Mondes en développement
De Boeck Université

I.S.B.N.9782804158033
136 pages

p. 117 à 123
doi: 10.3917/med.141.0117

Veille sur la revue
Vous consultez

n° 141 2008/1

 
Gilbert ETIENNE Chine-Inde. La Grande compétition, Paris, Dunod, 2007, VIII-224 pages
 
 
Depuis un demi-siècle, Gilbert Etienne, professeur honoraire des Instituts HEI et IUED de Genève, parcourt villes et campagnes d’Inde, de Chine, mais aussi du Bangladesh, du Pakistan et d’Afghanistan. Il a consacré déjà dix livres à la première et pas moins de huit à la seconde. Chine-Inde. La Grande Compétition, le plus récent de ses ouvrages, est donc celui d’un expert largement reconnu, qui compare le chemin parcouru dans la deuxième moitié du XXe siècle par l’ex Empire du milieu et par l’ex perle de l’Empire britannique, leurs forces et leurs faiblesses relatives actuelles. Le but de cette analyse, comme l’indique son sous-titre, est de comprendre qui, de la Chine ou de l’Inde, connaîtra dans une ou deux générations la modernisation la plus avancée. La comparaison est menée à travers la compréhension de la dynamique en cours des techniques de l’espace et de l’encadrement des hommes dans les deux économies et, au-delà, dans ces deux sociétés, puisque les évolutions des systèmes politiques et des rapports entre groupes sociaux en font partie. L’ouvrage pourrait, par certaines des critiques qu’il formule, non sans raison, prendre pour sous-titre : "croissance économique et sous-développement culturel et environnemental". Dans ses travaux anciens, Gilbert Etienne, concentré sur ce qui lui apparaissait comme une nécessité d’assurer nourriture et emplois à des populations à la démographie dite "galopante", avait très largement laissé de côté les effets négatifs de la croissance et les risques qu’elle faisait peser sur sa pérennité. Ce n’est certainement plus le cas aujourd’hui.
L’ouvrage fourmille tant de statistiques, tout en soulignant les limites de certaines communiquées par les Instituts spécialisés, que d’anecdotes personnelles vécues, observations fines faites durant les voyages de l’auteur et de son épouse depuis les années 1950. Ces moments de vie, ce travail d’enquête à micro-échelle, sont des indicateurs forts des évolutions, qui valent autant, si ce n’est plus parfois, que des statistiques globales, particulièrement dans les périodes où la volonté de convaincre par les interlocuteurs, notoirement en Chine, l’emportait sur tout réalisme. En cela cet ouvrage est un témoignage.
L’auteur exprime sa sympathie et sa confiance pour les évolutions démocratiques, et il montre bien la longue expérience de l’Inde en ce domaine, mais il doit reconnaître, comme le faisait il y a deux siècles Jean-Baptiste Say, que l’on peut voir "des peuples s’enrichir sous des despotes et d’autres se ruiner sous des conseils populaires". Il donne les éléments essentiels pour comprendre les contraintes des interdépendances entre les grandes données des économies. Pour développer les produits agricoles, il faut des intrants que fournissent les industries. Ce qui n’est pas produit sur place doit être importé. Ce qui doit être importé (en termes de matières, de biens ou de savoirs) doit être financé. La main-d’Å“uvre doit avoir la formation requise, etc. Les économistes de plus en plus spécialisés ont bien souvent oublié ces schémas de reproduction des économies que l’analyse de l’auteur rappelle implicitement fort utilement et qui constitue une trame possible de lecture de l’ouvrage. Le diagnostique est mesuré. Il souligne les déséquilibres régionaux importants dans les deux pays. Peut-être faudrait-il accorder plus d’attention au poids des dépenses militaires que la reconnaissance comme membres à part entière des grandes nations ne pourra qu’accroître, sauf à faire l’hypothèse que la mondialisation les rendrait de plus en plus inutiles. L’auteur souligne très bien les forces et les faiblesses internes relatives de chacun des deux pays, dans lesquels vivent environ un tiers de la population mondiale. Ce qui fait que de leurs échecs et de leurs réussites à venir dépend une grande partie de l’humanité. Jusqu’à quel point en dépendons-nous ? Quelles tensions leur montée en puissance pourraient faire naître ?
Deux hypothèses fixent des limites à un exercice de prospective. La première est que les économies, et donc les sociétés, ne seront pas bouleversées par une crise financière mondiale majeure. La seconde est que la libre circulation des marchandises et celle des capitaux ne seront pas remises en cause par de nouvelles formes de protectionnisme à l’origine d’une nouvelle transformation des économies et d’une redistribution des flux commerciaux et humains à l’échelle de la planète. Les dotations propres et les dynamiques internes se heurtent nécessairement au contexte international.
