Mouvements
La Découverte

I.S.B.N.2-7071-3709-X
192 pages

p. 174 à 178
doi: en cours

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no20 2002/2

En cette période de campagne préélectorale, la question de la démocratisation scolaire méritait bien que l’on s’y attarde un peu. Cinq livres témoignent à leur manière des enjeux liés à la scolarisation de masse, aussi bien à travers les relations parents/enseignants ou les stratégies de contournement de la sectorisation, que des rapports sociaux classistes, sexués ou racistes structurant à la fois le champ de la profession enseignante et la sélection des élites.

Oreste Saint-Drôme, Comment cultiver son petit écolier, La Découverte, 2001, 290 p., 11,50 €. Christine Mercandier-Colard et Kamel Aït Bouali, Silence, on enseigne !, La Découverte, 2001, 210 p., 15 €. Agnès Van Zanten, L’École de la périphérie, PUF, 2001, 424 p., 22,56 €.

Il y a plusieurs façons d’écrire sur l’école. Oreste Saint-Drôme a choisi le mode de l’ironie mordante et l’abord direct, mais avec une charpente documentaire solide et un style remarquable. Il parle de l’école maternelle et primaire. Il veut garder « humour et sang-froid » pour la mise en œuvre de la maxime assassine d’une directrice : « De toute façon, les enfants qui réussissent sont ceux dont les parents s’occupent. » Tout d’abord, le choix de l’école élémentaire. La sectorisation est prise au sérieux, que vous soyez légaliste ou frondeur – ce que l’auteur ridiculise en estimant plus fiable « la filière cousine issue de germain de votre oncle par alliance qui connaît quelqu’un marié à une nana travaillant à l’hôtel de ville ». Il fustige particulièrement l’école privée. Celle-ci oblige à payer, à élever l’enfant dans la religion de ses pères, à s’obliger à une identité culturelle précise, à éviter la mixité ou à cultiver l’élitisme. Au simple énoncé des obligations du privé, le sarcasme pointe sous le déroulé de l’auteur. Passé cette alternative, Oreste Saint-Drôme rappelle qu’être parent d’élève, ce n’est pas une sinécure : participer à des réunions à l’initiative de l’enseignant ou solliciter un entretien, agir dans une association de parents d’élèves et quelquefois dans les conseils d’école. Attention : l’élève va passer, chaque jour scolaire, autant de temps avec l’instit qu’avec vous. C’est pourquoi un chapitre entier est consacré aux enseignants. Sexe (huit sur dix sont des femmes), formation, valence, statut, carrière, salaire, syndicat, inspection : tout y passe, afin de mieux les connaître. Dans un deuxième chapitre sur les enseignants, l’auteur dégage plusieurs portraits bien ficelés : Mme Ancien-modèle, Mme Pas-à-sa-place, M. Fondu-d’Informatique, etc. Oreste Saint-Drôme se veut rassurant : s’il n’a pas traité Mme Piquée et M. Fêlé, c’est qu’« ils sont statistiquement rares ». Mais il ne mentionne pas l’origine des chiffres sur lesquels il s’appuie. Les chapitres suivants traitent très bien de la maternelle, de la lecture, de l’écriture, du calcul et du travail à la maison. Même les devoirs de vacances sont abordés, très précieusement, dans cet ouvrage. Le parent et l’enfant seront passés du « plaisir de la rentrée » aux « joies des devoir estivaux », remarque l’auteur, caustique. Il aura initié les parents aux trois principales leçons de l’école (lire, écrire, compter), donné de précieux conseils sur le labyrinthe de l’institution scolaire, mis en cause intelligemment le duel parent-instit et régulé le conflit entre les enfants et leurs parents.
