Mouvements 2006/1
Mouvements
2006/1 (no 43)
184 pages
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DOI 10.3917/mouv.043.0096
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Dossier : Réinventer le syndicalisme

Vous consultezLa question syndicale à l’épreuve du nouveau cours du capitalisme

AuteurStéphane Rozès[*] [*] politologue, sondeur d’opinion. ...
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du même auteur


1 Comment les salariés perçoivent-ils les syndicats ? Ce qui frappe l’analyste de l’opinion des salariés c’est, depuis une décennie, le caractère inédit, éclaté, apparemment contradictoire des représentations du salarié et de son rapport au travail, à l’entreprise et au syndicalisme. Il se considère personnellement heureux au travail, mais estime que ses collègues et a fortiori l’ensemble des salariés ne le sont pas. Il aime l’entreprise, mais se défie du MEDEF. Il a une bonne image du syndicalisme mais un jugement mesuré sur les syndicats pris un a un. Il souhaite que les syndicats aient plus d’influence dans l’entreprise mais ne se syndique guère plus qu’auparavant[ 1] [ 1] Les analyses sur les perceptions des salariés sont tirées...
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2 L’attente actuelle à l’égard du syndicalisme se nourrit d’abord de la nécessité de défendre le travail pour des raisons matérielles et morales. Il est frappant de voir qu’il occupe par construction cet espace, mais que depuis deux décennies il en a le monopole, le discours politique s’étant retiré de la question du travail. Au début des années 1980, les gaullistes convertis au libéralisme reagano-thatchérien abandonneront l’alliance capital-travail. Hormis un hymne à la « modernisation », la gauche politique a progressivement renoncé à tout discours et réflexion sur le travail à partir de des années 1982-1983, alors qu’elle aura historiquement fait avancer par la loi les conquêtes sociales. Le mitterrandisme aura fait de l’exercice du pouvoir sa finalité, oubliant la conquête du pouvoir dans la société et l’entreprise. Même la loi sur les 35heures, qui sera l’exception, aura été présentée comme une façon de répartir le travail et d’accéder à de légitimes loisirs. Georges Marchais assignera en 1981 au PCF le soin d’être le « parti des pauvres » alors que l’hégémonie de ce parti sur la classe ouvrière était fondée sur la fierté ouvrière, qui prend sa source dans le travail. Une forme de catholicisme social au PS, et de misérabilisme au PC et à l’extrême gauche auront gagné. Cet abandon de la fierté du travail, de sa protection, laissera un espace au vote Front national chez des ouvriers souhaitant se mettre à l’abri socialement derrière la ligne Maginot de la « préférence nationale », et préserver une identité positive par défaut, par la fierté d’être français comme substitut à la fierté ouvrière[ 2] [ 2] « De l’hégémonie communiste au vote FN des ouvriers »...
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3 Cet abandon par la gauche politique du terrain du travail aura laissé dans la dernière période s’installer un discours à droite de réhabilitation de la valeur travail alors que certains prônent les vertus de la « société du risque », de la flexibilité et un partage de la richesse profitant sans cesse plus aux revenus du capital, au détriment de ceux du travail.

4 Or le nouveau cours du capitalisme et les modifications qu’il entraîne dans la sphère économique, politique, dans la démocratie et les mentalités changent le regard porté sur l’entreprise et le syndicalisme.

● Homogénéisation du salariat face au pouvoir actionnarial

5 Les modifications affectant le salariat ne sont pas nouvelles et les défis sont sans cesse renouvelés pour un syndicalisme à la française dont on sait qu’il est contraint par le fait qu’historiquement, les avancées pour le salarié ont plus été le fait de l’action du citoyen dans l’isoloir que de l’activité syndicale des militants dans l’entreprise. Mais ce sont les représentations collectives qui vont faire la nouveauté du malaise du monde du travail. Les perceptions vont changer de paradigme et s’étendre à l’ensemble des catégories de salariés.

6 La classe ouvrière de l’industrie aura été affectée par la nouvelle division internationale du travail à partir du milieu des années 1970. Mais, le syndicalisme n’a pas été affecté seulement par la disparition de bastions syndicaux, le développement de la sous-traitance ou le non-respect des droits syndicaux. Il a aussi perdu une bataille culturelle dans les autres secteurs de production. Les directions d’entreprises y auront intégré dans leur management l’aspiration post soixante-huitarde à l’autonomie dans le travail comme vecteur de l’individualité. Ainsi le capitalisme pouvait-il tendanciellement offrir et réaliser pour partie la promesse de l’épanouissement individuel de la réalisation de soi au travers d’objectifs permettant au salarié de se projeter dans son avenir professionnel en cohérence avec celui de l’entreprise.

