Mil neuf cent
Société d’études soréliennes

I.S.B.N.sans
196 pages

p. 11 à 30
doi: en cours

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Dossier

n° 26 2008/1

Vers un nouveau partenariat avec le public

La critique des salons de peinture entre malaise et lucidité (1880-1914)

Nelly Archondoulis-Jaccard
Les discours critiques des Salons parisiens de la fin du xixe siècle ne sont pas que des discours sur l’art. Ils sont aussi des discours qui renvoient à l’image du social, du culturel, voire de l’individu. Car le public qui fréquente les Salons oblige les critiques à se situer dans des perspectives sociales nouvelles. Leur discours dressent un tableau du public fait d’ombres et de lumières : ignorance et naïveté, vertu et carcan bourgeois, bon-sens et matérialisme, morale et banalité, curiosité et facilité. Telles sont les qualités et les faiblesses dont les critiques doivent corriger les outrances. À la fois critiques et bourgeois, ils sont des porte-parole d’une double sensibilité. De leur milieu, ils expriment des données fondamentales profondes, communes à la grande majorité des visiteurs des Salons. Par leur fonction, ils dénoncent l’ignorance dans le domaine artistique tandis que par leurs propos critiques ils permettent de saisir les réactions du public. La critique d’art apparaît au final comme une forme d’expression, par écrit, d’une sensibilité sociale devant la chose représentée. The critical discourses of Parisian salons at the end of the 19th century were more than just commentaries on art. They also reflected the society, culture and even the individuals of the time. The public frequenting the salons obliged critics to adopt new social perspectives. The portait of the public that emerged in critical discourses was ambivalent, combining ignorance and naiveity, virtue and bourgeois prudishness, common sense and materialismn, morality and banality, curiosity and laziness. Critics had to address the excesses of these qualities and weaknesses. At once critics and bourgeois, they represented a double sensibility. Through their social origins, they expressed the fundamental values common to the majority of visitors to the salons. Through their function, they condemned the public’s ignorance of art while at the same time capturing the latter’s reactions. In the end, the critical discourses gave written expression to a social sensibility before a work of art.
• Les apparents « malaises » de la critique
• La fin des règles et des écoles
• La mode, source d’insécurité et de perte du goût
• Les effets de la démocratie
• Une critique en mutation, à la recherche de sa raison d’être
• L’acceptation des nouveautés
• Un nouveau partenaire : le public
• Nouvelles nécessités et nouveau rôle de la critique : formation et éducation


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