2003
Monde en développement
Dynamique et comportements stratégiques sur le marché international du phosphate
D. A. anani mensah
[(*)]
L'étude s'articule autour des effets qu'exercent les variables de production, de
demande et de variation de stock sur la détermination des cours du phosphate
brut ; ces variables sont caractérisées par des rigidités, qui proviennent en partie
de comportements stratégiques des principaux acteurs. L'entente, le conflit et
la prédation constituent les principales stratégies adoptées par les acteurs,
notamment l'OCP (Maroc) et Phosrock (USA) de 1960 à 2000. Ces
comportements sont analysés par les modèles du dilemme du prisonnier, de la
politique du prix-limite ou de la prédation. Il s'instaure entre les deux acteurs
dominants du marché un jeu en deux étapes conforme au modèle de Kreps-Scheinkman qui synthétise les modèles d'oligopole de Cournot et de
Bertrand. Par ailleurs, la spécification d'un modèle de correction d'erreur révèle
l'impact de moyen terme de la variation de stock et du cours des engrais
phosphatés sur le cours du phosphate brut. L'analyse prospective conduit à
appréhender une évolution future des cours en raison de l'exploitation des
réserves potentielles et des gisements de faible teneur en phosphore pour
satisfaire la croissance de la demande consécutive à l'augmentation de la
population mondiale.Mots-clés :
Phosphate, cours, dynamique, jeux, stratégies.
The paper studies the dynamic of world phosphate rock prices in relation with
market demand and supply balances. The analysis develops the global
mechanisms of successive development of market demand and supply balances
that are sustained by the strategies of main phosphate rock producers.
Cooperation, non-cooperation and predation are the main strategies of the two
dominant players, namely OCP (Morocco) and Phosrock (USA) during the
period 1960-2000. These strategies are analyzed by 'prisoner dilemma' and 'limit
pricing' models. We consider a two-steps game within a duopoly according to
Kreps-Scheinkman framework with Cournot and Bertrand duopoly hypothesis.
The empirical results reveal the influence of stockpiles fluctuations and
phosphate fertilizer price on the world phosphate rock prices.Keywords :
intersectoral relations, multipliers, labour qualifications, export promotion.
L'étude s'articule autour des effets qu'exercent les variables de production,
de demande et de variation de stock sur la détermination des cours du
phosphate brut; ces variables sont caractérisées par des rigidités, qui
proviennent en partie de comportements stratégiques des principaux acteurs.
Le marché international du phosphate brut est ainsi contrôlé à 70% par l’Office
Chérifien du Phosphate (Maroc), les firmes russes (Russie), la Jordan Phosphate
Mines Ltd (Jordanie), la Compagnie des phosphates de Gafsa (Tunisie) et un
groupe de 8 entreprises américaines formant le Phosrock (USA) face à plusieurs
acheteurs dont les plus importants sont l'UE, l'Inde et les USA.
Phosrock qui est le premier producteur mondial du phosphate brut est
faiblement représentée sur le marché international, mais dominent le marché
des engrais phosphatés. L'OCP est le deuxième producteur mondial avec la
position de leader sur le marché international. La nature oligopolistique du
marché tient surtout à la position dominante de l'OCP et de Phosrock dans la
production mondiale et sur les marchés de la filière économique du phosphate
brut. Le phosphate brut est la matière première principale intervenant dans le
processus de production de l'acide phosphorique qui à son tour est
indispensable pour la production des engrais phosphatés. Cette situation
permet de considérer l'interdépendance entre le marché international du
phosphate brut et les marchés des produits dérivés. Les facteurs qui peuvent
expliquer l'évolution des cours et du marché mondial du phosphate se
rapportent ainsi à la dynamique globale et aux stratégies des acteurs du marché
(Calabre 1997), stratégies qui impliquent une tendance au repositionnement des
acteurs en aval de la filière économique.
L'analyse empirique de la dynamique des cours sur le marché international du
phosphate brut est fondée sur le modèle général proposé par Labys ( 1999).
Spécifiquement, le volet stratégique s'inspire de la démarche de Feinberg and
Husted (1999) avec l'estimation des fonctions de réactions.
Pour connaître les facteurs qui véhiculent des phénomènes de déséquilibre sur
le marché international du phosphate, nous procéderons d'abord à l'analyse de
l'évolution chronologique du marché.
Elle permettra d'expliquer les phénomènes de pénurie et d'excédents qui
jalonnent l'historique du marché. Il y a pénurie lorsque l'offre du produit est
insuffisante pour couvrir les besoins de la demande ou bien lorsque la
progression de l'offre est inférieure à celle de la demande. Dans les cas
contraires, le marché connaît des phases d'excédent. Dans l'ensemble, la
succession des phases d'excédent et de pénurie mesure l'évolution de la
variation du stock. A partir des résultats des tests de racine unitaire, de causalité
et de cointégration (Mensah, 2002) menés sur les facteurs répertoriés dans
l'analyse statistique du marché, nous procéderons aux estimations
économétriques des relations entre le cours du phosphate et les variables
explicatives recensés. L'analyse des comportements stratégiques des acteurs du
marché viendra compléter les résultats relatifs à la dynamique globale. Nous
nous intéresserons particulièrement au comportement des acteurs dominants
tels que l'OCP (Maroc) et Phosrock (USA)
[1] Pour analyser les comportements
stratégiques des acteurs, nous allons recourir à la théorie des jeux, notamment le
dilemme du prisonnier, la politique de prédation et la théorie de l'oligopole.