7 Modernisation de l’appareil productif, éloignement de la sphère politique avec la sphère économique, dépolitisation des représentations du travail, cela aura affaibli le syndicalisme. Mais dans le paysage syndical, la CFDT pour des raisons d’implantation culturelles et de conception syndicale aura été la première à repérer et à réagir à la crise (congrès de Brest, 1977). Dans le prolongement de 1968, ses militants passés de l’autogestion à la revendication d’autonomie sauront avec agilité s’adapter aux différentes situations dans les entreprises et concurrencer le capitalisme managérial dans l’incarnation de l’identité positive du salarié, en associant combativité, compromis et valorisation des avancées.

8 Pour la plupart, l’adieu à la classe ouvrière aura été d’autant plus discret et les difficultés du syndicalisme relativisées que la promesse de la modernisation de l’appareil productif et de la modernité politique prévalait. Le salarié serait reconverti. Lui ou ses enfants pourraient escompter une mobilité professionnelle ascendante, le rêve d’une classe moyenne centrale et de la République du centre pacifiée politiquement prenait corps.

9 Depuis le milieu des années 1970, le spectre du chômage rôdait et se développait ; mais le cœur du système capitaliste : l’entreprise, son fonctionnement et ses promesses semblaient préservés pour l’essentiel des salariés.

10 Le passage du capitalisme managérial au capitalisme patrimonial, celui de l’actionnaire, va modifier radicalement la donne de l’intérieur. Il va déplacer le pouvoir au sein de l’entreprise, modifier le processus de travail, rompre le contrat implicite entre le salarié et l’entreprise et faire basculer les représentations de ce dernier sur le métier, l’entreprise, la direction, le cours du monde et le syndicalisme.

11 Dès le début des années 1993-1994, les salariés vont éprouver ou constater le développement d’une accélération des fusions et des délocalisations, et surtout des licenciements dans des entreprises qui génèrent du profit. Non seulement va se développer parmi les salariés la peur de la désaffiliation sociale, mais les logiques économiques deviennent illisibles, non maîtrisables, dépendant d’une mondialisation sur laquelle le collectif du travail n’a plus prise. Le contrat implicite entre le salarié et l’employeur est rompu. Si une entreprise peut licencier alors qu’elle fait des profits, comme on le voit lors de licenciements boursiers, c’est que la dispute et le compromis sur le partage de la création de valeur est radicalement remis en cause.

12 Dès lors une majorité de Français craignent de devenir eux même des exclus : « sans domicile fixe ou chômeurs de longue durée »[ 3] [ 3] S. Rozès , « Le désenchantement libéral »,...
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. Les salariés sont aux premières loges de cette représentation de la contingence sociale pour tous. À la main invisible du marché se substitue une main imprévisible. Cette représentation prévaut à partir du milieu des années 1990 dans toutes les catégories de salariés.

13 Le basculement des cadres sera le plus emblématique de la période. Jusqu’alors, ils encadraient des collectifs de travail sur des objectifs repérés et partagés avec les managers : profitabilité, conquête de marchés, moyens en retour pour leurs équipes… Ils seront les premiers à repérer, du fait de leur situation dans l’entreprise, le passage du pouvoir des managers aux actionnaires, de l’économie à la finance. Ce groupe social « cadre », spécifique à notre pays, se sentira dorénavant menacé. Il constate que seule une minorité d’entre eux seront à même de pouvoir être aspirés dans les états-majors afin d’être mis à l’abri lors de processus de fusion-concentration. Ils vont se détacher peu à peu des liens avec ce nouveau capitalisme patrimonial. Ils vont dans un stade transitoire continuer à tenir un discours de la responsabilité, de l’adhésion au cours des choses, de la distinction des non salariés, alors que leurs attitudes dénotent un début de distanciation[ 4] [ 4] S. Rozès , « La montée d’une fragilisation »,...
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. Ainsi, ils vont opérer un retour vers la sphère domestique dans les arbitrages entre temps de travail et temps personnel, puis ils confieront leurs malaises lors d’entretiens individuels, puis de réunions de groupe et enfin dans des enquêtes quantitatives lors de la mise en place des 35 heures. Avant leur mise place, les cadres disent leur opposition aux 35 heures, ils pensent ne pas pouvoir en bénéficier. Mais les processus de négociation vont les faire basculer dans l’acceptation des 35 heures. Tout se passe comme si les cadres, conscients de l’éloignement des directions d’entreprises à leur égard, reprenaient la main en troquant leur adhésion, investissement et contreparties d’antan contre le déport assumé vers la sphère privée et le partage d’une vision commune avec les non cadres.

