2007
Mil neuf cent
Comment on se dispute
Du bon usage de la dispute
Introduction
Christophe Prochasson
Anne Rasmussen
Dans l’inventaire des pratiques qui gouvernent la vie intellectuelle, la controverse occupe une place de mieux en mieux documentée. Son étude, que l’histoire sociale des sciences a pratiquée avec profit dans les vingt dernières années, a permis de dépasser une historiographie généalogiste et déterministe. Elle met en évidence la variété des facteurs sociaux et des éléments contingents, « de circonstance », qui interviennent avant la clôture d’un débat scientifique ; ni la logique interne, ni le développement autonome des savoirs ne suffisent à rendre compte des connaissances finalement constituées. L’analyse de controverses met au jour les échafaudages qui préexistent à la formulation des énoncés, questionne l’illusion rétrospective de leur nécessité, insiste sur les processus, les aléas, le travail, les interactions sociales et les intérêts en jeu dans la production des sciences, en dégage, s’il y a lieu, les perturbations politiques. Puisant dans les ressources d’une sociologie, et même d’une anthropologie, qui s’intéressent aux mêmes objets, elle a nourri un renouvellement historiographique – à la manière de la microstoria en son temps – et s’est vu dotée d’une puissante charge critique contre les visions scientistes dominantes dans toutes les disciplines de son ressort. D’où l’intérêt qu’elle suscite aujourd’hui au sein de l’histoire intellectuelle, à la recherche de nouveaux outils dans tous les univers – philosophie, religion, politique, art, littérature, etc. – destinés à la production de savoirs ou de valeurs, où la disqualification de la vieille histoire des idées a parfois laissé des territoires en jachère.
Que la controverse ne soit pas considérée comme l’accident majeur, qui semblerait soudain mettre fin au déploiement sans accroc du vrai, du beau ou du juste : l’histoire des sciences n’a pas été la première à insister sur ce point. C’est même un topos ancien de l’histoire intellectuelle que d’avoir de longue date envisagé le désaccord comme un état consubstantiel à la production du savoir, et le débat conflictuel comme le meilleur accoucheur de la vérité : la controverse constituait dans cette perspective l’outil heuristique le plus utile au processus de constitution des connaissances. Sans en revenir à la forme dialogique chère à la philosophie grecque, il n’est que de penser à l’idéal d’émergence de la raison à la faveur de la confrontation des idées, sanctionnant le triomphe du vrai et la défaite des chimères. Ainsi le chanoine Irailh, auteur en 1761 de la première histoire des querelles littéraires jalonnant la République des lettres, et dont il est question dans ce dossier, soulignait combien ces disputes entre littérateurs sont le meilleur vecteur de l’avancement de l’esprit humain. Elles donnent matière à enseignement, et en faire l’histoire consiste aussi à faire l’histoire de la vérité en marche :
Et qui doute qu’elles [les querelles littéraires] ne servent souvent à faire découvrir la vérité ; qu’il ne résulte de grandes lumières du choc des sentiments sur le même sujet ; que les efforts de chaque écrivain, pour défendre son opinion et pour combattre celle de son adversaire, les raisonnements, les preuves, les autorités, l’art, employés de part et d’autre, ne répandent un plus grand jour sur les matières. Ajoutons que les objets ne s’arrangent et ne se gravent jamais mieux dans l’esprit, que lorsqu’ils ont été vivement discutés [1].