Cette démarche permettra de proposer le modèle représentatif de la dynamique
du marché mondial du phosphate avec la mise en œuvre d'une procédure de
correction asymptotique d'erreur. Cette méthode d'estimation est utile pour
capter les influences de moyen terme et les dissocier de celles de long terme.
La question de la dynamique de moyen terme d'une matière première résulte
non seulement des mécanismes globaux de développement et de succession des
phases d'excédent et de pénurie, consécutives aux phénomènes de
consommation de la production commercialisée, mais aussi des comportements
stratégiques des acteurs dominants. A cet effet, l'analyse de l'historique du
marché (section 1) permet de répertorier les événements qui l'ont caractérisé, et
donc de connaître les variables qui expliquent son évolution. A partir de là, il
est possible de formaliser les relations qui s'établissent entre elles en vue
d'appréhender les effets du rapport entre production et consommation sur le
cours mondial du phosphate(section 2). La troisième section intègre dans le
modèle précédent les stratégies des acteurs dominants.
1. L'ÉVOLUTION DU MARCH É IN TERN ATION AL
DU PH OSPH ATE AVAN T ET APRÈS LA CRISE
DE 1973
La section offre un aperçu chronologique de l'évolution du marché du
phosphate autour de l'événement marquant qu'est la crise des années 70. Elle
permet de répertorier les différents facteurs qui affectent le bilan statistique du
marché et par conséquent les cours mondiaux du phosphate. Bien que la
flambée des cours de 1973 découle d'une décision unilatérale du Maroc, des
signaux sur l'état d'approvisionnement du marché l'ont favorisée. Le premier
paragraphe expose donc les tendances préparant la crise de 1973 (1.1), le
deuxième analyse la crise (1.2) et le troisième étudie l'évolution du marché après
1979 (1.3).
1.1 Situation avant 1973 : tendances préparant la crise
Durant les années ’50, le marché international du phosphate est dominé par les
USA et la France. La position de cette dernière a pour origine les mines de
phosphate qui existent dans ses colonies africaines, Nord africaines
particulièrement. La stratégie d'entente adoptée par les deux pays a permis de
stabiliser le marché. Ils assuraient d'ailleurs la quasi-totalité des exportations
mondiales. Les prix (en dollars courants) étaient stables et se situaient entre 7-8
dollars la tonne métrique f.o.b en moyenne
[2](graphique 1).
Avant la flambée des cours de 1973, le cours mondial du phosphate a connu
deux phases d'évolution. La première qui couvre la période de 1960 à 1967
correspond à une phase de stabilité en raison de la stratégie d'entente suivie par
les USA et la France. La seconde phase qui porte sur une période de six ans est
marquée par l'effondrement des cours. Au cours de cette seconde période
l'offre est supérieure à la demande, situation qui ne pouvait encourager les
producteurs à investir. Mais de mauvaises récoltes et la sécheresse ont alors
provoqué une augmentation de la demande que l'offre ne pouvait satisfaire sans
une augmentation préalable des capacités de production.
1.2 La crise de 1973
[3]
Suite à l’accroissement de la demande de phosphate, créant une situation de
pénurie artificielle, l’Office Chérifien des phosphates (O.C.P.) a pris la décision
de relever de 200% le prix du phosphate naturel. Tous les autres acteurs du
marché ont adopté le même comportement. Le Sénégal et le Togo, avec les
phosphates de meilleure qualité, ont majoré leur prix de près de 230%. Il en est
de même des USA où le prix moyen est passé de 6 $ à 20 $ la tonne.
L’augmentation des cours a été relativement moindre chez les autres pays
exportateurs comme la Tunisie et la Jordanie. Dans l'ensemble, il y eut alors
retournement de la tendance à la baisse des cours, amorcée depuis le début des
années 60.
Tableau 1
Évolution des prix de phosphate brut par pays exportateurs
[4]
Tableau 1 : Évolution des prix de phosphate brut par pays exportateurs
1970 1973 1974( 1) 1974( 2) 1975( 1) 1975( 2)
Maroc*
75% BPL4 11,75 14,25 42 63 68 68
70% BPL 10,15 12,40 37,5 56,25 61,25 61,25
Tunisie*
65% BPL 9 11,3 35 50 50 50
Togo*
79% BPL 11 14 46 70 75 75
USA **
75% BPL 10,18 13,10 27,50 42 55 55
72% BPL 9,30 12 25,50 38 48 48
Sénégal*
81% BPL 12 15,50 51 75 81 78
Jordanie**
70% BPL 10 12 36 45 59 50
( 1) et ( 2) : 1er et 2ème semestres - * : f.a.s - ** : f.o.b
Dès 1975, suite à une baisse de la demande, de nombreux exportateurs ont dû
consentir des ristournes et des rabais pour conserver les parts du marché. La
baisse du prix s’est poursuivie pendant deux ans, obligeant les exportateurs
africains et moyen-orientaux à s’entendre pour s’opposer à la baisse des cours.
Cette initiative n'a pas empêché la chute des cours puisqu’en 1977 les prix
courants du phosphate étaient inférieurs à leur niveau de 1976.
