Mondes en développement
De Boeck Université

I.S.B.N.2-8041-4435-6
148 pages

p. 41 à 63
doi: en cours

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no 128 2004/4

2004 Monde en développement

Analyse des déterminants de la pauvreté monétaire des femmes chefs de ménage au Bénin

Marie-Odile Attanasso  [*]
Marie-Odile ATTANASSO Cette étude analyse l’influence du sexe du chef de ménage sur les déterminants de la pauvreté monétaire au Bénin à partir des données de l’enquête sur les conditions de vie en milieu rural et de l’enquête légère auprès des ménages en milieu urbain de 1999. Les résultats montrent qu’il n’y a pas une féminisation de la pauvreté en comparaison avec ceux de 1995. En 1999, les femmes chefs de ménage étaient moins pauvres que les hommes chefs de ménage, sauf dans certaines villes où la profondeur est plus élevée. Sur la base de ces résultats, des recommandations sont formulées pour réduire le niveau de pauvreté au Bénin. Mots-clés : pauvreté monétaire, femme chef de ménage, milieu de résidence, niveau d’instruction, logit. Marie-Odile ATTANASSO This study investigates the impact of the gender of household’s head on the determinants of monetary poverty in Benin Republic, using data collected during the 1999 living standard measurement survey in rural and in urban areas. The results show that there no feminisation of poverty as compared with the situation of 1995. In 1999, the incidence of poverty among female household’s heads was lower than that of their male counterpart, but in some cities the poverty depth is higher. Based on these results, some suggestions are made in order to reduce the incidence of poverty in Benin. Keywords : monetary poverty, female household’s head, area of residence, educational level, logit.
Dans les pays en développement, près de 570 millions de femmes résident à la campagne, soit 60 % de la population rurale, et vivent en deçà du seuil de pauvreté. Pourtant des recherches récentes du Fonds international pour le développement agricole (FID2A) montrent que dans ces pays, ce sont les femmes qui assurent la majeure partie de la production vivrière ; sur le continent africain, on estime qu'elles produisent 70% des aliments. Les femmes pauvres de ces pays cumulent production marchande et production de subsistance ; plus le ménage est pauvre, plus la charge de ces deux fonctions est lourde et indispensable à la survie.
Notre principal objectif est de mieux appréhender la pauvreté des femmes chefs de ménage. La connaissance des caractéristiques de ces femmes conduira à une meilleure définition de stratégies pour réduire leur niveau de pauvreté. Nos objectifs spécifiques permettront d’étudier la pauvreté différentielle selon le genre et le milieu de résidence, de rechercher les facteurs déterminants de la pauvreté féminine par milieu de résidence et de définir des stratégies par zone ou par département dans un contexte de décentralisation.
 
1. LA PAUVRETÉ
 
 
La pauvreté est définie comme le minimum de bien-être qu'un individu devrait atteindre pour être à un niveau de vie standard de la société de référence. L'appréciation du bien-être demeure délicate. Selon l'approche utilitariste ( welfariste), chaque individu a une fonction d'utilité et le bien-être ne peut être évalué que par l'individu lui-même. Elle préconise, en matière de politique, une augmentation de la productivité, de l’emploi, du revenu, afin d’alléger la pauvreté. Cette approche est l’approche "revenu" (monétaire) de la pauvreté. L'approche non-utilitariste ( non welfariste) met l'accent sur la privation. Selon ses partisans, un individu est pauvre s’il n’arrive pas à satisfaire ses besoins essentiels. Ces besoins sont plus que nécessaires à l’existence et varient suivant le sexe et l’âge.
Un indicateur de pauvreté est une variable proxy mesurable et aussi près de la réalité que possible d’une dimension particulière, spécifiée, de l’espace de pauvreté. L’indicateur de pauvreté diffère d’une mesure de pauvreté ou d’un indice de pauvreté. Ce dernier est une fonction de l’indicateur de pauvreté (le revenu) sur l’ensemble de la population. L’indicateur permet de déterminer si le ménage, ou l’unité statistique sur laquelle porte l’étude, est pauvre ou non (mesure de pauvreté). L’indice de pauvreté mesure la proportion des pauvres au sein d’une population.
Du point de vue pratique, le bien-être est évalué par rapport à la consommation de biens et de services. Les éventuelles difficultés qui se posent sont liées à la nature même des données : la consommation est une donnée se rapportant au ménage et le bien-être s'évalue au niveau individuel ; la composition du ménage introduit également des biais. Des ménages ayant la même consommation n'ont pas le même bien-être si leurs tailles sont différentes.
La mesure de la pauvreté se fonde sur la détermination d'une ligne (ou d'un seuil) frontière après la correction de la consommation pour donner une consommation par tête ajustée dans le ménage. Il restera à fixer le minimum du seuil acceptable pour atteindre le niveau de vie standard de la société de référence. Cela conduit à la distinction entre ligne absolue et ligne relative. Le seuil de pauvreté sera le minimum requis pour couvrir les besoins caloriques par jour ( 2400 cal/j). Ensuite est déterminée la dépense qu'il faut pour atteindre les 2400 calories à partir des produits alimentaires les plus consommés. En retenant que les besoins non alimentaires représentent la moitié des besoins alimentaires, on arrive à fixer la ligne. Toute personne dont la consommation par tête ajustée n'atteindrait pas ce niveau sera considérée comme pauvre.
Bien que des statistiques récentes attestent l’ampleur du phénomène des femmes chefs de ménage, les travaux consacrés aux femmes seules ne rendent pas compte des divers aspects de leurs conditions d’existence. Pourtant, le statut de ces femmes mérite d’être examiné, notamment en raison du lien qui existe entre cette nouvelle structure familiale et le processus de féminisation de la pauvreté. Le pourcentage des ménages dirigés par les femmes a augmenté partout dans le monde au cours des années 1980. En Europe occidentale, par exemple, il est passé de 24% en 1980 à 31% en 1990. Dans les pays en développement, il varie de moins de 20% dans certains pays du sud et de sudest asiatique à près de 50% dans certains pays d’Afrique et des Caraïbes. Les facteurs d'accroissement du nombre de ménages dirigés par les femmes varient d’une région à l’autre en fonction des conditions sociales, démographiques et économiques. Les plus importants sont les migrations, le divorce, l’abandon, les troubles politiques, le veuvage, les naissances hors mariage et, d’une manière générale, l’idée que les enfants sont essentiellement à la charge des femmes.
Il ressort d’observations récentes que les ménages dirigés par des femmes risquent davantage d’être plus pauvres que ceux dirigés par les hommes si l'on prend en compte le nombre des personnes dans chaque ménage. Premièrement, ces ménages ont un nombre de personnes à charge plus important, c’est-à-dire une plus forte proportion de personnes qui ne travaillent pas (enfants, personnes âgées). Deuxièmement, ils sont, par définition, soutenus principalement par des femmes qui ont un revenu moyen inférieur à celui des hommes et un moindre accès à des emplois rémunérateurs et aux ressources productives telles que la terre, le crédit et la technologie. Troisièmement, les femmes chefs de ménage doivent, en outre, assumer seules les responsabilités familiales et, dans les pays en développement surtout, la production de subsistance, ce qui les force à choisir des emplois ou des types de travaux moins bien rétribués (à domicile bien souvent), offrant des conditions qui sont plus compatibles avec l’éducation des enfants, les obligations ménagères et les activités de production domestique.
Les ménages dirigés par les femmes qui ont des enfants à charge comptent parmi les plus pauvres. Et si ces mères de famille ne disposent pas d’un niveau minimum de revenu, elles n’ont pas d’autre choix que de transmettre la pauvreté à leurs enfants. Cela est plus particulièrement vrai pour les filles, souvent obligées de quitter l’école pour s’occuper de leurs frères et sœurs pendant que leur mère travaille. Des recherches menées au Brésil, en Zambie et aux Philippines ont révélé que les chances de survie des enfants de ces ménages étaient sensiblement inférieures à celles des autres enfants. Il a été cependant démontré que lorsqu’elles ont un emploi suffisamment rémunéré, les femmes sont plus disposées que les hommes à consacrer leurs gains au bien-être (éducation, nutrition) des enfants.
 
