Mondes en développement
De Boeck Université

I.S.B.N.2804151387
140 pages

p. 119 à 119
doi: en cours

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no 136 2006/4

 
Candy LUGAZ, Anton DE GRAUWE (éds) Ecole et décentralisation. Résultats d’une recherche en Afrique francophone de l’Ouest, Institut international de planification de l’éducation, UNESCO, Paris, 2006
 
 
Cette recherche de terrain examine le fonctionnnement de l’enseignement primaire dans quatre pays de l’Afrique francophone de l’Ouest : Bénin, Mali, Guinée et Sénégal. La décentralisation y est récente, et a été mise en place dans un contexte de précarité. Dans les quatre pays étudiés, les différents frais et cotisations imposés aux parents d’élèves représentent une source importante de revenus pour le système éducatif. Le rapport fournit des conclusions sur quatre points : le pilotage de la qualité, la gestion des ressources financières et matérielles, la gestion du personnel enseignant, l’appui des autorités locales et des communautés. Le pilotage de la qualité repose sur des bureaux locaux et sur les directeurs d’école. Le rapport conclut à une nécessaire réforme des bureaux locaux : la présence sur le terrain de ces bureaux locaux est très faible, le personnel y est peu motivé, les innovations reçoivent peu de soutien. Des efforts sont entrepris dans les quatre pays pour réformer ces services d’inspection. La gestion des ressources financières et matérielles fait l’objet d’un constat sévère : "là où l’autonomie pourrait amener à une meilleure utilisation des ressources, elle n’existe pas ; là où le contrôle est nécessaire, il n’existe pas" (95). Ce constat de mauvaise gouvernance est celui d’un système qui privilégie quelques personnalités locales en bafouant les principes de transparence et de participation.
La gestion du personnel enseignant n’est que pour partie décentralisée dans les quatre pays de l’étude. Il ne semble pas que l’existence de plusieurs catégories de personnel - les enseignants fonctionnaires, les volontaires, les contractuels, les enseignants de la communauté - ne crée de tensions graves. Il n’en reste pas moins qu’un cadre de régulation à un niveau intermédiaire fédérateur semble nécessaire, particulièrement pour les procédures de recrutement. Une grande variété de la participation des autorités locales dans l’éducation primaire est constatée. Elle est le plus souvent quasiment nulle, dans d’autres cas, elle est conflictuelle. Le rapport conclut d’abord à la nécessité du développement d’une culture de responsabilité et de participation. Le rapport souligne un certain nombre d’aspects positifs. D’abord, la forte demande d’éducation, présente même dans les zones les plus éloignées des centres de décision. Les initiatives innovatrices existent. La participation des parents à la vie des établissements d’enseignement est réelle. L’étude dirigée par Candy Lugaz et Anton De Grauwe présente ainsi un tableau nuancé d’une décentralisation, plus issue de nécessité que d’une volonté prévoyante. La portée des conclusions dépasse largement le cadre limité de l’étude et s’adresse à tous ceux que les questions complexes posées par un processus de décentralisation intéressent.
Stéphane CALLENS,
Centre EREIA, Université d’Artois
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