Ceux-ci sont bien servis car, au même moment, est en vente Silence, on enseigne ! Une professeure de lettres et un conseiller principal d’évaluation (CPE) synthétisent leur pratique dans le même collège de la région parisienne. Ils veulent dresser un « état des lieux ». Et ils le font d’autant mieux qu’ils ont participé à toutes les instances de l’établissement. Le but est d’éclairer, comme Oreste Saint-Drôme, les parents d’élèves : « Qui fait quoi au collège ? Comment note-t-on les élèves ? Comment les classes sont-elles constituées ? Quels sont les recours contre un “mauvais prof” ? » Le but est aussi, évidemment, de remettre en cause la critique de l’ensemble des enseignants des collèges « au nom des manquements de quelques-uns ». Cependant, précisent les deux auteurs, cela ne veut pas dire nier les « carences » et les « échecs » des enseignants. L’ouvrage s’ouvre, d’ailleurs, sur la salle des profs, le véritable « saint des saints du collège ». Un lieu inaccessible aux élèves alors qu’ils sont l’objet de toutes les discussions. C’est là aussi que se nouent les relations principales (dures ou douces) entre enseignants. Puis l’on s’aperçoit que l’organisation du collège est plus floue que sur le papier. En principe, l’élève est confronté durant son année scolaire à une quinzaine d’interlocuteurs. Mais, en l’absence d’un médecin scolaire, les personnels de l’école ne sont pas habilités à administrer les premiers soins si nécessaire ! En revanche, et contrairement aux préjugés, une classe d’aide et de soutien peut devenir meilleure que les autres, « grâce aux horaires renforcés et à l’homogénéité des effectifs ». Dans un chapitre suivant, les auteurs rappellent également que la majorité des parents, « qu’il s’agisse de cadres supérieurs ou de parents issus de l’immigration », veulent s’impliquer dans la scolarisation de leur enfant. Pour les plus défavorisés, en effet, l’école « est un vecteur d’intégration sociale ». Puis Christine Mercandier-Colard et Kamel Aït Bouali font une visite guidée du collège : notation des élèves, enseignement égal, conseil de classe, cour de récréation, sanctions, redoublement, orientation… Ils notent que les éducateurs (terme qui englobe les enseignants, CPE, documentalistes ou chefs d’établissement), notamment dans les collèges les plus difficiles, ont souvent comme fonction principale de lutter contre un contexte socio-économique défavorable, une mission peu ou pas reconnue par la hiérarchie.
Le contexte défavorable, c’est l’enjeu de l’École de la périphérie. Enseignante à Sciences-Po, Agnès van Zanten ne parle pas de « banlieues », mais de périphérie. D’ailleurs, remarque-t-elle, certains chercheurs fondent leurs activités sur des a priori politiques et pédagogiques. De plus, ceux-ci se focalisent sur un seul sujet. Enfin, la plus importante critique, c’est que « ces perspectives se contentent souvent de constater l’érosion du modèle de l’école républicaine sans chercher véritablement à saisir les processus émergents dans ces zones ». Elle note que c’est dans les années quatre-vingt qu’a eu lieu la différenciation urbaine. Et « l’école ne se contente pas de reproduire les différenciations urbaines, mais elle est elle-même productrice de différenciations à travers son fonctionnement interne ». L’auteure fait donc d’abord une étude sociale et historique de l’école dans les « banlieues rouges » (de la montée au déclin). Puis, elle montre quelles sont les dynamiques locales de ségrégation selon les stratégies parentales et l’action des écoles et des administrations. Ensuite, Agnès van Zanten étudie les résultats de la ségrégation sur les différenciations entre parents et enseignants pour l’éducation des enfants. Enfin, elle fait de même sur les relations éducatives et sociales dans la classe, dans l’établissement et dans le quartier. Elle en déduit l’impératif de réguler les tentatives de l’État, des syndicats, des groupes intermédiaires ou d’associations.
Par ces trois ouvrages, voici analysé intelligemment l’essentiel de l’éducation obligatoire. Ils sont donc indispensables pour un large public. •
Jean-Louis Peyroux