14 À partir de ce moment une majorité des cadres disent se sentir plus proche de l’ensemble de salariés que de leur direction d’entreprise. Ces représentations expliquent que les salariés adhèrent à l’entreprise non comme synonyme d’exploitation capitalistique mais comme agrégeant ses salariés. La compréhension à l’égard de son petit patron prévaut car il connaît les vicissitudes de la globalisation[ 5] [ 5] S. Rozès , « La fin de l‘exception idéologique...
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15 Ce désenchantement de la promesse du libéralisme et de l’imprévisibilité économique vont entraîner un retour sur le métier, la corporation, l’unité de travail. Les salariés recherchent dans leur exercice quotidien des éléments de réalisation de soi. Ils sont à la recherche de cohérence et de principe d’utilité dans l’exercice professionnel, le métier, la corporation, le lien entre l’individuel et le collectif, le particulier et l’universel que ne semble plus porter le cours des choses de la globalisation libérale[ 6] [ 6] J. Capdevielle , Modernité du corporatisme , Presses...
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16 Les classes moyennes vont rejoindre les catégories populaires dans un bloc idéologique à partir des années 1994-1995, ce qui va instaurer dans le pays un nouveau cycle idéologique anti-libéral qui perdure et exprime notre malaise national[ 7] [ 7] S. Rozès , « Aux origines de la crise politique »,...
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17 Ainsi la mondialisation d’abord perçue de façon positive au travers du prisme culturel (le rapprochement entre les peuples) et de consommation (les nouvelles technologies de l’information), va être perçu négativement par la centralité de l’attitude du salarié déstabilisé par les risques de délocalisations et de dumping social. Les Français vont alors soutenir le mouvement alter mondialiste ou l’action du syndicaliste agricole José Bové[ 8] [ 8] S. Rozès , « Malaises dans la mondialisation »,...
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18 Cela expliquera que dès 1993-1994, à partir des conflits des marins-pêcheurs, chauffeurs routiers, Air France, du Contrat insertion professionnel (CIP), et bien entendu lors du blocage du pays en 1995 contre le plan Juppé, on va faire « grève par procuration », en soutenant les mouvements sociaux de salariés, souvent du public, en interpellant les pouvoirs sur des valeurs collectives comme les services publics, l’égalité des droits et les valeurs républicaines[ 9] [ 9] M. Vakaloulis , « La grève par procuration à l’égard...
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● Le paradoxe syndical

19 Au sein des entreprises, les salariés souhaitent alors majoritairement que les syndicats aient plus d’influence. Ils escomptent que, face à la prééminence des logiques financières de court terme prévalant dans les directions d’entreprise, les syndicats portent, au-delà des revendications, non seulement les intérêts des salariés mais les logiques économiques de moyen et long terme. Mais paradoxe apparent, l’adhésion syndicale ne progresse pas pour autant.

20 La première explication est que si les syndicats sont dorénavant attendus, le syndicalisme réel est, au milieu des années 1990, discrédité. La confiance dans les syndicats, pris un à un, est minoritaire.

21 Depuis de nombreuses années, les griefs des salariés sont repérés : le syndicalisme est inefficace…car il est divisé…parce qu’il se positionne non sur les intérêts des salariés mais sur des considérations politiques… alors que justement le politique renonce à peser sur le cours des choses. Ainsi la défiance à l’égard du syndicalisme progressera lorsque la gauche sera au gouvernement, les syndicats étant alors suspectés de ne pas défendre les intérêts des salariés de façon indépendante du politique.

22 Bien sûr cette explication est insuffisante en regard des raisons objectives de la perte d’efficacité syndicale : modifications de l’appareil productif, pression du chômage, respect insuffisant des droits syndicaux… Il faut ajouter à cela le fait que le parcours syndical n’apparaît plus – avec la montée de l’individualisme contemporain qui affaiblit les identités collective – comme un élément d’identité positive, de promotion individuelle.

23 Les confédérations s’étaient plus ou moins bien adaptées à la situation imprimée par le capitalisme managérial. Incontestablement, la CFDT a marqué la période des années 1970-90, avec une capacité à syndiquer dans un contexte général de crise du syndicalisme. Elle a été la moins désarçonnée par le retrait de la sphère politique et sociale des formations politiques de gauche. Sa conception du syndicalisme était dans le prolongement d’un syndicalisme chrétien, laïcisé, enrichi par l’autogestion soixante-huitarde, donnant comme tâche au syndicalisme de porter, non seulement les intérêts du salariat, mais de la société tout entière. D’où sa dénonciation du corporatisme, au nom d’une vue plus englobante et prospective sur les besoins de la société. La CFDT en vint assez rapidement à se substituer à FO dans le rôle d’interface entre les salariés, l’État et le patronat. Mais elle le fit le plus souvent en définissant le souhaitable pour les salariés, à partir d’un possible prédéfini, une analyse des marges de manœuvres du patronat et de l’État intériorisée par la direction de la CFDT et théorisée par ses intellectuels et dirigeants. Mais ce rôle d’interface sera peu à peu réduit aux acquêts.

