2001
Mouvements
Livres
À propos du genre
• Christine Delphy, L’ennemi principal, Syllepse (Nouvelles questions
féministes), tome 1 : Économie politique du
patriarcat, 1998, 293 p., 130 FF (19,82 Euros) ;
tome 2 : Penser le genre, 2001, 389 p.,
150 FF (22,87 Euros).
Christine Delphy, L’ennemi principal, Syllepse (Nouvelles questions
féministes), tome 1 : Économie politique du
patriarcat, 1998, 293 p., 130 FF (19,82 Euros) ;
tome 2 : Penser le genre, 2001, 389 p.,
150 FF (22,87 Euros).
Les études de genre accèderaient-elles enfin à un début de
reconnaissance en France ? On peut en tout cas saluer la publication, cette
année, de plusieurs textes importants, déjà anciens ou plus récents, traduits
de l’anglais (comme La pensée straight
de Monique Wittig, publié aux États-Unis en 1992 et rendu accessible en
français par les éditions Balland) ou écrits en français, tels les deux
ouvrages présentés ici. Au-delà de leur affiliation commune aux études de
genre, L’ennemi principal de Christine
Delphy et Queer zones de Marie-Hélène
Bourcier se situent cependant dans deux perspectives théoriques tout à fait
différentes.
On ne devrait pas avoir à présenter Christine Delphy, dont les
deux tomes de
L’ennemi principal
rassemblent l’essentiel de la contribution à la théorie féministe depuis 1970,
avec des notes actualisées, chacun des recueils s’ouvrant par une préface ou un
avant-propos synthétique et consistant. Sociologue au CNRS, Christine Delphy
est l’une des plus importantes théoriciennes féministes françaises. Elle a
appartenu dès 1968 au groupe Féminin-masculin-avenir (devenu en 1969
Féminisme-marxisme-action), lequel a participé, à l’automne 1970, à la
fondation du Mouvement de libération des femmes. Elle a fondé et dirige la
revue
Nouvelles questions féministes.
Ses travaux sont largement reconnus et ont exercé beaucoup d’influence, y
compris à travers les controverses qu’ils ont suscitées, dans les milieux
académiques et universitaires anglo-saxons – bien plus qu’en France : ainsi,
bon nombre des articles contenus dans
L’ennemi
principal sont parus en anglais dès 1984, dans le recueil
Close to Home
[1].
Pour beaucoup de militantes qui s’efforçaient péniblement, dans
les années soixante-dix, de concilier appartenance à une organisation d’extrême
gauche (conditionnée par l’observance d’une orthodoxie marxiste sévèrement
délimitée) et adhésion au mouvement des femmes, l’apport de Christine Delphy a
été salutaire. Elle critiquait sans concession l’impuissance de l’analyse du
mode de production capitaliste à rendre compte de l’assujettissement des
femmes, considéré comme une « oppression » « secondaire » par rapport à l’«
exploitation » « principale » dans le cadre du salariat, donc l’improbabilité
de perspectives d’émancipation subordonnées à une révolution telle que la
concevait l’extrême gauche héritière de Marx et de Lénine. Elle proposait une
approche des relations hommes/femmes en termes de rapports sociaux de
production – un féminisme
matérialiste. Il faut bien avouer le plaisir pris à la re/lecture de
textes à la fois audacieux et rigoureux, d’une écriture limpide, mais aussi
dans un style adapté à la rhétorique naïve mais impitoyable des polémiques de
ces années-là, opposant un humour dévastateur et jubilatoire aux mises en
demeure péremptoires de « Nos amis » (les hommes féministes qui savent mieux
que nous où sont nos intérêts). Aujourd’hui que
nos perspectives révolutionnaires se sont dramatiquement
éloignées et que la référence au marxisme a dû se résoudre à plus de modestie,
les objections que lui ont opposées les « marxistes révolutionnaires » ont
souvent pris un bon coup de vieux. La lecture des recueils de Delphy illustre
en revanche la façon dont le patient travail de déconstruction et d’élaboration
de la critique féministe matérialiste du patriarcat a, lui, en quelques
dizaines d’années, contribué à une révolution – épistémologique.
