas résigné à leur disparition et, par arrêté du 27 juillet 1893, avait inscrit au programme du cours moyen et du cours supérieur, pour les élèves âgés de plus de dix ans, des « exercices de tir à dix mètres, à la carabine Flobert [57] ». Ce ministre s’appelait Raymond Poincaré.
Mais les textes de 1907 sont autrement suivis d’effets. L’enquête que nous avons lancée avec Gilles Pécout permet d’ores et déjà d’affirmer que ces directives ont été mises en Å“uvre avec célérité, sous des formes variées – sections de tir dans des patronages ou des amicales d’anciens élèves, ou sociétés de tir à part entière – dans plusieurs milliers de communes. Dans le seul département de l’Ille-et-Vilaine, étudié par Jean-Louis Gay-Lescot, au cours de l’année scolaire 1909-1910, on ne relève pas moins de 73 sociétés scolaires dans les 325 écoles publiques de garçons [58]. De ce succès apparent, il ne faut cependant pas déduire un basculement massif des instituteurs du côté de l’exaltation chauvine. Le nom de certaines de ces sociétés ne laisse pas de surprendre, et montre que leurs fondateurs souhaitaient avant tout empêcher la guerre : n’est-il pas remarquable de voir le ministère de la Guerre donner son agrément, le 7 mai 1909, à L’Effort vers la paix de Castenau-de-Léris (Tarn) ou, le 17 octobre 1910, à La Paix de Saint-Rémy-sur-Durolle (Puy-de-Dôme) [59] ? Sur ce terrain aussi, les laïques ont eu naturellement tendance à se démarquer, au moins verbalement, des cléricaux, dont l’engouement pour la sociabilité conscriptive n’était pas moindre. On n’a pas oublié, dans La révolte des anges d’Anatole France, le personnage de M. Le Truc de Ruffec, fondateur de la société patriotique L’Escrime pour tous, qui entend prendre « les enfants au berceau […] dans le but de régénérer la France et de lui assurer la supériorité sur tous ses adversaires [60] ».
Parce qu’ils sont eux aussi une suite logique de l’affaire Dreyfus, les encouragements prodigués aux instituteurs par l’administration, mais aussi par Jaurès [61], pour les convaincre de prendre part à l’Å“uvre d’éducation post-scolaire, ne sont évidemment pas sans liens avec la croisade engagée par l’Église contre l’école laïque. Yves Déloye l’a montré : pas plus qu’elle ne se résout à la « séparation de la morale et de la religion », celle-ci n’admet que soit associée au seul État une identité nationale dont elle prétend être le premier fondement [62]. En ce sens, le « tournant nationaliste » n’est pas étranger à la contre-offensive cléricale de 1908-1909 contre les manuels de morale. Parmi les livres condamnés figure, on le sait, celui de Jules Payot où l’on pouvait lire, au paragraphe intitulé « Nous aussi, nous avons été injustes » : « Ont été criminelles les guerres de religion, l’Inquisition, les dragonnades, la Terreur rouge ou blanche ». La leçon menait à cette conclusion :
Notre idéal est la force au service du droit. C’est à la France, guérie des guerres d’agression, qu’il appartient d’introduire, par son exemple, dans les relations des peuples entre eux, la notion de justice et de respect mutuel, conditions d’une paix durable [63].
Rien d’étonnant, donc, à ce que les « Aliborons de l’Université » soient à nouveau ridiculisés dans la Croix du 10 août 1909. Et c’est encore cet arrière-plan intellectuel et moral qui donne sens au grand débat parlementaire de janvier 1910 entre Barrès et Jaurès sur « l’état d’esprit de quelques-uns de nos instituteurs et sur le moyen d’y remédier [64] ».
Les formes que prend la participation des instituteurs aux Å“uvres post-scolaires, comme celle des personnes extérieures au corps enseignant, ne reflètent pas seulement l’acuité du combat laïque. Elles indiquent aussi, dès lors que la guerre devient non seulement pensable, mais prévisible, la conscience d’une responsabilité à assumer dans l’éducation nationale des jeunes gens entre leur sortie de l’école et leur entrée à la caserne. Pour la première fois, le 12 janvier 1906, le ministre de l’Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes, Bienvenu Martin, signe un arrêté attribuant des récompenses aux officiers, sous-officiers et soldats pour leur collaboration aux cours d’adultes et aux Å“uvres complémentaires de l’école institués dans les casernes et hôpitaux militaires [65]. Leur participation à cet effort est encore pour les maîtres d’école une manière de se mettre, à partir de 1905, au service de ce que Georges Goyau a appelé le « vouloir-vivre national [66] ».