2. LES SOURCES DE DONNÉES
 
 
Les deux sources de données utilisées sont des enquêtes faites au niveau national par l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique du Bénin.
2.1 L'enquête sur les conditions de vie dans le milieu rural : deuxième édition (ECVR 2,1999)
Le Bénin est subdivisé en douze départements selon le nouveau découpage administratif. Du point de vue géographique, le milieu rural est subdivisé en onze départements (Alibori, Atacora, Atlantique, Borgou, Collines, Couffo, Donga, Mono, Ouémé, Plateau et Zou). Le douzième (Littoral) présente un caractère exclusivement urbain.
Les données de l'enquête ont été collectées en quatre passages d'un mois chacun dans l'année pour tenir compte des variations saisonnières qui influencent beaucoup les conditions de vie en milieu rural. L'échantillon de l'ECVR 2 est constitué de 2325 ménages. Il y a eu par rapport à l'ECVR 1 (1994) une augmentation de la taille de l'échantillon (de 1350 à 2325), afin de s'assurer de la représentativité de l'ensemble des départements issus du nouveau découpage territorial. Mentionnons que cet échantillon comprenant celui de l'ECVR 1 au complet, sauf cas de déperdition, a permis d'avoir un échantillon de suivi.
2.2 L'enquête légère auprès des ménages (ELAM)
Le milieu urbain est composé des villes telles que : Abomey-Bohicon, Parakou, Cotonou, Porto-Novo, Kandi, Natitingou, Djougou, Ouidah, Lokossa et Aplahoué. Cette enquête permet le suivi des caractéristiques et des comportements des ménages et des groupes vulnérables en milieu urbain. Elle est répétée tous les ans avec un échantillon de suivi des ménages déjà interrogés lors du passage précédent et un échantillon, dit de contrôle, indépendant de celui du passage précédent. L'ELAM a permis d'établir un profil de la pauvreté urbaine par l'introduction dans le questionnaire, en 1995/1996 et 1999, d'un volet "Dépense de consommation" administré à tous les ménages urbains enquêtés. Contrairement aux éditions d'avril/septembre 1995 et octobre 1995-mars 1996, menées dans les quatre principales villes, à raison de 720 ménages à Cotonou et de 400 à Abomey-Bohicon, Parakou et Porto-Novo (soit un échantillon de 1920 ménages), l'ELAM d'août-septembre 1999 a été exécutée dans les dix circonscriptions urbaines, à raison de 800 ménages à Cotonou, 400 à Porto-Novo, Abomey-Calavi, Parakou et 200 à Ouidah, Lokossa, Aplahoué, Kandi, Natitingou et Djougou, soit un échantillon total de 3200 ménages.
 
3. INDICATEURS ET CONCEPTS UTILISÉS
 
 
Du point de vue méthodologique d'appréciation de la pauvreté, la dépense globale du ménage, incluant la valorisation de l'autoconsommation, a été choisie comme indicateur de niveau de vie. La détermination des seuils de pauvreté est l’une des étapes les plus importantes de la mesure de la pauvreté. Trois seuils de pauvreté ont été considérés : celui de pauvreté alimentaire (SPA) ; celui de pauvreté non alimentaire (SPNA) ; enfin, celui de pauvreté globale (SPG) est obtenu en faisant la somme des deux précédents.
Ces seuils ont été calculés par équivalent-adulte, aussi bien pour l'ECVR 1 que l'ECVR 2. Ils diffèrent suivant les villes et les départements, de même que l'ordre de passage (pour le cas de l'ECVR 2, le seuil de pauvreté global utilisé est celui du quatrième passage).
Plusieurs indicateurs ont été calculés pour mesurer la pauvreté :
  • l'indice de la pauvreté globale, c'est-à-dire le pourcentage des ménages en dessous du seuil de pauvreté ;
  • le ratio du déficit de dépenses, soit le quotient de l'écart entre les dépenses moyennes des pauvres et le seuil de pauvreté sur le seuil de pauvreté en question ;
  • l'indicateur de sévérité de la pauvreté, estimé par l'indice P2 de Foster (voir encadré ci-après).
Indice de pauvreté de la classe de Foster et al. ( 1984)
Soit P la classe des indicateurs décomposables de pauvreté. Si f(x) est la densité de probabilité d’un indicateur du niveau de vie X (dépense ou revenu par équivalent adulte, par exemple), alors P s’écrit pour une ligne de pauvreté z
est une fonction décroissante en x, croissante en z et homogène de degré 0 en x et z.
Si l’on suppose que P, l’indicateur de pauvreté, fait partie de la classe d’indicateurs proposés par Foster, alors on écrit
Sur un n-échantillon (x1, x2,…., xn) , l’indice Pα est estimé par
Si α = 0, P0 est l’incidence de pauvreté, c’est-à-dire la proportion des pauvres ;
Si α = 1, alors P1=P0 I où I désigne l’intensité ou la profondeur de la pauvreté ;
Si α = 2, P2 est l’indice de sévérité de la pauvreté, il sert à mesurer l’inégalité parmi les pauvres.
 
4. ANALYSE SITUATIONNELLE DE LA PAUVRETÉ AU BENIN
 
 
Depuis 1995, l’incidence de la pauvreté est restée stable au Bénin. Sur la période 1999-2000,29,6% de la population a été identifiée comme pauvre, contre 28,9% en 1994. Malgré cette stabilité de l’incidence de la pauvreté, la sévérité du phénomène s’est accrue, révélant une inégalité plus marquée entre les pauvres.
La pauvreté est un phénomène dont l’ampleur est plus marquée en milieu rural. Sur la période 1994-1995, on dénombrait parmi la population rurale 30,4% de pauvres, contre 24,2% parmi la population urbaine. Dans ces deux milieux, l’indice du déficit des dépenses et l’indice de sévérité ne sont pas significativement différents au niveau de 5 %. Sur la période 1999-2000, la pauvreté est toujours rurale mais l’inégalité est plus marquée entre les pauvres du milieu urbain, même si l’intensité du phénomène reste de même ampleur dans les deux milieux (Ahoyo, 2000).
D’après ces différentes statistiques, la pauvreté est plus rurale qu’urbaine, mais moins intense et moins sévère en milieu rural qu’en milieu urbain. Cette sévérité au niveau de la ville pourrait être la conséquence de l’installation, dans les zones périphériques, de ménages issus du milieu rural. Disposant d’un pouvoir d'achat trop faible par rapport à celui nécessaire, ces ménages sont plus marginalisés en ville et y connaissent une pauvreté plus marquée que dans leur milieu d’origine.
4.1 La pauvreté selon le genre
Il est communément admis que les femmes sont les êtres les plus pauvres parce que leurs conditions socio-économiques ne leur permettent pas d'avoir accès à l'instruction, à l'éducation et au crédit. Sur les 1,3 milliards de pauvres du monde, 70% sont des femmes (PNUD, 1994). Ces femmes pauvres sont difficiles à identifier dans la mesure où les sources de données ne renseignent généralement que sur les informations concernant le niveau de vie des chefs de ménage. Il est, par conséquent, quasiment impossible de mesurer le niveau réel de pauvreté des femmes en ménage, sauf dans le cas où elles sont chefs de ménage.

