2004
Monde en développement
Tourisme durable régional : une initiative des villageoises de Haute-Svanétie (Géorgie)
Udo Hirsch
[1]
Marie-Christine Lacour
[2]
Un projet de tourisme pour un développement durable est mis en place en
Svanétie (Géorgie) dans une région où l’exploitation du tourisme a longtemps
été centralisée par "Intourist". Lié à une forte tradition d’accueil du voyageur, le
tourisme se réinstalle dans la région montagneuse de Mestia avec une
valorisation du patrimoine local et un partage du pouvoir et de la coordination
entre les différents acteurs.
Mots-clés :
Caucase, Svanétie (Géorgie), tourisme durable, valorisation du patrimoine naturel et culturel, écotourisme, projet pilote.
A tourism project for sustainable development has been set up in Swaneti
(Georgia) in a country where tourism business has been for long centralized by
"Intourist". Connected to a strong tradition of welcoming the traveller, tourism
is settling again in his mountainous country of Mestia together with a
development of the local heritage and a share of power and coordination
between the different actors.
Keywords :
Caucasus, Swaneti (Georgia), Sustainable development, valorisation of the natural and cultural heritage, ecotourism, pilot project.
1. NAISSANCE D’UN PROJET PILOTE
DE TOURISME DURABLE : SOLIDARITÉ
OU INNOVATION
La terminologie s’associant au tourisme est complexe ; elle vient des
nombreux partenariats qui participent aux orientations du tourisme. Le
tourisme durable se rapporte à la notion de durabilité, définie en 1992
lors du sommet de Rio : "durable" est la traduction la plus appropriée pour
sustainable. Ce tourisme doit satisfaire les attentes des touristes et les besoins des
régions d'accueil, tout en protégeant et en améliorant les perspectives pour
l'avenir. Il est vu comme intégrant la gestion de toutes les ressources, afin que
les besoins économiques, sociaux et esthétiques puissent être satisfaits tout en
maintenant l'intégrité culturelle, les processus écologiques essentiels, la diversité
biologique et les systèmes vivants (Organisation mondiale du tourisme (OMT),
1999). Dans ce cadre, la Svanétie, province de l’Etat de Géorgie, peut se définir
comme une destination touristique non traditionnelle, appliquant les principes
du développement durable. À l’initiative de l’offre, la région a privilégié la
notion de tourisme culturel afin de permettre l’enrichissement culturel du
voyageur et de la population. De même, un accent particulier a été mis sur le
caractère écologique du tourisme dans la région. En effet, une partie du
programme a pour vocation principale l'observation et l'appréciation de la
nature et une participation à la vie locale, ce qui contribue à la conservation du
milieu naturel et du patrimoine culturel, et qui n'a sur eux qu'une incidence
minimale ( Ibid.). Les Svanétes ont établi une relation particulière entre le
"touriste voyageur" et eux-mêmes. Ce projet pilote a l’avantage d’être une
approche globale, intégrée et innovante.
1 1 La Haute-Svanétie
La République de Géorgie est située dans la région transcaucasienne, entre la
mer Noire à l’ouest et la mer Caspienne à l’est. Toute la frontière nord est
délimitée par la haute chaîne montagneuse du Grand Caucase. Politiquement la
Géorgie fait partie à la fois du Conseil de l’Europe et de la Communauté des
Etats indépendants (CEI). La capitale est Tbilissi. Peuplée dès l’époque
paléolithique, la Géorgie était divisée, entre le VIe et le VIIe siècle avant notre
ère, en deux régions : à l’ouest, la Colchique (avec la légende de la toison d’or)
et à l’est l’Ibérie. L’indépendance de la Géorgie date du 9 avril 1991.
La Svanétie est l’une province de Géorgie. Elle fut intégrée à la Russie au XIXe
siècle. Elle se divise en Haute et Basse-Svanétie. La Haute-Svanétie est une
région montagneuse
[3] et frontalière. Cette région a gardé de fortes traditions
partiellement préservées par l’isolement montagneux, isolement qui s’est
accentué avec la chute de l’U.R.S.S. La Svanétie est par vocation une
destination touristique grâce à la diversité de son paysage et à la richesse de sa
culture régionale
[4]. C’est manifestement la région la plus intéressante du Grand
Caucase. Sa surface de 69 700 km
2 est un peu supérieure à deux fois à celle de la
Belgique. À côté de villages médiévaux, avec leurs maisons typiques et leurs
tours de défense dont quelques-unes datent du XIIe siècle, le paysage constitue
un élément primordial de l’attractivité de la région pour les promeneurs et les
randonneurs. Les forêts de montagne, denses, se succèdent, présentant des
essences différentes jusqu’à l’altitude limite des arbres. Ensuite c’est le domaine
des rhododendrons, puis des pâturages de haute montagne, des petits lacs de
glacier, des gorges profondes et des grands rochers qui offrent de vastes
horizons et donnent un raccourci assez exceptionnel des paysages du Grand
Caucase.