Cela ne signifie pas que certains d’entre eux n’aient pas, comme le Clanricard de Jules Romains en octobre 1908, senti avec angoisse que la guerre allait venir avant qu’ils aient pu former comme ils l’entendaient la « génération future [67] ». Mais en majorité, sans doute, ils sont entrés dans cet état de recueillement patriotique qui, pour les plus militants, équivaut à un « affaissement » : Louis Bouët emprunte le mot à Pierre Laval, avocat des neuf membres du Conseil syndical des instituteurs poursuivis en justice après l’adoption, en août 1912, au congrès de Chambéry, d’une motion en faveur du sou du soldat [68], pour décrire la tendance de l’esprit public, même dans les « milieux révolutionnaires », à partir de la crise d’Agadir. Avant même que Gustave Hervé n’avoue, en février 1914, le « faible [qu’il a] toujours eu pour Déroulède [69] », Alain n’écrit-il pas, dans son « Propos d’un Normand » du 25 novembre 1911, au sujet de la lettre envoyée par Déroulède au président de la Chambre pour demander que celle-ci ne délibère pas sur l’accord franco-allemand « tant que le navire allemand sera dans les eaux d’Agadir » : elle « est noble de ton et plaira à tout Français au premier moment. Mais oui, à tout Français ; de tels sentiments sont familiers à tout le monde, et l’erreur profonde de ceux qui se disent Nationalistes est de croire qu’ils sont seuls à les éprouver [70]. »
Le sentiment dominant de cette heure, chez les instituteurs publics, peut-être est-ce l’inspecteur d’académie Raphaël Périé qui l’a le mieux exprimé, dans L’École du citoyen. Cet ouvrage, dédié à Maurice Bouchor, « poète et citoyen », recommandé par l’inspecteur général Édouard Petit dans son « huitième rapport sur l’enquête relative aux cours d’adolescents et d’adultes, aux conférences populaires et aux Å“uvres complémentaires de l’École » pour l’année 1901-1902 [71], connaît en 1913 sa quatrième édition. À la fin du chapitre portant sur les notions de patrie et d’humanité, Périé écrit :
Si la justice l’exige, si c’est pour nous défendre ou pour remplir notre devoir envers nos frères de l’Alsace-Lorraine, nous prendrons notre fusil sans un mot de plainte, sans un instant d’hésitation. Mais nous ne partirons pas d’un cÅ“ur léger parce que, libre-penseur ou chrétien, un Français ne peut pas tuer son prochain, son semblable, avec plaisir ou avec indifférence [72].
Le plus pathétique, en somme, reste cet ultime effort collectif pour donner du sens à un conflit qui en est, à nos yeux, si cruellement dépourvu [73]. C’est ce qui permet de comprendre qu’un homme comme Marius Tortillet (1876-1930), instituteur à Ceyzériat, dans l’Ain, considéré comme le principal animateur du groupe socialiste de Bourg-en-Bresse, représentant de son département au congrès de la salle du Globe en avril 1905, collaborateur régulier de l’École émancipée puis de la Revue de l’enseignement primaire, sous le pseudonyme de M.-T. Laurin, ait pu écrire, dans son « Propos sur la guerre » d’octobre 1914 :
On nous avait bien calomniés, nous les maîtres de l’école d’aujourd’hui. Nos élèves, nos anciens élèves, nos amis, nos camarades de lutte, nous ont vengés, ont vengé notre honneur. Se sont-ils bien comportés, ces républicains, ces laïques, ces socialistes, ces syndicalistes ? Ces hommes du peuple qui ne défendaient ni le sol qu’ils ne possédaient pas, ni le capital qui les opprimait souvent, sont partis combattre pour la défense du droit, de la liberté, de cette grande et belle France qui est éminemment représentative de tout l’idéal humain, de toute la civilisation [74].