Le patriarcat, cadre de l’oppression spécifique des
femmes
Au départ de la contribution théorique de Delphy, il y a donc
l’identification de l’oppression des femmes comme une subordination
spécifique, dont il faut rendre compte
par un système de rapports sociaux spécifiques, définissant des groupes en
fonction de leur place dans un processus de production : ce sera le
mode de production domestique, ou
patriarcal, et la définition des femmes comme classe sociale. Cela suppose
d’historiciser, pour les déconstruire, la définition de la famille comme
séparée de la sphère de production, l’équation entre économie et marché, la
mise au premier plan des rapports affectifs dans la définition des relations
familiales ; et donc la séparation entre public et privé. Delphy démonte les
mécanismes de l’extorsion de travail –
qui a une valeur, puisqu’on peut acheter son équivalent à une femme de ménage,
un traiteur, un teinturier etc. – dans le cadre domestique, extorsion qui ne
prend nullement fin lorsque les femmes deviennent salariées à l’extérieur.
Tollé chez les marxistes rigides aux yeux desquels ne sauraient coexister
plusieurs modes de production et qui classent les femmes dans la même catégorie
sociale que leur homme – père ou conjoint. Le patriarcat (système de rapports
sociaux hiérarchiques), et non les hommes (groupe social dont la constitution
est postérieure à celle de la hiérarchie) est donc « l’ennemi principal » à
combattre. Aucun rapport conjugal hétérosexuel ne paraît pouvoir échapper à
cette structure sociale dominante.
On peut quand même se demander si ce mode de production rend
compte de
l’oppression de toutes les
femmes. Delphy explique que c’est sur
leurs revenus que les femmes mariées qui
exercent un emploi rémunéré au-dehors doivent payer les services tels que femme
de ménage, garde des enfants. Mais comment intégrer les femmes, même
minoritaires, qui vivent seules et convenablement d’un emploi rémunéré dans ces
rapports de classe ? Par ailleurs,
toute
l’oppression des femmes ne s’explique pas par l’extorsion de
travail, qui ne rend pas compte de la façon dont les représentations dominantes
(du corps, de l’amour hétérosexuel, de l’amour maternel…) entretiennent les
sentiments de culpabilité et la dévalorisation de soi. Delphy l’admet
d’ailleurs dans la préface du tome 2 – nourrie d’une controverse avec
Clémentine Autain, Sylvie Chaperon et Étienne Balibar
[2].
Une épistémologie antinaturaliste
Un autre apport majeur de Delphy à la théorie féministe est
de contribuer au démantèlement de tout le discours essentialiste sur le
caractère prétendument naturel de la « différence des sexes ». Il n’y a pas de
nature – sinon celle
construite par les sociétés : division
de l’humanité entre « hommes » et « femmes », évidence du rapport hétérosexuel
et de sa finalité reproductive ne sont donc pas « données » et ne sauraient dès
lors justifier nulle résignation à quelque répartition des rôles, a fortiori à quelque hiérarchie, que ce soit.
Mais aucune revendication d’une sphère proprement féminine non plus. Cela veut
dire que d’autres formes d’identité,
de relations, d’organisation sociale sont possibles.
En cherchant à rendre compte de la division entre hommes et
femmes sans en référer à la « nature », Delphy a contribué à l’émergence du
concept de genre – mais sans renier le
caractère social de son analyse de rapports toujours soumis à une hiérarchie :
elle s’est défiée du « tournant culturel » et pense que la multiplication
indéfinie des genres suggérée par des féministes américaines comme Butler
affecterait la visibilité des rapports de domination. Puis elle en est arrivée
à un renversement de perspective étourdissant, voire angoissant :
c’est le genre qui crée le sexe, et non
l’inverse – du concept de classe au concept de genre,
la hiérarchie précède la
division.
Pour une cohérence entre théorie et action politique
Delphy conçoit toujours son travail théorique comme
contribution à une entreprise de transformation sociale. Elle s’est donc
impliquée dans les débats de stratégie politique qui ont traversé le mouvement
des femmes.