Tableau 1
Répartition de l'incidence de la pauvreté selon le genre
IMGIMGTableau 1 : Répartition de l'inciden...IMGIMF
Tableau 1 : Répartition de l'incidence de la pauvreté selon le genre Femmes Hommes Pauvres Milieu rural Milieu urbain 23,6 28,3 30,1 35,3 Source : ELAM 1999, ECVR 2 1999
ELAM 1999, ECVR 2 1999

Tant les hommes que les femmes connaissent une situation de pauvreté, les premiers à raison d'environ un sur trois en milieu rural ou urbain, les secondes dans une proportion moindre (tableau 1). Selon ces résultats, la pauvreté touche plus les hommes que les femmes. Toutefois, il convient de déterminer les raisons de la pauvreté différentielle entre les milieux urbain et rural. Cette approche permettra de définir les stratégies de réduction de la pauvreté selon le genre et le lieu de résidence.
4.2 L'analyse des données
Les échantillons de l'ECVR 2 et de l'ELAM permettent de faire l'analyse de la pauvreté au niveau des départements du Bénin et des villes prises individuellement. Ce niveau d'analyse fournit une bonne connaissance de la répartition des pauvres sur toute l'étendue du territoire et une meilleure définition des stratégies sectorielles par zone.
4.2.1 Cas du milieu rural
Sur 2000 ménages enquêtés, 13,8% des chefs de ménage sont des femmes, ce qui correspond à la représentativité des chefs de ménage au recensement de 1992, mais elles constituent 23,6% des chefs de ménage pauvres du milieu rural. Nous avons les plus fortes proportions de femmes chefs de ménage : environ une femme sur cinq chefs de ménage dans les départements du Mono, Ouémé et Zou. A l’opposé, les plus faibles proportions se trouveraient dans le septentrion : Alibori, Borgou et Donga. L’incidence de pauvreté déterminée en fonction du seuil de pauvreté globale, qui s’élève à 49 257 FCFA par an en milieu rural, varie d’un département à l’autre.

Tableau 2
Incidence de la pauvreté par département et par sexe
IMGIMGTableau 2 : Incidence de la pauvreté...IMGIMF
Tableau 2 : Incidence de la pauvreté par département et par sexe Départements Alibori Atacora Atlantique Borgou Collines Couffo Donga Mono Ouémé Plateau Zou Ensemble milieu rural Incidence de pau Hommes % rang 26,2 8 26,4 6 36,4 3 46,4 2 26,4 6 48,2 1 30,7 5 20,5 10 22,8 9 31,9 4 17,1 11 30,1 reté Femmes % rang 31,6 3 8,6 10 31,4 4 42,9 1 20,8 7 27,3 6 0,0 11 12,0 9 38,5 2 28,6 5 15,6 8 23,6 Ensemble % rang 26,5 6 23,5 9 35,5 3 46,1 2 25,5 8 46,7 1 28,4 5 18,4 10 26,3 7 31,3 4 16,8 11 29,2 ource : ECVR 2,1999

Ces statistiques démontrent que la lutte contre la pauvreté doit tenir compte des départements, mais également du genre. D'un département à l'autre, l'incidence de la pauvreté n'est pas la même pour la femme et pour l'homme. D'une manière générale (tableau 2), l'incidence la plus élevée se révèle dans le département du Couffo, mais selon le genre, c'est au niveau des hommes qu’elle est la plus marquée. L'une des raisons fondamentales de cette différence entre les hommes et les femmes provient du fait que dans le Couffo, les hommes se consacrent à la pêche, ce qui les amène à migrer plus souvent et les rend très instables au niveau de leurs activités. Dans le département du Borgou, classé deuxième au niveau national, la pauvreté affecte aussi bien les hommes (deuxièmes également) que les femmes (occupant le premier rang). L'incidence de la pauvreté observée chez les femmes dans le département de la Donga s’explique par le trop faible nombre d’enquêtées (sept seulement, soit 2,5% des femmes chefs de ménage). En dehors de la Donga, l'Atacora, le Mono et le Zou représentent les départements où le phénomène est le moins sensible. Dans les autres circonscriptions, l'incidence de pauvreté oscille autour de la moyenne nationale.
Les femmes chefs de ménage sont quelquefois plus défavorisées à l'intérieur d'un même département que les hommes. L'exemple le plus significatif est celui du département de l'Ouémé où les femmes occupent le deuxième rang et les hommes le neuvième (tableau 2). C'est le signe que dans le milieu péri-urbain les femmes sont très pauvres. Ceci pourrait avoir une incidence sur le niveau de pauvreté du milieu urbain. En effet, les milieux urbains accueillent fréquemment des ruraux vivant dans le dénuement. Ceux-ci viennent à la recherche d'un hypothétique emploi, augmentant ainsi la proportion des pauvres, et particulièrement des très pauvres. La pauvreté dans le milieu urbain au Bénin demeure influencée par l’exode rural.
4.2.2 Cas du milieu urbain
On recense plus de femmes chefs de ménage en milieu urbain qu’en milieu rural. A Ouidah, environ une femme sur deux est chef de ménage (49 %), viennent ensuite les villes de Porto Novo et d’Abomey-Bohicon. Une femme sur quatre, dans l’ensemble, est chefs de ménage.
Si l'on compare les dépenses des ménages au seuil de pauvreté globale qui est de 156 990 FCFA par an en milieu urbain, en moyenne 28,3% des ménages dirigés par des femmes éprouvent des difficultés à satisfaire l'ensemble de leurs besoins alimentaires et non alimentaires (tableau 3). La situation s’aggrave dans les grandes villes de Cotonou et de Porto-Novo où, respectivement, 42% et 36,8% des ménages dirigés par les femmes vivent en dessous du seuil de pauvreté globale.
Cotonou concentre plus de pauvres qu’aucune autre ville. Classée première au niveau de l'ensemble des dix cités, elle a l'incidence de pauvreté la plus élevée, chez les femmes et chez les hommes (tableau 3). Cotonou est une ville attractive ; elle accueille des populations fuyant l'agriculture et à la recherche d'emploi. Elle attire également les volontaires à l'exode et la majorité des jeunes au chômage. La ville compterait 11,9% de jeunes au chômage déclaré parmi les 8,8% de chômage déclaré pour les villes de Cotonou, Parakou, Abomey-Bohicon (Charmes, 1996). Au moins deux personnes sur cinq, chez les femmes comme chez les hommes, vivent sous le seuil de pauvreté. Par comparaison, à Abomey-Bohicon, Parakou ou Kandi, l'incidence de pauvreté féminine est nettement inférieure à la moyenne nationale, avec des proportions respectives de 13%, 12,7% et 10,5%. En définitive, Cotonou et Porto-Novo, les deux principales agglomérations, présentent les plus fortes proportions de femmes pauvres résidant dans les villes. La croissance urbaine peut donc être considérée comme un facteur d'aggravation de la pauvreté. A partir de l'incidence de la pauvreté relevée, on peut mesurer la profondeur de la pauvreté.