Ce n’est certes pas un hasard si la Revue de l’enseignement primaire soumet en 1927 à Raphaël Périé, alors presque octogénaire, la question suivante : « L’Instituteur d’avant-guerre, nationaliste ou pacifiste ? » Pour retrouver l’air du temps, celui-ci commence par relire les premiers numéros de Pages libres – la revue que Charles Guieysse avait lancée en janvier 1901 et qui, dès 1902, comptait six cents instituteurs parmi ses deux mille abonnés [75]. Soucieux de ne pas « généraliser indûment », il souligne une variété à laquelle l’historien ne sera jamais trop attentif : « Leurs tendances intellectuelles et morales peuvent différer d’une province à une autre ainsi que leurs origines et leur éducation professionnelle demeurées locales, contrairement à ce qu’on voit dans l’enseignement secondaire ». Effet de l’âge, idéalisation rétrospective ? Ce portrait de groupe fait contraste avec l’effervescence que nous avons évoquée : « Les instituteurs tiennent de leurs parents, ressemblent à leurs voisins et sont paisibles et modérés comme le reste de la population. » Cela ne signifie pas que Périé se montre insensible à la transmission de ce que nous appellerions une mémoire militante. Bien au contraire, puisqu’après avoir rappelé que les 78 000 membres du Syndicat national – soit les trois quarts du personnel – « ont déclaré la guerre à la guerre », il remonte hardiment de l’effet à ce qu’il croit être la cause :
Ne semble-t-il pas résulter de leur courageuse propagande, en attendant une enquête formelle sur l’enseignement des instituteurs d’avant-guerre, qui les ont formés, que ceux-ci, pris en masse, n’ont pas été des nationalistes honteux ou des pacifistes tièdes [76] ?
De cette enquête formelle, je n’ai guère proposé ici qu’une ébauche. Du moins, si je devais l’approfondir, partirais-je sans hésiter de cette hypothèse équitable.
 
NOTES
 
[1]Jacques Chastenet, Une époque pathétique. La France de M. Fallières, Paris, Fayard, 1949, p. 19 (de même pour les citations suivantes). Je remercie Christophe Pavlidès et l’ensemble du personnel de la bibliothèque de l’INRP pour avoir, une fois de plus, facilité mes recherches.
[2]« Il est des maladies qui sont des guérisons. » Telle est la première phrase de l’introduction de Georges Goyau à son livre L’idée de patrie et l’humanitarisme. Essai d’histoire française, 1866-1901, Paris, Perrin, 1902.
[3]Cf. André Chéradame, La crise française. Faits. Causes. Solutions, Paris, Plon, 1912, p. 271-272.
[4]Voir le compte rendu du livre de George L. Mosse, Fallen soldiers : Reshaping the memory of the World Wars, par Antoine Prost, « The impact of war on French and German political cultures », The Historical Journal, 37, 1, 1994, p. 209-217.
[5]Cf. Claude Digeon, La crise allemande de la pensée française (1870-1914), Paris, Puf, 1959, p. 366-368, et, sur les limites du modèle prussien, Allan Mitchell, Victors and Vanquished : The German Influence on Army and Church in France after 1870, Chapel Hill-Londres, The University of North Carolina Press, 1984, p. 193-201.
[6]Mona Ozouf et Jacques Ozouf, « L’Alsace-Lorraine, mode d’emploi. La question d’Alsace-Lorraine dans le Manuel général, 1871-1914 », in Mona Ozouf, L’école de la France. Essais sur la Révolution, l’utopie et l’enseignement, Paris, Gallimard, 1984, p. 214-230.
[7]Mona Ozouf et Jacques Ozouf, « Le thème du patriotisme dans les manuels primaires », in ibid., p. 185-213.
[8]Daniel Halévy, La République des ducs, Paris, Grasset, 1937, p. 336 sq.
[9]Émile Bocquillon, La crise du patriotisme à l’école, préface de René Goblet, Paris, Vuibert et Nony, 1905, p. 4.
[10]Émile Chauvelon, « Le Monument des trois instituteurs au Salon », Revue de l’enseignement primaire et primaire supérieur (désormais REP), 4 juin 1899, p. 293-295. Voir aussi Laurence Ruimy, Recherches sur la Revue de l’enseignement primaire et primaire supérieur, 1890-1914, mémoire de maîtrise, Université de Paris-Nord, édité aux Cahiers du Centre fédéral de la FEN, 13, 1994, p. 39, et Jean-François Chanet, « La fabrique des héros. Pédagogie républicaine et culte des grands hommes de Sedan à Vichy », Vingtième siècle. Revue d’histoire, 65, janvier-mars 2000, p. 20-21.