La controverse – avec, comme la décrit Irailh, ses ressources argumentaires et rhétoriques, ses systèmes de preuve, son expression des intérêts et des hiérarchies – est ici un efficace levier permettant le surgissement laborieux de la raison, fruit d’un travail dialectique issu de l’affrontement des arguments, d’où advient la solution. Si la théologie en fit grand usage – au point qu’au
xviie siècle, le terme « controverse » se spécialisa pour désigner tout débat sur les points litigieux de la doctrine
[2] –, la forme controverse était néanmoins mieux adaptée à l’expression de l’esprit critique qu’à l’enseignement du dogme ou des vérités révélées : la controverse ne souffre guère les certitudes ni les édifices intellectuels définitivement clos et stabilisés. Ainsi Paul Veyne, s’interrogeant sur le rapport à la vérité dans les récits de mythe, de fiction ou d’histoire, mit en exergue ce récit du père Huc, missionnaire lazariste parti de France au milieu du
xixe siècle pour évangéliser les Tibétains :
Nous avions adopté un mode d’enseignement tout à fait historique, ayant soin d’en bannir tout ce qui pouvait ressentir la dispute et l’esprit de contention. Nous donnions à nos auditeurs un exposé simple et concis de la religion, leur laissant ensuite le soin de tirer eux-mêmes des conclusions contre le bouddhisme. Des noms propres et des dates bien précises leur faisaient beaucoup plus d’impression que les raisonnements les plus logiques. Quand ils savaient bien les noms de Jésus, de Jérusalem, de Ponce-Pilate, la date de quatre mille ans après la création du monde, et les noms des douze Apôtres, ils ne doutaient plus du mystère de la Rédemption et de la prédication de l’Évangile. […] D’après tout ce que nous avons vu dans nos longs voyages, nous sommes persuadés que c’est par voie d’enseignement, et non par la méthode de controverse, qu’on peut travailler efficacement à la conversion des Infidèles. La polémique peut réduire un adversaire au silence, l’humilier souvent, l’irriter quelquefois, mais le convertir, jamais [3].
Ce récit attire l’attention sur une autre ressource de l’usage de la dispute, dont ce dossier se fait aussi un large écho : sa fonction socialisatrice, dans sa double dimension d’intégration de ceux qui y participent et de régulation des conflits. Ici, le père Huc écarte la controverse parce qu’il la juge impropre à la propagation de la foi – objet d’enseignement et non de dispute –, mais également parce qu’elle est pourvoyeuse d’antagonisme, en contradiction avec la vocation pacificatrice qu’il entend assigner à son sacerdoce. Et, à son exemple, l’introduction du conflit dans la vie des idées n’a de fait pas toujours rallié tous les suffrages. Ainsi, en 1522, Érasme, le père des intellectuels, affichait en ces termes le peu de goût qu’il avait pour la controverse : « Je tiens tellement à la concorde que si une dispute devait avoir lieu, je crois que je renoncerais à une partie de la vérité plutôt que de compromettre la paix
[4]. » Renoncer à la vérité par hantise du conflit, voilà bien ce qu’un intellectuel du
xxe siècle aurait eu quelque mal à comprendre. Pour ce dernier, au contraire, la dispute, entre égaux, est presque constitutive de la mission qui lui a été confiée. Le travail intellectuel n’est pas envisageable sans échange et donc sans heurt. À l’inverse d’Érasme, le philosophe catholique Maurice Blondel pensait que les affrontements étaient la condition même de l’établissement de la paix puisqu’ils permettaient aux uns et aux autres de rendre visibles leurs désaccords et de dissiper ainsi malentendus, incompréhensions, paralogismes :
Les débats scientifiques ont le salutaire effet de changer les ennemis qui se méconnaissent en adversaires qui se comprennent et se tolèrent, qui s’estiment et qui s’aiment, parce que toute discussion digne de ce nom transforme les passions aveugles en idées qui, s’éclairant peu à peu, s’accordent en dépit d’oppositions reconnues [5].
