Responsabilité sociale des firmes multinationales : faut-il être propriétaire pour être responsable ?
Fabienne Boudier
Faouzi Bensebaa
La tendance croissante des firmes multinationales (FMN) à préférer les formes
organisationnelles basées sur un contrôle de facto des actifs productifs à
l’étranger au détriment des formes basées sur un contrôle de jure pose la
question du lien entre droits de propriété et responsabilité sociale de l’entreprise
(RSE). L’étude des cas de Fila et Tesco indique que l’absence de propriété de
l’unité de production à l’étranger pousse les FMN à contester, voire à ne pas
reconnaître leur responsabilité sociale supposée. La RSE peut être établie soit
par le biais des pressions des parties prenantes, soit par le biais de règles
juridiques délimitant son périmètre. Mots-clés :
contrôle, droits de propriété, filière de production, firmes multinationales, parties prenantes, responsabilité sociale de l’entreprise.
For producing abroad, multinational firms tend to prefer non-equity forms of
investment rather than equity forms. One can ask whether one MNE has to
own an entity abroad to be socially responsible. The research produces two
case studies to highlight the question raised before: Fila, and Tesco. In such
cases of control through other modes of influence than asset ownership, and
since residual rights of control are difficult to appreciate, MNCs may be
tempted to reject corporate social responsibility (CSR). From then on, CSR may
be obtained through pressures exerted on corporations by stakeholders or by
the way of laws. Keywords :
control, corporate social responsibility (CSR), global commodity chain, multinational firms, property rights, stakeholders.
• 1. DROITS DE PROPRIÉTÉ, RSE ET
GLOBALISATION
• 2. CHAMP D’OBSERVATION ET MÉTHODOLOGIE
— 2.1 Fila, un industriel sans usines
— 2.2 Tesco
• 3. RÉSULTATS ET DISCUSSION
— 3.1 RSE des FMN et gestion responsable des filières de
production
— 3.2 Périmètre et coût de la RSE
•
CONCLUSION : limites et voies de recherche
• BIBLIOGRAPHIE