24 Au nom de la construction européenne visant à adapter les standards des peuples à ceux de la mondialisation, l’État se retira progressivement, n’intervenant plus dans les compromis sociaux entre le capital et les travailleurs dans le cadre national. De son côté, le patronat, portant son regard au-delà des frontières troqua la puissance d’une classe dirigeante au sein de la nation pour y substituer un rôle d’influence politique. Le passage du CNPF au MEDEF sera l’expression de ce changement. Hormis la courte période de « refondation sociale » qui revendiquait une responsabilité sociale, supposant un axe avec la CFDT. Mais cette « refondation sociale » a surtout été utilisée comme une arme tactique contre le gouvernement Jospin qui avait eu l’impudence d’une incursion du politique dans l’économie et l’entreprise avec les 35 heures. Le MEDEF aura ensuite, surtout après le retour de la droite comme objectif de se transformer en lobby visant à accélérer la dérégulation et le retrait généralisé de l’État. La CFDT va se trouver alors dans une situation de plus en plus inconfortable. Privée d’un interlocuteur patronal soucieux de compromis acceptables pour les salariés et enclavée dans la gestion d’un paritarisme émoussé. Insensiblement, le « souhaitable » pour les salariés deviendra pour la CFDT un dérivé du « possible » concédé par l’État et le patronat.

25 Tout cela va conduire à des tensions internes. Alors que la CFDT s’adaptait aux sinuosités du terrain en faisant vivre ses différences, de façon parfois brouillonne, elle va exclure ses militants « gauchistes » ou seulement ignorer des militants pointant les tensions de l’heure et qui, de ce fait, s’éloigneront. Des militants critiques vont, dans l’improvisation, constituer Sud qui attirera des salariés, plutôt jeunes et diplômés, séduits par le basisme de ce nouveau syndicalisme établi dans le prolongement des « coordinations » qui avaient marqué les grèves de cheminots et des infirmières à la fin des années 1980. Le retrait de l’État et la défiance à l’égard des institutions entraînèrent la montée d’un néo-anarcho syndicalisme lié au fait que le salariat n’est pas confronté, comme il y a un siècle, à un État qui empêche mais à un État qui se retire.

26 La place occupée dorénavant par la CFDT, d’interlocuteur privilégié du paritarisme, du patronat et de la gestion de ses organismes, aura comme effet de modifier le paysage syndical, et de décentrer FO. Sa direction va se déporter vers les sensibilités de « gauche » de la confédération, et ce d’autant que le « grain à moudre » va se restreindre. FO va à partir de 1995 se rapprocher de la CGT. On assistera alors à un tête-à-queue des salariés selon leurs préférences politiques. La sympathie des salariés de droite passera de FO à la CFDT et vice versa pour ceux de gauche, alors que les préférences des militants et adhérents des syndicats resteront indexées sur des histoires plus lourdes et des situation professionnelles locales, qui dans le syndicalisme l’emportent sur les positions nationales des confédérations.

27 De son côté, pour les salariés et les observateurs, jusqu’au milieu des années 1990, rien apparemment ne semble, sous le soleil de Montreuil, perturber le crépuscule de la CGT.

28 Une raison plus profonde que la division et l’inefficacité des actions explique la difficulté du syndicalisme à passer de l’attente à son endroit, dorénavant majoritaire à l’adhésion. L’inquiétude à l’égard du nouveau capitalisme qui touche dorénavant toutes les catégories de salariés et même certains patrons et analystes financiers, provient de l’idée d’une naturalisation des processus économiques. Ces derniers échapperaient dorénavant à la volonté humaine, managériale et politique. Prévaudrait l’idée que le pouvoir financier serait partout et nulle part. À l’inefficacité des syndicats liée à leurs divisions se superposerait une interrogation plus large sur l’action collective faute d’interlocuteur repérable. Le patron est l’interlocuteur quotidien dans l’entreprise, mais soit il apparaît dans les PME/PMI comme dans le même frêle esquif que ses salariés pris dans une mondialisation effrénée, soit dans les grosses entreprises il n’intervient que comme le donneur d’ordre de financiers anonymes et lointains dont il dépend.

29 Le syndicalisme est confronté à la fois à la promesse nouvelle d’attentes fortes à son égard, dont celle d’être un contre-pouvoir ; mais il est aussi en butte à des défis nouveaux liés à la question de savoir où se trouvent le pouvoir et les leviers pour peser dans les compromis.