L’histoire des sciences et des savoirs donne plutôt raison à Blondel et promeut une vision socialisatrice du conflit, telle que l’a défendue Simmel. Les controverses ont été un moteur puissant de la vie des idées, même si les perspectives iréniques de Blondel pourraient être nuancées d’expériences aux résultants moins probants. La controverse n’est pas toujours l’instrument de régulation rêvé par les philosophes rationalistes de la
Revue de métaphysique et de morale qui espéraient y trouver un espace de « discussion réglée ». L’un de leurs historiens écrit à leur propos : « L’enjeu des débats est plutôt la rationalisation des différences, la dissolution des faux problèmes, la perception plus réfléchie, de la part des différents protagonistes, des éléments d’opposition
[6]. » La transparence y triomphant, les désaccords pourraient s’y afficher dans leur supposée pureté et y être, sinon surmontés, pour le moins assumés avec honnêteté.
Ces utopies rationalistes se sont vues contrarier par des réalités matérielles, intellectuelles et psychologiques qui limitent souvent les bienfaits escomptés de la « discussion réglée ». D’abord parce que les règles ne sont pas toujours les mêmes dans chacun des camps qui s’affrontent. Par qui d’ailleurs seraient-elles établies ? Nul arbitre intellectuel ne dispose d’une autorité suffisante pour s’imposer à chacun. Quant à la raison qui seule devrait orchestrer le déroulement de la discussion, autant qu’en être issue, ses préceptes sont parfois l’objet de débat… Il arrive que l’adversaire, ou une partie de ses arguments, soit récusé, au nom d’une bienséance ou d’une qualité intellectuelle, l’une et l’autre établies sous l’empire arbitraire de coordonnées propres à l’une des parties seulement. Ensuite, il convient de prendre en compte la dimension fondamentalement discursive des controverses, objets de langage et de rhétorique à visée argumentative qui tendent à persuader, convaincre, démontrer, provoquer l’adhésion, affirmer l’autorité, créer un sentiment d’évidence, établir des relations avec des interlocuteurs. La question de l’efficacité de discours qui président à l’action, et des moyens déployés à cette fin, est ici essentielle
[7].
La controverse, où viennent se cristalliser plusieurs niveaux de rivalité et de discordance, n’institue donc pas le meilleur des mondes intellectuels. L’idéal de transparence que les Lumières lui fixaient ne s’y accomplit pas toujours. Il n’est que de suivre en parallèle, quand les sources le permettent, les discussions qui s’affichent dans les colonnes d’une revue et les commentaires qu’elles inspirent dans les correspondances où les adversaires s’expriment plus librement, pour comprendre que la publicisation de la dispute – étape pourtant indispensable à la transformation du simple différend privé en authentique controverse – ajoute une dimension qui en complexifie les règles. Au bas mot, elle devient alors un spectacle intellectuel, nécessitant mise en scène, acteurs et décors, mais dont les coulisses échappent aux spectateurs et parfois même aux adversaires eux-mêmes. La publicisation de la controverse peut atteindre un degré d’intensité supplémentaire, quand le public devient lui-même l’un des protagonistes de l’affaire, qu’il soit simple témoin, juge ou bien partie. L’essor actuel des controverses socio-techniques sous la forme des « affaires » montre à la fois l’extension des mondes sociaux désormais touchés par la discussion publique et la pluralité des intérêts qui s’y défendent. A contrario, face à ces arènes publiques de la controverse, l’espace privé des échanges épistolaires se présente sous le jour de l’espace de l’aveu, celui où se formulent d’autres griefs, d’autres désaccords, mais aussi où se nuancent les conflits, où se murmurent des ralliements qui seraient indicibles dans l’espace public dessiné par l’imprimé. La controverse émergée, celle qui se donne à voir immédiatement, n’exprime pas les mêmes désaccords que ceux qui ressortissent de l’échange privé.
À l’encontre, une nouvelle fois, de l’utopie rationaliste, bien loin de dissiper les faux-semblants, la controverse peut les accuser. Plus la discussion est vive, plus elle engendre la stylisation des points de vue et renonce à s’embarrasser de nuances. Il est bien rare que l’échange n’atteigne pas, à un moment ou à un autre, l’étape ultime de sa politisation, stade auquel les positions se figent. À ce moment précis, la controverse a définitivement quitté l’ordre de la recherche rationnelle de la vérité. « L’insincérité philosophique », aurait dit Léon Brunschvicg, menace. Les idées ne sont plus premières, mais asservies aux logiques qu’impose un rapport de forces où s’affrontent des volontés de domination. Il serait cependant illusoire de tenter de démêler l’écheveau intriqué formé des unes et des autres.
