2003
Mouvements
Dossier
Individuation, individualisation, atomisation. Malentendus de classes
Stéphane Le Lay
[*]
On ne peut échapper à la question épineuse de la différenciation sociale des individus et de ses effets sur le concept de classe sociale. L’enjeu est de savoir en quoi la « société des individus », loin de constituer la preuve empirique d’une « société sans classes », nous permet au contraire d’éclairer des débats théoriques que d’aucuns considèrent comme dépassés.
Pour commencer cette discussion, un retour par Max Weber n’est pas inutile : celui-ci considérait qu’une classe sociale est fonction de la position de ses membres dans leur rapport à la possession (matérielle et symbolique), à la production (place dans la propriété des moyens de production, hiérarchie, qualification) et dans leur rapport à la mobilité sociale ou projection (classiste, interclassiste et générationnelle). Pris individuellement selon ces trois critères, les individus deviennent alors tout à fait classables dans des modèles sociologiques opératoires exprimant des situations de classes plus ou moins analogues du point de vue objectif
[1]. Max Weber considérait ainsi la classe ouvrière dans son ensemble comme une classe globalement « négativement privilégiée », en regard de chacun de ces trois critères
[2] ; on peut faire le constat inverse pour la bourgeoisie
[3]. Comme le rappelle Louis Chauvel, cette position nominaliste de description de caractéristiques objectives devient insuffisante quand on passe à une définition marxienne (c’est-à-dire inspirée de l’œuvre inachevée, sur ce point précis, de Marx). En effet, il faut ajouter à ces trois critères les rapports à l’exploitation capitaliste et à une certaine conscience de cette réalité (engageant donc une identité de classe temporelle, culturelle et collective – capacité de mobilisation, y compris conflictuelle, dans la sphère politique, autour d’intérêts communs)
[4].
Rappelons simplement que de nombreux travaux sociologiques et économiques récents montrent que les conditions d’existence objectives accréditent la persistance des classes sociales : c’est particulièrement vrai pour la bourgeoisie et pour les classes populaires ; en dépit des efforts durant les années soixante/soixante-dix de nombreux auteurs pour entériner les effets positifs des « trente glorieuses » sur la mobilité sociale comme autant de preuves de la fin des classes sociales, y compris dans son acception wébérienne. Car, « les mutations de la structure sociale ne sont pas progressives, mais typiquement liées à des phases historiques où, clairement, les années situées autour de 1975 apparaissent comme une charnière
[5]. » À partir de là, en effet, les mécanismes de mobilité sociale ont cessé de jouer pour les individus des couches les plus basses de la société. Et ce qui pouvait apparaître comme une réduction des inégalités ne constituait en fait qu’un effet de translation sociale
[6].
Ensuite, le phénomène d’aliénation (indissociable de celui d’exploitation – notion sur laquelle reviennent, dans des perspectives différentes, plusieurs articles de ce numéro), s’il a changé de forme (précarisation salariale), existe bel et bien. Là aussi de nombreux travaux en sociologie ou de psychodynamique du travail le montrent
[7]. Les nombreuses tentatives éditoriales ou académiques destinées à promouvoir, depuis maintenant vingt ans, le détournement managérial des revendications salariales (intérêt des tâches productives, développement de l’autonomie) en des notions problématiques comme celles de « responsabilisation » ou de « prise de décision » des « opérateurs » ne suffisent plus à dissimuler les frustrations et le mécontentement de salariés relatifs aux fortes contraintes affrontées dans le travail, contraintes à la source de nombreuses souffrances bien souvent déniées
[8], et donc d’autant plus douloureuses.
Partager ce type de contraintes structurelles ne suffit-il déjà pas à faire des membres des classes populaires – en lien avec les dimensions objectives – non des individus atomisés, comme le veut une certaine tradition se réclamant des analyses wébériennes, mais des individus reliés par des faisceaux interdépendants les inscrivant dans une dynamique sociale qui transcende leurs existences particulières, du fait même qu’elle les précède, s’en constitue, et leur succède ? Subir la précarisation sociale renvoie à des causes et induit des effets partagés par un grand nombre d’individus, dans des proportions telles qu’il est difficile d’écarter d’un revers de manche les rapports sociaux à son origine. Sorte de « communauté de destin » à l’avenir restreint (si l’on met de côté les possibles offerts par une action collective de grande ampleur, les individus qui réussissent à échapper à ce « destin » sont globalement, comme le rappelait souvent Bourdieu, ceux qui bénéficient des capitaux de départ les plus importants).
