Mondes en développement
De Boeck Université

I.S.B.N.2-8041-4302-3
134 pages

p. 57 à 84
doi: en cours

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

no 122 2003/2

2003 Monde en développement

Motricité sectorielle et mutations qualitatives de l'emploi dans les industries manufacturières tunisiennes

Mohamed Moncef BEN SLAMA Jamel Eddine BOUMEDIÈNE  [(*)]
Le repérage de la motricité des secteurs requiert l’utilisation d’un cadre d’équilibre multisectoriel permettant le recours aux mécanismes de multiplication. L’accent sera mis sur l’effet de motricité en termes d’emploi décomposé par qualification. La contraction des multiplicateurs d’emploi manufacturier en Tunisie s’opère dans un contexte d’accroissement de la part relative des emplois à faible qualification.Mots-clés : Relations intersectorielles, multiplicateurs, qualifications du travail, promotion des exportations, Classification Journal of Economic Literature O 41,O 14,O 55,J21,J31,F43. The use of a multisectoral equilibrium framework is requested to identify leading effects by means of mutipliers. A special emphasis is devoted to labour motricity effect in tunisian export manufacturing, taking into consideration workers’ qualifications. Contraction of labour multipliers is connected to an increasing share of low qualified jobs.Keywords : intersectoral relations, multipliers, labour qualifications, export promotion.
Les implications des interrelations sectorielles de croissance ont été mises en évidence dans les approches du type demand side axées sur le repérage des effets d’impulsion, directs et indirects, exercés par les différentes composantes de la demande sur les produits sectoriels. L’attention a été portée aussi bien sur les changements de structure de la demande finale, qui reflètent dans une certaine mesure « l’arbitrage » entre marché intérieur et exportation, que sur les changements structurels qui affectent la demande intermédiaire.
De ce point de vue, l’approche dite de décomposition des sources de la croissance permet de dégager ces changements structurels en dissociant, pour chaque secteur, la contribution relative de la demande finale locale, des exportations, de l’import substitution (ISI) et des variations des coefficients techniques (Syrquin, 1987 ; Chin-Lih Wang, 1992).
A cet égard, on peut relever que les deux orientations de politique de croissance – ISI et Export Led Growth Promotion – ont été menées selon des « dosages » spécifiques qui diffèrent d’un pays à l’autre (Dervis, De Melo et Robinson, 1982). La stratégie d’ISI, qui s’inscrit dans le contexte d’un développement « autocentré », a été associée à une politique protectionniste, induisant ainsi des distorsions préjudiciables pour l’allocation des facteurs. Cette orientation de croissance a subi de multiples freinages (Bruton, 1998), en particulier les effets récessifs dus à l’essoufflement de la demande solvable; il en résulte une mutation vers une politique d’ouverture à l’extérieur fondée sur la restauration des mécanismes du marché, ce qui devrait contribuer à améliorer l’efficience du système économique, à mobiliser des économies d’échelles et à soutenir la croissance du produit et de l’emploi (Balassa, 1988).
Dans ce cadre, les schémas de croissance découlant des analyses empiriques se caractérisent par la succession de deux phases : d’abord une période d’ISI assez marquée, à laquelle succède une période d’Export - Promotion très sensible.
Ce qui suggère, selon M. Syrquin (1988), qu’il importe, dans un premier temps, d’élargir la base industrielle pour acquérir une maîtrise technologique probante, autorisant par la suite une ouverture - assez large - des activités manufacturières vers les marchés d’exportation. Aussi, il est opportun de tester, pour le cas tunisien, dans quelle mesure la démarche de croissance répond-elle à la « logique » de succession de phases, s’agissant en particulier des mutations de croissance dans les activités manufacturières (Pack, 1988 ).
Pour répondre à ces préoccupations, on se propose de procéder à l’application des techniques de décomposition des sources de croissances sectorielles et au repérage des mécanismes intersectoriels de transmission des opportunités de croissance en recourant, notamment, aux multiplicateurs de produit et d’emploi. On doit noter, à cet égard, que les multiplicateurs sectoriels présentés ci-après rendent compte des effets d’impulsion/entraînement générés par les transactions intersectorielles à titre intermédiaire; ils se distinguent, de la sorte, des multiplicateurs keynésiens habituels qui reflètent les effets d’amplification induits par l’investissement additionnel.
Cette orientation se retrouve dans la démarche de A. Sarma et K. Ram (1989) qui mettent l’accent sur les interdépendances technologiques, dans le cadre d’un modèle input/output, dans le but d’orienter les ressources productives vers les activités justifiant de fortes synergies (effets de liaison) en termes de revenu, de produit et d’emploi. Plus spécifiquement, R. Banerji et J. Riedel (1980) centrent leur attention sur l’évaluation (quantitative) de l’impact de différentes stratégies de croissance (et de politiques commerciales) alternatives sur l’emploi industriel, en considérant les cas comparés de l’Inde et de Taïwan.
Pour évaluer ce « contenu en emploi », il sera nécessaire de « prendre en compte non seulement les dépenses directes de travail au niveau de chaque branche mais aussi les flux de travail transitant par les échanges interindustriels » (Husson, 1994). Il s’agit, en l’occurrence, de repérer « la circulation » à travers les branches du seul travail mobilisé sur le territoire national en mettant en exergue les structures de qualification de ce facteur.
De leur côté O. Cortes et S. Jean ( 1997) analysent l’évolution des activités les plus exigeantes en qualification et mettent en évidence le lien sensible entre les évolutions du commerce international et celles de l’emploi. Pour ce faire, ils procèdent au calcul du contenu emploi des échanges, dans la lignée des approches multisectorielles supra, à partir du solde « comptable » des emplois créés par les flux d’exportation et des emplois « perdus » à la suite des opérations d’importation.
Dans ce cadre, C.J. Dahlman ( 1993) relève que le commerce mondial des biens manufacturiers n’a pas connu la même évolution pour toutes les catégories de biens. Ainsi, la part relative des biens manufacturiers intensifs en matières premières (biens alimentaires, cuir, bois, produits non ferreux,...), ne représente plus en 1990 que le cinquième du commerce des produits manufacturiers contre un tiers en 1965, alors que la part relative des biens industriels intensifs en maind’œuvre (en particulier le textile) n’a pas changé. Au cours de cette même période (1965-90), trois catégories de biens manufacturiers ont connu une évolution croissante de leurs parts relatives dans le commerce de ces mêmes produits : les produits qui exigent une échelle de production importante (produits chimiques, acier, industrie automobile,… ), les produits différenciés (notamment les biens électriques et électroniques) et les produits à haute intensité scientifique (certains produits chimiques, matériel informatique, équipement scientifique, etc.).
Cette mutation dans le sens de l’intensification technologique des flux d’échanges de produits manufacturiers implique une mutation des qualifications du facteur travail requises pour les secteurs manufacturiers orientés vers l’extérieur. De ce point de vue, le Rapport Mondial sur le Développement Humain 2001 (PNUD, 2001), en se référant aux travaux de S. Lall (2000) et aux études de l’ONU (2001), souligne bien que la capacité d’adoption et de diffusion des technologies récentes s’évalue, dans une large mesure, par la part des exportations de produits à contenu technologique moyen ou fort dans la totalité des exportations.
Dans cette contribution, on se propose de repérer les motricités de croissance sectorielle au moyen des effets de multiplication en considérant, dans un premier temps, les aspects méthodologiques et les questions liées aux données statistiques (I), avant de procéder à l’identification des sources de croissance sectorielle (II1), des multiplicateurs de produit (II2), d’emploi (II3) et des mutations des qualifications (II4).
La validation empirique concernera la période 1980-2000 en distinguant, en particulier, deux sous-périodes, celle qui précède la mise en application du Programme d’Ajustement Structurel (PAS) et celle de sa maturation. Il importe de préciser que le PAS, lancé en 1986, se propose de libéraliser l’économie. Ce processus de libéralisation affecte la plupart des prix, le secteur financier et les importations; il implique, notamment, la privatisation des entreprises publiques, la suppression des barrières douanières et l’instauration des mécanismes de l’économie de marché.
 