Tableau 3
Incidence de pauvreté par sexe et par ville
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Tableau 3 : Incidence de pauvreté par sexe et par ville Villes Abomey-Bohicon Parakou Cotonou Porto-Novo Kandi Natitingou Djougou Ouidah Lokossa Akplahoué Ensemble Incidence de pauvreté Femmes Hommes Ensemble % rang % rang % rang 13,0 8 26,3 9 22,3 9 12,7 9 32,4 5 29,7 5 42,0 1 45,8 1 44,8 1 36,8 2 34,2 4 35,0 4 10,5 10 22,1 10 20,9 10 19,4 7 28,4 8 26,8 8 33,3 3 39,1 3 38,5 3 24,7 4 31,7 7 28,3 7 22,2 6 32,1 6 28,8 6 23,9 5 43,4 2 38,9 2 28,3 35,3 33,5 Source : ELAM 9,1999
ELAM 9,1999

4.2.3 Ratio de déficit des dépenses et profondeur de la pauvreté selon le genre
Le ratio d'écart des dépenses, donné par l'écart relatif entre le seuil de pauvreté et la dépense moyenne, permet de mesurer la profondeur de la pauvreté. La pauvreté est deux fois plus intense si la dépense des pauvres se situe en moyenne à 80% du seuil (écart 0,2) que si elle s’en situe à 90%. Dans un département ou dans une zone, l'incidence peut être faible mais la profondeur plus grande, cela signifiant que ceux qui sont pauvres le sont réellement.
D'une manière générale, les hommes ont une profondeur légèrement plus élevée que celles des femmes en milieu rural. Cependant, dans certaines zones (Annexe, tableau 3A), on constate une pauvreté plus profonde chez les femmes que chez les hommes. Cette tendance s'observe tant en milieu rural qu’urbain.
4.2.4 Cas du milieu rural
L'analyse des dépenses montre qu'en moyenne il manque 26% du seuil de pauvreté pour combler le déficit des femmes pauvres et 29% pour couvrir celui des hommes. Au Borgou, ce déficit atteint 40% chez les femmes et 35% dans le département des Collines. Quel que soit le département, le manque à combler pour les femmes dépasse 20% du seuil de pauvreté. Toutefois, il n'y a pas de différence significative entre les dépenses des pauvres (hommes et femmes) au seuil de 5%.
A l’exception de trois départements (Atlantique, Couffo et Mono), l'intensité de pauvreté des femmes est plus élevée que celle des hommes. Ce résultat permet de relativiser la tendance observée d'une manière globale en milieu rural. Selon les différentes analyses (Ahoyo, 2000), le sexe du chef de ménage ne semble pas avoir une influence sur le niveau de pauvreté en milieu rural. Si, au niveau de l'incidence, ce constat est vérifié, au niveau de l'acuité de la pauvreté, les femmes sont quelquefois les plus lésées. Dans le milieu rural, les pesanteurs sociologiques, le bas niveau d'instruction et la faible autonomie financière de la femme ne lui permettent pas d'avoir accès aux moyens de production comme la terre ou le crédit. Les départements où les femmes sont plus favorisées sont ceux dans lesquels elles ont une aptitude à s'insérer dans le petit commerce informel ou l'agriculture, comme dans le Mono et le Couffo. Ces femmes agricultrices cultivent souvent avec l'aide de leurs enfants, de petites parcelles que leur mari, leur beau-père, leurs propres frères ou leur père leur ont attribuées (Daane, Dirck, 1988).

Tableau 4
Indicateur I de l'intensité de la pauvreté par département
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Tableau 4 : Indicateur I de l'intensité de la pauvreté par département Alibori Atacora Atlantique Borgou Collines Couffo Donga Mono Ouémé Plateau Zou Ensemble Indicateur I de l'intensité de la pauvreté Femmes Hommes rang rang 0,78 8 0,75 7 2,35 1 0,66 9 0,66 10 0,69 8e 0,94 6 0,80 6 1,69 2 1,37 1 0,83 7 0,61 11 - 11 0,65 10 1,16 3 0,97 4 0,76 9 1,18 2 1,06 5 0,83 5 1,07 4 1,08 3 1,11 0,95 Source ECVR 2,1999
2,1999

Le ratio d'écart des dépenses permet de mesurer l'intensité I de la pauvreté (tableau 4). Les femmes sont en définitive plus pauvres que les hommes, même en étant chefs de ménage. L'intensité I s'élèvant à 1,11 pour les femmes contre 0,95 pour les hommes signifie que les femmes sont 1,17 fois plus pauvres que les hommes. Dans certains départements, la différence d'intensité s’accentue. Ainsi, dans l'Atacora, la pauvreté féminine est 3,6 fois plus intense que celle des hommes. Entre l'Atacora et l'Atlantique, l'intensité se module selon le milieu de résidence : la pauvreté des femmes chefs de ménage dans l'Atacora est 3,6 fois plus profonde que celle des femmes de l'Atlantique (I = 2,35 et I = 0,66).
Les départements de l'Atacora, puis ceux des Collines et du Mono, présentent l'intensité de pauvreté féminine la plus élevée. Ces résultats montrent que la lutte contre la pauvreté est plus préoccupante dans certains milieux ruraux que dans d'autres. Comme en milieu rural, la pauvreté féminine est quelquefois plus intense que celle des hommes en zone urbaine.
4.2.5 Cas du milieu urbain
L'analyse selon le lieu de résidence permet de constater une pauvreté différentielle entre les ruraux et les urbains. Alors qu’en milieu rural le déficit des dépenses des femmes se fixe à 26% et celui des hommes à 29%, en milieu urbain il s’accentue. Il atteint 39% pour les unes et 42% pour les autres, soit un écart de 13% chez les femmes comme chez les hommes.
Le niveau de pauvreté dans les villes est inquiétant. A Parakou, par exemple, la dépense moyenne des pauvres équivaut seulement à 49% et 64% du seuil de pauvreté, respectivement pour les femmes et les hommes. Les situations les plus préoccupantes se retrouvent, en dehors de Parakou, à Cotonou et à Lokossa où les dépenses moyennes des femmes chefs de ménage ne représentent que 54% et 57% du seuil de pauvreté. La meilleure situation des femmes est relevée à Abomey-Bohicon avec le ratio de déficit le plus faible ( 23%), exprimant un niveau de dépenses moyennes de 77% du seuil de pauvreté. Dans le cas des hommes, c'est à Kandi que nous enregistrons le plus faible ratio de déficit, 16 % (annexe, tableau 4A).