[11]Erckmann-Chatrian, Madame Thérèse ou les volontaires de 92 (1863), in Id., Contes et romans nationaux et populaires, VI, Paris, J.-J. Pauvert, 1962, p. 194.
[12]G. Goyau, op. cit., p. 61-63.
[13]Cf. la bibliographie dressée par Bernard Mahieu à la fin du tome XIV de la réédition des Contes et romans nationaux et populaires, Paris, J.-J. Pauvert, 1963, p. 371-382. Cf. aussi Jean-Pierre Rioux, Erckmann et Chatrian ou le trait d’union, Paris, Gallimard, 1989, p. 117, et Jean-François Chanet, « Erckmann-Chatrian dans les revues d’enseignement primaire sous la iiie République », in Erckmann-Chatrian entre imagination, fantaisie et réalisme. Du conte au conte de l’histoire, Actes du colloque de Phalsbourg, 22-24 octobre 1996, réunis et présentés par François Marotin, Clermont-Ferrand-Phalsbourg, Éd. du Musée de Phalsbourg, 1999, p. 329-340.
[14]Georges Grosjean, L’École et la Patrie. La leçon de l’étranger, Paris, Perrin, 1906, p. 24-32.
[15]Louis Pergaud, lettre du 22 juin 1901 à Eugène Chatot, Correspondance 1901-1915, Paris, Mercure de France, 1955, p. 12. Cf. à ce propos Jacqueline Lalouette, « Pour un art démocratique et populaire. Les expériences de trois républicains (Maurice Bouchor, Maurice Pottecher, Francis Casadesus) », in Paul Baquiast (dir.), L’âge d’or des républicains, 1863-1914, Paris, L’Harmattan, 2001, p. 181-207.
[16]Frédéric Passy, L’éducation pacifique (conférence faite à Troyes le 24 juillet 1902 à l’assemblée générale de l’Association des instituteurs et des institutrices publics laïques de l’Aube), Paris, Société française pour l’arbitrage entre nations, 1902, p. 5. Élu à l’Académie des sciences morales et politiques en 1877, Passy avait en 1901 partagé le prix Nobel de la paix avec Henri Dunant. Il est mort en 1912. Son fils Paul, linguiste, directeur adjoint de l’École pratique des hautes études depuis 1894, a été radié de la section des sciences historiques et philologiques en 1913. Il n’y sera réintégré qu’en 1917.
[17]Charles Richet, « Choses de guerre (1870) », Fables et récits pacifiques, préface de Sully Prudhomme, Paris, V. Giard et E. Brière, coll. « Bibliothèque pacifiste internationale », 1904, p. 35-64.
[18]C’est aussi en 1902, il est vrai, mais dans le secret des chancelleries, que Joseph Chamberlain et Paul Cambon font les premiers pas vers l’Entente Cordiale : cf. Eugen Weber, The Nationalist Revival in France, 1905-1914, Berkeley-Los Angeles, University of California Press, 1968, p. 26-27.
[19]G. Goyau, op. cit., p. 361.
[20]Jérôme Grondeux, Écrire et faire l’histoire. La pensée catholique sociale de Georges Goyau jusqu’en 1914, thèse de doctorat, Paris, Université de Paris IV, 1993, t. II, p. 296 sq.
[21]La formule est de Jules Ferry, dans son discours au Congrès pédagogique du 17 avril 1881, cité par Georges Goyau en annexe à L’École d’aujourd’hui, 2e série, Paris, Perrin, 1906, p. 238-240.
[22]Célestin Bouglé, « La crise du patriotisme », Vie spirituelle et action sociale, Paris, É. Cornély, 1902, p. 71-94.
[23]Jean-Paul Martin, La Ligue de l’enseignement et la République des origines à 1914, thèse pour le doctorat de l’IEP, Paris, IEP, 1992, t. II, p. 509.
[24]Émile Chauvelon, « Le poète Maurice Bouchor et la question d’Alsace », REP, 20 juillet 1902, p. 501-503. Le Chant de l’Alsace a paru dans la Petite République du 10 juillet.
[25]Cf. les précisions données in É. Bocquillon, op. cit., p. 67-81, et in G. Goyau, L’École d’aujourd’hui, op. cit., p. 147-154.
