Multitudes
Assoc. Multitudes

I.S.B.N.sans
220 pages

p. 283 à 296
doi: en cours

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Hors champs

no 15 2004/1

2004 Multitudes Hors champs

Aux origines de l'apartheid

Documents photographiques rassemblés par Thierry Secretan


Un jeune villageois zoulou en casque d'argile est photographié en 1920, sous la tente de Duggan-Cronin. Il effectue alors la seconde de ses trente-huit expéditions photographiques à travers l'afrique australe dans les régions d'origine des mineurs. © Duggan-Cronin / McGregor museum
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1920, un jeune basuto en chemin vers les mines. Chaque année des centaines de milliers d'hommes marchaient jusqu'aux mines depuis les régions les plus retirées d'afrique australe. Ce sont littéralement leurs chemins qui ont donnés naissance à l'actuel réseau routier sud-africain. La couverture qui habille l'homme est l'apanage du mineur. © Duggan-Cronin/McGregor museum
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1908, huit mineurs zoulous prennent la pose avec leur attirail guerrier sur le terril d'une mine de diamants à Kimberley. C'est l'une des premières "études indigènes" d'Alfred-Martin Duggan Cronin, gardien de compound pendant seize ans dans les mines de Beers et photographe de génie au début du vingtième siècle. Ces Zoulous sont à plus de 1200 kilomètres de leur village, ce qui suppose qu'ils aient amenés au compound leurs tenues et armes de combat. © Duggan-Cronin/McGregor museum
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"Il seront heureux et en bonne santé". Couverture d'une brochure pour le recrutement des mines vers 1940. L'enrôlement des jeunes hommes dans les mines est devenu l'objet d'une propagande organisée à travers des centaines de bureaux dans les régions. Les accords se passent avec les chefferies. Archives Teba.
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Le calendrier de 1956 vante l'argent cash rapporté au village. C'est le chemin remonté par Duggan-Cronin, des compounds aux villages. En 1956 l'apartheid est en place depuis 8 ans. La liasse de billets que brandit l'heureux travailleur masque le pass, inventé dans les mines à la fin du dix-neuvième siècle, et qui vient d'être étendu à l'ensemble des noirs et des métis. Archives Teba
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1959, le calendrier décrit les activités de surface dans le compound ; jeux, concours de danses tribales et cinéma.
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Chaque compound possédait un cinéma à partir des années cinquante. A l'écran Roy Rogers, héros des mineurs. Ils le surnommaient "U' Jack" selon une interjection classique du justicier dégainant son revolver. Depuis la fin de l'apartheid ces activités ont disparues. Maintenant que les mineurs peuvent aller et venir librement leurs distractions ne sont plus du ressort de la mine. La communauté des mineurs est la plus touchée par le sida. L'industrie doit désormais former trois personnes pour un emploi. Archives Teba.
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En haut : un des premiers compounds construits à Kimberley en 1882 était doté en son centre d'une réserve d'eau. Archives de Beers. En bas : Duggan-Cronin fut gardien dans ce camp pendant plusieurs années. Le "Bain de noël des mineurs" a été photographié par l'irlandais en 1908. Ce compound abritait 2000 hommes qui venaient aux mines et en repartaient à pied pour leur région d'origine au terme d'un contrat d'un an. A cette époque c'était la tuberculose qui faisait des ravages. Duggan-Cronin, qui avait quelques connaissances médicales servit également comme infirmier à l'hôpital du compound.
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Trois ouvriers trient des diamants sur une table vibrante, sous la surveillance d'un contremaître, à Kimberley. © Duggan-Cronin/McGregor museum.
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L'une des treize pièces de la Duggan-Cronin, photographié par son assistant, montre un tirage au chef Thembu Ngubezulu. Ce cliché a été pris en 1930. Duggan-Cronin développait la nuit les images prises le jour de façon à pouvoir montrer le résultat aux intéressés dès le lendemain et attirer ainsi plus de sujets devant son appareil. Assis à la droite du chef un homme tient une pipe à Dagha (cannabis) faite d'une corne de bovin évidé. © Duggan-Cronin/McGregor museum
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En haut : l'une des treize pièces de la "Duggan-Cronin Bantu gallery" du vivant du photographe. Il y vivait et exposait en permanence près d'un millier d'agrandissements de ses photographies ainsi que des centaines d'objets traditionnels rapportés de ses expéditions. © Duggan-Cronin/McGregor museum. En bas : Un des cinquante deux albums contenant les tirages par contact que Duggan-Cronin développait pendant ses voyages. Photo Thierry Secretan.
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30 % des clichés de la collection Duggan-Cronin sont sur plaques de verre et 70 % sur nitrate de cellulose, premier support flexible. Ce dernier se décompose avec le temps et oxyde les plaques de verres voisines. Séparer les "verres" des "nitrates" a été l'une des premières tâches entreprises pour sauver la collection. Photo Thierry Secretan.
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