Tableau 5
Indicateur I de l'intensité de la pauvreté par ville
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Tableau 5 : Indicateur I de l'intensité de la pauvreté par ville Indicateur I de l'intensité de la pauvreté Abomey-Bohicon Parakou Cotonou Porto-Novo Kandi Natitingou Djougou Ouidah Lokossa Akplahoué Ensemble Femmes Hommes Rang rang 1,80 4 1,04 6 4,04 1 1,12 4 1,09 9 1,07 5 0,72 10 0,68 9 2,37 2 0,71 8 1,56 5 1,33 2 1,13 8 0,76 7 1,38 7 1,36 1 1,95 3 1,29 3 1,41 6 0,55 10 1,38 1,19 ELAM 9,1999

La pauvreté se révèle plus profonde et plus variable en ville qu’en milieu rural. A Parakou la pauvreté féminine est 5,61 fois plus intense qu’à Porto-Novo. En milieu urbain, les différences d'intensité se creusent entre les femmes et les hommes. Alors que l'intensité la plus élevée chez les hommes se fixe à 1,36 à Ouidah, elle atteint 4,04 chez les femmes à Parakou (tableau 5).
La pauvreté féminine s’affiche avec le maximum d’intensité à Parakou, Kandi et Lokossa. A l'opposé, elle est la plus basse à Porto-Novo, ce qui détonne avec la deuxième place qu'occupe cette ville dans le classement de l'incidence de la pauvreté. Ce contraste peut être en partie justifié par le poids démographique de cette ville où il y a relativement plus de femmes pauvres, mais moins pauvres que les femmes pauvres des autres agglomérations.
4.4 La sévérité de la pauvreté féminine [3] au Bénin
4.4.1 Cas du milieu rural
Par rapport à l'ensemble du milieu rural, la pauvreté féminine est plus sévère dans le Borgou, les Collines, l'Ouémé et le Plateau (tableau 6) où il y a davantage d'inégalités entre les femmes pauvres que dans les autres départements. Il convient, cependant, de relever que cette différence par rapport à l'ensemble du milieu rural n'est pas statistiquement significative au seuil de 5%.

Tableau 6
Sévérité de la pauvreté féminine en milieu rural
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Tableau 6 : Sévérité de la pauvreté féminine en milieu rural Départements Alibori Atacora Atlantique Borgou Collines Couffo Donga Mono Ouémé Plateau Zou Ensemble Milieu rural P2 0,098 ( 0,127) 0,056 ( 0,054) 0,060 ( 0,076) 0,184 ( 0,120) 0,158 ( 0,161) 0,066 ( 0,558) - - 0,029 ( 0,255) 0,126 ( 0,124) 0,124 ( 0,139) 0,049 ( 0,065) 0,099 ( 0,107) Statistique t de Student 0,026 1,274 1,500 -1,658 -0,801 0,104 - 0,478 -0,774 -0,418 1,795 Source : ECVR 2,1999
ECVR 2,1999

4.4.2. Cas du milieu urbain
L'analyse du tableau 7 montre, par ordre d'importance, que la pauvreté féminine est nettement moins sévère (au seuil de 5%) à Porto-Novo, Abomey-Bohicon, Ouidah et Aplahoué alors qu'on observe une nette inégalité entre les femmes pauvres des autres villes. En dehors de Cotonou, où la pauvreté féminine est sensiblement sévère, Parakou et Lokossa affichent une sévérité non significative vis-à-vis de la moyenne nationale du milieu urbain. Partout ailleurs on constate que la pauvreté féminine est moins sévère par rapport à l'ensemble du milieu urbain. Centres d'immigration, Cotonou, Parakou et Lokossa rassemblent nombre de femmes chefs de ménage travaillant surtout dans le secteur informel dont différentes études soulignent le caractère précaire (PNUD, RNDH 1998 et 1999). L'objectif premier de l'entrepreneur individuel est l'obtention d'un revenu, afin de subvenir aux besoins du groupe familial, plutôt que de dégager des profits susceptibles de renforcer l'entreprise. Il s'ensuit que l'opérateur informel s'intéresse très peu à la tenue d'une quelconque comptabilité. C'est d'ailleurs un des critères de répartition entre secteur informel et moderne. Le secteur informel fournit un emploi à environ 85% de la population urbaine occupée. Les femmes se situent en majorité dans ce secteur à cause de leur niveau d'instruction et de professionnalisme. Le travail s’y fait au coup par coup, sans compte prévisionnel, avec beaucoup d'improvisation et surtout de flexibilité. Pourtant les femmes tirent un profit très faible de leur activité économique puisque le niveau moyen de leur excédent brut d'exploitation atteint 5 358 FCFA (18 296 FCFA pour les deux sexes), soit un peu plus du quart de celui des hommes (19 565 FCFA).

Tableau 7
Sévérité de la pauvreté féminine en milieu urbain
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Tableau 7 : Sévérité de la pauvreté féminine en milieu urbain Villes Abomey-Bohicon Parakou Cotonou Porto-Novo Kandi Natitingou Djougou Ouidah Lokossa Aplahoué Ensemble P2 Statistique T 0,076 4,950* ( 0,085) 0,344 -0,990 ( 0,350) 0,2856 -2,086* ( 0,293) 0,063 6,600* ( 0,111) 0,107 0,995 ( 0,149) 0,137 1,464 ( 0,130) 0,183 0,469 ( 0,162) 0,140 2,802* ( 0,010) 0,228 -0,285 ( 0,175) 0,130 2,465* ( 0,098) 0,212 ( 0,230)