30 Il a commencé à répondre empiriquement au nouveau cours du capitalisme. L’exemple de la CGT est le plus significatif.

● Le tournant de 1995 et l’expérimentation du « syndicalisme de conquête »

31 Le sens de ce qui va se passer en novembre-décembre 1995 va échapper dès l’abord. La plupart des défenseurs du plan Juppé, dont les signataires dans la revue Esprit du soutien à la CFDT, et certains de la pétition Bourdieu, y verront une répétition de conflits sociaux ou disputes idéologiques antérieurs. Le conflit part bien des secteurs traditionnels de la conflictualité ouvrière à partir de la question de la Sécurité sociale et des régimes spéciaux, mais ce qui va se déployer dans le pays sera une intense réflexion interprofessionnelle et transversale sur le souhaitable. Cela se passera hors des politiques qui, ces dernières années, esquivent le débat sur les besoins dans la cité : services publics, égalité, droits sociaux, citoyenneté… Le blocage du pays va redonner au salariat le sentiment de son existence face à l’idéologie de la « fin du travail » d’une part, et d’autre part l’idée qu’ailleurs on travaille aussi bien pour moins cher. Au-delà, la question qui est posée est « qu’est-ce qu’une réforme ? » : réformer pour pérenniser ? ou réformer pour retirer l’État et la solidarité ?

32 Ce moment de 1995 va entraîner une révolution silencieuse mais copernicienne au sein de la direction de la CGT, non repérée à l’extérieur, ou rabattue à la traditionnelle césure anciens/modernes au sein de la direction confédérale. Jusqu’en 1995, la CGT se vivait comme menant un combat syndical le dos au mur, ayant rompu les liens avec la direction du PC à la suite de la chute du mur de Berlin. Certes le départ de la FSM et l’arrivée à la CES était vécue comme une bouffée d’oxygène, mais l’action hexagonale était le plus souvent défensive. Le logiciel politico-culturel des dirigeants nationaux, locaux et professionnels maintenait l’analyse selon laquelle l’idéologie dominante prévalait chez les salariés, la direction confédérale donnant de façon descendante une orientation générale qui devait être mise à l’abri de cette représentation dominante. Pragmatisme syndical aidant, cela n’empêchait pas, on le sait, la CGT de toujours signer beaucoup d’accords sur le terrain.

33 En tout état de cause, les syndicalistes de la CGT ressentaient jusque là le caractère défensif et isolé de leur situation et la désaffection des salariés à l’égard du syndicalisme et de la CGT comme la marque d’une forme de renoncement des salariés.

34 Dirigée par Louis Viannet, elle avait décidé en 1994, de se doter sous la suggestion d’Alain Obadia d’un baromètre annuel (qui perdure), des jugements et attentes des salariés à l’égard du syndicalisme et de la CGT[ 10] [ 10] Baromètre annuel CSA-CGT depuis 1994 sur l’image et...
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. Il s’agissait pour elle de posséder un outil de communication, mais aussi d’analyse, au delà des remontées internes, des besoins des salariés. Pour Alain Obadia, et sa sensibilité au sein de la confédération, il s’agissait sans doute également de faire avancer la réflexion interne.

35 1995 va changer la donne. Si le salariat avait soutenu la grève durant près de deux mois, c’était donc qu’il était en rupture avec le cours des choses et l’idéologie dominante libérale qui l’accompagnait ; mais aussi, par voie de conséquence, que la crise du syndicalisme ne pouvait être imputée au renoncement des salariés. Que c’était le syndicalisme lui- même et la CGT qui n’offraient pas les outils dont avaient besoin les salariés. Louis Viannet repère ce paradoxe prometteur et problématique. Prometteur : la CGT peut sortir du bois et aller à la rencontre du pays ; problématique : sommes-nous en mesure de répondre à cette attente ? Des études qualitatives pour comprendre les salariés accompagnèrent la réflexion de la CGT.

36 Des discussions de l’époque, avec Louis Viannet, ressortait que la nouvelle forme actionnariale du capitalisme empêchait le salarié de se projeter dans son avenir professionnel, alors que le capitalisme managérial avait poussé loin le savoir et le savoir-faire. Prévalait dès lors le besoin de sécurisation économique et sociale, comme condition de la capacité du salarié à se réaliser et à créer de la valeur là où l’insécurité générait repli et inquiétudes. Le salariat semblait porter tout seul l’exigence de la projection de l’entreprise et des parcours professionnels dans le moyen et le long terme alors que le capitalisme des actionnaires et financiers faisait prévaloir le court terme et semblait prédateur. Le syndicalisme de la CGT n’était plus alors confiné dans un avant-gardisme qui l’éloignait des salariés et auxquels ces derniers faisaient appel seulement le dos au mur en raison de sa combativité et de son « indépendance de classe ». Le vrai défi pour la CGT était la syndicalisation, au-delà de ses bastions en voie de rétrécissement, non pas seulement contre et en défense, mais pour les salariés. Les salariés se syndiquent à partir d’expériences positives d’appropriation par eux de l’outil syndical. La CGT pouvait et devait alors s’indexer aux expériences vécues par les salariés. Les débats internes l’amenèrent, dès l’époque de Louis Viannet, à élaborer la notion de « syndicalisme de conquête », puis à désigner le charismatique animateur cheminot de la grève de 1995, Bernard Thibault, comme nouveau dirigeant de la CGT.