[26]Cf. É. Bocquillon, op. cit., p. 115-121. 10 des 33 signataires provinciaux viennent du Pas-de-Calais. Sur la pauvreté des moyens d’expression de ce courant, cf. J.-P. Martin, op. cit., p. 513, n. 86.
[27]Cité par J.-P. Martin, op. cit., p. 539. Cf. aussi le témoignage d’Henri Hauser sur le congrès d’Amiens dans sa brochure La patrie, la guerre et la paix à l’école, Paris, E. Cornély, 1905.
[28]J.-P. Martin, op. cit., p. 540. Cf. aussi Mona Ozouf, L’École, l’Église et la République, 1871-1914, Paris, A. Colin, 1963, p. 222-223.
[29]Lucien Émery, « Les instituteurs », l’Assiette au beurre, 116, 20 juin 1903.
[30]Le roman d’Antonin Lavergne, écrit dès 1894, a été publié par Péguy dans les Cahiers de la Quinzaine, 12e cahier, 2e série, 11 juin 1901.
[31]Cf. Ferdinand Buisson, « Questions à régler en 1903 », Manuel général de l’instruction primaire, 3 janvier 1903, p. 1-2, et la réponse ultérieure de Georges Goyau, « Le péril primaire », Revue des deux mondes, 1er janvier 1906, p. 175-200, reprise in L’École d’aujourd’hui, op. cit.
[32]Cf., à propos du rôle de cette école tel que l’a décrit Eugen Weber dans La fin des terroirs. La modernisation de la France rurale, 1870-1914, Paris, Fayard, 1983, les commentaires de Pierre Barral, « Depuis quand les paysans se sentent-ils français ? », Ruralia, 3, 1998, p. 15-17, et d’Antoine Prost, « La contribution de l’école primaire républicaine à l’identité française », in H.-G. Haupt, M.G. Müller et S. Woolf (dir.), Regional and National Identities in Europe in the xixth and xxth Centuries, Kluwer Law International, 1998, p. 259.
[33]J.-P. Martin, op. cit., p. 518.
[34]Cf. notamment le Rapport sur l’organisation et la situation de l’enseignement primaire public en France, présenté au ministre par l’inspection générale de l’enseignement primaire, Paris, Impr. nationale, 1900, p. 443- 444.
[35]G. Goyau, L’École d’aujourd’hui, op. cit., p. 27-30 et, pour l’article d’Aulard reproduit en annexe, p. 234-237.
[36]Cf. Jean-François Chanet, L’école républicaine et les petites patries. Enseignement primaire et sentiment d’appartenance en France sous la iiie République (1879-1940), thèse de doctorat, Paris, Université de Paris I, 1994, t. I, p. 141-143.
[37]« Enquête sur les conditions de vie des instituteurs », Manuel général de l’instruction primaire, 26 avril 1902, p. 269. Italiques dans le texte.
[38]Cette remarque vaut pour les institutrices et plus encore pour les couples d’instituteurs. Les difficultés créées à Gabrielle Bouët par sa directrice de Longué ne sont évidemment pas étrangères aux initiatives de Louis Bouët en matière d’organisation syndicale : cf. L. Bouët, Trente ans de combat syndicaliste et pacifiste, Blainville-sur-Mer, L’Amitié par le livre, s.d., p. 68.
[39]Cf. Jacques Girault, Instituteurs, professeurs, une culture syndicale dans la société française (fin xixe-xxe siècle), Paris, Publications de la Sorbonne, 1996, p. 123.
[40]Cf. Gilles Heuré, Gustave Hervé. Itinéraire d’un provocateur, Paris, La Découverte, 1997, p. 62-68.
[41]Christophe Prochasson, « Jaurès et les revues », in Madeleine Rebérioux et Gilles Candar (dir.), Jaurès et les intellectuels, Paris, Éd. de l’Atelier, 1994, p. 128-129. J.-P. Martin souligne que ce « changement d’équipe – qui n’a guère été justifié dans la Revue – a visiblement un rapport étroit avec le discrédit de l’hervéisme » (op. cit., p. 545).
[42]Cf. G. Goyau, L’École d’aujourd’hui, op. cit., p. 141.
[43]É. Bocquillon, op. cit., p. 280-285.
[44]En souvenir de la peur des « trente sept mille socialistes et communistes » que Thiers avait exprimée en 1849 devant la commission chargée de préparer la loi Falloux.