La hausse des cours de 1978, bien que le marché soit excédentaire, s’explique
par les stratégies des deux leaders du marché mondial : le Maroc et les USA. Le
Maroc cherchait à profiter aussi longtemps que possible des rentrées de
devises, dans la mesure où les exportations de phosphate en constituent la
source principale. Et les firmes américaines visaient la rentabilité des nouveaux
gisements de Floride en remplacement des anciens : ces nouvelles exploitations
étant situées plus au sud impliquent des coûts de production plus élevés en
raison des contraintes d’environnement.
1.3 L'évolution du marché de1979 à 2000
A partir de 1979 les cours ont amorcé une légère tendance à la hausse jusqu'en
1980, où ils atteindront 41-42 dollars la tonne métrique f.o.b. Le contexte
économique global à la fin des années 70, était caractérisé par le deuxième choc
pétrolier ( 1979) et l’accroissement des déséquilibres macro-économiques des
principaux pays importateurs, notamment d’Europe de l’Ouest. Cette situation
a été d’ailleurs aggravée par la hausse des cours du dollar de 1980 à 1984. Il en
résulta la hausse des coûts de production du phosphate et la diminution des
importations à cause du déséquilibre de la balance commerciale des principaux
importateurs.
En outre, les bonnes récoltes enregistrées au niveau mondial et l’embargo sur
les exportations agricoles vers l’URSS ont eu des répercussions négatives sur le
marché du phosphate. Il en résulta un accroissement des stocks des produits
agricoles entraînant une tendance à la baisse des prix agricoles. Aux USA, la
diminution des revenus agricoles et la mise en jachère des surfaces cultivées
pour soutenir les cours des produits agricoles ont accentué les déséquilibres
offre-demande du phosphate. Cette situation a été aggravée par la hausse des
cours du souffre
[5] qui est un complément au phosphore dans la fabrication des
engrais phosphatés. En effet, toute hausse du cours du souffre se répercute sur
celui des engrais phosphatés, avec un effet négatif sur la demande de ces
derniers et donc sur celle du phosphate brut. Mais la faiblesse des cours du
phosphate au début des années 80 s’explique par le niveau élevé de la
production mondiale. En effet, la baisse de la production des deux leaders du
marché a été atténuée par la mise en production de nouvelles exploitations de
Chine, de Jordanie, d’Irak, de Syrie, de Brésil et de Tunisie. Malgré la baisse
d'environ 20 millions de tonnes de la production des deux leaders, la
production mondiale n'a diminué que de 17 millions de tonnes. Et l'offre
demeurait relativement plus élevée que la demande. Cet état du marché en
conjonction avec la situation financière critique des industries d'engrais et le
cours élevé du dollar ont entraîné la baisse du cours du phosphate : les cours
mondiaux sont passés de 46 dollars en 1980 à 33 dollars en 1985 et à 31 dollars
la tonne en 1987. A partir de 1988, les cours vont remonter à cause de la
contraction des stocks américains amorcée depuis deux ans, contraction
conjuguée à une hausse de la demande mondiale de 4%. Ils atteignent 42 dollars
en 1991/92. Mais dès la fin de 1992, la baisse du cours allait reprendre.
Bien que les firmes américaines opèrent en dessous de leurs capacités de
production le marché était demeuré excédentaire. Ainsi, entre 1988 et 1993/94,
les exportations mondiales sont passées de 46,8 à 28 millions de tonnes, il s’en
est suivi une chute des cours de 8%. L’évolution des stocks aux USA montre le
rôle régulateur qu’ils ont joué afin que la situation ne puisse s’empirer : le
volume global des stocks est d'abord passé de 9,3 en 1988 à 12,6 millions de
tonnes en 1992 avant de redescendre à 9,2 en 1993. L’augmentation des stocks
a permis de faire baisser les cours, favorisant ainsi la reprise de la demande.
Les échanges mondiaux sont ainsi passés de 26 millions de tonnes en 1993 à
29,1 millions en 1994 et augmentent régulièrement jusqu’à atteindre 31 millions
en 1998, soit 19% d’augmentation contre 18% pour la production. On
remarque une croissance plus rapide de la demande par rapport à l’offre.
Toutefois, l’accroissement et la modernisation des capacités de production se
heurte à une demande qui devient plutôt atone. La chute de la demande en
Europe a été compensée par la demande additionnelle d’Asie. Il en résulte une
augmentation de la demande d’acide phosphorique, donc de phosphate brut et
par conséquent du cours qui va atteindre le niveau de 44 dollars la tonne
métrique en 2000.
L'évolution des cours du phosphate brut s'explique par le rapport entre la
production et la consommation mondiale du produit. Elle est aussi fonction de
la demande mondiale des engrais phosphatés obtenus par transformations
successives du minerai. En outre, elle tient aux stratégies des acteurs, stratégies
de coopération et de conflit. Le premier comportement stratégique concerne
l'entente observée d'abord entre les USA et la France au début des années 60,
ensuite entre les USA et le Maroc pour la stabilisation des cours. Le second type
de comportement stratégique, celui de conflit, se rapporte à la crise de 1973
déclenchée par le Maroc. Il concerne également la période d'avant la crise avec
l'effondrement des cours dû aux pratiques de ristournes et de rabais opérées par
les firmes. Pour la dynamique globale du marché, le rapport entre la production
et la consommation sur le cours est mesuré par le stock. La variation du stock
est donc la variable explicative de l'évolution des cours. Par ailleurs, la
consommation d'engrais peut s’approcher de la demande de phosphate brut. Le
marché des engrais fournit en général des informations utiles pour apprécier les
effets d'interdépendance entre les marchés de la filière économique du
phosphate.