Compte tenu de la dichotomie de plus en plus béante entre activités de production et flux financiers, en raison aussi des prises de risque (y compris en Chine dans le secteur immobilier notamment), l’économie mondiale a toutes les chances de connaître ce que l’on peut considérer comme un assainissement des dettes par effondrement de châteaux de cartes spéculatifs et, grâce à un retour des hausses de prix, une dévalorisation des créances accumulées notoirement à l’encontre des États-Unis, tout particulièrement par la Chine. Même si celle-ci paraît beaucoup plus exposée [1] que l’Inde en ce domaine, pour ces pays, quelques points de croissance en moins n’affecteraient sans nul doute pas de façon spectaculaire le rapport de forces des deux pays en ce domaine.
Il est difficile de penser qu’il en irait de même, pour ce qui est de ses conséquences, de la seconde hypothèse, relative à un inversement de paradigme dans les échanges mondiaux car il affecterait profondément les économies mondialisées, et en proportion même du degré de leurs dépenses en échanges extérieurs. Sans doute faut-il rappeler ici que le commerce avec l’étranger de la Chine représente 1760 milliards de $, contre 325 milliards de $ pour l’Inde. Un nouveau protectionnisme, et nous pensons que toutes les conditions de sa mise en place se trouvent progressivement réunies, ne se fera pas, le cas échéant, par des droits de douane ou des quotas, mais plus sûrement par la traçabilité des produits en matière de respect de l’environnement, du travail décent, le renforcement des droits de propriété, etc., selon les normes que les organisations internationales établissent graduellement, et la lutte contre certains mécanismes financiers spéculatifs que les crises financières rendront sans doute inéluctables. Tout dépendra de la rapidité avec laquelle ces changements opèreront. Soit l’inversion des tendances est lente, et la Chine s’adaptera et fera face à ce changement fondamental. Soit il intervient de façon brusque, et, avec cette nouvelle donne, l’Inde apparaît beaucoup mieux placée que la Chine pour y faire face. Celle-ci devrait réorienter alors ses échanges, principalement en direction des pays en développement producteurs de matières premières à qui elle livrerait ses productions en échange des matériaux et des énergies nécessaires pour les produire, accentuant les spécialisations qui sont en train de se mettre en place. La Chine est un atelier pour des productions largement banalisées et peu innovantes dont les matières premières nécessaires à leur fabrication sont importées dans un pacte de plus en plus quasi colonial, notoirement avec l’Afrique. L’Inde, par contre, appuie plus ses exportations sur un savoir-faire dans des domaines spécialisés (l’informatique en est un exemple emblématique, et pas seulement à Bangalore, comme le souligne à juste titre Gilbert Etienne). Les productions de l’industrie du savoir y sont beaucoup plus exportées et ce sont elles qui aujourd’hui permettent de produire à coût marginal décroissant et permettront de prendre des positions dominantes dans certains secteurs d’activité. Cette spécialisation indienne et cette concentration dans certaines productions plus élaborées expliquent la coexistence de cette modernité indienne avec de larges masses analphabètes, ce qu’analyse bien Gilbert Etienne. Ce qui apparaît aujourd’hui, non sans raison, comme une faiblesse relative de l’Inde face à la Chine (lorsque l’auteur observe la dotation en "capital humain" à travers l’éducation primaire de masse moins étendue dans la première que dans cette dernière) peut dès lors en constituer un facteur relatif de rebond dans un concert mondial des échanges restructuré.
L’histoire des deux derniers siècles montre aussi que quand les flux de marchandises et de capitaux subissent des cloisonnements, les entraves à la circulation des travailleurs se desserrent. Les contraintes des évolutions démographiques à l’échelle mondiale (vieillissement d’un côté et forces potentiellement actives de l’autre), autrement dit la disproportion croissante entre actifs et inactifs dans les pays dits développés, facilitera l’acceptation de ces nouvelles arrivées en Europe, en Amérique du Nord, en Australie, etc. de travailleurs venus du Sud, et en particulier d’Asie du Sud qui sera au milieu du XXIe siècle plus peuplée que la Chine, qui connaîtra des effets plus importants de politiques des naissances depuis plus longtemps plus restrictives. Pour ce qui est des migrations de populations et de l’emploi dans des industries délocalisées, la diffusion de l’anglais en Inde est ici aussi pour le sous-continent un facteur favorable à des expatriations. Tout en ne développant pas l’hypothèse d’un changement de paradigme dans les échanges internationaux, l’ouvrage, par la richesse de sa documentation, donne nombre d’éléments pour envisager les effets de différents scénarios sur ces deux géants.
Jean-Michel SERVET IUED/IHEID, Genève
 