Ces propriétés générales, que l’on pourra compléter de bien d’autres, s’appliquent différemment, selon les domaines et les questions engagées. Il n’en va pas de même dans les différents territoires de la connaissance. La philosophie, qui n’est pas en quête d’un savoir positif, n’engendre pas des disputes de même type que celles qui agitent les sciences physiques ou celles de la nature. Il convient aussi d’apprécier la plus ou moins grande perméabilité des discussions aux enjeux extérieurs à elles-mêmes. Cette perméabilité est évidemment totale dans le cas des controverses ayant trait à des questions d’ordre politique, même lorsque celles-ci comportent une forte dimension doctrinale ou historique
[8]. Elle est aussi très grande dans le cas de certains débats historiographiques à forte teneur émotionnelle. Jean-Michel Chaumont l’évoque à propos de la querelle des historiens allemands sur l’unicité du régime nazi et la singularité de l’extermination des Juifs. Dans ce cas extrême, le fond de la polémique est surdéterminé par des enjeux politiques qui viennent brouiller le déroulé de la controverse. Celle-ci a perdu toute autonomie. La qualité intellectuelle des arguments des uns et des autres n’a plus d’importance : « Dans ces conditions, et même si les arguments purement historiques restaient aussi pauvres qu’à l’habitude chez les partisans de l’unicité, il fallait être à leurs côtés au temps de cette polémique. Il s’agissait typiquement d’un conflit où les positions devaient être évaluées en fonction du contexte et des enjeux latents et non des discours explicites des acteurs
[9] ».
Ces remarques générales entraînent des considérations de méthode qu’on a proposées aux auteurs des textes qui suivent. Jean-Louis Fabiani en avait déjà fait état naguère pour ce qui concernait l’étude des controverses philosophiques dans la vie universitaire de la IIIe République. Aux fins de les rendre intelligibles, il suggérait de saisir plusieurs configurations :
Le dispositif que constitue le système des disciplines littéraires (au sein duquel la philosophie occupe traditionnellement une position éminente, mais qui fait l’objet, au début de la période, de concurrences diverses, en particulier celle de l’histoire) ; l’organisation générale du système d’enseignement (caractérisé par la division en facultés à la légitimité sociale différentielle) ; et la nature des relations qui se nouent entre les universitaires et le reste de l’univers intellectuel. Lorsqu’on ne prend en compte qu’une seule de ces scènes, on hypostasie des différends qui se sont fait jour dans la singularité d’un débat ou d’une polémique : on en fait le support d’un système d’oppositions destiné à jouer en tant que tel le rôle d’un principe d’intelligibilité permanent du monde social qui permet d’expliciter de manière équivoque toutes les oppositions [10].
Nous avons repris les grandes lignes de ce programme, en les enrichissant de quelques questions pratiques, autour de quatre axes de réflexion : l’entrée en controverse (la mécanique intellectuelle de déclenchement, ses aspects génétiques), son mode de résolution (les processus de négociation à l’Å“uvre, l’élaboration de l’accord, les lignes de fracture mises en évidence), la qualification des acteurs (statuts, mobiles, tactiques, discours, civilités), les lieux et supports de la controverse, dans les différents cercles où elle se déploie. Le dossier qui en résulte est composé de deux parties distinctes. La première discute des enjeux et de la portée générale de la forme controverse dans le processus de la vie intellectuelle. On tente de l’appréhender dans le temps, en restituant une préhistoire de la controverse saisie dans les figures du désaccord ou de la querelle à l’époque moderne, et dans la variété de l’espace intellectuel : science studies, philosophie et sciences sociales en constituent ici des champs d’intervention privilégiés. La seconde partie de ce dossier s’efforce quant à elle de « penser par cas », suivant en cela le programme de recherche venu des études sociales des sciences, qui appliquait à l’analyse de controverses une échelle d’intervention très fine adaptée à l’intelligibilité de chaque affaire. Changeant à nouveau d’échelle d’observation, un article conclusif de Cyril Lemieux boucle le dossier en tirant les fils des propos précédents et en les mettant en perspective.
