Penser la violence
André Lévy
Si, comme le dit Jean Bergeret, « la violence est la vie », elle interpelle directement nos valeurs, nos notions de bien et de mal, elle est le ressort occulte de toute organisation sociale qui doit composer avec elle. Mettant en jeu nos pulsions et nos émotions les plus secrètes, elle régit notre rapport à l’autre et à nous-même, elle interroge notre existence en tant qu’être humain. Ainsi, plus qu’un épiphénomène se prêtant à une description objective ou à des jugements réducteurs, la violence est un objet complexe, échappant à toute définition, et qu’il importe de penser dans toutes ses dimensions, institutionnelle, politique, psychologique et éthique.Mots-clés :
institution, violence, démocratie, intervention psychosociologique, clinique, éthique.
If, in the words of Jean Bergeret, « violence is life », it directly brings into play our values, our notions of Good and of Evil, it is the occult force that any social organization must compose with. Involving our drives and our most secret feelings, it governs our relationship to the other one and to one-self, it questions our existence as human being. So, more than an epiphenomenon giving way to an objective description or to reducing judgments, violence is a complex object, escaping any definition, and that it is important to think in all its dimensions, institutional, political, psychological and ethical.Keywords :
institution, violence, democracy, clinical intervention, ethics.