La Haute-Svanétie abrite 14 villages ; les Svanétes parlent une langue particulière et
ont des coutumes et une interprétation de la religion chrétienne personnelle. De
multiples jours de fêtes se répartissent tout au long de l’année. Lors de ces fêtes,
célébrées sur des autels de pierre, en plein air sur la montagne, des pratiques
cultuelles très anciennes réapparaissent où les déesses protectrices, les génies des
montagnes et les ancêtres connectent le passé avec le présent. L'hospitalité est
traditionnelle. Elle a été importante pour la survie locale par le passé et jusqu'à nos
jours. Elle constitue un élément essentiel pour le développement du tourisme
régional et son intégration dans la culture locale.
1 2 L’évolution du tourisme en Svanétie
Le tourisme en Svanétie à l’époque soviétique
Pendant l’ère soviétique, la région recevait essentiellement des touristes de
l’Union, récompensés pour leur travail par le gouvernement soviétique. Ils
étaient des randonneurs qui venaient de toutes les régions soviétiques pour
escalader les sommets de Svanétie, les plus hauts du Caucase. Ils étaient
accueillis, soit dans des campings et des écoles d’escalade, soit dans des maisons
de vacances. Ce tourisme était organisé de façon centralisée par le
gouvernement soviétique. Les employés de l’organisation "Intourist"
exploitaient et entretenaient les établissements et les campings qui étaient situés
en dehors des villages. La saison durait les trois mois d’été et les villageois
n’étaient aucunement impliqués dans ce tourisme.
La transition post-soviétique
Les structures touristiques gouvernementales, les seules existantes, se sont
effondrées depuis une décennie. Ces régions de hautes montagnes, déjà très
périphériques, sont devenues encore plus isolées et coupées du reste de la Géorgie
devenue indépendante. La population s’est appauvrie, le gaz et l’électricité n’ont plus
été distribués et les voies de communication ont été coupées par manque
d’entretien. Ces régions ne survivent aujourd’hui que grâce à une économie de
subsistance. Les jeunes migrent vers les villes et tentent de trouver du travail. Depuis
1990, trois agences de tourisme géorgien ont tenté de relancer des circuits touristiques
dans les montagnes de Svanétie sur les traces du modèle précédent, en direction de
touristes étrangers. Ces entreprises privées ont donc organisé leur tour en Svanétie à
partir de la capitale Tbilissi, selon le schéma du régime précédent et sans faire
participer la population locale. Les touristes étaient logés dans des familles de
Svanétie, les structures soviétiques étant devenues inhabitables. Ces tentatives se sont
toutes soldées par des échecs : les touristes n’étaient informés ni de la situation
locale
[5], ni des traditions de la région
[6]. Ces divergences d’objectifs et de point de
vue, ont conduit ces premiers voyages organisés à l’échec. De gros conflits ont
éclaté entre la population locale, les organisateurs et les touristes.
2. LE PROJET PILOTE ACTUEL ET
SON EXTENSION
Depuis 1995, l’association C.U.N.A. Georgia (traduction française : Association
pour le Soutien de la Culture en Géorgie) a commencé à travailler sur un projet
avec les villages de Haute Svanétie. Il s’agissait de développer l’utilisation des
plantes médicinales dans différentes régions de Géorgie mais surtout en
Svanétie, sur fonds privés. En 1996, la C.U.N.A. aide des groupes,
essentiellement composés de femmes, à produire des épices et des aromates
sélectionnés pour les vendre sous le label "produit naturel". Une partie des
produits soutenus par un marketing efficace, a pénétré les marchés d’Europe de
l’Ouest. Fortes de cette expérience, les femmes de Svanétie ont demandé
assistance pour organiser un programme de tourisme régional.
Entre 1997 et 2002, l’Association C.U.N.A. a fait visiter la Haute-Svanétie à des
groupes de touristes, avec une fréquence de quatre groupes par an. Les
touristes ont été reçus et installés dans des chambres d’hôtes appartenant aux
villageoises du groupe projet. Le programme a été décidé en commun avec les
touristes et leurs hôtes. Cette organisation a permis une bonne coopération du
groupe ; elle a aussi évité les conflits entre les villageois et les touristes, dans le
respect de leurs différences culturelles. L’expérience vécue lors de ce projet
pilote a renforcé l’organisation du groupe de femmes et a conduit à un
programme de développement de tourisme écologique et durable pour toute la
région.