 
5. ANALYSE DES DÉTERMINANTS DE LA PAUVRETÉ FÉMININE
 
 
La recherche des facteurs déterminants de la pauvreté permet de faire ressortir les éléments essentiels sur lesquels les stratégies de lutte contre la pauvreté, particulièrement féminine, devraient agir. Deux méthodes seront utilisées : dans un premier temps seront analysés les déterminants de la pauvreté selon le genre ; dans un second temps hommes et femmes seront intégrés au modèle.
5.1 La méthode d'analyse des déterminants
L'analyse des déterminants de la pauvreté monétaire féminine sera donnée par une estimation économétrique à l'aide du modèle Logit. L’étude apprécie les déterminants de façon séparée entre le milieu urbain et le milieu rural en tenant compte du sexe des individus. Ainsi, quatre modèles différents d'analyse ont été spécifiés : les modèles d'analyse de la pauvreté en milieu urbain pour les femmes et pour les hommes ; les modèles d'analyse de la pauvreté en milieu rural pour les femmes et pour les hommes. A cela s’ajoute une analyse non différenciée selon le genre pour les deux milieux de résidence. D'une façon globale, il s'agit de la détermination de la probabilité pour les ménages d'être pauvres ou non.
La démarche consiste à expliquer la variable dichotomique y, désignant la PAUVRETE, qui prend la valeur 1 si le ménage est pauvre (dépenses totales annuelles inférieures au seuil de pauvreté global calculé par département ou par ville, selon que l'on traite le cas du milieu rural ou urbain) et 0 à partir d’un ensemble de p variables (x1, x j,…, xp).
Les individus de l’échantillon se répartissent en deux groupes : ceux qui sont pauvres I1 (y = 1) et ceux qui ne sont pas pauvres I2 (y = 0) et nous déterminons l’influence de certaines variables socio-économiques et démographiques sur la probabilité du ménage d'être pauvre ou non sans tenir compte des liaisons que ces variables entretiennent entre elles.
Théoriquement, on suppose que la probabilité pour un ménage d’appartenir au groupe I1(y = 1) dépend des valeurs des variables explicatives (x1 , x j ,…, xp) observées sur ce ménage. Une estimation de la probabilité qu’un ménage appartienne à la classe 1, sachant qu’il est caractérisé par le vecteur x = (x1 , x j ,…, xp ) est donnée par la fonction logistique :
où les xj sont les composantes du vecteur x, αj les coefficients inconnus du modèle avec j allant de 1 à p, p étant le nombre total de variables explicatives du modèle.
Dans le cadre de l’étude, les p variables explicatives retenues sont :
  • la taille du ménage [4] ;
  • le ratio de dépendance R d'un ménage est défini par le rapport du nombre d'inactifs au nombre d'actifs dans le ménage considéré. Par exemple, si R = 2, dans le ménage en question, un actif a en charge deux inactifs ;
  • le niveau d'instruction du chef de ménage ;
  • l'âge du chef de ménage ;
  • le statut professionnel du chef de ménage.
On estime que le ratio de dépendance, la taille du ménage et l'âge du chef de ménage auront un effet positif sur la probabilité d'être pauvre ; à l’inverse, le niveau d'instruction exercera un effet négatif. Quant au statut professionnel, on s'attend à ce que le statut de salarié (prof2) et celui du travailleur indépendant non agricole (en milieu rural), ou employeur indépendant en milieu urbain (prof3), diminuent le risque d'être pauvre, tandis que si le chef de ménage est exploitant agricole, aide familial ou apprenti (prof1) le risque du ménage d'être pauvre s’accroît. L'augmentation du risque d'être pauvre est indiquée par le signe positif du coefficient estimé de la variable dans le modèle, alors que la réduction de la probabilité l’est par le signe négatif.
Au niveau conventionnel de 10%, chaque modèle teste l'hypothèse que tous les coefficients sont nuls. Le modèle, dans son ensemble, tient compte des signes obtenus. Cependant, par rapport au classement des individus selon qu'ils sont pauvres ou non, les résultats de certains modèles ne sont pas très significatifs à cause de la faible taille des échantillons de la répartition par sexe.
5.2 L'analyse de la pauvreté différenciée selon le genre
Cette analyse distingue les hommes des femmes. Cette étude de la pauvreté au sein de chaque groupe, évite toute interférence des caractéristiques d’un groupe sur l'autre. Les indicateurs des femmes sont moins influencés par ceux des hommes, lesquels constituent le groupe majoritaire
5.2.1 Cas du milieu rural
L'estimation des modèles des individus du milieu rural est faite à partir des variables explicatives retenues (taille du ménage, statut professionnel, âge et niveau d'instruction des chefs de ménage) et les valeurs des coefficients, estimés par le maximum de vraisemblance, ont été calculées (annexe, tableaux 5A à 9A). Les deux modèles spécifiés dans le milieu rural ont donné des résultats intéressants.
- Pauvreté féminine et statut professionnel des femmes en milieu rural : le statut professionnel des femmes chefs de ménage n'influence pas leur niveau de pauvreté L'influence du statut professionnel sur la probabilité d'être pauvre n'est pas significative pour les femmes. Ceci peut s'expliquer par leur modeste statut social, leur insuffisant niveau d'instruction et leur faible capacité d'accès à la terre et au crédit. Les femmes n'héritent généralement pas de la terre, mais elles peuvent bénéficier de l'usufruit ou travailler, comme ouvrières, sur le champ de leurs époux. Aussi disposent-elles rarement de terres propres ou, lorsqu'elles ont les moyens de s'en procurer, s’agit-il de lopins de taille restreinte excluant une agriculture à grande échelle. Concernant les hommes, le modèle est plus significatif. Lorsqu’ils sont exploitants agricoles ou aides familiaux, ils ont 2,2 fois plus de risque d'être pauvres que ceux disposant d’un emploi salarié.
- Taille du ménage et pauvreté féminine en milieu rural : le nombre élevé de personnes à charge appauvrit davantage les femmes Les résultats obtenus permettent de conclure que le nombre de personnes à charge est un facteur déterminant de la pauvreté féminine en milieu rural. Au seuil de 5%, la taille du ménage a un impact positif sur le risque que le ménage devienne pauvre sachant qu'il est dirigé par une femme. Ce type de ménage comportant un nombre de personnes inférieur à trois, court 0,5 fois moins de risque de devenir pauvre que celui dont la taille atteint six personnes ou plus. Le même phénomène s’observe chez les ménages dirigés par des hommes, mais de façon plus significative encore.
- Age du chef de ménage et pauvreté féminine en milieu rural : l'âge du chef de ménage explique peu le risque de pauvreté En milieu rural, l'âge du chef de ménage influence peu la probabilité d'être pauvre. Chez les femmes chefs de ménage, plus elles sont jeunes (moins de 35 ans), moins elles courent le risque de devenir pauvres comparativement aux femmes de 60 ans et plus. Le statut de la femme, surtout en milieu rural, explique le peu d’influence de l'âge sur le risque de pauvreté.
La même tendance s'observe chez les hommes : plus ils sont jeunes, moins grand est le risque de devenir pauvre, et ceci est significatif au seuil de 1%. Les hommes de 45 à 60 ans ont 1,2 fois plus de chance de devenir pauvres que ceux de 60 ans et plus. Selon une étude sur la nuptialité masculine (Donadjè, 1992), les hommes béninois courent le risque de devenir polygames après 40 ans. Cette probabilité d'avoir plusieurs épouses peut contribuer à appauvrir davantage les hommes, dans la mesure où, à cet âge, l'activité exercée varie très peu et la descendance finale est assez élevée, surtout en milieu rural. Au delà de 60 ans, les hommes chefs de ménage pourraient être moins pauvres car leurs charges familiales s’allègent et parce qu'ils bénéficient généralement de quelques transferts de revenus de la part de leurs enfants.