C’est dans ses travaux sur l’économie politique du patriarcat
qu’elle a puisé ses arguments majeurs en faveur d’un mouvement de femmes
non-mixte – l’un des grands points de divergence avec les féministes
trentenaires d’aujourd’hui
[3]. Les relations individuelles entre hommes et femmes,
dans la société patriarcale, ne peuvent se développer « sur un îlot » qui
échapperait aux normes et aux rapports dominants. Si la hiérarchie entre genres
précède la construction des genres, l’homme le plus sincèrement féministe, qui
arriverait à établir avec sa mère, ses sœurs, sa compagne, ses filles, ses
amies les relations les plus égalitaires qui soient, n’échapperait pas, par
exemple, au fait de se trouver en position dominante sur le marché du travail.
C’est un rapport de forces collectif que le mouvement des femmes doit
combattre.
De même, c’est conformément à ses positions théoriques que
Christine Delphy se refuse à l’alliance à des fins politiques, fussent-elles «
justes », entre universalistes et différentialistes. Elle a pointé
l’incohérence qui a consisté à revendiquer la parité en prenant pour acquis
incontestable que l’humanité est divisée en deux groupes, les hommes et les
femmes, et estime qu’avoir obtenu satisfaction à ce prix affaiblira, à long
terme, la composante universaliste du mouvement féministe.
C’est du reste cette tension, au sein du mouvement des
femmes, entre deux courants qui ne veulent en réalité pas la même chose,
l’universaliste et le différentialiste, qui lui semble rendre compte de la
faiblesse de ses acquis. Constat pessimiste qui évoque les développements de
Joan Scott dans La citoyenne
paradoxale.
Que le nom de Delphy ne soit pas plus connu, que ses travaux
n’aient pas eu, du moins en France, la diffusion à laquelle ils doivent
prétendre, est un symptôme de l’absence de mémoire dont souffre le mouvement
des femmes. Reste à espérer que la publication de L’ennemi principal contribuera à réparer cette
injustice. •
Irène Jami
Marie-Hélène Bourcier,
Queer Zones : politiques des identités sexuelles, des
représentations et des savoirs, Balland, 2001, 247 p., 110 FF (16,77
Euros).
Pour traduire « Queer » de l’anglais au français, il faudrait
que « les crachats se transforment en fleurs », explique Marie-Hélène Bourcier
qui traduit littéralement « Queer » en ces termes : « ordure, taré, anormal,
gouine, trou du cul, malsain, vraiment bizarre
[1] ». Les militants gays et lesbiens américains se sont
en effet réappropriés l’insulte à la fin des années quatre-vingt et l’ont
reconnotée positivement pour afficher sur le mode parodique leur identité
sexuelle et sexuée en prônant les mouvements transsexuels, transgenres et le
transvêtisme, ainsi que la multiplication des genres. Ce mouvement est relayé
au début des années quatre-vingt-dix par les études universitaires
postmodernes, au point d’occuper aujourd’hui une place théorique majeure dans
le champ des études sur les genres aux États-Unis. Se réclamant de Michel
Foucault et Jacques Derrida, ainsi que de la théoricienne d’un lesbianisme
radical, Monique Wittig, et de l’anthropologue Nicole-Claude Mathieu, les
théoricien(ne)s
queers remettent en
question la notion de sujet, d’hétéronormativité, de stabilité des identités
masculines et féminines, et des identités sexuelles. Judith Butler, philosophe
de formation, professeur à Berkeley, auteur de
Gender trouble
[2] et de
Bodies that
matter
[3],
encore non traduits en France, constitue la figure de proue du
mouvement.
En France, Marie-Hélène Bourcier est la première à se réclamer
des « Queer Studies » américaines et à les diffuser largement sur la scène
universitaire : normalienne, docteur en sociologie, elle est l’initiatrice du
premier séminaire français sur le
Queer en 1997, le « zoo », publié sous le titre
de
Q comme Queer
[4] en 1998. En 2001, elle traduit
Straight mind de Monique Wittig, un
classique des études de genre aux États-Unis, sous le titre de
La Pensée straight aux éditions
Balland et publie dans le même temps
Queer
Zones afin de promouvoir un autre savoir, un « contre-savoir » sous
une autre forme.