1. ASPECTS MÉTHODOLOGIQUES ET DONNÉES STATISTIQUES
 
 
La méthodologie suivie pour répondre à la problématique sera exposée, avant la description détaillée des sources et des données statistiques utilisées.
1.1 Aspects méthodologiques
Les variations des composantes de la demande induisent des effets directs et indirects sur la croissance du produit; il importe de les évaluer en se référant à un cadre d’équilibre multisectoriel (Bonelli 1992; Ben Slama, 1982,1996 et 2000).
Considérons l’identité comptable de base :
En considérant la matrice
des coefficients d’importation à titre intermédiaire et la matrice diagonale
des coefficients d’importation au titre de la demande finale, on peut présenter comme suit l’accroissement des produits sectoriels d’une année de base 0 à une année courante t :
Après arrangement, on pourra (Ben Slama et alii, 1996) procéder à une décomposition des sources d’accroissement des produits sectoriels en cinq effets :
  • (a) représente les effets des changements dans la demande finale locale.
  • (b) représente les effets des changements dans les exportations.
  • (c) représente les effets des changements dans les coefficients d’importation de la demande finale, c’est-à-dire les effets de l’import substitution à titre final.
  • (d) représente les effets des changements dans les coefficients d’importation de la demande intermédiaire, à savoir les effets de l’import substitution à titre intermédiaire.
  • (e) représente les effets des changements dans les coefficients input-output.
En fait, dans cette approche, la croissance d’un secteur est conditionnée par la « pression » des composantes de sa demande propre mais aussi par la marge de « croissance intersectorielle » induite par la demande intermédiaire des autres secteurs en raison de leurs propres pressions. Aussi, il importe d’envisager ces effets directs et indirects en prenant en considération les matrices inverses
des coefficients locaux.
En posant
à partir de la dissociation des consommations intermédiaires d’origine locale des importations d’inputs, on obtient la relation suivante où :
Ad est la matrice des coefficients techniques locaux.
Y est le vecteur de la demande finale Ainsi, à partir des pressions de demandes finales sectorielles, le multiplicateur matriciel
permet de tenir compte des répercussions directes et indirectes - potentialités d’entraînement - qui induisent des accroissements de produits sectoriels selon une intensité inégale.
Aussi faut-il mesurer les répercussions directes et indirectes potentielles de chaque secteur au moyen de la matrice inverse
Ce cadre nous permet de calculer pour chaque secteur j le multiplicateur :
Ce multiplicateur exprime l’intensité de l’entraînement exercé par le secteur j en amont sur les secteurs locaux (induction par la demande intermédiaire) et qui rend compte de l’ampleur des liaisons permises par les capacités de production intérieure.
Par ailleurs, l’analyse de la structure du multiplicateur du produit d’un secteur j (structure de la colonne j de la matrice inverse) permettrait de repérer l’impact du secteur j sur chacun des autres secteurs, soit le degré de diffusion de cet entraînement intersectoriel.
Pour chaque secteur i, le multiplicateur
exprime l’intensité de l’entraînement en aval du secteur i ( induction par l’offre intermédiaire), soit : cet indice rend compte d’un effet de production, direct et indirect, localisé dans un secteur à partir d’une impulsion uniforme (une unité de demande finale) dans tous les secteurs. La répartition interindustrielle
fait ressortir le degré de diffusion de ce type d’entraînement qui recoupe l’effet ( e ) présenté ci-dessus.
Une variante pertinente de cette approche consiste à évaluer l’effet exercé par une « unité composite d’exportation » Kexp sur les différents secteurs.
Pour cela on définit le vecteur colonne e des coefficients (ei ) représentant la part relative des exportations de chaque secteur dans les exportations totales, avec
L’effet de l’impulsion exercée sur les différents secteurs par une « unité composite d’exportation » se déduit de la relation suivante :
De même, peut-on considérer l’effet de l’impulsion exercée sur les différents secteurs par une « unité composite de demande finale locale » Kd en considérant le vecteur de des coefficients ( di) représentant la part relative des demandes finales locales de chaque secteur dans la demande finale locale, avec :
Cet effet se déduit de la relation suivante :
Notre attention sera focalisée sur l’impulsion exercée par Kexp et Kd sur les Industries Manufacturières.
De plus, on peut associer au critère Kexp un critère complémentaire, à savoir le contenu total (direct et indirect) d’importations intermédiaires par « unité composite de d’exportation », soit :
Me représente ainsi un effet de fuites d’importations intermédiaires.
De même, peut-on associer à Kd un critère similaire Md de fuites d’importations intermédiaires, soit :
Par ailleurs, il importe de « compléter » le repérage de la motricité intersectorielle au moyen des multiplicateurs de produits envisagés supra en considérant la multiplication en termes d’emplois.
L’effet emploi peut être mesuré en recourant aux coefficients d’emploi direct li définis comme le nombre d’unités de travail par unité de produit i.
Ainsi pour une unité additionnelle de demande finale ( exportation ou demande intérieure)dans le secteur j quelconque, l’effet emploi, direct et indirect est
De même peut-on attacher à Kexp et Kd un pouvoir d’induction en termes d’emploi. On peut définir :
: effet direct et indirect d’emploi d’une unité composite d’exportation
En éclatant les coefficients d’emploi direct en m qualifications, on est amené à substituer au vecteur ligne une matrice ( m, n ) des coefficients d’emploi direct par qualification. On peut alors écrire pour k = 1,2,….m
Les coefficients akj sont des sensibilités de l’emploi à la demande finale du secteur j pour la qualification k.
Ainsi, pour une unité additionnelle de demande finale (exportation ou demande intérieure) dans le secteur j quelconque, l’effet emploi, direct et indirect par qualification, est obtenu en considérant les m composantes de
De même, peut-on décomposer
et
en m qualifications.
On peut en effet écrire :
Les impacts d’emploi par qualification d’une unité composite d’exportation et d’unité composite de demande finale locale peuvent être différenciés en considérant respectivement :
Les m composantes de
et les m composantes de l**d
1.2 Les données statistiques
L'application de la méthodologie ci-dessus décrite a nécessité l'utilisation des tableaux entrées-sorties (TES) établis par l'Institut national de statistique (INS). La période de l'étude couvre les années 1980,1990 et 2000. Celle-ci est, en effet, suffisamment longue pour faire ressortir les éventuelles mutations quantitatives et qualitatives inhérentes au processus de croissance économique. Toutefois, il a été procédé, au préalable, à un certain nombre de traitements statistiques sur les tableaux pour les rendre homogènes et utilisables aux fins de l'étude. Pour cela :
  1. Un premier traitement a été mené pour homogénéiser les TES de manière à passer d'une nomenclature en 18 branches et 18 produits à une nomenclature en 15 branches et 15 produits, éliminant de la sorte la branche des Services non Marchands et agrégeant en une seule branche, la branche Transport et la branche Télécommunication, ainsi que la branche Services Financiers avec celle des Autres Services.
  2. La deuxième étape a consisté à éclater la matrice des consommations intermédiaires totales en deux matrices, l'une pour les consommations intermédiaires d'origine locale, l'autre pour les consommations intermédiaires d'origine importée.
  3. La troisième étape à été celle du passage du prix de marché au prix de base, en éliminant tous les impôts indirects et en intégrant les subventions d'exploitation reçues. L'élimination de toutes les formes de distorsions fiscales permet d'obtenir, ainsi, des coefficients de consommations intermédiaires significatifs pouvant exprimer les diverses relations techniques de production existant entre les branches. La valorisation aux prix de base se traduit, dans les faits, par la valorisation des importations, droits de douane compris, et la valorisation des exportations aux prix FOB, c'est-à-dire, nets des marges commerciales et de transport. De même, pour les flux de consommations intermédiaires et de demande finale, il a été procédé à la soustraction des impôts indirects nets des subventions, ainsi que des marges commerciales de la valeur aux prix de marché.
Enfin, la dernière étape a consisté à passer d'une évaluation aux prix de base courants à une évaluation à prix constants 1990 grâce à l'utilisation des indices de prix à la production, à l'importation et à l'exportation.
En ce qui concerne l'emploi total, par statut et par branche d'activité, les données utilisées sont tirées des enquêtes et recensements sur l'emploi et la population, réalisés par l'INS. Par contre, les données exploitables sur les qualifications des salariés proviennent d'une compilation personnelle de données faite à partir des enquêtes réalisées par l'INS auprès des entreprises et qui permettent de distinguer les cinq niveaux de qualifications suivants : cadres supérieurs et ingénieurs, cadres de maîtrise, employés, ouvriers et, enfin, manœuvres et apprentis.
Empiriquement, et d'une manière générale, la mesure de la qualification est difficile. Néanmoins, on peut l'appréhender de deux manières différentes :
  • Soit, à partir du niveau de diplôme ou du nombre d'années d'études. En pratique, ces deux mesures n'aboutissent pas à la même quantification, dans la mesure où le nombre d'années d'études peut indiquer un certain nombre de travailleurs qualifiés mais, dont le niveau de formation n'a pas été socialement reconnu et validé par un diplôme.
  • Soit, à partir de la nature des emplois occupés. Dans ce cas, on considère que l'occupation d'un type donné d'emploi permet de supposer que celui qui l'exerce possède la qualification minimale requise.
Tout en soulignant l'incertitude de l'analyse en termes de qualification liée à la difficulté de la mesurer, il faut remarquer que les données obtenues à partir des enquêtes INS renvoient à la notion de qualifications des travailleurs qui sont appréhendées du côté des employeurs et visiblement déconnectées de toute référence à un diplôme.
Enfin, la catégorie de l'emploi non salarié distingue deux sous-catégories : les patrons et indépendants, ainsi que les aides familiaux. La première catégorie a été individualisée et considérée comme une catégorie d'emploi qualifiée, alors que la catégorie des aides familiaux a été, elle aussi, individualisée mais assimilée à de l'emploi non qualifié.
 
