2003
Outre - Terre
La France vue d'ailleurs
L’Amérique contre l’Europe, surtout contre la France
John Laughland
éditorialiste, Mail on Sunday, Londres, correspondant d’Outre-Terre.
Au plus tard depuis la publication de l’
Anti-américanisme de Paul Hollander,
quiconque émet des critiques sur la politique étrangère des États-unis y passe
souvent pour un psychopathe
[1]. Ceci valant aussi bien pour les commentateurs
européens que pour leurs collègues d’outre-atlantique. Les sondages montrent-ils que certains Européens ont du mal à suivre les ardeurs belliqueuses de l’administration américaine, des articles en traitent immédiatement sur le mode
médical.
Pour ne citer que deux exemples particulièrement éloquents, les récents
articles de David Broods dans le
Weekly Standard et de Nicholas Fraser pour le
magazine
Harper’s illustrent bien les carences de pareille approche. Celui de
Fraser étant, comme c’est souvent le cas de ce genre d’articles, fort ennuyeux
[2].
L’auteur se disant animé par une quête de la vérité, il réussit le tour de force de
tout examiner par le mauvais bout de la lorgnette. À quoi bon, en effet, se proposer d’écrire sur ce que pensent les « Européens des États-Unis », si c’est pour
disqualifier par avance toute critique digne de ce nom de la volonté américaine
d’hégémonie ; une tentative d’ailleurs d’autant plus absurde que Fraser est de
nationalité britannique !
Surtout quand il s’agit d’un journaliste britannique s’étant permis d’espérer
que le 11 septembre ouvrirait les yeux des Américains sur le sentiment des
peuples, hélas nombreux, bombardés par leurs avions, il trouve semblable
opinion incompréhensible et choquante. Fraser est si viscéralement convaincu – évocation coutumière, dans ce contexte, du rôle des États-Unis durant la
Seconde Guerre mondiale, comme si Washington avait par là obtenu un « blancseing » moral pour l’éternité – de ce que les Américains incarnent le Bien avec
une majuscule, que ses pleines et denses huit pages, dans une des meilleures
revues américaines ratent complètement le phénomène qu’il était censé analyser. L’anti-antiaméricanisme se résumant fréquemment à un simple exercice
d’auto-justification.
Plus subtile mais tout aussi peu éclairant le papier de David Brooks
[3]. Un très
long texte, sur deux livraisons de l’hebdomadaire : ceux des Européens qui
expriment de quelconques réserves sur la politique étrangère des États-Unis
sont des « bourgeoisophobes », animés à l’instar des Arabes par une haine irrationnelle des valeurs bourgeoises, dont surtout celle, par excellence, du matérialisme. Les Européens, avec leur culture de snobs à la fois socialistes et
marxistes, haïssent donc les Américains et les Israéliens (en tout cas les États-Unis et Israël) par définition matérialistes et ils n’ont pour eux que condescendance et mépris. Si l’auteur ne présentait pas ici de façon tout aussi discutable
ce qu’il entend par culture américaine, on croirait lire un tract antisémite des
années 1930 où les Juifs n’existent que par l’appât du gain. Le M. Walter de
Bel-Ami, du Maupassant !
Une haine du succès qui remonte à 1830 et gagna les quatre coins du monde,
« de Bagdad à Ramallah et à Pékin ». Selon Brooks, snobisme européen et terrorisme ne seraient que les deux faces d’une même médaille « bourgeoisophobe »,
même si, ce qui complique singulièrement les choses, les anti-américains d’Europe sont en revanche des bourgeois. La « psychopolitique » de quiconque
critique les excès, inévitables, de l’hyperpuissance américaine, révèle une
névrose, celle justement dont étaient déjà victimes Brooks et ses amis de droite
quand ils critiquaient Clinton et l’administration précédente pour avoir transformé le débat public en divan collectif : une version politicienne de l’émission
d’Oprah Winfrey, en quelque sorte. Rien à discuter rationnellement dans le soidisant anti-américanisme, donc, qui serait de nature exclusivement irrationnelle
et ne se range en aucune manière parmi les opinions respectables.
