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Présentation

Élément non discursif de langage, d’expression et de communication, le geste peut être défini comme un « mouvement du corps […] visant à exprimer quelque chose » (Le Petit Robert). Le geste politique visé dans ce dossier n’est pas celui des études sur la « gestuelle » des personnalités politiques ni celui, coverbal, qui accompagne le discours ou encore celui qui se substitue au message verbal dans une interaction, dit « emblématique » ou « quasi-linguistique » parce qu’il est compréhensible sans la parole.

Ce sont plutôt les gestes « militants » eux-mêmes, leurs usages, leurs variations, leurs interprétations et les commentaires qu’ils suscitent, qui font l’objet de ce dossier, et non les actes individuels, éphémères, isolés, de tel acteur politique, quand bien même ces derniers ont pu devenir « symboliques ».

La gestualité qui retient ici notre attention s’apparente davantage à ce que les auteurs de l’ouvrage Des gestes en histoire. Formes et significations des gestualités médicale, guerrière et politique (Ambroise-Rendu, D’Almeida et Edelman, 2006, p. 11) appellent des « gestiques » : « ces gestes considérés comme moyens délibérés et organisés d’expression, sorte de langage possédant sa grammaire propre ». Conscients, intentionnels, conventionnels, démonstratifs, appris, revendiqués, repris, ritualisés, effectués individuellement ou collectivement, dans une mise en scène ou une forme de théâtralité, ces gestes et postures permettent une expression politique, marquent une identité ou affirment une appartenance à un groupe ou à une communauté. Servant d’emblème, ils constituent des signes visibles, ostentatoires de ralliement, d’engagement ou de reconnaissance, disent une cause, expriment une allégeance, appellent à la mobilisation ou servent à résister ou à protester.


Sommaire

Page 9 à 29

Du geste emblème politique en général et du V en particulier

Page 31 à 47

Entre espace urbain et espace numérique. La mobilisation immobile des Sentinelles contre le mariage homosexuel

Page 49 à 66

Le geste auguste de la République

Page 67 à 82

Brandir un crayon, geste-emblème des rassemblements post-attentats de janvier 2015

Page 83 à 98

La « quenelle ». Valeurs symboliques et rhétoriques d’une insulte gestuelle

Page 99 à 115

Symbolique et portée politiques du geste de Rabia en Égypte

Varia

Page 119 à 139

Le rôle des syndicats de médecins dans la production des idées en matière de politique de conventionnement. Une étude lexicométrique (1971-2008)

Page 141 à 153

La question de la graphie pour la langue kabyle

Page 155 à 170

L’adjectif berlusconien dans la presse française. Une illustration de l’emploi métaphorique d’un dérivé du nom propre en discours

Entretien

Page 173 à 186

« Observer et décrire comment s’échangent les raisons, c’est la première tâche de l’analyste du discours »

Compte rendu de lecture

Page 187 à 192

‪ALDUY Cécile, WAHNICH Stéphane, 2015, Marine Le Pen prise aux mots

Paris, Le Seuil, 311 pages

Fiche technique

Mots. Les langages du politique 2016/1 (n° 110). 200 pages.
ISSN : 0243-6450
ISSN en ligne : 1960-6001
ISBN : 9782847887938
Lien : <http://www.cairn.info/revue-mots-2016-1.htm>

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