Pour que le tourisme profite aux populations locales, il doit faire appel aux
ressources des lieux, ce qui suppose que les acteurs locaux s’organisent pour les
offrir. Après ce premier essai, vingt-trois femmes et quatre hommes de cinq
villages de Haute-Svanétie ont souhaité développer un programme de tourisme
de plus grande envergure. Il est prévu que ce programme suivra à la fois les
souhaits des groupes de touristes et du voyageur individuel, en tenant compte
de la culture traditionnelle et originale de la Haute Svanétie et des écosystèmes
sensibles de la haute montagne.
L'accueil touristique en milieu rural repose sur une offre variée d'activités
(découverte d’une culture, d’une région, randonnée), d'hébergement (chambres
d'hôtes) et de restauration, qui concourt fortement au développement des
territoires concernés. Basés sur leur tradition et le fonctionnement de leur
société villageoise, les Svanétes veulent organiser la sécurité et mettre en place
les services nécessaires aux touristes. Ils souhaitent renforcer par ce programme
la situation économique de la population locale de façon durable et suffisante
financièrement. Six ans de collaboration avec C.U.N.A. Georgia et des villages
de Haute-Svanétie ont créé un climat de confiance. C’est pour cette raison que
cette association a été retenue pour collecter des fonds, organiser et assister les
travaux et pour coordonner les actions internes et externes. Cette confiance
rend possible des discussions constructives qui permettent de faire évoluer les
mentalités et de trouver des solutions adaptées aux différents problèmes liés à
l'organisation de ce projet.
3. APPROCHE NORMATIVE : ACTIVITÉS
PRÉVUES POUR PLANIFIER LE PROJET
Les touristes occidentaux ont l’habitude de bénéficier d'une information
appropriée sur la qualité et le déroulement de leur séjour, ce qui suppose qu'une
réflexion soit menée sur un classement et une standardisation des services
offerts. Des ateliers vont analyser les besoins les plus urgents, qui se définissent
actuellement ainsi en Haute-Svanétie :
- Classification des familles hôtes, des chambres, des services et de la
restauration familiale.
- Recensement de l’emplacement des habitations et édition de dépliants.
- Adaptation et mise à jour du site Internet existant. Les informations seront
régulièrement mises à jour sur le site web de CUNA (normalisation des
chambres, leur emplacement et les services liés, afin de répartir les offres en
trois catégories ; définition des menus, des portions et de la qualité de la
restauration ; préparation des dépliants qui indiqueront l’emplacement des
chambres d’hôtes, la capacité d’accueil et les services joints ; organisation et
réalisation de circuits signalisés et minutés décrits sur trois cartes
topographiques (ces circuits seront gradués en fonction des difficultés du
parcours) ; production d’un indicateur d’horaires détaillés pour le voyage de
- Tbilissi à Mestia, avec une description des régions traversées ; modernisation et
équipement d’une maison traditionnelle pour accueillir des hôtes à Mestia (noyau
d’où se déploiera l’accueil des touristes vers les villages).
L’évaluation sera faite après avoir dégagé les indicateurs principaux et le cadre
institutionnel minimal qui donnent de la cohérence à ce projet et en assurera la
pérennité.
L’organisation et l’administration de ce programme sont confiées à C.U.N.A. Georgia
à Tbilissi et C.U.N.A. Svanétie à Mestia, avec la participation des organisations non
gouvernementales (ONG) Ailawa et LILE de Mestia. La durée de cette nouvelle
tranche du projet est de trois ans, avec un budget de 120 000.
Affirmer qu’il s’agit d’un nouveau créneau porteur pour le développement d’un
tourisme à grande échelle serait abusif. Les conditions mêmes de ce type de
tourisme ne subsistent que dans quelques régions préservées. A cela s’ajoute
une volonté individuelle des svanétes pour relancer une économie touristique à
leur mesure sur des thèmes qu’ils pratiquent naturellement (traditions, nature,
poésie du paysage, hospitalité). Pour aider à la mise en place d’un
environnement favorable au développement d’un tourisme durable qui protège
l’environnement et les traditions, une solution praticable ne devrait-elle pas
s’appuyer sur la prise en charge et la maîtrise de ce développement touristique
par les habitants eux-mêmes, en liaison avec les autres acteurs, quel que soit leur
rôle : touristes, transporteurs, etc. ?
En face de cette initiative, le comportement des touristes et leurs loisirs ont
partiellement changé ; la tendance n’est plus au tourisme de masse dans nos
sociétés occidentales dont l’économie et les populations, plus âgées et plus
cultivées, ont tendance à devenir plus exigeantes ; l’offre doit être flexible,
adaptée aux souhaits des divers types de touristes.
Ce type de tourisme repose quasi-exclusivement sur le secteur privé, souvent des
petites et moyennes entreprises (PME) ou des ONG. Pour un bon
développement d’un tel projet, il faut aussi tenir compte de la stabilité politique,
de la gestion de l'environnement, de la sécurité qui sont des facteurs essentiels
d’attractivité. Le touriste qui est attiré par une destination de ce type est celui
qui a choisi de construire son projet : à de nombreux égards, le touriste
redevient voyageur.