Il y a ici pur aveuglement : nombre d’Américains sont tout simplement incapables de se voir tels qu’ils sont. Les Palestiniens qui se suicident par hostilité
aux valeurs bourgeoises et par anti-matérialisme, voilà un conte de fées qu’on
ne peut inventer qu’à rester confiné dans son bureau de Washington et c’est
pourtant une représentation très répandue aux États-Unis. Il n’est que d’entendre Bush expliquer qu’« ils nous détestent à cause de notre bonté » ou de voir
le film
Rules of engagement : les ennemis des États-Unis demeurent pour les
Américains parfaitement incompréhensibles. Certes, tout cela s’inscrit dans une
forte tradition de messianisme et beaucoup d’Américains se croient vraiment le
« peuple élu », ils croient vraiment, dans les termes du président Wilson, qu’ils
ont « l’infini privilège... de sauver le monde
[4] ». Ce n’est pas ici le lieu d’analyser le messianisme américain, d’autant qu’il est chanté tant par Hollywood que
par Washington. Même s’il sert de fondement à un phénomène plus précis
antieuropéisme des Américains qui ne fait jamais l’objet, contrairement à l’antiaméricanisme des Européens, d’une problématisation. Or, il s’agit d’un courant
de pensée très répandu aux États-Unis, fortement coloré de xénophobie et de
nationalisme, dont les conséquences géopolitiques pour les affaires internationales ne doit pas être sous-estimé.
Dessinons d’abord un cadre. L’anti-européisme des Américains caractérise
surtout les milieux dits « néo-conservateurs » qui dominent l’actuelle administration et se distinguent des « paléo-conservateurs » de bonne tradition isolationiste, aujourd’hui lettre à peu près morte, par un attachement viscéral au principe d’intervention dans les affaires du monde. Des conceptions véhiculées par
un certain nombre de journaux et revues, par exemple le Wall Street Journal, le
Weekly Standard et le National Review. Le New York Times, le Washington Post
et New Republic, certes plus libéraux (moins marqués à droite) partageant avec
les néo-conservateurs cette conviction que l’Amérique doit jouir d’un droit illimité d’ingérence et une même ardeur belliqueuse.
Bête noire des éditorialistes de ces organes de presse : les Européens tantôt
dénoncés comme des sybarites et des lâches qui vivent sous protection américaine, tantôt comme des nazis et des racistes qui ont la nostalgie, permanente,
d’Hitler et votent pour des fascistes tel Jean-Marie Le Pen ; une alternance qui
fait rêver.
Fred Barnes, le rédacteur en chef du
Weekly Standard, affirme tout comme
son collègue William Kristol, que l’Amérique est nationaliste, religieuse et
martiale, tandis que l’Europe serait post-nationale, au-delà du christianisme et
pacifiste
[5]. Même thèse chez Walter Russell Meade : l’Amérique croit toujours
à l’État-nation et à la religion chrétienne alors que l’Europe a dépassé la nation
et le christianisme
[6]. Les Américains, à lire ces auteurs, croient encore au rôle
bénéfique de la force militaire alors que l’Europe est toute imprégnée de
consensus mou sur le droit et les institutions internationales. D’ailleurs, écrit
Barnes, l’Europe, aux yeux des Américains, ne compte guère ; un sujet sans
importance. « Un allié, comme le Canada, souvent amical mais parfois irritant,
qui ne vaut de toute façon pas la peine qu’on s’en occupe. » Bush n’aime-t-il
pas les hommes d’État étrangers qui sont d’accord avec lui : bien sûr Tony Blair,
mais aussi Gerhard Schröder pour son style, alors qu’il ne supporte pas le président Chirac.
Kristol lui-même est persuadé qu’Américains et Européens sont séparés par
deux visions différentes du monde : les premiers « de Mars », héritiers de
Hobbes, se caractérisent par une approche fièrement unilatérale, délibérément
massive et consciemment musclée ; les seconds rêvent d’un monde géré par un
ensemble hermétique de lois, de règles et où primerait la coopération comme la
négociation entre les nations. L’Europe, un continent au-delà des nations, le
continent, déjà, de la paix éternelle d’Emmanuel Kant. Des États-Unis, au
contraire, immergés dans l’histoire, exerçant leur puissance dans un monde à la
Hobbes, anarchique, sans règles fiables, où la sécurité, tout comme la pérenni-sation du libéralisme, tiennent au contrôle des armes et à leur utilisation
[7].
