2007
Monde en développement
Note de lecture
Gilbert ETIENNE
Chine-Inde. La Grande compétition, Paris, Dunod, 2007, VIII-224 pages
Depuis un demi-siècle, Gilbert Etienne, professeur honoraire des Instituts HEI
et IUED de Genève, parcourt villes et campagnes d’Inde, de Chine, mais aussi
du Bangladesh, du Pakistan et d’Afghanistan. Il a consacré déjà dix livres à la
première et pas moins de huit à la seconde. Chine-Inde. La Grande Compétition, le
plus récent de ses ouvrages, est donc celui d’un expert largement reconnu, qui
compare le chemin parcouru dans la deuxième moitié du XXe siècle par l’ex
Empire du milieu et par l’ex perle de l’Empire britannique, leurs forces et leurs
faiblesses relatives actuelles. Le but de cette analyse, comme l’indique son sous-titre, est de comprendre qui, de la Chine ou de l’Inde, connaîtra dans une ou
deux générations la modernisation la plus avancée. La comparaison est menée à
travers la compréhension de la dynamique en cours des techniques de l’espace
et de l’encadrement des hommes dans les deux économies et, au-delà, dans ces
deux sociétés, puisque les évolutions des systèmes politiques et des rapports
entre groupes sociaux en font partie. L’ouvrage pourrait, par certaines des
critiques qu’il formule, non sans raison, prendre pour sous-titre : "croissance
économique et sous-développement culturel et environnemental". Dans ses
travaux anciens, Gilbert Etienne, concentré sur ce qui lui apparaissait comme
une nécessité d’assurer nourriture et emplois à des populations à la
démographie dite "galopante", avait très largement laissé de côté les effets
négatifs de la croissance et les risques qu’elle faisait peser sur sa pérennité. Ce
n’est certainement plus le cas aujourd’hui.
L’ouvrage fourmille tant de statistiques, tout en soulignant les limites de
certaines communiquées par les Instituts spécialisés, que d’anecdotes
personnelles vécues, observations fines faites durant les voyages de l’auteur et
de son épouse depuis les années 1950. Ces moments de vie, ce travail d’enquête
à micro-échelle, sont des indicateurs forts des évolutions, qui valent autant, si ce
n’est plus parfois, que des statistiques globales, particulièrement dans les
périodes où la volonté de convaincre par les interlocuteurs, notoirement en
Chine, l’emportait sur tout réalisme. En cela cet ouvrage est un témoignage.
L’auteur exprime sa sympathie et sa confiance pour les évolutions
démocratiques, et il montre bien la longue expérience de l’Inde en ce domaine,
mais il doit reconnaître, comme le faisait il y a deux siècles Jean-Baptiste Say,
que l’on peut voir "des peuples s’enrichir sous des despotes et d’autres se ruiner
sous des conseils populaires". Il donne les éléments essentiels pour comprendre
les contraintes des interdépendances entre les grandes données des économies.
Pour développer les produits agricoles, il faut des intrants que fournissent les
industries. Ce qui n’est pas produit sur place doit être importé. Ce qui doit être
importé (en termes de matières, de biens ou de savoirs) doit être financé. La
main-d’Å“uvre doit avoir la formation requise, etc. Les économistes de plus en
plus spécialisés ont bien souvent oublié ces schémas de reproduction des
économies que l’analyse de l’auteur rappelle implicitement fort utilement et qui
constitue une trame possible de lecture de l’ouvrage. Le diagnostique est
mesuré. Il souligne les déséquilibres régionaux importants dans les deux pays.
Peut-être faudrait-il accorder plus d’attention au poids des dépenses militaires
que la reconnaissance comme membres à part entière des grandes nations ne
pourra qu’accroître, sauf à faire l’hypothèse que la mondialisation les rendrait de
plus en plus inutiles. L’auteur souligne très bien les forces et les faiblesses
internes relatives de chacun des deux pays, dans lesquels vivent environ un tiers
de la population mondiale. Ce qui fait que de leurs échecs et de leurs réussites à
venir dépend une grande partie de l’humanité. Jusqu’à quel point en
dépendons-nous ? Quelles tensions leur montée en puissance pourraient faire
naître ?