I- AN ALYSE DES RÉSULTATS
 
 
Cette analyse sera conduite en quatre temps. Le premier temps traite des sources de la croissance du produit. Le second et le troisième examinent l'effet multiplicatif de la croissance, respectivement en termes de produit et en termes d'emploi, alors que le dernier aborde l'effet de la motricité sectorielle en termes de qualification.
Temps 1 - les sources de croissance du produit
Sur la base de la méthodologie ci-dessus décrite, et partant du tableau I, on peut relever que le profil de la croissance globale de la Tunisie a connu une double mutation :
  1. En passant des années 70 à la période 1980-90, il ressort que :
    • l’impulsion extérieure nette - effet b + effet d - s’intensifie au cours des années 80, passant de 25 % à 56 % des facteurs explicatifs de la croissance.
    • l’impulsion intérieure totale - effet a + effet c + effet e - a fortement régressé, passant de 75 % à 44 % des déterminants de la croissance, par suite du reflux très net de l’effet a de demande finale locale, entretenu par les « compressions » inhérentes à la mise en œuvre du PAS, « compensé » par une contribution significative des marges de croissance intersectorielle induites par l’effet e ; l’ISI, à titre final (effet c), a certes progressé, mais sa contribution ( 8 %) est assez « moyenne ».
  2. En passant de la période 1980-90 de lancement du PAS à la période 1990-2000 de maturation du PAS, on peut constater :
    • une atténuation de l’impulsion extérieure, qui régresse de 56 % à 42 %, avec un nouveau « partage » : contraction de l’effet d’exportation (b), par suite notamment du reflux des Hydrocarbures au cours des années 90, mais accroissement significatif de l’effet ISI à titre intermédiaire (+ 4% de la croissance globale) contre un effet de fuite de – 3 % auparavant (au cours des années 80).
    • une reprise de l’impulsion intérieure totale par suite d’un rétablissement de l’effet (a) de demande finale locale, passant de 19 % dans les années 1980 à 56% au cours des années 1990; la deuxième phase du PAS est caractérisée par un redémarrage des Bâtiment et Travaux Publics (BTP), activité « intérieure » fortement articulée à des activités manufacturières, Matériaux de Construction, Céramiques et Verres (MCCV) et Industries Mécaniques et Electriques (IME) (voir multiplicateurs infra) et de services (Commerce, Transports), justifiant d’un poids relatif important dans le PIB.
Cependant les marges de l’ISI à titre final (effet c), bien perceptibles dans les années 80, ont été bien limitées (voir infra). Le même renversement de tendance affecte l’effet (e) d’intégration en aval, ce qui pose le problème de l’aptitude des pays de petite taille à entretenir, avec la libéralisation du commerce extérieur, une contribution significative de l’effet de variation des coefficients input/output.

Tableau I
décomposition des sources de croissance du produit
IMGIMGTableau I décomposition des sources ...IMGIMF
Tableau I décomposition des sources de croissance du produit en % Pour l'ensemble de l'économie Effet a Effet b Effet c Effet d Effet e 1972-1980 1980-1990 1990-2000 75 19 56 25 59 38 3 0-3 9-3 16 2 4 0 (a) effets des changements dans la demande finale locale ; (b) effets des changements dans les exportations ; (c) effets des changements dans les coefficients d’importation de la demande finale, c’est-à-dire les effets de l’import substitution à titre final ; (d) effets des changements dans les coefficients d’importation de la demande intermédiaire, à savoir les effets de l’import substitution à titre intermédiaire ; (e) effets des changements dans les coefficients input-output.
croissance du produit

Telle est la trame globale dans laquelle on peut, à présent, envisager les mutations de croissance enregistrées dans les activités manufacturières. Le profil de croissance de ces dernières a sensiblement évolué et ce, comme le montre le tableau II.
A/ En passant de la période protectionniste 1972-80 à la période 1980-90 de lancement du PAS, une mutation significative s’est opérée dans le sens d’une accélération très forte de l’effet b d’exportation, en particulier dans les Textiles, Habillements et Cuirs (THC), les IME et les IMCCV et d’une contraction nette et générale de l’effet a de demande finale locale, alors que l’ISI à titre final (effet c) est devenue sensible, notamment, dans les Industries Diverses (ID) et, à une moindre échelle, dans les Industries Agricoles et Alimentaires (IAA) et les MCCV. En parallèle, la contribution de l’effet d’intégration en aval ( e ) s’est renforcée, notamment pour les THC, la Chimie et les IAA.
En contrepartie, les processus technologiques manufacturiers sont devenus de plus en plus désintégrés en amont - effet ISI à titre intermédiaire ( d ) négatif - ce qui atteste de « fuites » de croissance, principalement dans les THC (-86 % de la croissance du secteur), les ID et, plus faiblement, dans la Chimie.
B/ Avec la maturation du PAS au cours de la période 1990-2000, un profil de croissance plus équilibré se dégage dans le sens :
  • d’un ralentissement de l’effet b d’exportation touchant de façon très prononcée les MCCV, et sensiblement les THC et la Chimie (voir infra), partiellement « compensé » par un reflux très net des « fuites » de croissance par suite de l’effet d dans les THC, la Chimie et les ID.
  • d’un rééquilibrage très prononcé en faveur de l’effet a de demande finale locale après la compression des investissements subie lors du lancement du PAS; cette tendance s’explique par les répercussions de la reprise des BTP au niveau des MCCV et par une orientation plus marquée de la demande intérieure vers les produits manufacturiers.
  • d’un reflux très net de l’ISI à titre final (effet c ), notamment dans les ID et les IME; les marges de croissance au titre de cet effet auront été mobilisées au cours de la première période (1980-90) au profit d’une contribution plus marquée de l’ISI à titre intermédiaire (effet d ), qui prend en quelque sorte le relais de l’effet c, lors de la maturation du PAS.
  • d’un essoufflement de l’effet d’intégration en aval, en particulier pour la Chimie et les THC, qui contraste avec l’amélioration très nette dans les IME.
A ce stade, et s’agissant des activités manufacturières « axiales » pour la stratégie d’ouverture sur les marchés extérieurs (THC, IME et Chimie), certains enseignements doivent être dégagés.
1- Les industries Textiles Habillements et Cuirs
Secteur moteur de l’extraversion de l’économie tunisienne, les THC ont eu, certes, l’effet b le plus élevé au cours des années 80, mais en subissant des fuites (effet d négatif) devenues préoccupantes avec l’accentuation de l’ouverture sur l’extérieur; en même temps, la contribution additionnelle de la demande finale locale subissait une forte contraction.
La phase de maturation du PAS (dans les années 90) corrige quelque peu ce profil de croissance des THC; celles-ci sont toujours tirées par les exportations, avec un impact additionnel en décélération, mais au bénéfice d’une maîtrise notable des flux d’inputs importés, qui atteste d’une tendance à la rationalisation de la politique d’approvisionnement en intrants alors même qu’une « propension » au surstockage était bien décelable au cours de la phase de lancement du PAS.
2- Les Industries Mécaniques et Electriques
L’orientation « extérieure » de ce secteur, très forte au cours des années 80, a été « atténuée » au cours des années 90 ( 48% de la croissance imputable à l’effet b) en contrepartie de la résurgence de l’effet a de demande finale locale (56% de la croissance), qui a subi une contraction sévère dans la phase précédente. De plus, le repli de l’effet c, au cours des années 90, aura été en grande partie « compensé » par la résorption de la désintégration en aval, autorisant ainsi de nouvelles marges de croissance.
3- La Chimie
Tout au long des trois dernières décennies, la croissance de la Chimie a été redevable, à titre principal, à l’effet b d’exportation. En parallèle, l’effet a de demande finale s’est d’abord contracté au cours des années 80 avant de se « rétablir » durant la période 1990-2000; ce mouvement de reprise de la demande finale, amplifié par une consolidation de l’ISI à titre final, a été freiné par une désintégration en aval assez perceptible au cours de la même période (-11 %).
Il faut relever, par ailleurs, que l’impulsion extérieure nette a été sensiblement accrue lors de la maturation du PAS, en raison des progrès très nets de l’ISI à titre intermédiaire dans ce secteur - 21 % de la croissance - alors que l’effet de fuite atteignait-7 % au cours des années 80.