2. ÉVOLUTION DES COURS ET INTERDÉPENDANCE
DES MARCHÉS EN AMONT ET EN AVAL DU
PHOSPHATE BRUT
Calabre (1978,1997,1998) situe l'analyse de l'évolution des cours à moyen
terme, c'est-à-dire le temps nécessaire pour que puisse apparaître effectivement
le rapport entre production et consommation. Ce schéma est caractérisé par
l'enchaînement des phases de stockage du produit, lequel enchaînement
provoque un décalage entre la production et la consommation. Il en résulte des
excédents et des pénuries sur le marché, provoquant au fil des années une
influence sensible sur les cours.
La section est donc consacrée à la vérification empirique de la dynamique
globale du marché mondiale du phosphate. Par les moindres carrés ordinaires et
la correction généralisée d'erreur de Newey-West ( 1987), nous pouvons vérifier
les relations de moyen terme entre le prix du phosphate et les variables
explicatives non co-intégrées. Le modèle estimé évalue dans un premier temps
l'impact du rapport production/consommation sur le cours mondial du
phosphate brut ( 2.1) et y intègre les stratégies des acteurs dominants (2.2).
2.1 Interaction production/consommation et cours mondial
du phosphate
L'estimation du cours mondial retient d'abord la production et la demande
mondiale de phosphate brut comme variables explicatives. La consommation
mondiale d'engrais phosphatés (LEPC) permet de mesurer la demande. Un
second modèle retiendra la variation de stock du phosphate brut aux USA.
Enfin une troisième spécification représente le bilan statistique du marché par
le différentiel entre les taux de croissance de la production et de la
consommation; la consommation étant toujours représentée par la
consommation mondiale d'engrais phosphatés (LEPC). Toutes données
intervenant dans les estimations sont des valeurs logarithmiques couvrant la
période 1960-2000.
Dans les deux premiers cas, le modèle estimé s'inspire de Labys (1999, pp. 23-
27). La structure fondamentale d'un tel modèle explique typiquement l'équilibre
du marché comme un processus d'ajustement entre les variables d'offre, de
demande, d'investissement et de prix. De manière beaucoup plus formelle :
La relation ( 2.2) mesure les investissements (ou la variation du stock)
comme différence entre la production (Qt) et la consommation (Dt). La relation
(2.1) renseigne alors sur l'impact de la variation du stock sur l'évolution du
cours. L'évolution de la variation de stock (production+stock-consommation)
va se refléter dans l'évolution du cours entraînant un mouvement de hausse en
phase de pénurie et des mouvements de baisse en cas d'excédent. Dans ces
conditions, les deux variables de variation du cours et de variation du stock
vont évoluer en sens opposé : ce qui correspond à un signe négatif du
coefficient de la variable de variation du stock. Mais en considérant la
spécification initiale de Labys, le coefficient de la production serait affecté du
signe positif et celui de la consommation du signe négatif.
La première spécification du modèle estimé s'écrit :
L'estimation de (2.3) réalisée par les moindres carrés ordinaires
[6] avec la
procédure de correction d'erreur généralisée de Newey-West ( 1987), donne :
Les résultats montrent que les variations de la production du phosphate
agissent positivement sur le cours et que l'impact de la demande est négatif. Le
taux de variation passé du cours influence positivement l'évolution présente du
cours. Mais seule le coefficient relatif au taux de variation de la production est
significatif au seuil 1%. Ainsi, les producteurs de phosphate n'acceptent de
produire plus que si le cours accuse une tendance soutenue à la hausse. Mais
l'ampleur du phénomène est atténuée par les consommateurs, notamment les
industries des engrais phosphatés, qui n'acceptent d'accroître leur demande que
si le prix diminue. Le graphique 2
[7] montre que les valeurs estimées épousent
approximativement des ondulations de moyen terme des valeurs observées.
Dans le cadre de la deuxième spécification du modèle de Labys, il faut
remarquer que de 1960 à 1970, l’évolution du niveau des stocks de phosphate
aux USA est caractérisée par une tendance à la hausse consécutive à
l’augmentation de la production entre 1955 et 1965 (graphique 2 bis), et cette
production n’avait pas été entièrement écoulée.
Le stock est passé de 4,1 millions de tonnes en 1960 à 13,2 en 1970 pour
atteindre son niveau le plus bas lors de la plus grave crise du secteur en 1974,
soit 5,8 millions de tonnes. Si dans le même temps, entre 1955 et 1965 la
production mondiale avait plus que doublé, il en est même pour le stock entre
1960 et 1970, soit un décalage de 5 ans. On assiste alors à partir de 1974 à une
tendance à la hausse du stock qui atteint un niveau record de 20,2 millions de
tonnes en 1981, soit une croissance en taux annuel moyen de l’ordre de 35%. A
partir de cette période, la tendance est à la baisse jusqu’à nos jours, soit une
baisse annuelle moyenne de 3,7%. Durant cette période, il y a lieu de relever la
hausse des cours durant la crise du marché, suivie d’une chute en 1975, puis
d’une série de hausses moins prononcées au début des années 80,90 puis 2000.