Une analyse d’autant plus surprenante – l’Europe idéaliste et le réalisme brutal
des Américains – que Kristol se range d’ordinaire du côté de ceux qui, à l’instar
du président Bush ou de l’ancien secrétaire d’État Madeleine Albright, fondent la
politique étrangère des États-Unis non sur le pur calcul des intérêts nationaux,
mais sur une vocation messianique à civiliser le monde, à incarner le Bien. L’auteur se présente comme le néo-conservateur extrême qui plaide pour toute aventure militaire, quelle qu’elle soit. Cette année, c’est l’Irak et le terrorisme ; les
années précédentes, c’était la Chine, cette même Chine qui s’est fait l’allié des
Américains après le 11 septembre
[8]; alors que Kristol et son collègue Kagan
dénonçaient, hystériquement, en 2001, l’humiliation nationale survenue avec l’affaire de l’avion espion atterri sur l’île de Haï-Nan (ils avaient également prédit une
invasion de Taïwan par la République populaire pour le mois d’août 1999
[9]. Pour
nos deux chantres de la guerre permanente, le danger ne vient en effet pas de tel
ou tel pays, mais de l’idée qui consiste à penser avec les pacifistes que les Américains n’auraient pas à s’affirmer de toute leur puissance militaire sur la scène
internationale, n’auraient pas à façonner la planète à leur image
[10].
Malgré ces accents martiaux, Kristol et Kagan se gardent d’attaquer par trop
les Européens. Au contraire, leur disciple Jeremy Rabkin, professeur à l’université Cornell n’a pas ce souci. Grand paradoxe chez celui-ci : les Européens sont
coupables de pacifisme, de lâcheté et de post-modernisme, mais aussi d’antisémitisme primaire et violent, d’avoir donc dépassé l’histoire tout en s’y inscrivant complètement ; ils sont à la fois dénoncés pour avoir créé la Cour pénale
internationale qui agira contre Israéliens et Américains et pour affirmer parallèlement qu’une solution au conflit israélo-palestinien serait préférable à une pure
et simple victoire de l’État hébreu
[11].
Même si peu d’Européens s’en rendent compte, nombre de commentateurs
américains présentent l’Europe comme bouillonnant d’antisémitisme virulent.
Monnaie courante que les descriptions de synagogues qui brûlent en Europe et
particulièrement en France
[12]. Message personnel d’un néo-conservateur
éminent à l’auteur de ces lignes : « d’abord, les Israéliens ne voulaient pas envisager que les Européens s’en foutent si les Juifs sont assassinés ; ils en ont
désormais pour la plupart pris conscience ; cela leur rappelle la raison pour
laquelle ils sont en Israël
[13] ».
Propos d’Américains (et d’Anglais) en privé : « Ceux que je déteste vraiment, ce sont les Français ». Une francophobie latente qui a connu une flambée
soudaine au printemps 2002 avec un véritable pogrom médiatique dans la presse
américaine. Lisons Jack Kemp qui voyage en Europe : « Les synagogues
brûlent, des gangs passent des juifs à tabac dans les rues, les cimetières juifs
sont profanés, les gouvernements exhortent officiellement les juifs à éviter les
signes d’identification, la propagande antisémite se répand, on attaque vicieusement les juifs dans les éditoriaux, les syndicats menacent de boycotter les
produits israéliens... Tout cela contribuant à un climat anti-juif que l’Europe
n’avait plus connu depuis le troisième Reich
[14]. »
Même discours chez Christopher Caldwell sous l’aimable intitulé « Liberté,
Égalité, Judéophobie » (en français dans le texte) : un anti-islamisme qui ferait
rougir Jean-Marie Le Pen d’une part ; l’affirmation, de l’autre, qu’en France
l’hostilité des Arabes à Israël se combinera en un « nouveau totalitarisme » avec
la culture autochtone de la gauche
[15]. « Humour » de George Will, « la civilisation européenne est si riche que même la décadence y est créatrice ; avec un
phénomène tout à fait remarquable depuis 1945, l’antisémitisme sans juifs
[16] ».
Difficile de distinguer selon David Gelernter si « l’élite française est contre les
juifs tout court ou seulement contre les juifs qui ont des opinions
[17] ».
