Vers un système financier de type
mixte dans l’UEMOA ?
Bernard Haudeville
Codjo Dado
Les systèmes financiers formels sont restés cantonnés
au financement de l’Etat, des grandes entreprises et
du commerce d’import-export en Afrique de l’Ouest.
Ils ont, de plus, connu des difficultés financières et des
liquidations nombreuses. Dans le même temps, des
s y s t è m e s d e t y p e m u t u a l i s t e o n t c o n n u u n
développement rapide. On pouvait donc entrevoir la
création de systèmes financiers d’un type nouveau
dans lesquels les banques financeraient les grandes
entreprises, les réseaux mutualistes serviraient les
ménages et les PME, tandis qu’à la base subsisteraient
les tontines et les banquiers ambulants. Ce schéma
semble aujourd’hui remis en cause. En effet, on
constate une crise de croissance générale des
institutions mutualistes qui tendent à perdre de leur
efficacité lorsqu’elles dépassent une certaine taille.
Deux institutions emblématiques, Kafo Jiginew au
Mali et la FECECAM au Bénin, servent à illustrer ces
problèmes.
Since Independence, formal banking institutions in
West Africa have been unable to reach the majority of
micro and small entrepreneurs, as well as the
household sector. In addition, many of them have
suffered financial troubles or failed. At the same time,
cooperative savings and credit networks have
emerged and developed at a rapid pace. The
implementation of a new kind of financial structure
with the banking sector serving the big enterprises
and the mutual networks serving the micro and small
businesses, resulting in a better use of domestic
saving, could therefore be expected. Unfortunately,
the cooperative networks are experiencing increasing
difficulties as they increase in size and this scheme is
now put into question. Two well-known institutions,
Kafo Jiginew in Mali and FECECAM in Benin are
analysed to understand the problem.