Alain Garrigou, Les élites contre la République. Sciences Po et l’ENA, La Découverte, 2001, 242 p., 18 €. Jean-Michel Eymeri, La fabrique des énarques, Economica, 2001, 261 p., 21,19 €.

« Maintenant, ils veulent mettre les pauvres à Sciences Po. Mais ça non plus c’est pas possible ! Ils vont être mal à l’aise, les pauvres à Sciences Po ! Le quartier est trop cher pour eux [1]. »
Cette exclamation « mignonne », comme pourrait dire un des pauvres ainsi apostrophés pour souligner son caractère faussement ingénu, pose le débat avec une lucidité dont bon nombre de sociologues souhaiteraient sûrement se voir parés. Elle a en effet le mérite de jeter un regard acéré sur ce qui constitue l’un des caractères sociaux les plus directement discriminants : l’aisance à occuper un espace, à jouer tranquillement avec ses codes, voire à les réorganiser pour son propre intérêt. Et il n’est effectivement pas certain qu’un(e) jeune issu(e) des classes populaires (les fameux pauvres, dont la dénomination en dit long sur l’état actuel d’une partie des journalistes de la presse française et des représentations qu’ils projettent, à tort ou à raison, peu importe, sur leurs lecteurs/lectrices potentiel (le) s) se sente particulièrement à l’aise dans un des quartiers les plus chics de Paris, avec ses boutiques huppées, ses cafés très « propres » sur eux, etc. (allons, n’hésitons pas à faire dans le cliché…).
Du « moule » Sciences Po…
Ce malaise sera d’autant plus fort que l’affaire dite des « ZEP de Sciences Po » a fait couler beaucoup d’encre et de sueur dans les colonnes des quotidiens français, et imprimer sans aucun doute quelques mètres de pellicule. Avec une telle publicité, les jeunes promus bénéficiaires de cette affirmative action d’un type assez particulier devraient concentrer quelque peu l’attention de leurs camarades « normaux ». Il reste à espérer pour eux que cette attention sera de courte durée, et qu’ils réussiront à se couler dans le « moule » Sciences Po, propension à disserter en deux parties sur tous les sujets grâce à une culture générale aussi étendue qu’elle peut se révéler approximative dans l’exactitude, si l’on en croit les quelques anecdotes narrées par Garrigou. Mais ce « moule » ne serait pas sans cette capacité des étudiants de l’ancienne École libre des sciences politiques à faire vivre un ethos, une hexis caractéristiques des élites françaises. La consternation du magazine Elle exprime peut-être l’incongruité de la chose : comment des pauvres, si balourds, si empruntés, si pauvres peuvent-ils compter hériter de ces dispositions que l’on dit innées chez ceux qui travaillent, sans le savoir, dès leur plus jeune âge à les perfectionner ?
Les deux ouvrages de Garrigou et Eymeri traitent d’un même sujet, sans pour autant se recouper totalement. Le premier donne à voir les stratégies d’une élite économique et politique soucieuse de perpétuer les conditions optimales de son pouvoir, stratégies remises en perspective historique : de la défaite de 1870 au joli mois de mai 1968, en passant par les heures sombres de l’Occupation (Ô ambiguïtés des législateurs d’après-guerre, qui nationalisèrent l’École libre pour la soustraire à la vindicte communiste en même temps qu’à la honte vichyste, mais qui laissèrent la répartition des pouvoirs internes dans un état privatif suffisant pour assurer le maintien du statu quo…), les dirigeants de l’institut de sciences politiques surent toujours exercer une discrète influence sur leurs anciens élèves passés dans les rouages de l’État, finesse des renvois d’ascenseur et de la reconnaissance du ventre, pour maintenir l’offre éducative correspondant aux aspirations légitimes des enfants « bien nés », et donc cultiver l’art et la manière de former les futurs dirigeants politiques, économiques ou administratifs.
École de pouvoir, Sciences Po s’évertua à limiter le plus ingénument possible l’accès de ses places (rares et onéreuses de surcroît) aux enfants des classes populaires. Sans oublier le principe du concours d’admission à l’entrée, quand toutes les universités ont obligation (légale…) d’ouvrir leurs portes à tout étudiant, c’est à la culture générale, mais également à l’aisance dans les dissertations orales mondaines (le fameux grand oral, préfiguration du même grand oral énarque) que revient la noble tâche de maintenir des obstacles objectifs (et subjectifs : qui oserait une seconde imaginer être apte à présenter le concours de Sciences Po sans avoir jamais ressenti le souffle des conquérants ?) nécessaires à la reproduction massive des inégalités. Pour Garrigou, comme pour Eymeri d’ailleurs, les écoles du pouvoir ne s’adressent pas à des étudiants désireux d’apprendre. Ce qui importe, avant tout, c’est de savoir emporter la décision dans des confrontations, par le recours à des dispositions naturalisées de longue date (du maintien de soi à l’air de connivence). L’art de convaincre plus que la spécialisation technique, ou quand la communication se mue en stricts rapports de pouvoir.
… à la norme énarque
