Mondes en développement
De Boeck Université

I.S.B.N.2-8041-5136-0
150 pages

p. 119 à 120
doi: en cours

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Lectures

no 134 2006/2

 
J.J. TEUNISSEN et A. AKKERMAN (éds), The Crisis that was not prevented – Lessons for Argentina, the IMF and Globalization, FONDAD, La Hague, 2003,164 pages.
 
 
Le Forum on Debt and Development (FONDAD) est un centre de recherche indépendant établi aux Pays-Bas qui veut être un forum de discussion sur les problèmes financiers internationaux, en privilégiant les relations Nord-Sud. Une bonne vingtaine d’ouvrages ont ainsi été publiés depuis 1990. Ils ont d’abord concerné la dette et les crises qu’elle a engendrées, puis l’intégration régionale et ses rapports avec la globalisation, également la régulation de la finance internationale et maintenant les crises financières qui tendent à se suivre. Les modalités d’une réforme, comme le rôle du Fonds Monétaire International, sont souvent abordés.
L’ouvrage examiné concerne la crise argentine ouverte en décembre 2001 quand ce pays a dû abandonner la relation fixe de sa monnaie au dollar US, et en même temps le système de la caisse d’émission qu’il avait adopté dix ans plus tôt. Huit contributions sont présentées, la moitié par des universitaires, deux autres par des responsables de la Commission économique des Nations Unies pour l’Amérique latine et les Caraïbes et deux autres par des auteurs qui ont travaillé au FMI, soit dans les services de cette institution, soit comme administrateur pour le compte, en l’occurrence, des Pays-Bas et d’une douzaine d’autres pays. Elles sont d’importance inégale – la plus courte fait sept pages, la plus longue 36 - mais chacune apporte un éclairage intéressant sur la crise argentine. Il faut d’abord la décrire en rappelant les événements qui sont survenus ; il faut ensuite l’expliquer, et sur ce point les avis habituellement divergent ; il faut enfin se demander quelle autre politique eût été possible, et comment réduire le risque d’une nouvelle crise de cette ampleur à l’avenir… Tous ces angles sont abordés dans l’ouvrage qui compare souvent cette crise à celles qu’ont connues le Mexique, l’Asie, la Russie, et qui ont toutes leurs particularités. La croissance démesurée de la dette argentine et la dollarisation excessive du pays ont joué un rôle considérable. Le FMI a manqué de clairvoyance – on le lui a souvent reproché – ainsi que la référence systématique au "consensus de Washington". C’est surtout la globalisation financière qui est la plus responsable, à cause de la lenteur des réformes, souvent structurelles, qui devraient partout, mais surtout dans les pays du Sud, l’accompagner. Précisément, l’une des réformes adoptées par ce pays – la caisse d’émission - était peu compatible avec la globalisation et la progression qui s’ensuit dans les flux de capitaux. L’un des mérites de cet ouvrage est d’analyser ce régime, à travers l’expérience de l’Argentine, en montrant bien à la fois ce qu’il peut apporter aux pays dont la monnaie vacille, mais aussi à quel point il est difficile d’en sortir. Au moment où plusieurs pays européens ont adopté ce système, alors qu’ils souhaitent entrer prochainement dans la Zone euro, de telles analyses ne manquent pas d’intérêt.
Une difficulté subsiste, néanmoins. Comment les lecteurs de la Revue pourraient-ils se procurer cet ouvrage, comme ceux qui l’ont précédé ou ceux qui vont suivre, puisqu’il est diffusé directement par un organisme qui est encore assez peu connu. Il suffit d’en donner l’adresse : Info@ fondad. org
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