Dominique REDOR Les Gagnants et les Perdants de la Mondialisation Paris, Economica, octobre 2007,24 euros, 183 p.
 
 
La mondialisation radicalise les opinions. En témoignent les titres d’ouvrages aux consonances juridiques (In defense of Globalization de Bhagwati ou La mondialisation n’est pas coupables de Krugman) voire guerrières (La mondialisation et ses ennemis de Cohen). L’ouvrage de Redor, au contraire, est pondéré. Ecrit dans un style accessible et bien documenté, son livre balaie nombre de préjugés.
En se limitant au champ économique, il est généralement admis que la mondialisation couvre les flux financiers, les échanges commerciaux et les migrations. Cette complexité exige de l’auteur des choix. Redor d’entrée exclut de son analyse les migrations. Mais à la lecture de l’ouvrage, il apparaît que les échanges commerciaux ne sont souvent étudiés que comme le fruit des investissements directs étrangers. Cette approche, réductrice, s’explique par le choix de considérer la mondialisation comme la conséquence des stratégies d’entreprises.
De ce point de vue, les flux de capitaux financiers sont ignorés au profit des investissements directs et les échanges commerciaux ne sont considérés que d’un point de vue ricardien. Peu de références à des échanges motivés par d’autres raisons que les différences technologiques et, ce qui est surprenant compte tenu de la primeur donnée par l’auteur aux entreprises multinationales, pas la moindre référence aux avancées de la recherche récente sur le commerce avec entreprises hétérogènes. Cette littérature aurait pourtant enrichi l’analyse puisqu’elle explique pourquoi peu d’entreprises exportent et, quand elles le font, n’exportent qu’une faible part de leur production. Elle explique aussi pourquoi certaines entreprises exportent et d’autres investissent à l’étranger. En somme, la première partie du livre explique la mondialisation par l’internationalisation des entreprises et en ce sens est réductrice.
La seconde partie, qui tente d’identifier perdants et gagnants de la mondialisation, est celle qui apporte le plus au débat sur la mondialisation. De façon convaincante, Redor démontre que les échanges des pays riches tout comme leurs investissements à l’étranger se font principalement avec d’autres pays riches, que le déficit commercial de la France est enregistré avec les pays riches et non les pays à bas salaires. Il en découle que les variations de l’emploi s’expliquent moins par les échanges et les investissements internationaux que par le progrès technique et des facteurs internes aux économies. Pour cette raison, les inégalités au sein des pays riches s’expliquent par une demande de travail de plus en plus portée vers le travail qualifié du fait de l’interaction du progrès technique et de la division internationale du travail. Toutefois, Redor montre que si tous les pays riches font face à ces forces, l’impact sur les inégalités dépend des systèmes sociopolitiques.
Le dernier chapitre présente les conclusions de cette analyse. Tirer au mieux partie de la mondialisation passe par la nécessité de ne pas se tromper de concurrent (les autres pays riches et non les pays à bas salaires) et donc de promouvoir par de meilleures politiques notamment de formation et de recherche.
Jean-Jacques HALLAERT Fonds Monétaire International ? Groupe d’Economie Mondiale de Sciences-Po, Paris
 
William BOLOUVI Quel développement pour l’Afrique subsaharienne ? Paris, L’Harmattan, 2007,309 pages
 