- Education et pauvreté féminine en milieu rural : le niveau d'éducation est un des facteurs les plus déterminants de la pauvreté féminine en milieu rural Dans le cas des ménages dirigés par les femmes en milieu rural, moins elles sont instruites, plus leurs ménages sont exposés au risque de pauvreté. L'analphabétisme féminin constitue une source potentielle de pauvreté. Les ménages dirigés par des femmes non instruites ou alphabétisées en langues nationales courent deux fois plus de risques de devenir pauvres que ceux dirigés par des femmes ayant au moins le niveau d’instruction primaire. L’éducation des filles est le meilleur investissement qu’un pays puisse effectuer du fait de l’importance des gains sociaux et privés qui en découlent. En effet, elle apparaît comme la variable fondamentale dans les déterminants des comportements démographiques et de la pauvreté. Une relation négative est établie entre la fécondité, la mortalité, la taille du ménage, les niveaux de pauvreté et d’instruction. A l’opposé, cette relation est positive entre l’âge au mariage et le niveau d’instruction. Il en est de même pour les hommes. Les non instruits ou alphabétisés ont deux fois plus de risques de devenir pauvres que ceux qui sont instruits.
5.2.2 Cas du milieu urbain
L'estimation des modèles concernant les urbains, effectuée sur la base des variables explicatives (taille du ménage, statut professionnel, âge et niveau d'instruction des chefs de ménage) et les valeurs des coefficients estimés par le maximum de vraisemblance ont été déterminés (annexe, tableaux 10A à 14A). Les variables retenues pour l'analyse de la pauvreté se révèlent plus pertinentes, quel que soit le sexe, en milieu urbain qu’en milieu rural, à cause des seuils de significativité.
- Pauvreté féminine et statut professionnel des femmes : l'auto-emploi maintient les femmes dans la pauvreté en milieu urbain Les femmes chefs de ménage des différentes catégories socioprofessionnelles présentent un risque supérieur de devenir pauvres que celles ayant un emploi salarié. Il en est de même pour les hommes. En effet, le fait d'avoir un revenu régulier permet d'assurer à la famille un bien-être social. Ce modèle confirme donc que la probabilité d'être pauvre augmente lorsque les femmes chefs de ménage sont des employeurs indépendants. En ville, plus les femmes travaillent à leur propre compte, plus elles s'exposent à la pauvreté. Au seuil de 5%, ce risque diffère peu de celui des femmes sans emploi : 1,83 fois plus de risques chez la femme employeur indépendant contre 1,98 fois pour celle sans emploi. Une des hypothèses justifiant cette situation se fonde sur le fait que la plupart des femmes opérant de manière indépendante évoluent dans le secteur informel qui est un secteur hypertrophié, très dynamique et concurrentiel. Le caractère précaire des activités de ce secteur est perceptible à travers le mode d'exercice de l'activité adoptée. Ainsi, les femmes sont majoritaires parmi les semi-sédentaires (83%) et les ambulantes ( 68%), mais ne constituent que 39% des sédentaires. La valeur ajoutée des unités dirigées par les femmes est en général inférieure à celle des entreprises gérées par des hommes.
Ce résultat, assez inattendu, incite à réfléchir sur l'opportunité de gérer une activité personnelle dans le secteur informel. Il est couramment admis qu'en apportant de petits crédits aux femmes elles peuvent sortir de la pauvreté en exerçant une activité, souvent dans le secteur informel, génératrice de revenus. La lutte contre la pauvreté, notamment féminine, passe aussi par une instruction obligatoire des femmes et leur insertion dans le système formel d'activités. Cependant, les pauvres ne sont pas nécessairement dans le secteur informel, et tous les non pauvres ne se situent pas dans le secteur moderne. Des groupes homogènes peuvent transcender le clivage formel/non formel ; ainsi, les agents des catégories inférieures des entreprises des secteurs privés et parapublics ne diffèrent pas nécessairement de certains travailleurs du secteur informel (Lachaud, 1994). La dualité formel/non formel occulte le fait que les pauvres ne sont pas exclusivement dans un secteur car les niveaux de salaires peuvent être aussi bas dans le formel que dans l’informel. Les pauvres ne se limitent pas a priori à ceux qui exercent dans le secteur informel, le secteur formel recèle aussi des couches de pauvres.
- Pauvreté féminine et taille des ménages en milieu urbain : placé sous la responsabilité d'une femme, un ménage de plus de six personnes est vulnérable à la pauvreté L'analyse des résultats du milieu urbain montre que si la taille du ménage dirigé par une femme est supérieure à six personnes, la probabilité d'être pauvre est élevée alors que, pour les autres types de ménages, le risque diminue. Il en est de même pour les ménages dont le chef est un homme : plus la taille est grande, plus le chef de ménage s'expose au risque de devenir pauvre. Ces résultats posent la question de savoir si les ménages sont pauvres parce qu'ils ont une grande taille ou est-ce parce qu'ils ont une grande taille, qu’ils sont pauvres ? D'une manière générale, les ménages dont le chef est un homme a une grande taille lorsqu'il le veut. A l'inverse, les ménages dont le chef est une femme peuvent avoir une grande taille après divorce ou décès du conjoint, surtout si les membres de ce ménage sont essentiellement des enfants.
- L'âge du chef de ménage et la pauvreté féminine en milieu urbain : l'âge du chef de ménage est un indicateur de risque de pauvreté en milieu urbain.
Contrairement aux résultats obtenus dans le milieu rural, l'influence de l'âge du chef de ménage sur le niveau de pauvreté est très significative en milieu urbain. La variable "le chef de ménage de moins de 35 ans" influence négativement le risque d'être pauvre. Chez les femmes comme chez les hommes, la relation qui existe entre l'âge et le niveau de pauvreté est inverse : plus le chef de ménage femme est jeune (moins de 35 ans) moins son ménage est exposé à la pauvreté. Ce résultat est similaire à celui déjà obtenu en milieu rural. La probabilité de devenir pauvre augmente avec les charges familiales et le risque d’être en union polygame. Les stratégies de réduction de la pauvreté doivent pouvoir prendre en compte cette dimension culturelle, afin de mieux atteindre les personnes cibles.
- L'éducation et la pauvreté féminine en milieu urbain : plus le niveau d'éducation est élevé, moins les femmes s'exposent à la pauvreté.
L'effet du niveau d'instruction sur le risque de devenir pauvre est identique en milieu urbain et rural : l'analphabétisme est un facteur d'aggravation de la pauvreté. Par rapport aux hommes ayant le niveau secondaire ou davantage, ceux qui ont le niveau primaire ont un risque de devenir pauvres 1,6 fois plus élevé ; pour les individus non instruits, le risque s’élève à 2,16. L'éducation est la variable dont l'effet ne diffère pas selon le genre. Ce résultat montre l'importance du rôle de l'éducation dans la lutte contre la pauvreté, aussi bien des femmes que des hommes, quel que soit le milieu de résidence, urbain ou rural. La pauvreté est donc une fonction décroissante du niveau d'instruction. Le résultat obtenu pour les hommes est très significatif au seuil de 1%. Plus les femmes sont instruites, moins elles sont vulnérables à la pauvreté. Ce résultat est cohérent avec celui relatif au statut professionnel. En effet, les femmes dont le niveau d'instruction est élevé préfèrent travailler comme salariées et souvent ne s'installent pas à leur propre compte.
5.3 L'analyse non différenciée