37 Le « syndicalisme de conquête » n’est pas, malgré ce qui en a été dit de l’extérieur, un moyen terme entre syndicalisme de lutte et d’accompagnement, syndicalisme révolutionnaire et réformiste. Il s’agit plutôt de se situer dans une autre problématique. La CGT souhaita alors être l’outil syndical permettant aux salariés de définir le bon équilibre entre le « souhaitable » et le « possible » par la consultation démocratique des salariés dans l’entreprise, les branches, et par la démocratie syndicale sous l’égide des adhérents. L’efficacité ultime du syndicalisme se juge à sa capacité de faire reculer, avec les salariés, les frontières du « possible ». Le « syndicalisme de conquête » de la CGT se distingue alors, de ce point de vue, de la logique actuelle de la CFDT qui fait précéder le « souhaitable » pour le salarié par le « possible », concédé au nom de la prévalence du compromis. Il vise à construire pour les adhérents une fierté de l’engagement. L’individu doit trouver dans le syndicat la marque de son emprise personnelle qui lui est le plus souvent refusée dans le fonctionnement actuel des entreprises sous logiques financières.

38 La notion de « syndicalisme de conquête », construite empiriquement par la CGT, va trouver un premier champ d’expérimentation avec les 35 heures, au travers d’un certain nombre de conflits sociaux, et aussi avec la signature nationale de l’accord sur la formation professionnelle. Aux dernières élections prud’homales, elle a reculé dans ses bastions, mais avancé dans des bases syndicales nouvelles, ayant pu expérimenter le syndicalisme de conquête, en instaurant une dialectique entre démocratie des salariés et démocratie syndicale.

39 La question de la syndicalisation réside alors dans la capacité des organisations et de la confédération à s’ouvrir aux salariés qui lui échappent, ceux du privé et singulièrement des PME/PMI qui sont la majorité, mais également d’adapter ses structures aux exigences de démocratie des salariés, et des nouveaux modes d’insertion marqués par la mobilité professionnelle et géographique. Si la grande majorité des adhérents de la CGT sont du fait de leurs expériences concrètes convaincus de cette orientation, des résistances au changement demeurent qui sont de nature essentiellement culturelle. La démocratie syndicale demande une grande confiance en soi et dans les salariés. La pente la plus naturelle à toutes les organisations est la captation plutôt que l’accompagnement. Les expériences réussies montrent qu’il peut y avoir ainsi une différence d’appréciation entre les salariés et les adhérents mais que c’est à l’outil syndical de se mettre au service d’une expérience commune afin d’en tirer ensemble les conclusions. Il s’agit de fluidifier les remontées des adhérents dans les échelons intermédiaires vers la confédération. C’est une conditions nécessaire pour s’assurer que sur les grandes questions nationales et européennes les adhérents, les plus en contact avec les salariés, sont en mesure de peser sur les positions des différentes instances de la CGT et que sont trouvés les meilleurs compromis entre le « souhaitable » et le « possible ».

40 L’unité syndicale devient à la fois le résultat de l’écoute des salariés et de l’efficacité du syndicalisme de conquête dans le rapport de force instauré, condition nécessaire pour que les salariés se retrouvent dans les accords signés.

41 Autour des travaux de Jean-Christophe Le Duigou, sur la problématique de la sécurité sociale professionnelle des salariés, la CGT a avancé, avec un écho tel, qu’à gauche, après le PC, le PS la reprend lui aussi à son compte[ 11] [ 11] J. C. Le Duigou , Demain le changement, manifeste pour...
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. Il s’agit, avec les profondes modifications de notre appareil productif, de permettre aux salariés de disposer d’un statut intégrant le fait qu’il agrège tout au long de sa vie un haut niveau de savoir et de savoir faire dont, ensuite, l’entreprise a le monopole d’exploitation. Conscient de la fin du modèle d’un seul travail au sein de la même entreprise tout au long de sa vie professionnelle, le salarié n’est pas opposé à la mobilité et à la flexibilité, mais il la souhaite maîtrisée et non imposée, pas au service d’une remise en cause du travail mais au service de ce dernier.

42 Le succès auprès des salariés et des politiques, y compris ceux de droite, d’une telle mesure, pointe également, en creux, la question des représentations éclatées des salariés. Si l’on assigne au syndicalisme le soin de défendre les intérêts matériels et moraux des salariés, le besoin se fait jour de définir ce que sont ces « intérêts » et ce qu’est le salariat, au travers d’un statut dessinant une perspective syndicale. Paradoxalement, le plus souvent quand cette question est abordée, c’est par la bande. C’est que notre modèle fait du politique le réceptacle de la question d’un bien commun, au sein duquel le contrat politique a le dernier mot ; or celui-ci semble se retirer au moment où le syndicalisme aurait besoin de leviers pour sortir de sa crise par le haut.