Dans la dimension subjective de classe sociale telle qu’elle apparaît en filigrane dans la définition marxienne, c’est le rapport à la conscience collective des dominés qui s’avère le plus problématique. Certains critiques voient en effet dans cette dilution de l’identité collective l’une des raisons majeures de la fin des classes, et ils donnent comme explication finale le processus d’individualisation irrésistible au cœur de la société occidentale, dont le résultat aurait dû rejoindre les prédictions tocquevilliennes – une société de classes moyennes. Objectivement au moins, Piketty a montré en quoi cette attente ne se fondait sur rien de valide
[9]. Au contraire, subjectivement, ceux des individus des classes populaires ayant la conscience d’appartenir à la
médiane de la société – salaire, comportements culturels… – font la confusion avec ce que le sens commun nomme « classe moyenne » (pendant longtemps, avoir un emploi intermédiaire stable, accéder à la propriété privée – dorénavant, la dénomination de « classes moyennes » s’est décalée vers une fraction principalement composée des professions libérales), situation facilitée par un mépris de classe visible dans l’invisibilisation médiatique et politique de la classe ouvrière (mépris rendu moins dangereux à la suite de la disqualification de l’idéologie communiste et de l’effondrement du bloc soviétique), collectivement et inconsciemment orchestrée durant les années quatre-vingt/quatre-vingt-dix. D’où un autopositionnement des individus parfois difficile à appréhender pour le spectateur peu curieux (la souffrance appelle souvent la mise à distance inconsciente de l’objet de cette souffrance, mécanisme d’autant plus efficace qu’il est encouragé de l’extérieur). Avançons l’hypothèse selon laquelle les individus précarisés qui n’ont pas connu de socialisation politique en termes de lutte contre l’exploitation et l’oppression ont davantage tendance à s’identifier à une « moyenne » (ce qu’un interviewé a nommé le « gars moyen ») qu’à une classe ou une catégorie inférieure de la société, ce qui en dit long sur la nécessité de mettre à distance une identité stigmatisée, mais qui n’en pose pas moins la question de la réalité de cette identité.
•Mythes passés et à venir
Pour autant, cette situation est-elle réellement une dilution des classes populaires dans l’individualisation tocquevilienne ? Cette idée part de deux présupposés contestables :
- une surévaluation de la conscience collective ouvrière passée (liée à une surévaluation des rapports sociaux classistes comme élément explicatif du social) ;
- une confusion entretenue, consciemment ou non, entre atomisation, individualisation et individuation.
Si Richard Hoggart a parfaitement dépeint l’univers culturel de la classe ouvrière anglaise des années cinquante, montrant en quoi, dans un contexte socio-historique et national particulier, des individus partageant une même position sociale pouvaient globalement se retrouver dans leurs opinions ou leurs goûts (ce que Bourdieu retravaillera quelques années plus tard
[10]), il ne faut pas en déduire que les couches prolétaires partageaient une conscience de classe unifiée parfaitement nette, ni surtout à visée
politique traduisible (la dernière dimension de l’identité précisée
supra par Louis Chauvel). Une chose est de partager le sentiment d’appartenir à une catégorie sociale donnée, dont la cristallisation progressive dans des formes instituées (qualification, profession, habitat…) finit par avoir des effets propres sur les représentations sociales, tout autre est la capacité et la volonté de se projeter dans l’avenir, guidé par une vision téléologique de l’histoire. Quand on parlait ainsi de classe sociale, n’y avait-il pas alors une surestimation de la correspondance entre la position objective et sa traduction politique attendue ? La vision du Parti communiste ou de la CGT comme organes de la représentation ouvrière a indéniablement quelque chose de mythique (surtout quand on connaît les enjeux énormes autour des questions de la représentativité numérique – nombre de militants gonflés, mots d’ordre politiques pas toujours suivis…), et s’il ne faut pas négliger la dimension symbolique intégrative de ce mythe ouvriériste, il ne faut pas pour autant ignorer les effets centrifuges des autres rapports sociaux (le modèle patriarcal a été longtemps nié par les analyses en termes de classe
[11], tout comme les rapports sociaux ethnistes), voire des divisions hiérarchiques internes à la classe (visibles actuellement dans l’incapacité syndicale à intégrer les travailleurs précaires
[12]), ni masquer les réalités concrètes et fortement agissantes dissimulées derrière l’image mythique : loin s’en faut que tous les membres des classes populaires aient appartenu aux contingents communistes, et partagé une conscience