Tableau II
Décomposition des sources d'accroissement des produits
IMGIMGTableau II Décomposition des sources...IMGIMF
Tableau II Décomposition des sources d'accroissement des produits manufacturiers par décennie en % EFFET a EFFET b EFFET c EFFET d EFFET e Décennie 1970 1980 1990 1970 1980 1990 1970 1980 1990 1970 1980 1990 1970 1980 1990 I.A.ALIM 78 16 51 9 34 44 5 32 0 5-1 2 3 19 3 IMCCV 43-45 96 27 99-2-2 16 8 7 33 6 25-3-8 I.MECAN 34 21 36 56 104 48 8 4-4 1 23 20 1-52 0 CHIMIE 14 6 38 81 62 39 3 12 13-13-7 21 15 27-11 TEXTILE 21-13 20 86 159 81-7-14-4 0-93 1 0 61 2 DIVERS 64 25 45 16 26 29-5 122 2-7-51 12 32-22 12 (a) effets des changements dans la demande finale locale ; (b) effets des changements dans les exportations ; (c) effets des changements dans les coefficients d’importation de la demande finale, c’est-à-dire les effets de l’import substitution à titre final ; (d) effets des changements dans les coefficients d’importation de la demande intermédiaire, à savoir les effets de l’import substitution à titre intermédiaire ; (e) effets des changements dans les coefficients input-output.

Temps 2 - les multiplicateurs de produit
En considérant les multiplicateurs du produit Kdj , il ressort en particulier à travers le tableau III, pour les années 1990 et 2000, que :
1/ Les Industries Manufacturières justifient, aussi bien en 1990 qu’en 2000, d’un effet d’intégration, et donc d’entraînement, par la demande intermédiaire totale, sensiblement plus marqué que celui du reste des secteurs, à l’exception, bien notable, des BTP.
2/ Les niveaux d’intégration par la demande intermédiaire pour ces activités manufacturières ont évolué de façon divergente en 2000, terme du PAS, par rapport à 1990 :
  • à la baisse pour la Chimie qui exerce, par ailleurs, une forte multiplication sur les autres activités (1.81 en 2000 contre 2.14 en 1990), et les IAA, principale activité « intérieure » ( 1.91 contre 2.03 en 1990).
  • à la hausse pour les MCCV (1.79 en 2000 contre 1.74 en 1990), les ID et les IME, ces dernières activités se situant à des niveaux de multiplication « moyens ».
  • en quasi-stagnation, avec un entraînement faible pour les THC, principal secteur exportateur ( 1.29 en 2000 contre 1.26 en 1990).

Tableau III
critères de motricité et indicateurs d'impulsion amont/aval
IMGIMGTableau III : critères de motricité ...IMGIMF
Tableau III : critères de motricité et indicateurs d'impulsion amont/aval Kd. J ( 2000) Kd. J ( 1990) Kd. J ( 1980) Kdi. ( 2000) Kdi. ( 1990) Kdi. ( 1980) I.A.ALIMENTAIRES 1.906 2.033 1.780 1.408 1.384 1.291 I.M.C.C.VERRES 1.788 1.743 1.454 1.548 1.655 1.524 I.MECANIQUES 1.606 1.401 1.379 1.884 1.610 1.910 CHIMIE 1.806 2.145 1.575 1.831 1.770 1.439 TEXTILES. HABILL. 1.291 1.260 1.489 1.171 1.146 1.325 I. DIVERSES 1.690 1.365 1.493 1.530 1.309 1.672 Kd. J: Indicateur d'impulsion en amont. Kdi. : Indicateur d'impulsion en aval.

3/ L’intensité de l’intégration par la demande intermédiaire totale en Tunisie est nettement plus faible, pour l’ensemble des activités manufacturières, que celle des pays asiatiques nouvellement industrialisés (Ben Slama et alii, 1996). Ce « déficit d’entraînement » est d’autant plus préoccupant qu’il est le plus sensible pour les deux principaux secteurs manufacturiers exportateurs, à savoir les THC et les IME. Ce double constat atteste de l’existence, en Tunisie, de potentialités de croissance intersectorielle non exploitées, par suite de la faiblesse de l’intégration (intérieure) des Industries Manufacturières, outre l’effet de fuite ( leakage) avec ses conséquences défavorables sur la balance des paiements.
Par ailleurs, en procédant à une analyse « structurelle » du multiplicateur du produit Kd j. de 2000 - correspondant au terme de la maturation du PAS - pour les principales activités manufacturières exportatrices, on constate que :
  • Les THC n’exercent d’effet d’entraînement perceptible que sur les ID, la Chimie, les Transports et Télécommunications, le Commerce et les autres Services, selon une motricité assez limitée.
  • Les IME ont un profil d’entraînement assez sensible sur les Autres services et le Commerce, et « moyennement » réparti sur les autres activités.
  • La Chimie exerce un effet d’entraînement bien réparti, touchant à titre principal, les Autres Services et, de façon significative, les autres activités.
A ce niveau, on doit considérer, pour compléter cette texture de l’entraînement manufacturier, l’ampleur de l’intégration par l’offre intermédiaire totale en retenant l’indicateur Kdi. pour 2000, dès lors qu’on s’intéresse principalement à l’effet de « réponse » des secteurs locaux. De ce point de vue, on trouve que les IME et la Chimie sont au premier rang des activités manufacturières, suivies par les MCCV, les IAA et les ID; le niveau d’intégration en aval des THC étant faible. Aussi, cette configuration de la disparité de l’entraînement par l’offre intermédiaire est assez conforme à celle observée en 1990.
Au-delà de l’identification des multiplicateurs manufacturiers dans la double optique amont/aval, il est opportun, dans une perspective d’évaluation de la politique d’outward looking, d’envisager l’impact multiplicatif différencié de l’unité composite d’exportation et de l’unité composite de demande finale locale, pour mieux cerner l’imbrication des activités manufacturières aux autres secteurs. Le tableau IV synthétise les résultats obtenus.

Tableau IV
Multiplicateurs d’impulsion extérieure et d’impulsion
IMGIMGTableau IV Multiplicateurs d’impulsi...IMGIMF
Tableau IV Multiplicateurs d’impulsion extérieure et d’impulsion intérieure Kexp( 2000) Kexp( 1990) Kexp( 1980) Kd( 2000) Kd( 1990) Kd( 1980) I.A.ALIMENTAIRES 0.1019 0.0757 0.0754 0.1619 0.1953 0.1805 I.M.C.C.VERRES 0.0161 0.0269 0.0109 0.0717 0.0535 0.0527 I.MECANIQUES 0.1374 0.0997 0.0648 0.0839 0.0715 0.0849 CHIMIE 0.1256 0.1628 0.1124 0.0643 0.0426 0.0328 TEXTILE. HABILL. 0.3580 0.2829 0.2362 0.0568 0.0488 0.0570 DIVERS 0.0440 0.0285 0.0688 0.0750 0.0751 0.0864 AUTRES SECTEURS 0.6918 0.7765 0.8166 1.0637 1.0322 0.9406 ENSEMBLE 1.475 1.453 1.385 1.577 1.519 1.435 Kexp : Indicateur d'impulsion extérieure - Kd : Indicateur d'impulsion intérieure