● Le syndicalisme face au retrait du politique

43 Le syndicalisme est confronté au défi de la prévalence du contrat politique dont les origines remontent loin dans notre configuration nationale et sociale. Chez nous, l’État s’étant constitué avant la nation, cette dernière a toujours projeté le vivre ensemble par une extériorité (le droit divin, le monarque absolu, les Lumières, et l’Europe ces dernières décennies) dont le contenu politique se devait de reléguer la question sociale. Cheminant clandestinement ou réprimée au XIX ème siècle, la question sociale s’est finalement introduite par les batailles du mouvement ouvrier et le travail politique de Jaurès au sein de la République. Les avancées et reculs pour le salariat ont procédé du politique qui, en ayant le monopole de l’intérêt général et de la définition des compromis sociaux au travers de l’appareil d’État, pouvait reléguer le syndicalisme[ 12] [ 12] Travaux de M. Vakaloulis , Mouvement syndical et rapport...
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44 Or la crise économique, sociale et morale que connaît notre pays, dont le rejet du traité constitutionnel est la dernière expression, provient de ce que l’État, en se retirant sous justification bruxelloise des sphères économiques et sociales, non seulement ne stabilise plus les compromis sociaux, mais semble, pour la majorité, remettre en cause le contrat politique et la démocratie. Lors du référendum du 29 mai, l’Europe réelle est apparue fort éloignée de l’Europe attendue. L’élargissement, au travers de la directive Bolkestein, a semblé signer le fait qu’elle devenait un cheval de Troie visant à remettre en cause les acquis du salariat de la « vieille Europe ». Le pays a renationalisé la question du « souhaitable » en France et en Europe en attendant un nouveau traité constitutionnel. Le salariat en votant majoritairement « non » a été animé par un principe de précaution sociale mais aussi démocratique[ 13] [ 13] « La renationalisation du débat européen » Le...
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45 Il n’y a jamais eu en France de social-démocratie, relais politique du syndicalisme, néanmoins la CGT avait comme lien le Parti communiste, et les autres comme correspondant le Parti socialiste. Mais globalement, après la chute du Mur, les représentations politiques des gauches européennes, pour gérer au mieux les contradictions entre demandes sociales à leur égard et la gestion d’appareils d’État se retirant, auront trouvé plus commode d’accompagner des politiques faisant des salariats européens les variables d’ajustement de réformes structurelles, de remise en cause, au nom de la lutte contre les déficits des systèmes et compromis sociaux, tout en pouvant instrumentaliser Bruxelles comme bouc émissaire.

46 En outre, en France, le mitterrandisme à partir de 1982-1983, en faisant primer l’exercice du pouvoir gouvernemental sur la conquête du pouvoir dans la société, aura laissé le syndicalisme seul à se déployer sur le front social. Les 35 heures de Lionel Jospin seront une exception. Cette distanciation de la gauche politique de sa base sociale sera un effet de l’idée prévalant depuis la charte d’Amiens, de la séparation du politique et du syndicalisme. La défaite de Lionel Jospin en 2002 et son incompréhension de ce qui se passait dans le pays dans ses dernières années de gouvernement seront pour partie l’effet de cette césure.

47 Ce contexte d’un État qui se retire, d’un patronat qui dérégule, de politiques européennes qui transforment les salariats en variables d’adaptation, a entraîné une crise au sein de la CFDT, lors de la réforme des retraites de 2004, et un vif débat interne au sein de la CGT sur la consigne de vote sur le traité constitutionnel.

48 Cela pose de façon diverse la question des tensions entre les points d’appuis institutionnels et les bases sociales, syndicales, dans des rapports de force dégradés pour les salariés. Le syndicalisme qui porte les intérêts de moyen et long terme des salariés dispose de leur confiance majoritaire, et de celle des Français, ce dont ne peuvent se prévaloir les politiques qui ont le dernier mot, ce qui ne signifie pas le monopole de l’intérêt général, mais qui, une fois au pouvoir, ne le stabilisent plus parce qu’ils sont sous la pression de logiques économiques qu’ils ont laissé échapper.

49 Se dégage alors un intérêt commun de réappropriation du cours des choses face à une naturalisation des phénomènes économiques régressive pour la démocratie.

50 Le politique peut et doit disposer d’un syndicalisme fort, et ce dernier, pour sortir par le haut de la crise qui est la sienne, peut s’indexer sur les salariés, pour retrouver leur confiance effective, afin que remonte des lieux de production et de connaissance, les exigences et attentes à l’égard des politiques. La crise nationale et européenne provient essentiellement de l’incapacité des pouvoirs économiques et politiques d’exploiter les ressources de la société. Le syndicalisme ne sortira pas de sa crise par des retours sur le passé ou des points de doctrines mais en portant les logiques du salariat et du travail.