politique de classe. Certes, les différents scrutins ont pendant longtemps constitué un indice de la force structurante des mouvements notamment communistes, tout comme les actions menées dans leurs lieux d’implantation privilégiés. Parallèlement, la voix des représentants ouvriers passait pour énoncer les intérêts de l’ensemble des ouvriers. Mais, en terme d’implication personnelle, un vote est-il de même nature que le militantisme ? Se reconnaître dans un parti de travailleurs ou un syndicat amène-t-il mécaniquement à en reprendre l’ensemble des thèses ? À cet égard, l’anecdote relatée par Nicolas Bancel à propos de l’exposition coloniale de 1931 est particulière emblématique : alors que la manifestation officielle fut fréquentée par huit millions de visiteurs, la contre-exposition organisée par la CGT et les surréalistes ne mobilisa pas plus de cinq mille visiteurs
[13]. Autrement dit, les représentations officielles – telles qu’elles pouvaient se donner à voir dans la presse ou dans la production académique « orthodoxes » – de la classe ouvrière pouvaient-elles légitimement être assimilées aux intérêts stricts des ouvriers, ou plus directement à ceux des membres de l’appareil politique ou des militants (le décalage de plus en plus flagrant entre les différents intérêts expliquant au moins en partie la désaffection pour les partis de masse
[14] et les syndicats
[15]) ?
Aussi, l’individualisation que certains ont cru déceler, notamment après la chute du Mur de Berlin, dans le repli hors du militantisme et de la participation politique existait déjà en partie avant la période qui nous intéresse. S’il ne faut pas négliger l’accélération depuis lors de ce repli sur le « monde privé
[16] », il ne faut pas y voir une situation entièrement nouvelle, et plutôt y déceler les propres projections des intellectuels organiques de l’époque, dont certains sont aujourd’hui aussi prompts à reconnaître l’individualisation qu’ils l’étaient jadis à en dénoncer le caractère bourgeois. C’est la définition antérieure de conscience de classe qu’il convient de critiquer. Ne pourrait-on pas, dans ces conditions, donner partiellement raison aux critiques « nominalistes » ? Pour cela, il faudrait à la fois montrer que, parallèlement à la mythique définition marxiste de conscience, les dimensions objectives collectives (matérielles et culturelles) explosent sous les particularités (ce qui n’est pas le cas, comme je le rappelais plus haut), et que l’individualisation des classes populaires a une validité empirique vérifiée. Ce qui reviendrait à faire la preuve d’un degré d’autonomie et d’indépendance dans la définition de son existence, dans la construction de son individualité pour chaque individu (ce qui pose bien évidemment la question de la mobilité sociale : chaque individu a-t-il, pour lui, voire pour ses descendants, un accès égal à la formation, à l’emploi, aux biens culturels, à la dignité, à l’intégrité, et ce tout au long de l’existence ?). Car, à l’heure de la « consommation de masse », l’individualisation, quand on ne prend pas le terme dans son sens galvaudé de « personnalisation » qui a souvent cours dans les sciences sociales ou les discours politiques, doit être entendue dans le sens d’individuation, c’est-à-dire de développement de l’individualité, comme source humaine d’autonomie passant progressivement d’une dépendance marquée à l’égard des forces intégratives holistes
[17] à une interdépendance plus grande entre ces différents niveaux d’intégration. Norbert Élias a parfaitement montré que ce processus d’individuation ne pouvait avoir lieu en dehors de processus de socialisation forts
[18], à l’image de ce qu’ont représenté les droits sociaux et autres garanties salariales (qui furent à l’origine du développement de la société de consommation – autre dimension de l’individualisation), peu à peu arrachés à l’arbitraire paternaliste pour être intégrés au projet collectif que représentait l’État-social, notamment sous l’influence des critiques adressées au capitalisme (socialistes, féministes) qui revendiquèrent des droits plus étendus à la subsistance et à l’autonomie. L’autonomie et l’indépendance n’existent pas en dehors de cadres sociaux particuliers : elles s’acquièrent, se développent et se maintiennent grâce aux supports collectifs disponibles actualisés au cours de l’existence de l’individu. Schwartz souligne à cet égard que, dans le cadre d’une volonté de promotion sociale, la socialisation familiale ouvrière tend à entrer en concurrence avec la socialisation communautaire, avec des résultats souvent destabilisants quand la situation économique se fait soudain plus difficile, puisque les logiques d’intégration à la famille et à la communauté élargie entrent en contradiction (processus centrifuges de repli/centripètes de fuite)
[19]. Annick Madec
[20], dans son échange fort réussi avec une famille populaire, pose un constat identique : l’individuation adossée à une socialisation caractérisée par les multiples manques et contraintes entraîne principalement une gestion défensive de l’existence pourrait-on dire, soucieuse en premier lieu d’assurer la survie physique, psychique et sociale, à mille lieues d’une autonomie créatrice de sens positif et d’une indépendance réelle (aussi bien vis-à-vis de sa famille que des supports institutionnels subsistant). Ce que Schwartz appelle une fermeture privative par « insularité », forme appauvrie d’un repli privatif opposée à la montée privative précédente – qui reflétait une tendance globale vers la dépaupérisation, du fait notamment des supports collectifs stables
[21].