[45]AN F7 12844, dossier 411.
[46]Albert Thibaudet, Les idées politiques de la France, Paris, Stock, 1932, p. 23.
[47]Marcel Sembat, Faites un roi sinon faites la paix, Paris, Eugène Figuière, 11e éd., 1913, p. XI-XII.
[48]Eugen Weber, « Le renouveau nationaliste en France et le glissement vers la droite (1905-1914) », in Id., Ma France. Mythes, culture, politique, Paris, Fayard, 1991, p. 255-269. Cf. aussi Id., « Some Comments on the Nature of the Nationalist Revival in France before 1914 », International Review of Social History, III, 1958, p. 220-238.
[49]Maurice Barrès a qualifié les instituteurs publics d’« Aliborons de l’Université » dans des articles du Gaulois, 7 et 22 mars 1907. Cf. Jean Touchard, « Le nationalisme de Barrès », in Maurice Barrès, Actes du colloque de Nancy, 22-25 octobre 1962, Nancy, Annales de l’Est, 1963, p. 166.
[50]J.-P. Martin, op. cit., p. 545.
[51]Ibid., p. 544-550 et 760-767.
[52]Cf. le texte de son interpellation dans G. Grosjean, L’École et la Patrie, op. cit., p. 119-145.
[53]Circulaire aux recteurs, du 18 mars 1907, relative aux exercices de tir dans les écoles normales, Bulletin administratif du ministère de l’Instruction publique (désormais BA), n° 1767, p. 437-439 ; circulaire aux préfets, du 26 avril, relative à l’organisation pratique de l’enseignement du tir dans les écoles primaires élémentaires, BA, n° 1774, p. 679-685 ; circulaire aux préfets, du 30 octobre 1907, relative à l’organisation dans les écoles primaires publiques des sociétés scolaires de tir, BA, n° 1801, p. 714.
[54]Circulaire aux inspecteurs d’académie, du 25 février 1910, relative à la préparation militaire dans les établissements publics d’enseignement, BA, n° 1918, p. 285-286.
[55]Philippe Marchand, « Les petits soldats de demain. Les bataillons scolaires dans le département du Nord, 1882-1892 », Revue du Nord, LXVII, 266, juillet-septembre 1985, p. 769-803.
[56]André Delmas, Mémoires d’un instituteur syndicaliste, préface de Georges Lefranc, Paris, Albatros, 1979, p. 25.
[57]BA, n° 1069, p. 125.
[58]Jean-Louis Gay-Lescot, « Les sociétés scolaires et post-scolaires de tir dans le département de l’Ille-et-Vilaine (1907-1914) », in Pierre Arnaud (dir.), Les athlètes de la République. Gymnastique, sport et idéologie républicaine, 1870-1914, Toulouse, Privat, 1987, rééd. Paris, L’Harmattan, 1997, p. 126-139.
[59]AN F7 12811.
[60]Anatole France, La révolte des anges (1913), Œuvres complètes illustrées, Paris, Calmann-Lévy, t. XXII, 1930, p. 57.
[61]Cf. Jean Jaurès, « Éducation post-scolaire », REP, 30 septembre 1906, p. 1-2.
[62]Yves Déloye, École et citoyenneté. L’individualisme républicain de Jules Ferry à Vichy. Controverses, Paris, Presses de la FNSP, 1994, p. 116 et 234.
[63]Jules Payot, La morale à l’école. Livre de l’élève, cours moyen et supérieur, Paris, Armand Colin, 1907, p. 220-229.
[64]Cf. Maurice Barrès, Mes cahiers, 1896-1923, Guy Dupré (ed.), Paris, Plon, 1963, p. 509-521.
[65]BA, n° 1707, p. 22-23.
[66]G. Goyau, L’École d’aujourd’hui, op. cit., p. 106.
[67]Jules Romains, Les hommes de bonne volonté, I, Le 6 octobre (1932), Paris, Flammarion, 1958, p. 30-32.
[68]« Œuvre destinée à venir en aide moralement et pécuniairement aux syndicalistes soldats, tout en gardant la liaison avec eux » (L. Bouët, op. cit., p. 150. Pour la remarque de Laval et le commentaire de Bouët, voir p. 174).
[69]Cité par G. Heuré, op. cit., p. 203.