Les résultats relatifs aux indicateurs Kexp font ressortir principalement :
  • qu’une unité composite d’exportation nécessite, pour être fournie, en raison des relations intersectorielles, la production de 1.48 unités dans le système productif tunisien en 2000, contre 1.45 en 1990 et 1.39 en 1980, soit un effet d’amplification significatif et croissant.
  • que l’effet de réaction (effet d’offre à titre intermédiaire) des Industries
  • Manufacturières à une unité composite d’exportation est appréciable et évolue significativement, dans la mesure où il participe pour 53 % de Kexp en 2000, contre 46 % en 1990 et 43% en 1980. Cet effet est très fort pour les THC et bien perceptible pour la Chimie, les IME et les IAA.
Concomitamment, il ressort des calculs relatifs à Kd :
  • qu’une unité composite de demande finale intérieure exerce un effet d’amplification en évolution sensible, de 1.58 en 2000 contre 1.52 en 1990 et 1.44 en 1980, plus intense que l’effet Kexp .
  • que les Industries Manufacturières dans leur ensemble bénéficient d’un entraînement global induit par une unité composite de demande finale locale nettement plus faible que celui lié à l’unité composite d’exportation : près du tiers de Kd en 2000 et 1990.
  • qu’à l’exception des IAA, pour lesquelles l’effet de réaction à l’unité composite de demande finale locale est « naturellement » élevé, les activités industrielles exportatrices ne justifient que d’un effet de réaction assez moyen (IME), voire faible (THC et Chimie).
A ce stade, trois types d’enseignements peuvent être dégagés selon le tableau V :
  1. L’unité composite d’export pour 2000, relative à la période consécutive au PAS, implique un contenu en inputs importés Me élevé, qui tend à s’aggraver : 0.323 contre 0.320 en 1990 et 0.257 en 1980. Ces fuites sont attribuables, à titre principal, aux activités manufacturières exportatrices : THC 0.161, IME. 0.047 et Chimie 0.037. Ces dernières sont à l’origine de plus de 75% de ces fuites en
  2. 2000 et 1990.
  3. Parallèlement, l’unité composite de demande finale locale justifie d’un effet de fuite Md plus limité et croissant - 0.203 en 1980,0.216 en 1990 et 0.221 en
  4. 2000 - « explicable » lui aussi, pour l’essentiel, par les besoins technologiques des secteurs industriels.
  5. L’analyse des différents effets supra amène certes à relativiser, du point de vue des relations intersectorielles, la portée de l’export led growth mais confirme cependant, d’une période à l’autre, le rôle moteur des activités manufacturières pour la promotion des exportations.

Tableau V
Effet fuites d'importations intermédiaires par unité
IMGIMGTableau V Effet fuites d'importation...IMGIMF
Tableau V Effet fuites d'importations intermédiaires par unité composite d'exportation et par unité composite de demande finale Me( 2000) Me( 1990) Me( 1980) Md( 2000) Md( 1990) Md( 1980) I.A.ALIMENT 0.0098 0.0077 0.0097 0.0070 0.0133 0.0103 IMCC.VERRES 0.0006 0.0021 0.0012 0.0053 0.0058 0.0092 I.MECANIQUES 0.0467 0.0605 0.0323 0.0600 0.0559 0.0634 CHIMIE 0.0367 0.0538 0.0462 0.0300 0.0302 0.0191 TEXTILE 0.1611 0.1318 0.0435 0.0307 0.0259 0.0110 DIVERS 0.0166 0.0165 0.0157 0.0253 0.0268 0.0183 AUTRES SECT. 0.0508 0.0470 0.1083 0.0623 0.0583 0.0715 ENSEMBLE 0.323 0.320 0.257 0.221 0.216 0.203

Dès lors, il est nécessaire, suite au repérage de l’entraînement optique produit, de considérer la multiplication par l’emploi.
Temps 3 Les multiplicateurs d'emploi
Sur la base des calculs effectués on peut faire ressortir les activités manufacturières labour-using à titre direct ( li ) et total ( l*j ), cela à partir de leur rang par rapport aux autres activités.


IMGIMGRang en termes d’effet emploi : des ...IMGIMF
Rang en termes d’effet emploi : des activités manufacturières 2000 SECTEURS i *j IAA 13 5 MCCV 11 10 IME 12 12 CHIMIE 15 14 THC 5 7 IND.DIV 6 6

Les THC confirment leur nature labour– using, davantage « à titre direct » qui vient « bonifier » leur capacité d’entraînement par le produit. Les IAA, de par l’intensité de leurs répercussions indirectes, et les ID justifient d’un niveau de multiplication bien sensible, alors que les autres activités manufacturières sont faiblement motrices en termes d’emploi. De fait, à travers le détail par activité des multiplicateurs l*j industriels, il se dégage :
  • deux secteurs, IAA et THC, se détachent par l’effet total d’emploi, avec toutefois une tendance marquée à la décélération de l’intensité de leur multiplicateur :
    • ce qui rend compte pour les IAA (0.124 en 2000, contre 0.189 en 1990 et 0.192 en 1980) d’une intensification des processus productifs (atténuation de l’obsolescence des équipements ) dans ce secteur particulièrement orienté vers le marché intérieur et jouissant d’une motricité sensible en termes de multiplication de produit,
    • et atteste pour les THC, secteur moteur d’exportation malgré la faiblesse relative de ses multiplicateurs locaux de produit, d’un essoufflement perceptible de son pouvoir d’induction en matière d’emploi ( 0.107 en 2000, contre 0.167 en 1990 et 0.228 en 1980).
  • un secteur à intensité d’entraînement « intermédiaire » et bien stable, les ID (0.118 en 2000, contre 0.120 en 1990 et 0.112 en 1980) traduisant un « niveau de diversification » du tissu manufacturier bien perceptible.
  • *trois secteurs à intensité d’emploi moyenne, voire limitée, mais qui ont évolué de façon régressive de 1990 à 2000 : MCCV (de 0.108 en 1990 à 0.082 en 2000), IME (de 0.071 en 1990 à 0.067 en 2000) et Chimie (de 0.069 en 1990 à 0.050 en 2000), ce qui, conjugué à leurs effets multiplicatifs de produit assez élevés, leur confère un degré de motricité globalement sensible. L'ensemble de ces éléments est détaillé dans le tableau A 1 de l'annexe.
Notons, par ailleurs, du point de vue de l’intensité relative des effets indirects d’emploi
que les industries manufacturières justifient, en général, et à travers les deux décennies, d’un pouvoir inducteur d’emploi indirect bien plus fort que celui des autres secteurs. L’industrie reste ainsi le vecteur déterminant pour la régulation du marché du travail. Le tableau A 2 de l'annexe expose en détail ces résultats.
Les IAA exercent l’impulsion la plus forte en termes d’emplois induits (83 % de l’effet total d’emploi en 2000, contre 87 % en 1990 et 90 % en 1980), alors que l’autre secteur « intérieur », MCCV, dont l’impact est plus limité, progresse de façon notable (46 % en 2000, contre 43 % en 1990 et 34 % en 1980).
On doit cependant retenir que l’effet induit en la matière par le principal secteur exportateur, qui est le THC, est de plus en plus faible (22 % en 2000, contre 26 % en 1990 et 38 % en 1980), alors que l’induction produite par les deux autres secteurs exportateurs est bien plus sensible, forte pour la Chimie (72 % en 2000,80 % en 1990 et 68 % en 1980) et en progression pour les IME ( 46 % en 2000, contre 39 % en 1990 et 36 % en 1980), ce qui conforte leur statut d’activités motrices à l’exportation.
En se référant à présent aux résultats relatifs aux deux effets d’induction l*exp et ld* , il se dégage notamment que :
  • L’unité composite d’exportation a un pouvoir d’induction d’emploi bien limité par rapport à l’unité composite de demande finale : 0.094 contre 0.138 en 2000.
  • Cette différence « creuse » davantage l’écart d’entraînement intersectoriel de produit ( supra) entre les deux unités composites précitées.
  • Le pouvoir d’emploi l*exp est en régression sensible, passant de 0.12 en 1980 à 0.109 en 1990 et à 0.094 en 2000; il en est de même pour celui de l’unité composite de demande finale qui régresse de façon nette, passant de 0.179 en 1980 et 0.181 en 1990 à 0.138 en 2000.
  • La contribution relative des Industries Manufacturières à l’effet l*exp, importante en particulier pour les THC, progresse de 51 % de l’effet total en
  • 1980 à 57 % en 2000; ces mêmes activités manufacturières ne contribuent que faiblement à l’effet emploi ld*, passant de 27 % en 1980 à 21% en 2000.
Au total, ces résultats attestent à la fois :
  • de la persistance d’un « arbitrage de croissance » qui ne consacre pas la primauté de l’export led growth d’une phase à l’autre du PAS,
  • et de l’existence de possibilités de consolidation de l’option d’orientation vers l’extérieur en termes d’emploi et de produit, en tablant sur l’option de diversification manufacturière envisagée supra.
Au-delà des impacts quantitatifs d’emploi, il importe, à présent, de focaliser l’attention sur les implications en termes de qualification du travail.
Temps 4 Motricité sectorielle et qualification des emplois
La structure des qualifications de l’emploi dans le système productif tunisien, telle qu'elle apparaît dans le tableau VI, révèle la prédominance de la composante emploi ouvrier - manœuvres + ouvriers + aides familiaux - qui progresse sensiblement de 56.0 % de l’emploi total en 1980 à 60.5 % en 2000, en contrepartie d’une régression régulière du travail indépendant - patrons et indépendants - qui s’établit à 28.3 % en 2000 contre 34.2 % en 1980.
La part des emplois d’encadrement - cadres, ingénieurs, agents de maîtrise – augmente légèrement passant de 5.2 % en 1980 à 6.3 % en 2000, et celle des employés demeure assez stable.