La dernière hausse, bien que plus élevée que les deux dernières demeure
moindre que celle de la crise. Cette analyse descriptive confirme l'existence
d'une causalité entre la production mondiale, le stock aux USA et le cours
mondial du phosphate (Mensah, 2002). Elle nous conduit à proposer la seconde
spécification du modèle de Labys (1999). La formulation du modèle estimé est
analogue à la précédente :
L'estimation de la relation (2.5) par les moindres carrés ordinaires avec la
méthode de correction des erreurs de Newey-West donne :
le signe attendus. Ainsi, toute variation du différentiel passé du cours mondial
du phosphate se répercute positivement sur sa valeur présente, soit 0,71%.
Toute variation de 1% du taux de variation passé du stock du phosphate brut
implique une baisse de 0,38% de la variable dépendante.
Calabre (1997) explique les mécanismes de la corrélation négative observée
entre le cours mondial et les phases d'excédent et de pénurie, liées aux
variations de stock d'un produit minier comme les phosphates.
La troisième spécification que nous proposons de la dynamique globale du
marché est développée par Calabre (1997, p. 110) qui définit le bilan statistique
du marché comme «… la différence entre le taux de croissance de la production
et de la consommation qui détermine l'apparition des phases de surproduction
et de pénurie » :
[8]
A moyen terme, les phases d'excédent et de pénurie se reflètent positivement
mais de manière non significative sur l'évolution du cours mondial.
En fait, l'évolution du bilan statistique du marché international du phosphate se
reflète dans les fluctuations du cours. Il en est de même du taux de variation
passée du cours. On assiste alors à des mouvements de hausse en période de
pénurie et des mouvements de baisse en cas d'excédent. Ces mouvements en
sens opposé du cours mondial et des stocks expliquent le signe négatif du
coefficient de la variable de variation du stock de (2.7) ou du signe négatif de
LEPC et positif de LQ dans (2.5). Dans les deux cas, il s'agit bien de la
représentation de la différence entre l'offre et la demande de phosphate brut.
Mais seuls les résultats de (2.7) sont significatifs.
En cas de hausse prolongée du cours international, l'utilisation intensive des
capacités de production pour accroître la production est limitée; ce qui implique
des projets d'investissement en vue de son accroissement et donc un retard de
réaction de la production à l'augmentation des cours, surtout dans le domaine
des exploitations minières nécessitant de nouvelles machines et infrastructures
de production. Cette réaction retardée de la production deviendrait excessive
par suite de la concurrence entre les firmes productrices. Une telle offre
excédentaire face à une demande insuffisante va engendrer un accroissement
des stocks avec un impact négatif sur le cours mondial. Dans le secteur du
phosphate, nous avions relevé que les investissements réalisés par les
producteurs américains visaient à promouvoir la reconstruction de l'Europe
après la guerre. La croissance effective de la production n'avait été
opérationnelle qu'à partir de 1955, soit un délai de 10 ans environ. Mais
l'augmentation de la production n'avait pas été entièrement absorbée par la
demande ; elle avait servi en partie à alimenter les stocks des producteurs en
raison de la surproduction et l'effondrement des cours du début des années
1970. Avec la flambée des cours de 1973, les stocks ont fortement chuté, mais
le marché demeurait excédentaire en 1975. En outre, la réaction des
consommateurs a conduit à une baisse de la demande, obligeant certains acteurs
à consentir des ristournes et des rabais pour maintenir leurs parts de marché.
Par ailleurs, les bonnes récoltes enregistrées en 1980 dans les pays développés,
impliquant la baisse des prix agricoles, devait accentuer la situation excédentaire
du marché et maintenir les cours du phosphate bas.
En cas de baisse du prix, les firmes vont maintenir leur rythme de production
en vue de sauvegarder les parts du marché. Ce comportement risque d’entraîner
une guerre des prix, chaque producteur cherchant à baisser ses tarifs dans les
contrats de vente. Cette situation va induire des pertes et provoquer des faillites.
Et, entre-temps, le niveau du stock aura augmenté. La baisse du prix finit par
annuler les profits des firmes les plus compétitives. Il en résulte une diminution
de la production ou des stocks accumulés. Le processus de résorption des
stocks excédentaires influence à la baisse le volume de la production future. Et
les firmes vont opérer en dessous de leur capacité de production potentielle.
Pour le phosphate, la baisse de la production des deux leaders du marché, afin
de faire remonter les cours, a été atténuée par la mise en production de
nouvelles exploitations de Chine, de Jordanie, d'Irak, de Brésil, de Tunisie. Cet
état du marché caractérisé par une offre toujours supérieure à la demande avait
entraîné la baisse des cours mondiaux de 46 dollars en 1980 à 31 dollars en
1987. Par la suite la contraction des stocks conjuguée à une hausse de 4% de la
demande a permis la remontée des cours à 42 dollars en début 1992. Et le
volume global des stocks qui était de 9,2 millions de tonnes en 1988 avait
remonté à 12,6 millions en fin 1992 avant de redescendre à 9,2 millions de
tonnes en 1993. La baisse des cours allait donc reprendre dès la fin de l'année
1993 avec la hausse des stocks. Au cours de cette dernière décennie,
l'augmentation de la demande est légèrement supérieure à celle de l'offre,
provoquant une tendance à la hausse des cours.