De même Charles Krauthammer selon qui l’antisémitisme des Européens est
incurable, les Français constituant, comme toujours, une cible privilégiée : ils
votent pour un fasciste puis s’en prennent aux Américains en raison de leur
« simplisme » ; plus généralement les agressions antisémites en France, en
Belgique et en Allemagne sont un retour à l’antisémitisme, à « un instinct millénaire qui a puissamment infecté et formé l’histoire européenne » ; « ce que les
Européens ne supportent pas, c’est le juif armé, le juif qui se défend... Un juif
diabolisé aujourd’hui dans la presse européenne comme dans les années
1930 »; dégoût de l’auteur à l’idée qu’un Européen ait pu être choisi pour présider une commission d’enquête des Nations unies sur l’affaire de Jenine : un
enfant de l’Europe qui va juger les juifs
[18] ».
Pour finir l’« humoriste » du
Weekly Standard qui voit dans les antisémites
français les auteurs de l’incendie de l’ambassade d’Israël à Paris ; style d’une
vulgarité rare : « ça fait longtemps que j’en ai marre des Français ; la prochaine
fois que les Allemands envahiront votre petit pays de merde (
smelly country) et
que vous aurez besoin de quelqu’un pour sauver vos culs de collabos, vous vous
débrouillerez
[19] ! » Rappelons qu’il ne s’agit pas ici d’une quelconque feuille de
chou, mais d’un des plus grands journaux de Washington.
Et pourtant : les commentateurs américains sont le plus souvent choqués,
dans ce contexte de déchaînement xénophobe, dès lors qu’un Européen formule
la moindre réserve à l’égard des États-Unis. L’ancien ministre français des
Affaires étrangères a passé les bornes de ce qui est supportable en caractérisant
l’approche des Américains comme « simpliste » ; il a été victime d’une crise
(d’hystérie) ; ce qui vaut également pour le commissaire Chris Patten, lequel a
osé trouver la politique américaine « peu réfléchie », une expression qualifiée
d’extraordinairement contraire à la diplomatie », soit une explosion féroce de
rage
[20]. De même pour les réactions à « l’axe du mal » : préjugés, simple jalousie et surtout « socialisme féodal » (sic) ; alors qu’en 1917 l’Amérique a sauvé
« la civilisation occidentale » qui menaçait de s’effondrer dans le conflit entre
l’Allemagne et l’Autriche d’une part, la France et l’Angleterre de l’autre
[21].
Et lors de la Seconde Guerre mondiale, ne sont-ce pas les Américains qui ont
sauvé le monde ? Pas un mot sur le rôle joué par Staline et l’armée rouge dans
la défaite de l’Allemagne nazie, l’héroïsme des Britanniques, des Français, des
Polonais passant aux oubliettes. Une vision donc caricaturale de 1939-1945 qui
marque cependant de façon décisive l’image que les Américains ont d’eux-mêmes. L’Amérique contrainte par exemple contre son gré d’intervenir militairement au Kosovo, même si la crise avait été fabriquée par les États-Unis
comme prétexte à intervention
[22]. Seuls les États-Unis résistent à la dictature,
contrairement aux Européens chez qui
l’appeasement est une seconde nature,
raison pour laquelle les Américains n’ont plus confiance dans leur jugement
politique : n’ont-ils pas toujours cherché à amadouer Hitler, Mussolini, Staline,
Kadhafi, Khomeini ou Saddam Hussein par des concessions
[23].
Francophobie à outrance et pratiquement racisme ouvert chez l’éditorialiste
Jonah Goldberg qui reconnaît lui-même « déblatérer chaque année contre les
Français », expliquant qu’« il existe beaucoup de raisons de détester ces singes
défaitistes et mangeurs de fromage »
(cheese eating surrender monkeys)
[24]. La
France n’aurait aboli l’esclavage qu’en 1794 (sic) et « elle resterait une ménagerie gauchiste ». Les Européens qui ne se rangent pas aux côtés des Américains
étant « débiles » : « Soyons clairs. J’emploie le terme pour désigner cette large
coalition d’intellectuels qui au demeurant se détestent entre eux, ces bureaucrates veules qui ont renoncé à leur identité nationale, soit qu’ils en ont honte
comme les Allemands, soit que l’Europe et une nouvelle identité leur tiennent
de cheval de Troie pour des ambitions culturelles à l’instar des Français et des
Belges
[25]. » Goldberg étant aussi partisan de l’interprétation contradictoire des
Européens à la fois pacifistes : « ils pensent que tout peut être résolu autour
d’une bouteille d’eau pétillante dans un hôtel suisse » et incorrigiblement
violents « aux Américains de séparer chaque fois les Européens chaque fois
qu’ils se querellaient comme des enfants
[26] ».