51 Des pistes prometteuses émanant du syndicalisme, mais qui passent par le législateur, ont déjà été avancées. Elles tournent autour du constat que les salariés souhaitent et peuvent prendre les affaires du syndicalisme en main, et faire converger alors les positions des un et des autres. Il s’agirait, à partir de la façon dont les salariés évaluent leurs besoins, confrontés à des environnements économiques et sociaux variables dans leurs entreprises, branches, et au plan interprofessionnel et national, de les mettre au cœur des choix professionnels et sociaux et, par voie de conséquence, de la vie syndicale. Il s’agirait, dans le même mouvement, de réformer la représentativité des syndicats, de refonder le paritarisme, et d’allouer aux syndicats des moyens de fonctionnement financier décents et justes en les indexant sur la confiance majoritaire des salariés.

52 L’intuition qui se développe est que l’on peut sortir dans le même mouvement de la crise politique et syndicale en France et en Europe par la démocratie sociale au service de la vie de la cité. Ces dernières décennies, le capitalisme s’était civilisé et avait perduré sous la pression et la crainte d’un ennemi extérieur : le communisme et le spectre révolutionnaire. Cela l’obligeait à un compromis implicite : la prospérité pour le plus grand nombre de salariés contre la paix sociale. Ce compromis s’est rompu en Europe. Ces dernières années, c’est le libre déploiement des marchés et de la finance qui remet en cause à la fois les compromis sociaux et la démocratie. Face à l’efficience du marché, pour arbitrer les transactions, sans prise en compte des finalités et intérêts collectifs de moyen et long terme, se développent des réponses régressives d’ancrage des individus dans le territoire, le sang, l’ethnie et le ciel. Le syndicalisme porte l’identité première de l’individu qui est celle du travail et qui lie l’individuel et le collectif, le « ici et maintenant », avec le long terme. Il doit politiser la question syndicale, c’est-à-dire poser la question du souhaitable pour les salariés afin que le monde du travail retrouve droit de cité et que la cité retrouve du travail. ●

 

Notes

[ *] politologue, sondeur d’opinion.Retour

[ 1] Les analyses sur les perceptions des salariés sont tirées des études d’opinion quantitatives et qualitatives de l’Institut Csa réalisées pour les confédérations syndicales et les directions d’entreprises. Les études publiées, sont disponibles sur le site de Csa : www.csa-fr.comRetour

[ 2] « De l’hégémonie communiste au vote FN des ouvriers » de S.Rozès , Classes sociales, retour ou renouveau ? Syllepse, 2003Retour

[ 3] S. Rozès , « Le désenchantement libéral », L’État de la France 1995 , La Découverte, Paris, 1994.Retour

[ 4] S. Rozès , « La montée d’une fragilisation », Cadres CFDT , n° 367, mars 1995, numéro spécial cadres.Retour

[ 5] S. Rozès , « La fin de l‘exception idéologique des cadres », Cadre : la grande rupture , sous la direction de P. Bouffartigue , La Découverte, mai 2001.Retour

[ 6] J. Capdevielle , Modernité du corporatisme , Presses de Sciences- Po, Paris, mars 2001.Retour

[ 7] S. Rozès , « Aux origines de la crise politique », Le Débat , mars-avril 2005.Retour

[ 8] S. Rozès , « Malaises dans la mondialisation », Contretemps n° 2, sept.2001, Editions Textuel.Retour

[ 9] M. Vakaloulis , « La grève par procuration à l’égard des mouvements sociaux révèle un nouveau cycle idéologique de l’opinion » in Travail et Conflit social , Paris, Puf, 1999.Retour

[ 10] Baromètre annuel CSA-CGT depuis 1994 sur l’image et les attentes à l’égard des syndicats et de la CGT dont la version est annuellement relatée dans «  Le Peuple  ».Retour

[ 11] J.C. Le Duigou , Demain le changement, manifeste pour un nouveau syndicalisme , A.Colin, Paris 2005.Retour

[ 12] Travaux de M. Vakaloulis , Mouvement syndical et rapport au politique, enquête sociologique approfondie , IRES-CGT 2005.Retour

[ 13] « La renationalisation du débat européen » Le Débat n° 136, sept-oct. 2005.Retour

PLAN DE L'ARTICLE


POUR CITER CET ARTICLE

Stéphane Rozès « La question syndicale à l'épreuve du nouveau cours du capitalisme », Mouvements 1/2006 (no 43), p. 96-107.
URL :
www.cairn.info/revue-mouvements-2006-1-page-96.htm.
DOI : 10.3917/mouv.043.0096.