Tableau 8
Estimations des paramètres du modèle d'explication
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Tableau 8 : Estimations des paramètres du modèle d'explication de la pauvreté en milieu rural Source : ECVR 2,1999
ECVR 2,1999



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de la pauvreté en milieu urbain



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Source : ELAM, 1999
ELAM, 1999

Ces résultats [5] ont été obtenus en prenant la variable "sexe" comme une variable binaire. Etre un chef de ménage de sexe féminin a un effet négatif sur le niveau de pauvreté : la probabilité de pauvreté des femmes est 30% inférieure à celle des hommes chefs de ménage (résultat significatif au seuil de 1%).
En milieu rural (tableau 8) ou urbain (tableau 9), les femmes chefs de ménage ont moins de risques de devenir pauvres que les hommes chefs de ménage. Ce résultat relativise les discours sur la féminisation de la pauvreté appréciée à partir des informations collectées auprès des femmes chefs de ménage. D'autres recherches doivent être poursuivies à partir de données permettant de considérer toutes les personnes composant un ménage. Il faudrait donc disposer des enquêtes sur la répartition des richesses au sein des ménages pour mieux connaître la situation des femmes dans tous les ménages, de manière à infirmer ou confirmer la féminisation de la pauvreté au Bénin.
 
CONCLUSION
 
 
Le genre permet de mieux cibler les catégories de personnes à retenir pour la définition des stratégies de réduction de la pauvreté. Alors que les résultats des enquêtes ECVR 2 et ELAM 9 amènent à conclure à un renversement de situation en faveur des femmes, les différents indicateurs calculés autorisent des analyses plus pointues confirmant l’avantage qu'auraient les femmes par rapport aux hommes en matière d'incidence de la pauvreté. Ces indicateurs permettent de déduire que certaines femmes sont en réalité quelquefois plus pauvres que les hommes au regard de la profondeur ou de la sévérité. Il y a dans certains départements plus d'hommes pauvres que de femmes pauvres, mais ces dernières connaissent une pauvreté plus sévère.
Outre ce résultat, il convient de retenir la relation entre l'activité de la femme et la lutte contre la pauvreté. La recherche des facteurs déterminants de la pauvreté montre que pour réduire le niveau et la sévérité de la pauvreté féminine il faudrait instruire les filles et alphabétiser les femmes. Compte tenu du lien entre l'activité exercée par la femme en dehors de l'agriculture et la pauvreté, une conclusion s’impose : les femmes ne sortiront de la pauvreté que si elles exercent des activités qui ne sont pas du domaine de l'informel.
Actuellement, toutes les stratégies de réduction de la pauvreté de la femme visent à lui octroyer un micro-crédit, de manière à ce qu'elle puisse avoir une activité génératrice de revenus, souvent dans le secteur informel. Cette politique mériterait d’être adaptée en fonction des résultats précaires et aléatoires de ce type de stratégie. Un moyen efficace d'améliorer la situation des femmes pauvres, en particulier dans le secteur rural et le secteur informel urbain, est de les inciter à s'organiser entre elles et à se grouper. Une organisation présente de nombreux avantages, car elle permet aux femmes de mobiliser des ressources humaines, financières et matérielles, de rationaliser leurs activités productives, de réduire les risques et les coûts liés au crédit, d'être plus sûres d'elles, plus autonomes et plus solidaires, de déterminer elles-mêmes leurs besoins et leurs priorités, enfin de promouvoir des changements destinés à améliorer leur situation économique et sociale. De plus, des mesures d'urgence doivent être prises pour sortir les femmes extrêmement pauvres de leur situation.
L'investissement en capital humain étant l'investissement le plus rentable, il faudrait rendre l'éducation obligatoire pour toutes les filles et tous les garçons, si les autorités veulent lutter contre la pauvreté. L'augmentation du taux de scolarisation dans le secondaire est un facteur de rehaussement du niveau de vie des ménages. Ces résultats très significatifs démontrent l'importance de l'investissement que doit faire tout pays dans l'éducation, pour réduire la pauvreté.
Les recherches théoriques, comme empiriques, établissent une corrélation positive entre éducation et croissance économique. En effet, l'éducation crée des facteurs et des comportements qui sont favorables à la croissance économique. En premier lieu, l’éducation contribue à améliorer la productivité du travailleur et permet, en conséquence, à l’économie de disposer d’une maind’œuvre ayant les compétences et les niveaux de qualification requis. En second lieu, l’éducation confère aux individus des capacités à saisir des opportunités de production, d’imagination et de création. Egalement, elle développe l’esprit d’entreprise, de compétition et de recherche du progrès. Tous ces éléments montrent que l’éducation agit sur l’efficacité technique et crée l’effet de qualification lui permettant de produire une plus grande quantité de biens avec des ressources données. L’éducation favorise l’efficacité des comportements de ré-allocation et l’apprentissage dans un environnement instable ; elle développe les capacités d’innovation et constitue à ce titre principal un facteur de croissance de l’économie. L'investissement dans l'instruction semble ainsi constituer une stratégie efficace à long terme de lutte contre la pauvreté.
 
ANNEXE
 
 
L’auteur tient à la disposition du lecteur les tableaux détaillés suivants :
Tableau 1A : Répartition de l'échantillon des femmes chefs de ménage pauvres par département
Tableau 2A : Répartition de l'échantillon des femmes chefs de ménage pauvres par ville
Tableau 3A : Ratio de déficit des dépenses selon le sexe et le département
Tableau 4A : Ratio du déficit des dépenses en milieu urbain
Tableau 5A : Estimations des relations entre le sexe du chef de ménage et le niveau de vie en milieu rural
Tableau 6A : Estimations des relations entre la taille du ménage et le niveau de vie en milieu rural Tableau 7A : Estimations des relations entre le niveau d'instruction du chef de ménage et le niveau de vie en milieu rural
Tableau 8A : Estimations des relations entre le statut dans la profession et le niveau de vie en milieu rural
Tableau 9A : Estimations des relations entre l'âge du chef de ménage et le niveau de vie du ménage en milieu rural
Tableau 10A : Estimations des relations entre taille du ménage et niveau de vie en milieu urbain
Tableau 11A : Estimations des relations entre le niveau d'instruction du chef de ménage et le niveau de vie en milieu urbain
Tableau 12A : Estimations des relations entre le statut dans la profession et le niveau de vie en milieu urbain
Tableau 13A : Estimations des relations entre l'âge du chef de ménage et le niveau de vie du ménage en milieu urbain
Tableau 14A : Estimations des relations entre le sexe du chef de ménage et le niveau de vie du ménage en milieu rural
·   BIBLIOGRAPHIE
·  ADEGBIDI A., GANDONOU E. ( 2003) Dynamique de la pauvreté au Bénin (1994-1999), MIMAP, rapport de recherche, 26 p.
·  AHOYO N. ( 2000) L’analyse des déterminants de la pauvreté en milieu rural, document de travail n° 2, Cellule d’Analyse de Politique Economique (CAPE), 45 p.
·  CHARMES J. ( 1996) Situation et perspectives de la population active et de l'emploi au Bénin 1999-2002, Cotonou, PNUD, 41 p.
·  DAANE J., DIRK P. ( 1988) Transformation socioculturelle et intervention de développement sur le plateau Adja (R.P.B), Das Arabische Buch, Berlin.
·  DONADJE F. ( 1992) Nuptialité et fécondité des hommes au sud du Bénin. Pour une approche des stratégies de reproduction au Bénin, Academia-Erasme, Louvain-la-Neuve, 222 p.
·  FOSTER, GREER, THORBECKE ( 1984) A class of decomposable poverty Measures, Econometrica.
·  LACHAUD J-P.( 1994) Marché du travail et exclusion sociale en Afrique francophone : quelques éléments d'analyse, CED, document de travail n° 1, Bordeaux.
·  Ministère de l'Agriculture, DANIDA-PNUD ( 1996) Enquête sur les conditions de vie en milieu rural, Edition 1994-1995,98 p.
·  Ministère de l'Agriculture, DANIDA-PNUD ( 2001) Enquête sur les conditions de vie en milieu rural, Edition 1999-2000,84 p.
·  PNUD ( 1994) Rapport mondial sur le développement humain, Economica, Paris, 239 p.
·  PNUD ( 1998) Rapport sur le développement humain au Bénin (RNDH, 1998), 247 p.
·  PNUD ( 1999) Rapport sur le développement humain au Bénin (RNDH, 1999), 191 p.
 
NOTES
 
[*] Faculté des Sciences Economiques et de Gestion, 01 BP 1287 Cotonou, Bénin. (FASEG/ENEAM/UAC, Université d’Abomey Calavi, Bénin). Membre du groupe de recherche MIMAP Bénin, affilié au réseau mondial MIMAP financé par le CRDI Canada. Cet article a été rédigé grâce à l’appui financier du CRDI et à la contribution de M. Franck Adoho. Mel : mmattanasso@ yahoo. fr
[3] Cet indice mesure l'inégalité parmi les pauvres.
[4] Compte tenu des données disponibles, le ratio de dépendance a été utilisé en milieu rural et la taille du ménage (en équivalent-adulte) en milieu urbain.
[5] Les résultats obtenus par la méthode logit présentent la même tendance que ceux proposés par Adegbidi Amselme et Gandonou Esaïe ( 2003).
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