Cette spécificité ne se sera jamais fait autant sentir qu’entre 1945 et les années quatre-vingt-dix, quand Sciences Po et l’ENA formèrent une super entité élitaire. L’école de la haute administration, conçue comme le pont entre l’ancienne école libre et le nouvel État français, attira pendant près de cinquante ans les meilleurs éléments de l’IEP de Paris. Et l’IEP fit tout ce qu’il fallut pour se montrer à la hauteur de la tâche. IEP, ENA, haute administration, puis gouvernements, entreprises nationalisées, et à moindre niveau représentants politiques, l’ensemble de ces collectifs fut marqué par les empreintes d’hommes et de femmes (dans des proportions suffisamment faibles pour ne pas gêner les rapports sociaux sexués, tout de même) issus de milieux aisés, voire prestigieux – comme le souligne Garrigou, l’ouverture aux ZEP risque de capter les éléments déjà les plus motivés, donc a priori les mieux dotés en divers capitaux. Eymeri procède d’ailleurs à une analyse très poussée de l’origine sociale des énarques. Alliant approche quantitative (nombreux tableaux statistiques éloquents) et éléments plus qualitatifs (non moins évocateurs), il peint tout d’abord un tableau connu de chacun des lecteurs de La noblesse d’État. Dans les traces de Bourdieu, il entreprend de caractériser les profils-types des énarques. Le constat est sans appel. « Au-delà [d’exceptions], bien réelles mais limitées, on ne saurait terminer sans souligner que la figure de l’énarque fait l’objet de typifications précises dans l’esprit des juges-gardes-barrière et que c’est bien le degré auquel les candidats parviennent à se conformer à ce modèle attendu qui conditionne leur succès, tant il est vrai que l’“on entre à l’ENA parce qu’on a le profil ” [2]. » Mais si « l’ENA choisit l’énarque », encore faut-il que la réciproque soit vraie. Eymeri, essayant de ne pas s’en laisser compter par une prédestination construite a posteriori par les interviewés, telle une « anthropologie imaginaire », entreprend de saisir les motivations ayant conduit les énarques à devenir haut fonctionnaire. Les externes, souvent issus de Sciences Po, on l’aura compris, expriment l’idée d’une suite logique dans la construction d’une carrière prometteuse. C’est tout naturellement que les brillants « politistes » de la filière service public sont conduits à présenter le concours énarque, cette filière étant taillée sur mesure. Naturel et peu par véritable vocation (on serait tenté de demander quelle différence fait Eymeri entre cette naturalité acceptée du « politiste », et celle traquée par lui de l’énarque…). En fait, l’ENA, et tout spécialement la « botte » (les premières places au concours de sortie, « la logique infernale du classement »), constitue par elle-même un critère discriminant d’excellence, dont l’aura suffit souvent à elle seule pour inciter les étudiants à préparer le concours d’entrée. Toute différente est la situation des internes, qui voient avant tout l’ENA comme un moyen de progresser dans la hiérarchie administrative, de mettre du piment dans une carrière perçue comme bloquée. Comportement parfois animé d’un profond désir de servir l’intérêt général (ce qui devrait être la moindre des choses de la part de fonctionnaires…).
Vers la fin de l’idylle ?
Eymeri souligne en début d’ouvrage la faible reproduction des énarques issus eux-mêmes de familles d’énarques. Pour lui, « l’énarchie » se reproduit beaucoup moins à travers les générations qu’on veut bien le dire habituellement (15 à 20 % « d’hérédité »). Même si l’on suit son raisonnement consistant à limiter la théorie reproductive de Bourdieu, on peut déjà faire remarquer que le problème de savoir si la bourgeoisie d’État réussit moins bien que la bourgeoisie privée n’a pas énormément d’importance : la reproduction de la bourgeoisie est de toute manière assurée, et ceux qui l’emportent sont ceux qui possèdent à la fois les dispositions corporelles et intellectuelles ; or, à ce petit jeu, les enfants de professeurs peuvent vraisemblablement tirer leur épingle du jeu, leur capital culturel étant sans doute supérieur à celui des fonctionnaires. Mais on pourrait tout aussi bien faire l’hypothèse d’une volonté de diversification des titres de noblesse scolaire. Après tout, le pouvoir actuel se trouve principalement au sein du monde économique, et il n’est pas impossible (surtout si l’on pense à la propension au pantouflage fortement développée depuis les années quatre-vingt dans les entreprises nationalisées) que les énarques encouragent prioritairement leurs enfants à suivre des études dans le business plutôt que dans la fonction publique ; l’investissement dans le concours énarque ne se fait plus aussi pressant que cela. Pour renforcer le poids de cette hypothèse, la controverse actuelle entre Sciences Po et ENA peut nous éclairer, puisque les liens autrefois « organiques » entre les deux écoles se sont passablement distendus depuis que Sciences Po tente de prendre le train de la mondialisation économique en se transformant peu à peu en business school. À son grand dam, l’ENA voit ainsi partir ses « meilleurs éléments » (ceux qui lui étaient destinés jusque-là) vers d’autres destinées. Après avoir accompagné les transformations de l’État keynésien en État libéral, en réorientant peu à peu ses enseignements, Sciences Po se détache un peu plus de l’État (pourtant gros pourvoyeur de fonds), en entrant directement en concurrence avec l’ENA dans la définition du profil élitaire type : l’entrepreneur internationalisé. Dans un tel contexte idéologique et politique, les enfants d’énarques ne furent sans doute pas les derniers à changer de voie.
Ulm/X/HEC/ENA, bientôt Sciences Po (destinée à devenir la grande école à laquelle ses dirigeants ont toujours aspiré). La bourgeoisie française a su conserver ses écoles, tout en ouvrant suffisamment le champs des possibles pour les exemples de réussite populaire nécessaires à sa reproduction sereine. Sur ce point, les deux ouvrages offrent un éclairage pour le moins consternant. •
Stéphane Le Lay
 
NOTES
 
[1]Article de Elle cité in A. Garrigou, Les élites…, op. cit., pp. 169-170.
[2]J.-M. Eymeri, La fabrique…, op. cit., p. 85.
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Article de Elle cité in A. Garrigou, Les élites…, op. cit.,...
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[2]
J.-M. Eymeri, La fabrique…, op. cit., p. 85. Suite de la note...