Multitudes
Assoc. Multitudes

I.S.B.N.2915547597
240 pages

p. 123 à 131
doi: en cours

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n° 31 2008/1

Sokal et Bricmont sont sérieux ou : le chat est sur le paillasson

Adrien Guignard
Le texte qui suit s’efforce d’identifier l’origine de ce qu’il convient d’appeler « l’affaire Sokal ». Il appert que celle-ci reste problématique dans la mesure où elle n’est pas pensable sans engager, centralement, une duplicité. À « l’origine », le mouvement du canular sokalien est donc bien « productif et conflictuel et aucune identité, aucune unité, aucune simplicité originaire ne saurait [le] précéder », comme disait l’autre, mais il disséminait, paraît-il. C’est pourtant là la « force » de la « forme » du canular sokalien. Achoppant sur la délicate question de l’origine (qui est probablement aussi celle de l’ironie), mais saluant sans cesse le travail du canular, à partir d’un extrait de La Barbarie à visage humain, cet article entend révéler les conséquences constructives de cette affaire. Il n’est pourtant pas sûr que son argumentation permette de distinguer la conséquence de l’origine : post hoc ergo propter hoc. Il s’agit d’un sophisme, rappelons-le. The following text seeks to identify the origins of what has come to be called the Sokal hoax. It appears that these origins remain problematic insofar as they cannot be thought without engaging into intrinsically duplicitous thinking. Thus, « originally », the gesture of the hoax is indeed « productive and conflictive, and no self-identity, no unity, and no inherent simplicity can possibly precede it », as « he » said, but « he » was disseminating, as we say. But that is precisely the « strength » of the « form » of the Sokal hoax. With the delicate question of origins as its stumbling block-a stumbling block which may also be the question of irony-, the present text takes its cue from an passage from La Barbarie à visage humain and proposes to reveal the constructive consequences of the affair triggered by the hoax, while constantly paying tribute to its performance. Whether my argument will make it possible to distinguish the consequences from the origins remains moot : post hoc ergo propter hoc. One must remember that this is a sophism.


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