3. COURS MON DIAL DU PHOSPHATE,
COMPORTEMEN TS STRATÉGIQUES ET
MARCHÉ DES EN GRAIS
Le modèle estimé incorpore dans le modèle précédent les comportements
stratégiques des acteurs dominants que sont l'OCP et Phosrock. Le premier
paragraphe présente les comportements stratégiques des acteurs dominants
(3.1), le deuxième paragraphe expose le modèle estimé (3.2) et le troisième
analyse les résultats empiriques (3.3).
3.1 Comportements stratégiques de l'O CP et de Phosrock
Trois types de stratégies ont marqué le marché mondial du phosphate entre
1960 et 1975/1978. Les bas prix observés entre 1960 et 1967 sont la
conséquence d'une entente entre les firmes américaines et les firmes africaines
contrôlées par la France. Les deux acteurs étaient, à la fois, producteurs du
phosphate brut et consommateurs. La production d'engrais phosphatés leur
permettait une plus grande compétitivité dans la filière économique du produit.
La deuxième stratégie correspond à des diminutions secrètes de prix en vue de
gagner des parts du marché mondial après l'accession à l'indépendance des
colonies françaises d'Afrique : c'est la phase de la concurrence qui va de 1968 à
1972. Enfin l'OCP a déclenché la crise de 1973 pour revendiquer une position
dominante sur le marché international.
Le contrat de vente de phosphate brut entre l'OCP et Phosrock constitue une
alliance stratégique, empêchant toute nouvelle crise du marché international du
phosphate. Le prix issu de ce contrat de vente, portant sur plus d'une décennie
et révisé systématiquement chaque année, est actuellement de l'ordre de 40/45
dollars la tonne ; il est inférieure au coût d'exploitation de nouveaux gisements
(90/100 dollars la tonne) et empêche la pénétration du marché par de nouveaux
producteurs. La coalition dispose en outre d'une grande capacité de production
et plus de la moitié des réserves mondiales. Par cette arme, la coalition peut
créer une situation de marché excédentaire et empêcher l'entrée de concurrents
par une baisse passagère des cours. La logique de la politique de prix-limite est
la même que celle d'un système de prix-producteur. Le système permet une
régulation contrôlée du marché et une stabilité du prix (Calabre, 1997, op. cit, p.
179). Il a donné des expériences intéressantes dans les années 50 et 70 pour le
plomb, le zinc, l'aluminium, le nickel, le molybdène, le platine et le cobalt.
L'analyse des comportements stratégique a montré que l'attitude de l'OCP
consiste dans une première étape à réagir en sens contraire du comportement
de Phosrock qui est son premier client; à la seconde étape, la détermination du
cours mondial résulte d'une entente entre les deux acteurs dans la mesure où
leur production agrégée explique l'évolution du cours. Or, il existe des
négociations annuelles pour la vente de phosphate brut de l'OCP au Phosrock,
négociations impliquant aussi les fabricants d'engrais phosphatés. Les autres
producteurs du marché mondial se réfèrent au cours issu des négociations dans
leurs contrats de vente. Une telle considération nous a amené à estimer une
seconde variante du modèle prenant la quantité de phosphate négocié et le
cours des engrais phosphatés comme variables explicatives du cours mondial
du produit brut. Mais les résultats obtenus dans ce dernier cas ne sont pas
significatifs (Mensah, 2002, p. 175).
3.2 Présentation du modèle
Dans le cadre de la dynamique globale du marché, nous avons présenté et
estimé trois modèles qui s'inspirent des travaux de Labys (1999) et de Calabre
(1997). Les modèles expriment l'équilibre du marché comme un processus
d'ajustement entre les variables d'offre, de demande, d'investissement et de prix
(Labys, 1999 op. cit.).
En ce qui concerne les stratégies développées par les acteurs, des résultats
(Mensah, 2002, op. cit.) révèlent l'existence d'une relation positive entre le cours
mondial du phosphate brut et celui des engrais phosphatés, le marché des
engrais étant dominé par les firmes américaines. Spécifiquement, les cours du
phosphate brut vendus par les acteurs dominants dépendent aussi du cours des
engrais phosphatés; la variation de stock et la variation du volume des
exportations interviennent comme seconde variable explicative pour Phosrock
et OCP respectivement. Par ailleurs, l'existence d'un contrat de vente de
phosphate entre les deux acteurs montre l'importance du cours des engrais dans
la dynamique de moyen terme du marché du produit brut. Il en est de même de
la stratégie de dénonciation systématique de l'OCP envers Phosrock; elle permet de
compenser toute hausse ou baisse de la production des firmes américaines par
une variation en sens opposé de la production de l'OCP.