Deux hypothèses fixent des limites à un exercice de prospective. La première
est que les économies, et donc les sociétés, ne seront pas bouleversées par une
crise financière mondiale majeure. La seconde est que la libre circulation des
marchandises et celle des capitaux ne seront pas remises en cause par de
nouvelles formes de protectionnisme à l’origine d’une nouvelle transformation
des économies et d’une redistribution des flux commerciaux et humains à
l’échelle de la planète. Les dotations propres et les dynamiques internes se
heurtent nécessairement au contexte international.
Compte tenu de la dichotomie de plus en plus béante entre activités de
production et flux financiers, en raison aussi des prises de risque (y compris en
Chine dans le secteur immobilier notamment), l’économie mondiale a toutes les
chances de connaître ce que l’on peut considérer comme un assainissement des
dettes par effondrement de châteaux de cartes spéculatifs et, grâce à un retour
des hausses de prix, une dévalorisation des créances accumulées notoirement à
l’encontre des États-Unis, tout particulièrement par la Chine. Même si celle-ci
paraît beaucoup plus exposée
[1] que l’Inde en ce domaine, pour ces pays,
quelques points de croissance en moins n’affecteraient sans nul doute pas de
façon spectaculaire le rapport de forces des deux pays en ce domaine.
Il est difficile de penser qu’il en irait de même, pour ce qui est de ses
conséquences, de la seconde hypothèse, relative à un inversement de paradigme
dans les échanges mondiaux car il affecterait profondément les économies
mondialisées, et en proportion même du degré de leurs dépenses en échanges
extérieurs. Sans doute faut-il rappeler ici que le commerce avec l’étranger de la
Chine représente 1760 milliards de $, contre 325 milliards de $ pour l’Inde. Un
nouveau protectionnisme, et nous pensons que toutes les conditions de sa mise
en place se trouvent progressivement réunies, ne se fera pas, le cas échéant, par
des droits de douane ou des quotas, mais plus sûrement par la traçabilité des
produits en matière de respect de l’environnement, du travail décent, le
renforcement des droits de propriété, etc., selon les normes que les
organisations internationales établissent graduellement, et la lutte contre
certains mécanismes financiers spéculatifs que les crises financières rendront
sans doute inéluctables. Tout dépendra de la rapidité avec laquelle ces
changements opèreront. Soit l’inversion des tendances est lente, et la Chine
s’adaptera et fera face à ce changement fondamental. Soit il intervient de façon
brusque, et, avec cette nouvelle donne, l’Inde apparaît beaucoup mieux placée
que la Chine pour y faire face. Celle-ci devrait réorienter alors ses échanges,
principalement en direction des pays en développement producteurs de
matières premières à qui elle livrerait ses productions en échange des matériaux
et des énergies nécessaires pour les produire, accentuant les spécialisations qui
sont en train de se mettre en place. La Chine est un atelier pour des
productions largement banalisées et peu innovantes dont les matières premières
nécessaires à leur fabrication sont importées dans un pacte de plus en plus quasi
colonial, notoirement avec l’Afrique. L’Inde, par contre, appuie plus ses
exportations sur un savoir-faire dans des domaines spécialisés (l’informatique
en est un exemple emblématique, et pas seulement à Bangalore, comme le
souligne à juste titre Gilbert Etienne). Les productions de l’industrie du savoir y
sont beaucoup plus exportées et ce sont elles qui aujourd’hui permettent de
produire à coût marginal décroissant et permettront de prendre des positions
dominantes dans certains secteurs d’activité. Cette spécialisation indienne et
cette concentration dans certaines productions plus élaborées expliquent la
coexistence de cette modernité indienne avec de larges masses analphabètes, ce
qu’analyse bien Gilbert Etienne. Ce qui apparaît aujourd’hui, non sans raison,
comme une faiblesse relative de l’Inde face à la Chine (lorsque l’auteur observe
la dotation en "capital humain" à travers l’éducation primaire de masse moins
étendue dans la première que dans cette dernière) peut dès lors en constituer un
facteur relatif de rebond dans un concert mondial des échanges restructuré.