Il n’est pas anodin que l’autonomie et l’indépendance soient des qualités « naturellement » attendues dans une société où la classe des dirigeants bénéficie elle-même des lieux de socialisation particulièrement adaptés à son développement. Or, les classes populaires ont bénéficié depuis les années cinquante d’institutions susceptibles de leur apporter les supports dont elles pouvaient manquer au niveau familial. L’État-social peut ainsi être vu comme un facteur supplémentaire et efficace d’individuation (cotisations sociales, école…), en dépit des critiques justifiées qu’on a pu par ailleurs adresser à la structuration bureaucratique de la mise en application des droits et garanties – ce qu’on pourrait appeler avec Michel Foucault des technologies disciplinaires et de contrôle social.
Actuellement, dans les discours et pratiques libéraux concernant les divers systèmes de protection sociale, on parle plus volontiers d’individualisation (ou de personnalisation – par exemple dans les débats qui ont accompagné la mise en place du PARE, mais également dans les injonctions politico-administratives afférentes aux politiques d’insertion) tout en limitant soigneusement les moyens d’intervention des supports de socialisation, sous couvert de développer l’autonomie des individus. Dans cette optique, l’individualisation doit être comprise comme atomisation ; elle naturalise les positions sociales en fragmentant la « société des semblables différents
[22] », car de processus d’autonomisation socialisée, elle devient processus d’invisibilisation des rapports sociaux réellement structurants, et facilite la perpétuation de hiérarchies sociales incontestées dans l’espace public par des individus atomisés (le repli sur soi doit être alors principalement envisagé comme une défense psychique contre la souffrance). Exploitation et aliénation, pendants négatifs de l’autonomie et de l’indépendance, peuvent ainsi plus facilement exercer leurs effets déstructurants sur la vision subjective d’individus certes concernés par des conditions d’existence objectives semblables, mais dont la singularité relative des trajectoires sociales et l’engagement dans une lutte quotidienne harassante et esseulée (ou en interaction simple avec l’aide sociale) brouillent les points communs susceptibles d’être partagés. Tous ces éléments contribuent à empêcher une dynamique politique collective à même de lutter contre la domination.
Ainsi, il ne faut pas confondre effets subjectifs de politiques atomisantes (dont la technicisation et la psychologisation à outrance dépolitisent à la fois le langage et les représentations sociales que l’on peut s’en faire) et individuation des manières de faire et de penser. Les réseaux de la bourgeoisie l’ont très bien compris, eux, qui influent collectivement sur les instances politiques pour obtenir satisfaction le plus souvent possible, sur le plus grand nombre de décisions possibles. Comme il ne faut pas confondre 1) réalités objectives vécues par des individus aux trajectoires formant un continuum de positions semblables (les classes populaires, malgré leur évidente diversité, partagent de nombreuses similitudes qui permettent d’en faire des « semblables différents »), condition exprimant empiriquement et permettant d’exprimer théoriquement l’existence d’une classe sociale, 2) partage subjectif collectif d’une position sociale commune, et 3) projection, à partir des deux premières dimensions, d’un intérêt politique commun susceptible de s’inscrire dans un projet (la « révolution », par exemple), dont le propre est de constituer une utopie des possibles en construction, mais qui concerne alors un champ différent des seuls champs socioéconomique et culturel : celui de l’action politique apte à fédérer, par une mise en lien philosophique et pratique répondant aux aspirations des individus dominés, l’énergie du plus grand nombre pour passer d’un horizon utopique à un quotidien opératoire. •
[1]
Voir P.