 
Le livre de William Bolouvi participe à "la crise de reconstruction" de la pensée sur le développement. Sa problématique consiste à permettre à l’Afrique noire de maîtriser les clés de lecture de son développement en sortant des schémas jadis tracés pour elle par d’autres. Il utilise une méthode historico-structurelle non seulement pour évoquer et critiquer les politiques passées, mais aussi pour montrer les bases sur lesquelles devraient se faire les modifications institutionnelles futures. Cela ne transforme pas pour autant les acteurs en épiphénomènes par rapport aux structures. Ce sont eux, notamment les leaders politiques et les économistes, qui sont chargés d’opérer les changements structurels préconisés par l’auteur. L’arrière-fond analytique semble néo-keynésien dans la mesure où, l’optimum pouvant donner lieu à des inégalités fonctionnelles, l’auteur rappelle les travaux de Pigou qui préconisent l’intervention de l’État comme arbitre des externalités positives et négatives.
Après les trois premiers chapitres qui mettent en évidence l’essor théorique sur le développement et son désenchantement dans les années 1980, l’auteur se fixe deux objectifs : réhabiliter la théorie économique dans le traitement des problèmes de développement et placer le politique, au sens de mode de régulation, au centre du processus de développement. À la question Quel développement pour l’Afrique subsaharienne ? l’auteur répond dans les quatre derniers chapitres par : "L’économie du sous-développement et la théorie du sous-développement ayant abouti à un échec irréversible, je suggère qu’en Afrique subsaharienne, en tous cas dans les pays classés pauvres, elle cède la place à une économie de l’optimum fondée sur une théorie de l’optimum économique" (159). Pour lui, ce développement basé sur une économie de l’optimum, notion microéconomique et néoclassique développée par Pareto, correspond à "un aménagement du sous-développement afin de le rendre habitable" (254). Autrement dit, "pour un continent qui va à la dérive, l’économie de l’optimum, doit au départ déterminer les priorités dans les besoins. La fixation de ces priorités est, de nos jours, facilitée par l’abondance des lois et données scientifiques déterminant les conditions de vie et d’épanouissement de l’être biologique" (166). L’espace de définition de cet optimum est l’espace national représenté par l’État, alors qu’un pouvoir politique que l’auteur souhaite prophète, instituteur et gendarme est chargé d’en définir les objectifs et les instruments, sachant qu’il fera face à des choix économiques antagoniques. C’est une thèse qui, en termes simples, consiste à provoquer un changement structurel pour que le minimum pour tous soit atteint. Dans ce livre, Bolouvi entrouvre une porte dans le souci courageux de sortir de l’impasse actuelle de la pensée sur le développement de l’Afrique subsaharienne. Son mérite réside dans cette proposition qui, bien sûr, reste à approfondir pour devenir réellement opérationnelle.
Thierry AMOUGOU Institut des Études du Développement, Université Catholique de Louvain
 
Sabrina DJEFAL La microfinance entre le marché et la solidarité. L’exemple de l’Afrique de l’Ouest Paris, Ed. des archives contemporaines, AUF, Col. Economie & Gestion, 2007,116 p.
 