L’histoire des deux derniers siècles montre aussi que quand les flux de
marchandises et de capitaux subissent des cloisonnements, les entraves à la
circulation des travailleurs se desserrent. Les contraintes des évolutions
démographiques à l’échelle mondiale (vieillissement d’un côté et forces
potentiellement actives de l’autre), autrement dit la disproportion croissante
entre actifs et inactifs dans les pays dits développés, facilitera l’acceptation de
ces nouvelles arrivées en Europe, en Amérique du Nord, en Australie, etc. de
travailleurs venus du Sud, et en particulier d’Asie du Sud qui sera au milieu du
XXIe siècle plus peuplée que la Chine, qui connaîtra des effets plus importants
de politiques des naissances depuis plus longtemps plus restrictives. Pour ce qui
est des migrations de populations et de l’emploi dans des industries
délocalisées, la diffusion de l’anglais en Inde est ici aussi pour le sous-continent
un facteur favorable à des expatriations. Tout en ne développant pas
l’hypothèse d’un changement de paradigme dans les échanges internationaux,
l’ouvrage, par la richesse de sa documentation, donne nombre d’éléments pour
envisager les effets de différents scénarios sur ces deux géants.
Jean-Michel SERVET
IUED/IHEID, Genève
Dominique REDOR
Les Gagnants et les Perdants de la Mondialisation
Paris, Economica, octobre 2007,24 euros, 183 p.
La mondialisation radicalise les opinions. En témoignent les titres d’ouvrages
aux consonances juridiques (In defense of Globalization de Bhagwati ou La
mondialisation n’est pas coupables de Krugman) voire guerrières (La
mondialisation et ses ennemis de Cohen). L’ouvrage de Redor, au contraire, est
pondéré. Ecrit dans un style accessible et bien documenté, son livre balaie
nombre de préjugés.
En se limitant au champ économique, il est généralement admis que la
mondialisation couvre les flux financiers, les échanges commerciaux et les
migrations. Cette complexité exige de l’auteur des choix. Redor d’entrée exclut
de son analyse les migrations. Mais à la lecture de l’ouvrage, il apparaît que les
échanges commerciaux ne sont souvent étudiés que comme le fruit des
investissements directs étrangers. Cette approche, réductrice, s’explique par le
choix de considérer la mondialisation comme la conséquence des stratégies
d’entreprises.
De ce point de vue, les flux de capitaux financiers sont ignorés au profit des
investissements directs et les échanges commerciaux ne sont considérés que
d’un point de vue ricardien. Peu de références à des échanges motivés par
d’autres raisons que les différences technologiques et, ce qui est surprenant
compte tenu de la primeur donnée par l’auteur aux entreprises multinationales,
pas la moindre référence aux avancées de la recherche récente sur le commerce
avec entreprises hétérogènes. Cette littérature aurait pourtant enrichi l’analyse
puisqu’elle explique pourquoi peu d’entreprises exportent et, quand elles le
font, n’exportent qu’une faible part de leur production. Elle explique aussi
pourquoi certaines entreprises exportent et d’autres investissent à l’étranger. En
somme, la première partie du livre explique la mondialisation par
l’internationalisation des entreprises et en ce sens est réductrice.
La seconde partie, qui tente d’identifier perdants et gagnants de la
mondialisation, est celle qui apporte le plus au débat sur la mondialisation. De
façon convaincante, Redor démontre que les échanges des pays riches tout
comme leurs investissements à l’étranger se font principalement avec d’autres
pays riches, que le déficit commercial de la France est enregistré avec les pays
riches et non les pays à bas salaires. Il en découle que les variations de l’emploi
s’expliquent moins par les échanges et les investissements internationaux que
par le progrès technique et des facteurs internes aux économies. Pour cette
raison, les inégalités au sein des pays riches s’expliquent par une demande de
travail de plus en plus portée vers le travail qualifié du fait de l’interaction du
progrès technique et de la division internationale du travail. Toutefois, Redor
montre que si tous les pays riches font face à ces forces, l’impact sur les
inégalités dépend des systèmes sociopolitiques.
Le dernier chapitre présente les conclusions de cette analyse. Tirer au mieux
partie de la mondialisation passe par la nécessité de ne pas se tromper de
concurrent (les autres pays riches et non les pays à bas salaires) et donc de
promouvoir par de meilleures politiques notamment de formation et de
recherche.
Jean-Jacques HALLAERT
Fonds Monétaire International ? Groupe d’Economie Mondiale de Sciences-Po, Paris
William BOLOUVI
Quel développement pour l’Afrique subsaharienne ?