Queer Zones est ainsi
conçu comme une « boîte à outil où l’on trouve des analyses, des références,
des cartes, des pieds-de-biche, des godes, des ouvre-boîtes
[5] ». L’ouvrage semble de prime abord
anticonformiste et anti-universitaire, et il l’est à bien des égards.
Marie-Hélène Bourcier autorise en effet le lecteur à « zapper » et à lire le
texte transversalement. L’audace du texte réside surtout dans le style (à la
fois théorique et « cul », pour reprendre l’expression même de Marie-Hélène
Bourcier) et les sujets abordés (
Baise-moi, le film porno, plus exactement « post
porn », le sadomasochisme, la sexualité lesbienne, les
butchs, etc.), qui contrastent avec la
plupart des textes théoriques français et américains sur les genres et la
sexualité. En produisant un texte hybride échappant à toute catégorisation,
Marie-Hélène Bourcier applique à la lettre le principe
queer d’absence de hiérarchisation
entre les genres – littéraires, théoriques, militants, sexués et sexuels – et
entre les sujets. La théorie
queer ne
fait donc pas l’objet d’un exposé généalogique et théorique en bonne et due
forme. Elle est disséminée au fil des pages, pour être finalement résumée dans
le dernier chapitre. Ce refus de toute explication liminaire s’assortit
cependant d’un réel souci d’éclairer le et la néophyte en matière de théorie
queer et de culture gaie et lesbienne.
Les notes explicatives en bas de page abondent, l’ouvrage se clôt sur une
précieuse bibliographie et par un sommaire des noms propres et des concepts
usités. Fondamentalement pédagogique, ce texte est extrêmement précieux, en
l’absence d’ouvrage consacré aux théories théories
queers américaines. L’invisibilité
éditoriale des théories
queers dans le
champ éditorial français n’est pas seulement imputable aux inévitables délais
de traduction des textes anglophones en général, et en particulier sur les
genres et la sexualité, elle est scientifiquement justifiée par la plupart des
théoricien(ne)s féministes françaises qui diffèrent des orientations récentes
de leurs homologues américaines. Les inspiratrices françaises du mouvement
Queer ne se reconnaissent pas dans
celles et ceux qui se réclament d’elles outre-Atlantique. Christine Delphy et
Nicole-Claude Mathieu sont matérialistes : elles complètent la théorie marxiste
de l’exploitation en précisant que le système capitaliste repose sur
l’appropriation par les hommes du travail gratuit des femmes, elles insistent
sur le fondement économique des rapports sociaux de domination entre les hommes
et les femmes, tandis que Judith Butler, Teresa de Lauretis, David Halperin,
ainsi que Marie-Hélène Bourcier préfèrent au concept marxiste d’oppression et
de domination le concept foucaldien de relation de pouvoir qui « n’est pas
l’apanage des possédants ou des dominants
[6] ». Les théoriciennes françaises constituent les
femmes en sujets politiques et militent pour la révolution de cet état de
domination par une libération, alors que les théoricien(ne)s
queers refusent de se rallier à une
vison trop unie et hétérocentrée de la lutte pour l’amélioration de la
condition féminine, au nom de la pluralité « des » femmes en termes de classe,
race, orientations sexuelles et identités sexuées. Monique Wittig, désignée par
Teresa de Lauretis et Marie-Hélène Bourcier comme inspiratrice du
Queer, défend par exemple dès les
années quatre-vingt l’idée que les lesbiennes ne sont pas des femmes. Comment
rejoindre dès lors ledit mouvement des femmes ? Les auteurs
queers proposent donc un « abandon du
modèle émancipationniste
[7] », au profit d’une politique de résistance au pouvoir
qui passe, entre autres, par un « retournement des discours
disciplinaires
[8] », «
l’appropriation créative et la resignification, l’appropriation et la
théâtralisation
[9] »
selon David Halperin et la monstration du caractère performatif des genres
selon Judith Butler. Les féministes matérialistes françaises, mais aussi les
féministes américaines déplorent que la critique politique
queer se limite à une critique
symbolique des représentations, néglige les conditions matérielles de
l’oppression, n’obtient pas de résultats concrets et, du même coup, fragmente
la lutte des femmes. Les féministes françaises et américaines accusent enfin
les adeptes du « drag » (
drag queens
et
drag kings), de la transsexualité,
du sadomasochisme lesbien d’inverser les codes et les relations de domination
masculine sans pour autant en détruire les fondements. Marie-Hélène Bourcier
leur répond dans son ouvrage qu’il n’y a pas de haute et basse politique,
qu’elle n’entend pas contribuer à la défense des femmes en tant que femmes,
dans la mesure où nous sommes tous potentiellement des « trans » – des
transgenres et des travestis –, et que la performativité et le retournement des
codes diffusent efficacement l’idée que les genres sont des catégories mobiles
et construites.