 
L’ouvrage, issu de travaux réalisés depuis les années 1990 (dont la thèse de l’auteur), présente une synthèse de la microfinance dans la région.
Le chapitre 1 en retrace les phases de constitution (1980-1990,1990-1994,1995 à nos jours). Les Organisations de MicroFinance (OMF) sont classées en trois types distincts selon le degré croissant de pauvreté de leur clientèle : mutuelles (épargne préalable) et caisses villageoises (crédit et épargne), crédit "direct" sans épargne (ou solidaire au sens de la Grameen Bank) ; deux types qualifiés de "novateurs" - "facilitateurs", "de subventions" (fonds et coopération) - viennent compléter cette typologie. Le classement par pays, qui n’est pas rapporté à leurs caractéristiques, fait ressortir une densité des OMF forte (Burkina, Mali, Togo), ou plus faible (Côte d’Ivoire, Bénin) ; le taux de pénétration qui triple presque (1997-2004) n’est toutefois pas un indicateur suffisant pour évaluer l’impact du crédit sur la clientèle.
Le chapitre 2, consacré aux succès de la microfinance, se fonde sur une analyse factorielle des données d’un échantillon de 76 OMF. Les caisses et les OMF à volet crédit, plutôt spécialisées en milieu rural où elles financent l’activité agricole et des femmes, proposent, outre les prêts à court terme (inférieur à un an), des produits d’épargne faiblement rémunérés ; les mutuelles, Å“uvrant plutôt en milieu urbain à destination d’une clientèle masculine, offrent des prêts à court et moyen terme, ainsi que des produits d’épargne. La structure des OMF (réseau, structure faîtière, autonomie) dépend à la fois de la réglementation bancaire (loi PARMEC), de leur sophistication financière (procédure d’octroi, outils de gestion) et de l’adéquation aux besoins de la population (ressources mobilisées, taux de remboursement). L’arbitrage entre performance financière et performance sociale est à peine évoqué.
Le chapitre 3 s’attache aux limites de la microfinance au regard de l’organisation interne et de ses dysfonctionnements (solidarité vs. détournements, appropriation vs. clientélisme), de la maîtrise de l’activité (viabilité vs. mission) illustrée par des études de cas, et des contraintes de l’environnement (déficit d’infrastructure, aléas climatiques, réglementation, concurrence des OMF). La stratégie majoritaire de la clientèle vise à diversifier les sources de financement et l’usage des prêts fongibles (production à faible valeur ajoutée et consommation), dans une économie de subsistance ; la clientèle des microentrepreneurs qui accumulent est minoritaire. La conclusion s’interroge sur l’enjeu de la microfinance (lutte contre la pauvreté ou promotion du développement économique, transformer les microentreprises en PME) et plaide pour l’accompagnement. Une bibliographie sélective complète cet ouvrage de vulgarisation au style fluide.
Philippe ADAIR ERUDITE, Université Paris 12
 
D. S. LEWIS et W. SLATER (Editor) Annual Register : World Events 2007 PROQUEST, 675 pages
 
 
L’édition 2007 d’Annual Register World Events réunit les contributions de 86 chercheurs qui analysent les événements majeurs dans chaque pays du monde pour l’année 2006. Cette collection, dont les origines remontent à 1758 et au travail pionnier de E. Burke, propose chaque année une analyse complète des faits les plus marquants de l’année précédente. L’intérêt de ce travail réside dans l’exhaustivité des thèmes traités et des analyses présentées concernant 209 pays et 60 organisations internationales, mais également dans la mise en place de dossiers thématiques que la rédaction considère comme actuels et importants.
L’édition 2007 met l’accent, entre autres, sur la guerre en Irak, la recrudescence du terrorisme, le problème palestinien, mais aussi sur la question du réchauffement climatique ou l’intégration de la Bulgarie et la Roumanie dans l’Union européenne. La structure de l’ouvrage est celle d’un catalogue : géographique (par grande région ou continent), puis thématique (économie internationale - sciences - arts).
L’ouvrage permet d’avoir accès rapidement à des analyses intéressantes par pays, ainsi qu’à un ensemble de références internationales en matière de législation économique ou d’action institutionnelle. Évidemment, Annual Register World Events, réalisé essentiellement par des économistes, des historiens et des politologues, ne peut prétendre à une analyse profonde, pour deux raisons : du fait, d’abord, de "l’espace limité" dont dispose chaque pays ou événement, au nom de l’exhaustivité recherchée ; puis de la focalisation des analyses sur les événements de l’année en cours, d’où, parfois, un manque de repaires de long terme.
Il reste la question du "vieillissement" de ce type d’ouvrage. Très intéressant pour le lecteur, aujourd’hui, un certain nombre d’informations et analyses peuvent devenir rapidement obsolètes, dans les années suivantes. Mais le pari d’un tel travail, renouvelé annuellement, est de fidéliser le lecteur à cette analyse compacte de l’actualité mondiale.
Michel DIMOU Université de La Réunion
 
NOTES
 
[1]Les créances douteuses y dépasseraient en 2007 mille milliards de dollars, soit un quart du produit intérieur brut chinois. Le boom immobilier de 25% par an ne peut que les accroître. La Banque centrale chinoise dispose de 1 400 milliards de dollars de réserve, ce qui lui permettrait d’intervenir pour faire face à une crise, mais au prix d’une inflation considérable.
© Cairn.info 2009 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
Cairn.info | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[1]
Les créances douteuses y dépasseraient en 2007 mille millia...
[suite] Suite de la note...