Tableau VI
Évolution de la structure des qualifications dans
IMGIMGTableau VI Évolution de la structure...IMGIMF
Tableau VI Évolution de la structure des qualifications dans le secteur productif tunisien (en %) 1980 1990 2000 Patrons et indépendants 34.2 31.0 28.3 Aides familiaux. 8.9 7.5 6.5 Cadres et ingénieurs 1.6 2.2 2.2 Agents de maîtrise 3.6 3.8 4.1 Employés 4.7 5.1 4.9 Ouvriers 36.5 42.5 41.9 Manœuvres 10.5 7.9 12.1 Source: Compilation Boumediène, à partir des enquêtes sur les entreprises de l’INS
Compilation Boumediène, à partir des enquêtes sur les entreprises de l’INS

Ces mutations « qualitatives » se distinguent nettement de celles observées en France, comme il ressort du tableau VII.

Tableau VII
Structure de l’emploi par qualification en France( en %)
IMGIMGTableau VII Structure de l’emploi pa...IMGIMF
Tableau VII Structure de l’emploi par qualification en France( en %) 1980 1990 Indépendants non salariés 16.4 14.2 Cadres supérieurs 8.3 11.2 Professions intermédiaires 18.4 19.7 Employés 24.6 26.8 Ouvriers qualifiés 19.5 18.8 Ouvriers non qualifiés 12.8 9.3 Source : Husson, 1994
Husson, 1994

La tendance au recul de la part de l’emploi ouvrier en France, prototype de pays développé, de 32.3 % du total de l’emploi en 1980 à 28.1 % en 1990, atteste, en l’occurrence, de la nature « perverse » de l’évolution enregistrée en Tunisie, car non conforme aux nouvelles normes d’organisation de la production et de mobilisation des avantages compétitifs. De même, l’écart en termes de poids relatif des emplois d’encadrement entre les deux pays rend compte des hypothèques qui pèsent sur la « compétitivité structurelle » du système productif tunisien.
Dans l'ensemble, on relève, partant du tableau VIII, que la structure des qualifications de l’emploi dans toutes les activités manufacturières s’écarte défavorablement de la « moyenne » du système productif, s’agissant de la prédominance marquée de la part de l’emploi ouvrier total. Il en est ainsi dans les deux principaux secteurs intérieurs, les IAA (77 % en 2000, contre 71 % en 1980) et les MCCV (72 % en 2000, contre 76 % en 1980), mais plus significativement dans les deux principaux secteurs exportateurs, les THC, en nette « détérioration » (70 % en 2000, contre 45 % en 1980), et les IME ( 70 % en 2000, contre 71 % en 1980).

Tableau VIII
Structure des qualifications dans le
IMGIMGTableau VIII Structure des qualifica...IMGIMF
Tableau VIII Structure des qualifications dans le Secteur manufacturier en % 1980 1990 2000 Patrons et Indépendants 35.1 22.5 18.1 Aides Familiaux 7.0 4.1 2.2 Cadres& Ingénieurs 2.3 2.9 2 9 Agents Maitrise 3.3 4.7 5.1 Employés 4.0 4.0 4.0 Ouvriers 37.7 51.1 57.2 Manœuvres Et Apprentis 10.6 10.7 10.5 Ensemble 100.0 100.0 100.0 Source: Compilation Boumediène, à partir des enquêtes sur les entreprises de l’INS
Compilation Boumediène, à partir des enquêtes sur les entreprises de l’INS


Tableau IX
Effet d'impulsion exercé sur les qualifications par
IMGIMGTableau IX Effet d'impulsion exercé ...IMGIMF
Tableau IX Effet d'impulsion exercé sur les qualifications par une unité composite d'exportation structure structure structure ** ** ** ** ** ** une unité exp exp exp exp exp exp composite ( 2000) ( 1990) ( 1980) ( 2000) ( 1990) ( 1980) Patrons et indépendants 0.0235 0.0333 0.0410 25.0% 30.6% 34.3% Aides familiaux 0.0045 0.0079 0.0104 4.8% 7.2% 8.7% Cadres et ingénieurs 0.0023 0.0025 0.0024 2.5% 2.3% 2.0% Agents de maîtrise 0.0048 0.0053 0.0061 5.1% 4.9% 5.1% Employés 0.0047 0.0054 0.0067 5.1% 5.0% 5.6% Ouvriers 0.0440 0.0460 0.0408 47.0% 42.1% 34.1% Manœuvres 0.0098 0.0087 0.0122 10.5% 7.9% 10.2% Ensemble 0.0937 0.1092 0.1196 100.0% 100.0% 100.0%

Cette double mutation dans le profil qualitatif de l’emploi direct et indirect induit par l’unité composite d’exportation réduit la portée effective de l’effet de croissance du secteur exportateur, en même temps qu’elle fait ressortir les contraintes pour entretenir l’ouverture sur les marchés extérieurs.
Par ailleurs, à la lecture du tableau X, on relève la même tendance à la « détérioration » de la structure par qualification pour l’emploi induit par une unité composite de demande finale en raison du gonflement, plus accentué que pour l’unité d’exportation, de la composante emploi ouvrier : 53.1 % en 1980,55.3 % en 1990 et 59.2 % en 2000. On retrouve aussi une légère tendance à l’amélioration de la composante emploi d’encadrement - 4.5 % en 1980,4.7 % en 1990 et 5.7 % en 2000 - qui s'inscrit, cependant, en deçà du niveau d’encadrement de l’unité d’exportation.

Tableau X
Effet d'impulsion exercé sur les qualifications
IMGIMGTableau X Effet d'impulsion exercé s...IMGIMF
Tableau X Effet d'impulsion exercé sur les qualifications par une unité composite de demande finale locale Structure Structure Structure ** ** ** ** ** ** d d d d d d Une unité composite ( 2000) ( 1990) ( 1980) ( 1980) ( 1990) ( 1980) Patrons et indépendants 0.0417 0.0642 0.0675 30.3% 35.5% 38.0% Aides familiaux 0.0104 0.0189 0.0195 7.5% 10.5% 11.0% Cadres et ingénieurs 0.0029 0.0033 0.0027 2.1% 1.8% 1.5% Agents de maîtrise 0.0049 0.0053 0.0054 3.6% 2.9% 3.0% Employés 0.0067 0.0082 0.0078 4.8% 4.5% 4.4% Ouvriers 0.0532 0.0671 0.0548 38.6% 37.1% 30.8% Manœuvres 0.0181 0.0138 0.0201 13.1% 7.7% 11.3% Ensemble 0.1379 0.1809 0.1779 100.0% 100.0% 100.0%

On retiendra tout particulièrement de ces résultats que le contenu « qualitatif » de l’emploi généré par l’unité d’exportation évolue selon une tendance d’autant plus défavorable que les exportations à faible contenu technologique recèlent, en général, un taux de valeur ajoutée faible.
En recourant à la grille proposée par le PNUD dans le Rapport Mondial sur le Développement Humain 2001, et aux données présentées dans le même Rapport, on peut établir la base comparative suivante :


IMGIMGExportations à contenu technologique...IMGIMF
Exportations à contenu technologique intermédiaire ou fort en % du total des exportations de marchandises 1999 Exportations Exportations Exportations Pays En % Pays En % Pays En % Japon 80.8 Italie 51.0 Malaisie 67.4 Etats-Unis 66.2 Portugal 40.7 Afrique du Sud 30.2 Suède 59.7 Turquie 26.7 Tunisie 19.7 Allemagne 64.2 Corée du Sud 66.7 Egypte 8.8 France 58.9 Singapour 74.9 Maroc 12.4 Espagne 53.4 Hong Kong 33.6 Syrie 1.2 Source : PNUD, 2001
PNUD, 2001

Il ressort clairement de ce tableau que la teneur technologique des exportations tunisiennes est nettement plus faible que celle des pays « leaders », développés et asiatiques, mais bien meilleure que celle d’autres pays à structure économique similaire (Egypte, Maroc).
 