Si Marie-Hélène Bourcier marque clairement ses distances avec
une tradition théorique française, elle ne se prononce pas, en revanche, sur
son positionnement exact dans le champ des théories
queers américaines. Le texte est un
palimpseste, couvert de notes, de citations, de références cryptées aux unes et
aux autres, sans attaque ou critique frontale des théoriciens
queers contemporains. Beatriz
Preciado, préfacière de
Queer Zones et
auteur du
Manifeste
Contra-sexuel
[10], lui-même préfacé par Marie-Hélène Bourcier, tente
d’établir la singularité de sa pensée : « La soi-disant queerisation des
maîtres de la philosophie française entreprise par les divas et les
playgays Américains a eu un prix. Elle
s’est traduite par un abandon, entre beaucoup de choses, du côté impur,
trash, in your face, de la profération
queer
[11] ».
Marie-Hélène Bourcier s’attaque en effet volontairement à des sujets
esthétiquement et universitairement marginaux. Elle analyse ainsi le film
Baise-moi qui promeut la figure de la
« femme butch (masculine) » active, éminemment « menaçante, parce qu’elle
renvoie en miroir à une forme de violence dont les hommes sont habituellement
les sujets et non les objets
[12] ». Elle dénonce le silence des histoires de
l’homosexualité qui font l’économie de la lesbienne
butch dans leurs études. Elle démontre
que le S/M est une pratique sexuelle contractuelle qui prône l’équation
suivante : « pouvoir = confiance ». En tant que sociologue, elle invoque un
autre rapport au savoir qui ne sépare pas le corps et l’esprit. Lors d’une
enquête sur le VIH dans une station balnéaire grecque, elle a eu des relations
sexuelles non planifiées avec certaines de ses interviewées et considère que
cela fait « partie du terrain, au même titre que les autres types
d’interactions qui ont pu se produire lors de cette recherche ». Selon Beatriz
Preciado, Marie-Hélène Bourcier ne tombe pas dans le piège du « tout est
langage, y compris le corps » des théoriciens
queers. Dans sa volonté de savoir, Marie-Hélène
Bourcier est loin d’ignorer le corps – au point de mettre en jeu son propre
corps. Quelle relation établit-elle cependant entre corps et langage ? Quelles
sont les conditions sociales de production d’un corps
queer ? •
Geneviève
Pruvost
[1]
C.
Delphy,
Close to Home, University of
Massachusetts Press, London, Hutchinson & Cambridge, 1984.
[2]
Travail, Genre et
Société, n°4, octobre 2000, L’Harmattan.
[1]
Op. cit.,
p.199.
[2]
J.
Butler,
Gender trouble, New York, Routledge,
1990.
[3]
J.
Butler,
Bodies that matter, New York &
London, Routledge, 1993.
[4]
M.-H.
Bourcier,
Q comme Queer, Lille, Cahiers Gai
Kitsch Camp, 1998.
[5]
M.-H.
Bourcier,
Queer Zones…, op. cit.,
p.21.
[6]
Ibid.,
p.184.
[7]
Idem,
p.187.
[8]
Idem,
p.184.
[10]
B.
Preciado,
Manifeste Contra-sexuel, Balland,
2000.
[11]
M.-H.
Bourcier,
Queer Zones…, op. cit.,
p.14.