La fin de la domination (masculine)
Pouvoir des genres, féminismes et post-féminisme queer
Marie-Hélène Bourcier
L’objet de notre article est de revenir sur la critique formulée par le post-féminisme queer, de l’utilisation du paradigme de la " domination (masculine) " faite, aussi bien par Bourdieu que par les courants féministes re-naturalisants,. Il s’agit également et d’évoquer différentes stratégies queer, de sortie de ce paradigme , et de voir comment il est possible de résister au système sexe/genre dominant. Une vision réductrice du pouvoir des genres va souvent de pair avec une re-naturalisation des genres "masculin" et "féminin" et bride ces politiques sexuelles, que sont les féminismes. Nous mettons en évidence les limites qu’a cru pouvoir imposer Bourdieu en diffusant une description bloquée de la "domination masculine". Nous critiquons également les limites de certains courants féministes qui, en développant une vision monogenrée des oppressions de genre, ont fait de cette entrée par les genres ,une entrée unique -hégémonique pour ainsi dire- et ont , ainsi, conduit à des politiques sexuelles à l’origine de nombreuses simplifications. et exclusions. Les stratégies proposées par le post-féminisme queer, pour contrer les effets de la confiscation renaturalisante de "la domination masculine", aussi bien que ceux de totalisation et d’unification universalisante de ces féminismes, ne sont ni révolutionnaires, ni abolitionnistes, ni dialectiques. ; elles relèvent de micro politiques modestes mais multiples, car elles prescrivent une dés-ontologisation salutaire du "sujet Femme" du féminisme.
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