·
Agence française de l’ingénierie touristique (AFIT) (1999) L’Interprétation : Synthèse du Rapport
réalisé par l’Agence française de l’ingénierie touristique pour le compte du ministère chargé du Tourisme, Les
Cahiers de L’AFIT, Guide de Savoir-Faire, Paris.
·
Centre européen pour les cultures traditionnelles et régionales (1998) Culture and Economic
Development in the Regions of Europe, Proceedings of the Tarragona and Shannon Conference,
UK.
·
Commission canadienne du tourisme (1999) Catalogue des pratiques exemplaires du Tourisme
d'aventure et de l'écotourisme, Ottawa.
·
Commission européenne (2001) Sustainable Tourism and Natura 2000 : Guidelines, Initiatives and good
practices in Europe – Final Publication based on the Lisbon Seminar, December 1999,
Bruxelles.
·
C.U.N.A. – Society in Support of Culture and Nature in Georgia. Kakabadzeebi str, 380008, Tbilissi,
Georgia. E-mail cuna@ caucasus. net.
·
Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ) GmbH et ministère fédéral de
la Coopération économique et du développement, (1999) Sustainable Tourism as a Development
Option; Practical Guide for Local Planners, Developers and Decision Markers, Eschborn.
·
LACOUR M.C. (1992) Aide à la décision appliquée aux politiques de gestion des ressources naturelles :
Analyse des contraintes et mise en œuvre d’un prototype de base de données, Thèse, Université de Paris 7,
novembre.
·
Mc NEELY (1998) Economics and biological diversity : Developing and using incentives to Conserve Biological
Resources – Ed. UICN, Gland.
·
MAZZOCCO M., HIRSCH U., NAKHUTSRISHVILI G. (2003) Perspectives économiques et
potentiels des régions rurales reculées. Atelier 1, La transition économique dans le Caucase du sud,
huitième conférence annuelle de la Confédération sur la coopération avec l’Europe de l’Est
et de la Communauté des Etats indépendants (CEI), 4 novembre, Berne (CH).
·
Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) (1991) Politique de
l’environnement : Comment appliquer les instruments économiques, OCDE, Paris.
·
Organisation mondiale du tourisme (OMT) (1999), Sustainable Development of Tourism : A
Compilation of Good Practices, Madrid, 2001.
·
OMT (1999) New Global Ethics for World Tourism, Charter adopted in 1999.
·
REMOND-GOUILLOUD M. (1990) Le prix de la nature : l’évaluation du patrimoine naturel,
Revue française d’administration publique, 53, janv./mars.
·
RYAN C. (2002) Equity, management, power sharing and sustainability. Issues of the New
Tourism, Tourism management, 23.
·
ARTE, le dessous des cartes, www. arte-tv. com/ hebdo/ dessouscartes/ 19980715/ ftext/
·
Commission européenne du tourisme (CET): www. etc-europe-travel. org
·
Organisation mondiale du tourisme (OMT): www. world-tourism. org
·
République de Géorgie. www. ulaval. ca/ axl/ asie/ georgie. htm
·
Union mondiale pour la nature (IUCN) www. iucn. org
·
World Travel and Tourism Council (WTTC): www. wttc. org
[1]
Directeur de C.U.N.A., Society in Support of Culture and Nature in Georgia. Kakabadzeebi
str, 380008, Tbilissi, Georgia. Email
cuna@ caucasus. net
[2]
Ingénierie des Systèmes d’Informations Stratégique et décisionnels (ISIS), Université de
Marne la vallée, Cité Descartes, 5 Bd Descartes Champs-sur-Marne 77454 Marne-la-Vallée
cedex 2 France. Email :
lacour@ univ-mlv. fr
[3]
Le mont Elbrus a une altitude de 5642m et le Mont Ushba de 4690m.
[4]
Les Svanes constituent une des plus anciennes tribus de cette région ; ils s’apparenteraient aux
sumériens.
[5]
Les maisons sont simples en Svanétie, la salle d’eau se limite le plus souvent à un baquet
installé sous la fontaine, les toilettes "à la cendre" sont situées à l’extérieur de la maison.
[6]
Dans la tradition Svanéte, les hôtes honorent les touristes en préparant des festins qui les
tiennent à table toute la journée ; l’honneur de la maîtresse de maison est alors en jeu et
c’est tout le village qui est responsable de l’abondance de la nourriture, de la sécurité et du
bien-être des touristes invités. Les souhaits du touriste ne concordent pas toujours avec ces
excès qui peuvent se prolonger plusieurs jours : les touristes sont surtout venus pour visiter
la région, découvrir le paysage et les villages et escalader les montagnes.