Au niveau stratégique, la détermination du cours se réalise à la seconde étape du
jeu par le volume de production agrégé des deux acteurs. Mais cette variable
entretient des liens de causalité avec la variable de variation de stock. Ainsi, le
cours mondial dépend du stock et du cours des engrais phosphates. Le modèle
estimé est :
3.3 Analyse des résultats d’estimation
En utilisant des données annuelles couvrant la période 1960 - 2000, nous avons
estimé les relations 2.8 et 2.9 par la méthode des moindres carrés ordinaires et
la procédure de correction d'erreur de Newey-West. La taille des retards est
limitée à deux comme dans les estimations précédentes. Le résultat d'estimation
(2.11) de la relation de long terme révèle un impact non significatif de la
variation du stock (LSTUS) sur le cours. Par contre, toute variation de 1% du
prix des engrais phosphatés provoque 1,29% de hausse du cours du phosphate
brut. Dans l'ensemble, les valeurs estimées du cours s'écartent beaucoup des
valeurs observées (cf. graphique 5) à cause de la variable LSTUS qui n'a pas
d'effet de long terme sur le cours. La constante de régression est aussi
significative.
Comme l'indique la relation estimée ( 2.12), le différentiel de la variation du
stock a un effet négatif et significatif sur la variation du cours; ce qui n'est pas le
cas pour la variable de correction d'erreur (ecm) et le cours des engrais
phosphatés (LPEP). Toutefois, la statistique de Fisher signale que les trois
variables ont un pouvoir explicatif d'ensemble au seuil 5% de significativité. La
représentation graphique des résidus d'estimation (2.12) est relativement
meilleure par rapport à celle de long terme.
Ce résultat pose le problème de la représentativité réelle du cours issu des
négociations entre l'OCP, Phosrock et les industriels d'engrais, étant donné
l'impact positif non significatif du cours des engrais phosphatés. En effet, la
comparaison avec les résultats (2.13) et (2.14) de l'estimation des cours
pratiqués respectivement par Phosrock et l'OCP donne sensiblement la même
élasticité de LPEP par rapport au cours :
Elle est de 0,55 pour le cours mondial et celui des USA et 0,53 pour l'OCP. Elle
n'est pas significative au niveau mondial et l'est pour les cas des deux leaders du
marché. La série retenue pour le cours mondial découle uniquement des
négociations de vente entre l'OCP et Phosrock, négociations qui reflètent l'état
des stocks des producteurs, d'où l'influence significative qu'y exerce cette
variable et non le cours des engrais phosphatés. En conséquence, le cours des
USA est plus représentatif du marché à cause du contrat de vente liant les deux
leaders et du fait que les firmes américaines intégrées verticalement dominent le
marché des engrais phosphatés.
L'entente, le conflit et la prédation constituent les principales stratégies
adoptées par l'OCP (Maroc) et Phosrock (USA) depuis 1960. La politique du
prix-limite du comportement de prédation découle de l'important contrat de
vente entre les deux acteurs. En effet, le cours issu du contrat sert de référence
aux autres producteurs. Ce cours est actuellement de 40 dollars la tonne
métrique, alors que l'exploitation de nouveaux gisements nécessite 60-100
dollars pour couvrir les coûts de production; ce qui élimine l'entrée de
l'industrie par d'autres firmes potentielles. Par ailleurs, la grande capacité de
production dont pourrait disposer une coalition OCP-Phosrock, avec plus de
60% des réserves, constitue une arme de dissuasion contre toute tentative de
provoquer une flambée des cours, similaire à celle de 1973/74.
Par ailleurs, le haut degré d'intégration verticale des firmes américaines explique
leur position dominante sur le marché mondiale des engrais phosphatés au
détriment des deux marchés en amont, bien qu'elles soient premières
productrices de phosphate brut et d'acide phosphorique. Cette stratégie mise en
œuvre au lendemain de la crise de 1973 induit le cours des engrais phosphatés
comme variable explicative du cours du phosphate brut. Les tests sur les
propriétés dynamiques des deux séries ont permis de valider cette hypothèse.
En considérant un marché de duopole
[9], nous avons estimé les fonctions de
réaction de l'OCP et de Phosrock dans le cadre du modèle de jeu du « dilemme
du prisonnier ». Les résultats montrent que la firme marocaine réagit toujours en
sens contraire des décisions de production de Phosrock. Elle augmente sa
production si précédemment Phosrock a diminué la sienne et la diminue dans le
cas contraire. Il s'agit de pouvoir répondre aux besoins de la demande de
Phosrock, son principal client. Il s'ensuit ainsi une seconde étape du jeu qui
consiste en une entente déguisée en négociations annuelles entre les deux
joueurs pour la conclusion d'un contrat de vente de phosphate brut.
L'analyse de la dynamique des cours et du marché mondial du phosphate révèle
le rôle prépondérant des firmes américaines, étant donné l’influence
significative qu’y exercent les variables de variation de stock et du cours des
engrais phosphatés. En effet, l'évolution de la variation du stock de phosphate
brut aux USA permet de représenter l'interaction production/consommation au
plan mondial, et donc de capter l'impact de l'évolution du bilan statistique du
produit sur le cours mondial. La relation négative observée nous indique qu'en
cas d'excédent sur le marché, c'est-à-dire lorsque l'offre du produit est
supérieure à la demande, le cours mondial du produit va diminuer. En cas de
pénurie, le mécanisme contraire va impliquer une hausse du cours. La variable
de variation du stock, plutôt déterminée par les données de la filière américaine
du phosphate, devient exogène au modèle mondial, et par conséquent une
variable stratégique utile à la stabilisation du marché. La relation négative
estimée est valable pour le moyen terme, l'impact de long n'étant pas
significatif. Ce résultat permet aussi de comprendre la grande compétitivité des
USA sur le marché mondial des engrais phosphatés avec une influence certaine
sur le marché mondial du phosphate brut.