Bourdieu,
Raisons pratiques. Sur la théorie de l’action, Seuil, 1994.
[2]
M.
Weber,
Économie et société, Plon, 1971, p. 312.
[3]
M.
Pinçon et M.
Pinçon-Charlot,
Sociologie de la bourgeoisie, La Découverte & Syros, 2000.
[4]
L.
Chauvel, « Le retour des classes sociales ? »,
Revue de l’OFCE, n°79, octobre 2001, p. 317.
[5]
L.
Chauvel, « Classes et générations. L’insuffisance des hypothèses de la théorie de la fin des classes sociales »,
Actuel Marx, n°26, 1999, p. 44.
[6]
P.
Bourdieu,
La distinction. Critique sociale du jugement, Les éditions de Minuit, 1979.
[7]
H.
Hirata et D.
Kergoat, « Rapports sociaux de sexe et psychopathologie du travail »,
in C.
Dejours (dir.),
Plaisir et souffrance dans le travail, Édition de l’AOCIP, 1988, pp. 131-163 ; B.
Appay et A.
Thébaud-Mony (dir.),
Précarisation sociale, travail et santé, IRESCO, 1997 ; C.
Lévy (coord.),
Minima sociaux et condition salariale. Europe vue d’en bas. Conditions de vie et accès aux droits, Programme TSER – DG XII, juin 2000.
[8]
C.
Dejours,
Souffrance en France. La banalisation de l’injustice sociale, Seuil, 1998 ; M.
Gollac et S.
Volkoff, «
Citius, altius, fortius. L’intensification du travail »,
Actes de la recherche en sciences sociales, 114, septembre 1996, pp. 54-67.
[9]
T.
Piketty,
Les hauts revenus en France au xxe siècle. Inégalités et redistributions 1901-1998, Grasset, 2001.
[10]
P.
Bourdieu,
La distinction,
op. cit.
[11]
C.
Delphy,
L’ennemi principal. Penser le genre (tome 2), Syllepse, 2001 ; pour une critique du masculinisme communiste,
cf. B.
Studer, « La femme nouvelle »,
in M.
Dreyfus et alii,
Le siècle des communismes, Les éditions de l’Atelier, 2000, pp. 377-387.
[12]
Comme cela apparaît clairement dans l’ouvrage de S.
Beaud et M.
Pialoux,
Retour sur la condition ouvrière, Fayard, 1999.
[13]
« De la colonisation à la décolonisation : les modes de constitution de la Françafrique », table ronde entre Nicolas Bancel et Jean-Pierre Dozon,
Mouvements, n°21-22, mai-août 2002, pp. 15-27.
[14]
D.
Berger, « Appareils, nous voilà ! De la misère des partis politiques »,
Futur antérieur, n°28, février 1995, pp. 69-85.
[15]
D.
Linhart, B.
Rist et E.
Durand,
Perte d’emploi, perte de soi, Érès, Ramonville Saint-Agne, 2002.
[16]
O.
Schwartz,
Le monde privé des ouvriers. Hommes et femmes du Nord, Presses universitaires de France, 1990.
[17]
L.
Dumont,
Essais sur l’individualisme. Une perspective anthropologique sur l’idéologie moderne, Seuil, 1983.
[18]
N.
Elias,
La société des individus, Fayard, 1991.
[19]
O.
Schwartz,
Le monde privé des ouvriers…,
op. cit.
[20]
A.
Madec,
Chronique familiale en quartier impopulaire, La Découverte, 2002.
[21]
R.
Castel et C.
Haroche,
Propriété privée, propriété sociale, propriété de soi., Fayard, 2001.
[22]
Société de semblables (continuum de positions) mais de semblables différenciés (continuum différencié). R.
Castel et C.
Haroche,
Propriété privée, propriété sociale, propriété de soi.,
ibid., Fayard, 2001.