2003
Monde en développement
Introduction
Jean Brot
Hubert Gérardin
Jacques Poirot
[(*)]
Crise et redéfinition des finalités de l'aide au développement, appels à plus
de solidarité Nord-Sud, recherche d'une mondialisation plus équilibrée…,
ces éléments sont au centre de nombreux débats et enjeux actuels. A de
nombreux égards, les problématiques du développement durable et de la
mondialisation remettent en cause le rôle et les modes de fonctionnement des
acteurs.
Comment adapter les modèles de développement jusqu’alors promus ? Dans
quelle mesure la pluralité et la diversité des expériences locales, nationales ou
régionales peut-elle y contribuer ? Que peut-on attendre des tentatives de
constructions alternatives impulsées par le Sud, et visant à s’affranchir de la
tutelle des acteurs que sont les institutions financières internationales ? Quels
acteurs se révèleront pour relever les défis des désastres écologiques passés et à
venir ?
Dans un monde globalisé, les acteurs locaux disposent, désormais, de
nouvelles capacités d’action, fondées sur d’autres approches, d’autres
partenariats et d’autres ressources (Fabienne Leloup, Laurence Moyart et
Bernard Pecqueur).
A l’instar de l’expérience de l’Union européenne (Laure Delcour), de nouvelles
formes de coopération sont à élaborer, dans une perspective de cohésion
internationale renforcée.
Les stratégies de développement doivent prendre en compte les évolutions qui
ont marqué les années 90 et le début du nouveau millénaire : l’ouverture
commerciale et financière internationale croissante ; la tendance à une
diminution drastique de l’aide que les effets d’annonce du sommet de
Monterrey n’ont pas encore inversée ; un endettement qui pèse toujours sur de
nombreuses économies en développement ; l’affirmation de nouveaux acteurs
sur la scène politique mondiale (mouvements de résistance, altermondialisation, etc.)
Ces stratégies sont mises en œuvre par de multiples acteurs, qui interviennent à
des niveaux différents (Philippe Hugon), ne sont pas reconnus comme des
partenaires ou ne se reconnaissent pas eux-mêmes comme des acteurs de
développement ; leurs objectifs ne sont pas toujours compatibles ou cohérents
entre eux.
La transformation des relations entre les acteurs fait émerger de nouvelles
problématiques concernant, notamment, la coordination des niveaux de
décision dans la mise en œuvre de l’aide, la cohérence entre politique d’aide et
d’autres politiques économiques (agricole, protectionniste… ), la compatibilité
entre mesures d’ajustement à court terme et stratégies de développement
durable (Fano Andriamahefazafy et Géraldine Froger), les contradictions entre
logique participative (Diana Burgos-Vigna) et mesures de contrôle social, etc.
Dans ce contexte, comment dépasser la crise de la solidarité internationale et
s’orienter vers une notion de communauté planétaire ? Comment évoluent les
logiques d’intervention des acteurs du développement au niveau local, national
et international (régional et mondial), sur le plan bilatéral/multilatéral, dans les
secteurs privé et public ?
Quels sont les acteurs concernés ? Comment interviennent-ils ? A quels types d'adaptation
procèdent-ils ? Les stratégies de développement ne risquent-elles pas de se diluer dans les
nouvelles stratégies de lutte contre la pauvreté ?
Quelle place, quelle marge de manœuvre détiennent encore les politiques
publiques (Jean-Jacques Gabas)? Comment le rôle des Etats se redéfinit-il et
pour quelle forme de gouvernance ?
***
[(*)]
Credes et Grefige, Université Nancy 2