Multitudes
Assoc. Multitudes

I.S.B.N.9782915547450
240 pages

p. 195 à 210
doi: en cours

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Hors-champ

no 28 2007/1

Le travail de l’image

Jacques Rancière
Représenter, c’est être à la place d’autre chose, c’est donc mentir à la vérité de la chose. Esther Shalev-Gerz réfute doublement ce présupposé : d’un côté, la chose même n’est jamais là : il n’y a que de la représentation : des mots portés par des corps, des images qui nous présentent non pas ce que les mots disent mais ce que font ces corps ; d’un autre côté, il n’y a jamais de représentation : on n’a jamais affaire qu’à de la présence : des choses, des mains qui les touchent, des bouches qui en parlent, des oreilles qui écoutent, des images qui circulent, des yeux dans lesquels se marque l’attention à ce qui est dit ou vu, des projecteurs qui adressent ces signes des corps à d’autres yeux et d’autres oreilles. To represent is to stand for something else, it is thus to lie about the truth of thing. The work of Esther Shalev-Gerz doubly refutes this presupposition : on the one hand, the thing itself is never there, there is only representation : words borne by bodies, images which present to us, not what words say but what these bodies do ; on the other hand, there is never any representation, one is always confronted with presence : things, the hands that touch them, mouths that speak of them, ears that listen, images in circulation, eyes in which one can see the attention to what is spoken or seen, and projectors which convey these signs of bodies to other eyes and ears.


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