***
·
ARAUJO-BONJEAN, C., COMBES, J.-L., ET PLANE, P., ( 2002), « Coordination
verticale dans le secteur cotonnier d'Afrique de l'Ouest », communication présentée
au colloque du DIPE/GAMMAP : « Matières premières et développement », 29 et
30 octobre 2002.
·
AXELROD R., ( 1984), The evolution of cooperation, New York, Basic Books
·
BADILLO, D., LABYS, W. et. WU Y., ( 1998) « Tendances et ruptures de tendances
dans les prix des produits de base », Dynamique des prix et des marchés de matières
premières : Analyse et prévision, 5-6 novembre 1998
·
BANERJEE et al., ( 1993), Cointegration, error correction and econometric analysis of non
stationary data, Oxford University Press
·
BOURBONNAIS, R et TERRAZA, M., ( 1998), Analyse des séries temporelles en économie,
P.U.F.
·
BOUSSARD, J.-M., ( 1998), « Les sources de l’instabilité dans les marchés de matières
premières : comment les contrôler ?» Dynamique des prix et des marchés de matières
premières : Analyse et prévision, 5-6 novembre 1998
·
CALABRE, S., ( 1997), Filières nationales et marchés mondiaux de matières premières, PNUD
Economica
·
FEINBERG, R. M. and. HUSTED, T. A., ( 1999), « Estimating reaction functions in
experimental duopoly markets », International Journal of the Economics of Business
6( 1) : 57-83.
·
GOWDA, M. V. R, ( 1996), « Teaching the prisoner’s dilemma », Journal of Analysis and
Management, 15 ( 4): 646-653
·
KIM, C.S., TAYLOR, H., HALLAHAN, C. and SCHAIBLE, G., ( 2001), « Economic
analysis of the changing structure of the U.S », fertilizer industry, U.S.D.A. Working
Papers 2001 : 18 pages.
·
KREPS, D.-M. and SCHEINKMAN, A. M., ( 1983), « Quantity precommitment and
Bertrand competition yield Cournot outcomes », Bell Journal of Economics 14 : 326-337
·
KREPS, D.-M. and R. WILSON, R., ( 1995), « Reputation in Imperfect Information », in
Levine, D.-K. and Lippman S.-A. eds., The Economics of Information 2, Elgar Reference
Collection, International Library of Critical Writings in Economics, 53 : 279-305
·
LABYS, W. (U. West Virginia), TERRAZA, M. (U. Perpignan) et ACHOUCH, A.,
(LAMTA, U. Montpellier I), « Les influences macro-économiques sur les prix des
métaux », dynamique des prix et des marchés de matières premières : Analyse et prévision, 5-6
novembre 8
·
LABYS, C. W., ( 1999), Modelling mineral and energy markets, Kluwer Academy Publishers
·
MENSAH, D. A., 2002, La dynamique des cours et du marché mondial du phosphate :Analyse et
prévision, Thèse de doctorat, Université Pierre Mendès-France, Grenoble II
·
PIGNOL, C., ( 2000), « Quelques tentatives récentes pour sortir du dilemme Cournot-Bertrand », Economies et Sociétés, P.E 30.7 : 69-83
·
PINDYNCK, R. S. and RUBINFELD, D. L., ( 1991), Econometric models and economic
forecasts, McGraw Hill
·
SCHERER, F.M., and ROSS, D., ( 1990), Industrial market structure and economic performance,
Boston : Houston Mifflin.
·
ZENAIDI KARRAY, ( 1987), Les marchés mondiaux des phosphates et des engrais phosphatés,
Economica.
[(*)]
FASEG/Université de Lomé
[1]
Le degré de concentration des échanges mondiaux de phosphate brut est apprécié par le
calcul des indicateurs de concentration et d'inégalité, souvent utilisés en économie
industrielle, notamment le coefficient de concentration, l'indice de Hirschman-Herfindhal,
le coefficient d'entropie et l'indice de Linda (voir Mensah, 2002, pp. 49-68)
[2]
Selon les statistiques des Nations Unies jusqu'en 1966-67
[3]
Voir Zenaidi Karray, 1987, pp. 113-132
[4]
BPL (Bone Phosphore of Lime) exprime le taux de phosphore contenu dans le phosphate.
[5]
Sulphur n° 178, janvier/février 1985
[6]
Les variables n'étant cointégrées à l'ordre 1, la spécification d'un modèle de cointégration
n'est pas possible. La variable de production est stationnaire en niveau alors que les autres
ne le sont qu'en différence première.(Mensah, 2002, chapitre 2).
[7]
Pour ce graphique 2, ainsi que les graphiques 3,4,5 et 6, l'axe des ordonnées pour les
valeurs observées et estimées est à droite ; l'axe des ordonnées pour les résidus est à gauche.
[8]
Indépendamment et identiquement distribué.
[9]
Le marché oligopolistique découle de la position dominante des deux acteurs dans la
production mondiale et leur leadership stratégique sur les marchés du phosphate brut et
des engrais phosphatés.