[70]Alain, Les propos d’un Normand de 1911, Jean-Marie Allaire, Robert Bourgne et Pierre Zachary (eds.), Paris, Institut Alain, 1997, p. 448 et n. p. 622.
[71]BA, n° 1531, 9 août 1902, p. 396.
[72]Raphaël Périé, L’École du citoyen. Histoire et morale à l’usage des cours d’adultes. Leçons – Plans de leçons – Morceaux à lire, Paris, Librairie Gédalge, s.d., 4e éd. 1913, p. 303.
[73]Jean-Jacques Becker ouvre sur ce constat sa thèse classique : 1914. Comment les Français sont entrés dans la guerre. Contribution à l’étude de l’opinion publique, printemps-été 1914, Paris, Presses de la FNSP, 1977, p. 9.
[74]M.-T. Laurin, « Propos sur la guerre », REP, 11 octobre 1914, p. 14-15.
[75]Thierry Flammant, L’École émancipée. Une contre-culture de la Belle Époque, Treignac, Les Monédières, 1982, p. 46.
[76]REP, 23 octobre 1927, p. 45-46.
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Cité par J.-P. Martin, op. cit., p. 539. Cf. aussi le témoi...
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[37]
« Enquête sur les conditions de vie des instituteurs », Man...
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[38]
Cette remarque vaut pour les institutrices et plus encore p...
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[39]
Cf. Jacques Girault, Instituteurs, professeurs, une culture...
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[40]
Cf. Gilles Heuré, Gustave Hervé. Itinéraire d’un provocateu...
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[41]
Christophe Prochasson, « Jaurès et les revues », in Madelei...
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[42]
Cf. G. Goyau, L’École d’aujourd’hui, op. cit., p. 141. Suite de la note...
[43]
É. Bocquillon, op. cit., p. 280-285. Suite de la note...
[44]
En souvenir de la peur des « trente sept mille socialistes ...
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[45]
AN F7 12844, dossier 411. Suite de la note...
[46]
Albert Thibaudet, Les idées politiques de la France, Paris,...
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[47]
Marcel Sembat, Faites un roi sinon faites la paix, Paris, E...
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[48]
Eugen Weber, « Le renouveau nationaliste en France et le gl...
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[49]
Maurice Barrès a qualifié les instituteurs publics d’« Alib...
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[50]
J.-P. Martin, op. cit., p. 545. Suite de la note...
[51]
Ibid., p. 544-550 et 760-767. Suite de la note...
[52]
Cf. le texte de son interpellation dans G. Grosjean, L’Écol...
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[53]
Circulaire aux recteurs, du 18 mars 1907, relative aux exer...
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[54]
Circulaire aux inspecteurs d’académie, du 25 février 1910, ...
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[55]
Philippe Marchand, « Les petits soldats de demain. Les bata...
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[56]
André Delmas, Mémoires d’un instituteur syndicaliste, préfa...
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[57]
BA, n° 1069, p. 125. Suite de la note...
[58]
Jean-Louis Gay-Lescot, « Les sociétés scolaires et post-sco...
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[59]
AN F7 12811. Suite de la note...
[60]
Anatole France, La révolte des anges (1913), Œuvres complèt...
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[61]
Cf. Jean Jaurès, « Éducation post-scolaire », REP, 30 septe...
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[62]
Yves Déloye, École et citoyenneté. L’individualisme républi...
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[63]
Jules Payot, La morale à l’école. Livre de l’élève, cours m...
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[64]
Cf. Maurice Barrès, Mes cahiers, 1896-1923, Guy Dupré (ed.)...
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[65]
BA, n° 1707, p. 22-23. Suite de la note...
[66]
G. Goyau, L’École d’aujourd’hui, op. cit., p. 106. Suite de la note...
[67]
Jules Romains, Les hommes de bonne volonté, I, Le 6 octobre...
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[68]
« Œuvre destinée à venir en aide moralement et pécuniaireme...
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[69]
Cité par G. Heuré, op. cit., p. 203. Suite de la note...
[70]
Alain, Les propos d’un Normand de 1911, Jean-Marie Allaire,...
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[71]
BA, n° 1531, 9 août 1902, p. 396. Suite de la note...
[72]
Raphaël Périé, L’École du citoyen. Histoire et morale à l’u...
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[73]
Jean-Jacques Becker ouvre sur ce constat sa thèse classique...
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