CON CLUSION
 
 
Au terme de cette analyse, on retiendra que les Industries Manufacturières ont constitué le groupe sectoriel porteur de l’extraversion. Il convient aussi de relever, pour l’ensemble des activités manufacturières, que dans un premier temps (années 80), la séquence - mutation de l’ISI vers l’export promotion - n’a pas été strictement observée en Tunisie comme dans la plupart des autres pays. En fait, le phénomène de l’ISI à titre final, engagé dans les années 70, tend à s’affirmer au cours des années 80 ( time-lag de gestation des projets lancés au cours des années 70) en parallèle avec l’extension de l’export promotion, en même temps que s’aggrave la dépendance technologique en amont, notamment pour les secteurs manufacturiers moteurs. Avec la maturation du PAS et l’atténuation de l’effet b d’exportation, qui reste toutefois prédominant, on peut observer que le processus d’essoufflement des marges de croissance permises par l’ISI à titre final, pour l’essentiel mobilisées au cours des années 80, et le processus de libéralisation des importations à titre final (accéléré depuis la mise en œuvre de la zone de libre échange entre la Tunisie et l’UE) rendent compte, en particulier, du reflux de l’effet c. En contrepartie, l’effet ISI à titre intermédiaire (effet d), qui devient positif, prend en quelque sorte le relais de l’autre forme d’ISI.
En outre, et s’agissant des relations intersectorielles de croissance, les multiplicateurs de produit et, dans une moindre mesure, les multiplicateurs d’emploi, confirment le statut de secteurs moteurs des activités manufacturières d’exportation. Toutefois, les fuites d’importation attachées à l’unité composite d’exportation, comme celles inhérentes à l’unité composite de demande finale locale, tendent à se « concentrer » dans les industries manufacturières (à forte prédominance de THC), ce qui relativise d’autant les résultats de l’export led growth. Plus particulièrement, il ressort des investigations empiriques que l’évolution dans le sens de la contraction des multiplicateurs d’emploi, d’une période à l’autre, est concomitante à l’intensification des processus productifs dictée par les impératifs de l’ouverture. Elle se double d’une évolution « perverse » de la structure qualitative de l’emploi, reflétée par l’accroissement de la part relative des emplois de faible qualification et la lente progression des emplois d’encadrement, autant dire un cheminement non conforme aux nouvelles contraintes de compétitivité extérieure, tant il est vrai, que l’intensification des processus technologiques à l’exportation est conditionnée par une mutation accélérée des qualifications du travail, notamment dans les secteurs manufacturiers exportateurs.
Au total, la question se pose de savoir, ainsi que le suggère H.J. Bruton (1998), comment soutenir, après une phase « facile » d’expansion des exportations, un processus de croissance fondée sur de nouvelles formes d’accumulation (savoirs et intrants technologiques); dans quelle mesure l’impulsion extérieure peut-elle générer un accroissement soutenu de la Productivité Totale des Facteurs au moyen d’une plus grande focalisation sur les créneaux moteurs ou porteurs, et d’un accroissement de capacités d’absorption technologique (Pack, 1988) au moyen d’une valorisation continue des aptitudes du facteur travail ?
 
ANNEXES
 
 


IMGIMGSigles et abréviations 
AGR AGRICULT...IMGIMF
Sigles et abréviations AGR AGRICULTURE BTP BÂTIMENTS ET TRAVAUX PUBLICS CHIM CHIMIE IAA INDUSTRIES AGRICOLES ET ALIMENTAIRES ID INDUSTRIES DIVERSES IEQ INSTITUT D'ÉCONOMIE QUANTITATIVE INDUSTRIES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION IMCCV CÉRAMIQUES ET VERRES IME INDUSTRIES MÉCANIQUES ET ELECTRIQUES INS INSTITUT NATIONAL DE STATISTIQUE ISI INDUSTRIE PAR SUBSTITUTION DES IMPORTATIONS ONU ORGANISATION DES NATIONS-UNIES PAS PROGRAMME D'AJUSTEMENT STRUCTUREL PIB PRODUIT INTÉRIEUR BRUT PROGRAMME DES NATIONS- UNIES POUR LE PNUD DÉVELOPPEMENT RMDH RAPPORT MONDIAL SUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN TEI TABLEAU D'ÉCHANGES INTERINDUSTRIELS TES TABLEAU ENTRÉES - SORTIES THC TEXTILES HABILLEMENTS ET CUIRS


TABLEAU A
1: Effet d'impulsion exercé sur l'emploi par une unité
IMGIMGTABLEAU A 1: Effet d'impulsion exerc...IMGIMF
TABLEAU A 1: Effet d'impulsion exercé sur l'emploi par une unité Composite d'exportation et de demande finale Li Li Li L*j L*j L*j L*d L*d L*d L*exp L*exp L*exp ( 2000) ( 1990) ( 1980) ( 2000) ( 1990) ( 1980) ( 2000) ( 1990) ( 1980) ( 2000) ( 1990) ( 1980) Agriculture 0.168 0.213 0.303 0.189 0.246 0.336 0.026 0.036 0.049 0.002 0.004 0.009 i.a.alimentaires. 0.021 0.024 0.020 0.124 0.189 0.192 0.016 0.029 0.030 0.007 0.007 0.008 Imcc verres 0.044 0.062 0.062 0.082 0.108 0.094 0.001 0.001 0.000 0.001 0.002 0.000 i. mécaniques 0.036 0.044 0.042 0.067 0.071 0.065 0.001 0.002 0.002 0.006 0.005 0.002 Chimie 0.014 0.014 0.022 0.050 0.069 0.069 0.001 0.001 0.001 0.004 0.007 0.006 Textiles h. cuirs 0.084 0.136 0.157 0.107 0.167 0.228 0.005 0.007 0.010 0.033 0.042 0.041 Divers 0.074 0.089 0.069 0.118 0.120 0.112 0.005 0.006 0.005 0.002 0.002 0.003 Mines 0.051 0.090 0.221 0.065 0.124 0.263 0.000 0.000 0.000 0.000 0.001 0.005 Hydrocarbures 0.005 0.005 0.006 0.015 0.021 0.011 0.000 0.000 0.000 0.001 0.002 0.002 Electricité 0.021 0.037 0.065 0.030 0.056 0.084 0.001 0.001 0.001 0.000 0.000 0.000 Eau 0.071 0.125 0.098 0.087 0.158 0.115 0.000 0.001 0.001 0.000 0.000 0.000 Bâtiment 0.125 0.234 0.143 0.172 0.288 0.183 0.040 0.048 0.031 0.000 0.000 0.000 Transport 0.058 0.084 0.090 0.078 0.114 0.117 0.005 0.004 0.004 0.007 0.009 0.014 Tourisme 0.062 0.045 0.039 0.105 0.082 0.093 0.001 0.003 0.004 0.020 0.019 0.019 Commerce 0.143 0.129 0.106 0.163 0.166 0.130 0.021 0.022 0.018 0.004 0.005 0.000 Autres services 0.086 0.116 0.129 0.128 0.134 0.154 0.015 0.019 0.022 0.005 0.004 0.009 Ensemble 0.138 0.181 0.178 0.094 0.109 0.120