Des dérapages où se manifeste une absence de mesure, de proportions et qui
traduisent probablement un complexe d’infériorité, le snobisme et l’arrogance
des Européens revenant constamment dans l’europhobie des Américains
[27].
Mais il y a plus : aux États-Unis, on pense que son gouvernement est « un
gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple », toute attaque contre
celui-ci étant considérée comme une attaque personnelle, alors qu’un Européen
s’identifie moins à ses dirigeants et supporte donc plus facilement la critique.
Certains Américains évoquent la possibilité d’une rupture de l’alliance avec
l’Europe, soulignant que les fiers États-Unis, puissants et libres n’ont besoin de
personne. Mais d’autres vont plus loin, William Hawkins les dépassant tous en
expliquant qu’en réalité l’ennemi numéro 1 des États-Unis n’est ni Oussama ben
Laden ni Saddam Hussein mais bel et bien la France en tête des autres États
européens : « Le plus grand danger pour l’indépendance, la sécurité et la prospérité des États-Unis ne viendra peut-être pas, à l’aube du XXI
e siècle, peut-être
pas de nos ennemis déclarés, dotés d’armes de destruction massive, mais de nos
soi-disant amis qui rêvent de contrôler notre économie et de ligoter le géant
américain
[28]. »
[1]
Paul Hollander,
Anti-Americanism :
Critiques at Home and Abroad 1965-1990, Oxford
University Press, 1992.
[2]
« Le Divorce : Do Europe and America have irreconciliable differences ? »,
Harper’s
Magazine, septembre 2002, p. 58-60.
[3]
« Among the Bourgeoisophobes : Why the Europeans and the Arabs, each in their own way
hate America and Israel »,
Weekly Standard, 15 avril 2002.
[4]
Cf. Clifford Longley,
Chosen People :
the Big Idea that shapes England aud America,
Londres, Hodder & Stoughton, 2002 ; Ernst Lee Tuveson,
Redeemer Nation :
The Idea of
America’s Millennial Role, University of Chicago Press, 1968.
[5]
Fred Barnes, « Why Bush Has Given Up on Europe : to the Bush administration, Europe
looks like Canada »,
The Times (Londres), 21 mai 2002.
[6]
Walter Russell Meade, « The Case Against Europe »,
The Atlantic Monthly, avril 2002.
[7]
Robert Kagan, « The US-Europe Divide »,
Washington Post, 26 mai 2002.
[8]
Robert Kagan & William Kristol, « A National Humiliation »,
Weekly Standard,
16-23 avril 2001.
[9]
Robert Kagan & William Kristol, « The Present Danger »,
ibid., 23 août 1999.
[10]
Robet Kagan & William Kristol, « The Burden of Power is Having to Wield It »,
Washington Post, 19 mars 2000.
[11]
Jeremy Rabkin, « The International Kangaroo Court : Get ready for the International
Criminal Court to go after Israelis and Americans »,
The Weekly Standard, 29 avril 2002.
[12]
Jonah Goldberg, « Le Pen Fever »,
National Review Online, 26 avril 2002.
[13]
Correspondance privée, août 2002.
[14]
Jack Kemp, « European-style, politically correct anti-Semitism »,
Washington Times,
22 mai 2002.
[15]
Christopher Caldwell, « Liberté, Égalité, Judéophobie : Why le Pen is the least of France’
Problems »,
The Weekly Standard, 6 mai 2002.
[16]
George Will, « Anti-Semitism is still alive around the globe »,
The Washington Post,
2 mai 2002.
[17]
David Gelernter, « A Nation like Ours : Why Americans stand with Israel »,
The Weekly
Standard, 20 mai 2002.
[18]
Charles Krauthammer, « Europe and “those people” : anti-Semitism arises again »,
The
Washington Post, 26 avril 2002.
[19]
Larry Miller, « Le Jour de Gloire n’est pas arrivé »,
The Weekly Standard, 3 juin 2002.
[20]
Peter D. Feaver, « The Axis of Rudeness : