2004
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Benjamin, Lukàcs et Perec : écriture et engagement
En novembre 2002 s’éteignait le philosophe Rainer Rochlitz qui a consacré une partie de ses tout premiers mais non moindres essais à Lukàcs et Benjamin
[1]. Plus que tous autres, ces deux penseurs anticipent, à travers les figures de l’homme moderne mais aussi la tension entre épopée et désenchantement, expérience littéraire et déconstruction, les postures à la fois critiques et pragmatiques de l’esthétique contemporaine.
Notre collaborateur Frank Frommer et Tanguy Wuillème leur rendent ici ce double hommage. Les déplacements de la fiction ou l’ironie du fragment qui, de Lukàcs à Perec, nous font basculer dans le roman moderne, tout comme l’anthropologie du langage présente dans l’illumination profane et l’expérience de l’écriture benjaminiennes, nous mènent au seuil d’une esthétique dédiée à la matérialité de la pensée. Expurgée de tout essentialisme, elle privilégie déjà l’image, le document et le témoignage lié à la singularité de l’individu, comme étant au fondement de la critique.
[1]
Le jeune Lukàcs. Théorie de la forme et philosophie de l’histoire, Payot, 1983 et
Le désenchantement de l’art. La philosophie de Walter Benjamin, Gallimard, 1992.