L’ensemble des réflexions et des résultats qui suit s’inscrit dans le vaste programme engagé par Mil neuf cent depuis plusieurs années déjà, visant à radiographier les mécanismes qui président à la production intellectuelle et savante. Après l’étude des revues, des congrès, des correspondances et de l’enquête, celle des controverses met à son tour en valeur l’historicité de ces pratiques, porteuses de dynamiques culturelles. Au-delà toutefois des bornes de la seule histoire, c’est aussi en mobilisant des sciences sociales plurielles que la « forme controverse » s’est révélée ici, on l’espère, dans toute son épaisseur, à la fois outil et objet des processus de connaissance.
[1]
Simon-Augustin Irailh,
Querelles littéraires, Paris, Durand, 1761, t. I, « Avant-propos », p. VI-VII, cité par Dinah Ribard,
Raconter, vivre, penser. Histoire de philosophes, 1650-1766, Paris, Vrin, 2003, p. 314. Voir les commentaires qu’en fait D. Ribard, et aussi à ce propos l’article d’Antoine Lilti dans ce numéro.
[2]
« Controverse »,
Dictionnaire historique de la langue française, Paris, Le Robert, 1992, t. I, p. 490.
[3]
Évariste-Régis Huc,
Le christianisme en Chine, en Tartarie et au Thibet, Paris, Gaume frères et J. Duprey, 1858, t. IV, p. 386-387. Voir Paul Veyne,
Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, Paris, Le Seuil, 1983, p. 35.
[4]
Cité par Siegfried Kracauer,
L’histoire. Des avant-dernières choses, éd. fr., Paris, Stock, 2006, p. 66.
[5]
Revue de métaphysique et de morale, 1894, supplément du mois de janvier, p. 5, cité par Stéphan Soulié,
La philosophie en République.
La Revue de métaphysique et de morale
et la Société française de philosophie (1891-1914), thèse d’histoire, Paris, Université de Paris I, 2006, p. 573.
[6]
S. Soulié,
ibid., p. 22.
[7]
Voir l’ouvrage fondateur de Chaim Perelman, Olga Olbrechts Tyteca,
Traité de l’argumentation. La rhétorique dans le discours, Bruxelles, Éd. de l’Université de Bruxelles, 1
re éd., 1958, et la très utile synthèse de Ruth Amossy,
L’argumentation dans le discours, Paris, Armand Colin, 2
e éd., 2006.
[8]
Par exemple, le cas célèbre de la controverse ayant opposé à la veille de la Première Guerre mondiale Jean Jaurès et Charles Andler, où s’opposent un homme politique proche des intellectuels et un intellectuel proche des hommes politiques. La controverse mobilise alors deux répertoires, en principe incompatibles : le politique et le scientifique (cf. Christophe Prochasson, « L’affaire Andler/Jaurès. Une analyse de controverse »,
Jean Jaurès. Cahiers trimestriels, 145, juillet-septembre 1997, p. 45-62).
[9]
Jean-Michel Chaumont,
La concurrence des victimes. Génocide, identité, reconnaissance, Paris, La Découverte, 1997 (rééd. Poche, 2002, p. 185).
[10]
Jean-Louis Fabiani, « Controverses scientifiques, controverses philosophiques. Figures, positions, trajets »,
Enquête, 5, 1997, p. 11.