Paris, L’Harmattan, 2007,309 pages
Le livre de William Bolouvi participe à "la crise de reconstruction" de la pensée sur
le développement. Sa problématique consiste à permettre à l’Afrique noire de
maîtriser les clés de lecture de son développement en sortant des schémas jadis
tracés pour elle par d’autres. Il utilise une méthode historico-structurelle non
seulement pour évoquer et critiquer les politiques passées, mais aussi pour
montrer les bases sur lesquelles devraient se faire les modifications
institutionnelles futures. Cela ne transforme pas pour autant les acteurs en
épiphénomènes par rapport aux structures. Ce sont eux, notamment les leaders
politiques et les économistes, qui sont chargés d’opérer les changements
structurels préconisés par l’auteur. L’arrière-fond analytique semble néo-keynésien dans la mesure où, l’optimum pouvant donner lieu à des inégalités
fonctionnelles, l’auteur rappelle les travaux de Pigou qui préconisent
l’intervention de l’État comme arbitre des externalités positives et négatives.
Après les trois premiers chapitres qui mettent en évidence l’essor théorique sur
le développement et son désenchantement dans les années 1980, l’auteur se fixe
deux objectifs : réhabiliter la théorie économique dans le traitement des
problèmes de développement et placer le politique, au sens de mode de
régulation, au centre du processus de développement. À la question Quel
développement pour l’Afrique subsaharienne ? l’auteur répond dans les quatre derniers
chapitres par : "L’économie du sous-développement et la théorie du sous-développement
ayant abouti à un échec irréversible, je suggère qu’en Afrique subsaharienne, en tous cas dans
les pays classés pauvres, elle cède la place à une économie de l’optimum fondée sur une théorie
de l’optimum économique" (159). Pour lui, ce développement basé sur une
économie de l’optimum, notion microéconomique et néoclassique développée
par Pareto, correspond à "un aménagement du sous-développement afin de le rendre
habitable" (254). Autrement dit, "pour un continent qui va à la dérive, l’économie de
l’optimum, doit au départ déterminer les priorités dans les besoins. La fixation de ces priorités
est, de nos jours, facilitée par l’abondance des lois et données scientifiques déterminant les
conditions de vie et d’épanouissement de l’être biologique" (166). L’espace de définition
de cet optimum est l’espace national représenté par l’État, alors qu’un pouvoir
politique que l’auteur souhaite prophète, instituteur et gendarme est chargé d’en
définir les objectifs et les instruments, sachant qu’il fera face à des choix
économiques antagoniques. C’est une thèse qui, en termes simples, consiste à
provoquer un changement structurel pour que le minimum pour tous soit atteint.
Dans ce livre, Bolouvi entrouvre une porte dans le souci courageux de sortir de
l’impasse actuelle de la pensée sur le développement de l’Afrique
subsaharienne. Son mérite réside dans cette proposition qui, bien sûr, reste à
approfondir pour devenir réellement opérationnelle.
Thierry AMOUGOU
Institut des Études du Développement, Université Catholique de Louvain
Sabrina DJEFAL
La microfinance entre le marché et la solidarité. L’exemple de l’Afrique de l’Ouest
Paris, Ed. des archives contemporaines, AUF, Col. Economie & Gestion, 2007,116 p.
L’ouvrage, issu de travaux réalisés depuis les années 1990 (dont la thèse de
l’auteur), présente une synthèse de la microfinance dans la région.
Le chapitre 1 en retrace les phases de constitution (1980-1990,1990-1994,1995
à nos jours). Les Organisations de MicroFinance (OMF) sont classées en trois
types distincts selon le degré croissant de pauvreté de leur clientèle : mutuelles
(épargne préalable) et caisses villageoises (crédit et épargne), crédit "direct" sans
épargne (ou solidaire au sens de la Grameen Bank) ; deux types qualifiés de
"novateurs" - "facilitateurs", "de subventions" (fonds et coopération) - viennent
compléter cette typologie. Le classement par pays, qui n’est pas rapporté à leurs
caractéristiques, fait ressortir une densité des OMF forte (Burkina, Mali, Togo),
ou plus faible (Côte d’Ivoire, Bénin) ; le taux de pénétration qui triple presque
(1997-2004) n’est toutefois pas un indicateur suffisant pour évaluer l’impact du
crédit sur la clientèle.