TABLEAU A
2: Décomposition de l'effet emploi en effet direct et effet
IMGIMGTABLEAU A 2: Décomposition de l'effe...IMGIMF
TABLEAU A 2: Décomposition de l'effet emploi en effet direct et effet indirect l*j Effet effet( 3)/( 1) l*j effet effet ( 3)/( 1) l*j Effet Effet( 3)/( 1) Agriculture 0.189 0.168 0.021 0.112 0.246 0.213 0.032 0.131 0.336 0.303 0.033 0.099 i.a.alimentaires. 0.124 0.021 0.103 0.831 0.189 0.024 0.165 0.873 0.192 0.020 0.172 0.896 Imcc verres 0.082 0.044 0.038 0.458 0.108 0.062 0.046 0.430 0.094 0.062 0.032 0.337 i. mécaniques 0.067 0.036 0.031 0.457 0.071 0.044 0.027 0.385 0.065 0.042 0.024 0.363 Chimie 0.050 0.014 0.036 0.717 0.069 0.014 0.055 0.803 0.069 0.022 0.047 0.683 Textiles h. 0.107 0.084 0.023 0.215 0.167 0.136 0.031 0.187 0.228 0.157 0.071 0.313 Divers 0.118 0.074 0.044 0.371 0.120 0.089 0.031 0.261 0.112 0.069 0.043 0.383 Mines 0.065 0.051 0.015 0.227 0.124 0.090 0.034 0.275 0.263 0.221 0.042 0.159 Hydrocarbures 0.015 0.005 0.010 0.677 0.021 0.005 0.015 0.750 0.011 0.006 0.005 0.458 Electricité 0.030 0.021 0.010 0.319 0.056 0.037 0.019 0.345 0.084 0.065 0.019 0.229 Eau 0.087 0.071 0.017 0.190 0.158 0.125 0.032 0.205 0.115 0.098 0.017 0.145 Bâtiment & t.p 0.172 0.125 0.048 0.278 0.288 0.234 0.054 0.188 0.183 0.143 0.040 0.220 Transport 0.078 0.058 0.020 0.256 0.114 0.084 0.029 0.258 0.117 0.090 0.026 0.224 Tourisme 0.105 0.062 0.043 0.410 0.082 0.045 0.037 0.452 0.093 0.039 0.054 0.579 Commerce 0.163 0.143 0.020 0.124 0.166 0.129 0.037 0.223 0.130 0.106 0.025 0.190 Autres services 0.128 0.086 0.042 0.330 0.134 0.116 0.018 0.135 0.154 0.129 0.025 0.164


TABLEAU A
3:Emploi direct et indirect par qualification induit par une
IMGIMGTABLEAU A 3:Emploi direct et indirec...IMGIMF
TABLEAU A 3:Emploi direct et indirect par qualification induit par une unité additionnelle de demande finale en 2000 L**j( 2000) IAA IMCCV IME CHIMIE THC Divers Patrons et indépendants 0.0451 0.0122 0.0118 0.0087 0.0245 0.0313 Aides Familiaux. 0.0203 0.0006 0.0007 0.0014 0.0034 0.0035 Cadres et ingénieurs 0.0020 0.0036 0.0030 0.0027 0.0019 0.0039 Agents Maîtrise 0.0029 0.0062 0.0039 0.0052 0.0043 0.0057 Employés 0.0031 0.0075 0.0055 0.0040 0.0032 0.0044 Ouvriers 0.0206 0.0424 0.0352 0.0227 0.0623 0.0531 Manœuvres 0.0302 0.0094 0.0067 0.0050 0.0071 0.0161 ENSEMBLE 0.1242 0.0821 0.0668 0.0497 0.1069 0.1179


TABLEAU A
4: Emploi direct et indirect par qualification induit par une unité
IMGIMGTABLEAU A 4: Emploi direct et indire...IMGIMF
TABLEAU A 4: Emploi direct et indirect par qualification induit par une unité additionnelle de demande finale en 1990 L**j( 1990) IAA IMCCV IME CHIMIE THC Divers Patrons et indépendants 0.0983 0.0132 0.0124 0.0112 0.0518 0.0277 Aides Familiaux. 0.0425 0.0008 0.0007 0.0010 0.0117 0.0024 Cadres et ingénieurs 0.0022 0.0061 0.0035 0.0037 0.0025 0.0041 Agents Maîtrise 0.0031 0.0091 0.0046 0.0069 0.0052 0.0053 Employés 0.0044 0.0089 0.0056 0.0064 0.0041 0.0067 Ouvriers 0.0233 0.0555 0.0366 0.0334 0.0789 0.0552 Manœuvres 0.0152 0.0144 0.0076 0.0064 0.0126 0.0188 ENSEMBLE 0.1889 0.1080 0.0710 0.0689 0.1669 0.1202


TABLEAU A
5 : Emploi direct et indirect par qualification induit par une unité
IMGIMGTABLEAU A 5 : Emploi direct et indir...IMGIMF
TABLEAU A 5 : Emploi direct et indirect par qualification induit par une unité additionnelle de demande finale en 1980 L**j( 1980) IAA IMCCV IME CHIMIE THC Divers Patrons et indépendants 0.0979 0.0116 0.0095 0.0092 0.1120 0.0264 Aides Familiaux. 0.0367 0.0010 0.0006 0.0014 0.0254 0.0041 Cadres et ingénieurs 0.0017 0.0037 0.0025 0.0026 0.0029 0.0033 Agents Maîtrise 0.0031 0.0054 0.0038 0.0054 0.0046 0.0045 Employés 0.0037 0.0068 0.0054 0.0068 0.0052 0.0071 Ouvriers 0.0230 0.0427 0.0361 0.0329 0.0641 0.0471 Manœuvres 0.0259 0.0230 0.0074 0.0108 0.0137 0.0197 ENSEMBLE 0.1923 0.0942 0.0653 0.0690 0.2279 0.1122

 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  BALASSA B. ( 1988), Conceptual Framework for Adjustment Policy, World Bank , W.P.S.
·  BANERJI R., RIEDEL J. ( 1980), « Industrial Employment Expansion under alternative trade strategies; case of India and Taiwan », Journal of Development Economics.
·  BEN SLAMA M. ( 1982), Relations intersectorielles de croissance, CERP, Tunis.
·  BEN SLAMA M., BEN SASSI B., TRABELSI A. ( 1996), Relations technologiques intersectorielles et décomposition des sources de croissance, IEQ, Tunis.
·  BEN SLAMA M. ( 2000), Mutations des sources de croissance et ouverture sur l’extérieur, GDR, Economie et Finance Internationales, Tunis.
·  BONELLI R. ( 1992), « Growth and Productivity in Brazilian Industries. Impacts of Trade Orientations », Journal of Development Economics.
·  BOUMEDIENE M. J. ( 2001), « Etude sur l'emploi », in Rapport National sur le Développement Humain 2000, PNUD, République tunisienne.
·  BRUTON H.J. ( 1998), « A Reconsideration of Import Substitution », Journal of Economic Literature, June.
·  CHIN LIH WANG ( 1992), « Sources of Economic Growth and Structural Change A revised Approach », Journal of Development Economics, vol. 38.
·  CORTES O., JEAN S.( 1997), « Progrès technique, commerce international et inégalités », Economie Internationale, 3°trimestre.
·  DAHLMAN C.J. ( 1993), New Elements of International Competitiveness. Implications for technology policy in developing economies, OCDE.
·  DERVIS K, J., DE MELO, ROBINSON S. ( 1982), General Equilibrium Models for Developments Policy, World Bank.
·  HUSSON M. ( 1994), « Le contenu en emploi de la demande finale », Revue de l’IRES, hiver.
·  LALL S. ( 2000), « The technological structure and performance of developing country manufacture exports », Oxford Development Studies.
·  ONU ( 2001), Correspondance sur les exportations de technologies.
·  PACK H. ( 1988), « Industrialization and Trade », in Handbook of Development Economics, edited by H. Chenery H., Srinivasan T.N, North Holland, Amsterdam, London, New-York, Tokyo.
·  PNUD ( 2001), Rapport Mondial sur le Développement Humain 2001, Genève.
·  SARMA A., RAM K. ( 1989), « Income, Output and Employment Linkages and Import Intensities of Manufacturing Industries in India », The Journal of Development Studies, January.
·  SYRQUIN M. ( 1987), Economic Growth and Structural Change in Colombia : An International Comparison, ORSTOM, Paris.
·  SYRQUIN M. ( 1988), « Patterns of Structural Change », in Handbook of Development Economics, edited by Chenery H., Srinivasan T.N.
 
NOTES
 
[(*)] Professeur et Maître de Conférences agrégé à l'Université de Tunis-El Manar et à l'Université de Tunis - e-mail : bbamou@ gnet. tnet mjboumedien@ lycos. com
© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[(*)]
Professeur et Maître de Conférences agrégé à l'Université ...
[suite] Suite de la note...