Le chapitre 2, consacré aux succès de la microfinance, se fonde sur une analyse
factorielle des données d’un échantillon de 76 OMF. Les caisses et les OMF à
volet crédit, plutôt spécialisées en milieu rural où elles financent l’activité
agricole et des femmes, proposent, outre les prêts à court terme (inférieur à un
an), des produits d’épargne faiblement rémunérés ; les mutuelles, Å“uvrant
plutôt en milieu urbain à destination d’une clientèle masculine, offrent des prêts
à court et moyen terme, ainsi que des produits d’épargne. La structure des
OMF (réseau, structure faîtière, autonomie) dépend à la fois de la
réglementation bancaire (loi PARMEC), de leur sophistication financière
(procédure d’octroi, outils de gestion) et de l’adéquation aux besoins de la
population (ressources mobilisées, taux de remboursement). L’arbitrage entre
performance financière et performance sociale est à peine évoqué.
Le chapitre 3 s’attache aux limites de la microfinance au regard de l’organisation
interne et de ses dysfonctionnements (solidarité vs. détournements,
appropriation vs. clientélisme), de la maîtrise de l’activité (viabilité vs. mission)
illustrée par des études de cas, et des contraintes de l’environnement (déficit
d’infrastructure, aléas climatiques, réglementation, concurrence des OMF). La
stratégie majoritaire de la clientèle vise à diversifier les sources de financement
et l’usage des prêts fongibles (production à faible valeur ajoutée et
consommation), dans une économie de subsistance ; la clientèle des
microentrepreneurs qui accumulent est minoritaire. La conclusion s’interroge
sur l’enjeu de la microfinance (lutte contre la pauvreté ou promotion du
développement économique, transformer les microentreprises en PME) et
plaide pour l’accompagnement. Une bibliographie sélective complète cet
ouvrage de vulgarisation au style fluide.
Philippe ADAIR
ERUDITE, Université Paris 12
D. S. LEWIS et W. SLATER (Editor)
Annual Register : World Events 2007 PROQUEST, 675 pages
L’édition 2007 d’Annual Register World Events réunit les contributions de 86
chercheurs qui analysent les événements majeurs dans chaque pays du monde
pour l’année 2006. Cette collection, dont les origines remontent à 1758 et au
travail pionnier de E. Burke, propose chaque année une analyse complète des
faits les plus marquants de l’année précédente. L’intérêt de ce travail réside dans
l’exhaustivité des thèmes traités et des analyses présentées concernant 209 pays
et 60 organisations internationales, mais également dans la mise en place de
dossiers thématiques que la rédaction considère comme actuels et importants.
L’édition 2007 met l’accent, entre autres, sur la guerre en Irak, la recrudescence
du terrorisme, le problème palestinien, mais aussi sur la question du
réchauffement climatique ou l’intégration de la Bulgarie et la Roumanie dans
l’Union européenne. La structure de l’ouvrage est celle d’un catalogue :
géographique (par grande région ou continent), puis thématique (économie
internationale - sciences - arts).
L’ouvrage permet d’avoir accès rapidement à des analyses intéressantes par
pays, ainsi qu’à un ensemble de références internationales en matière de
législation économique ou d’action institutionnelle. Évidemment, Annual
Register World Events, réalisé essentiellement par des économistes, des historiens
et des politologues, ne peut prétendre à une analyse profonde, pour deux
raisons : du fait, d’abord, de "l’espace limité" dont dispose chaque pays ou
événement, au nom de l’exhaustivité recherchée ; puis de la focalisation des
analyses sur les événements de l’année en cours, d’où, parfois, un manque de
repaires de long terme.
Il reste la question du "vieillissement" de ce type d’ouvrage. Très intéressant
pour le lecteur, aujourd’hui, un certain nombre d’informations et analyses
peuvent devenir rapidement obsolètes, dans les années suivantes. Mais le pari
d’un tel travail, renouvelé annuellement, est de fidéliser le lecteur à cette analyse
compacte de l’actualité mondiale.
Michel DIMOU
Université de La Réunion
[1]
Les créances douteuses y dépasseraient en 2007 mille milliards de dollars, soit un quart du
produit intérieur brut chinois. Le boom immobilier de 25% par an ne peut que les accroître.
La Banque centrale chinoise dispose de 1 400 milliards de dollars de réserve, ce qui lui
permettrait d’intervenir pour faire face à une crise, mais au prix d’une inflation
considérable.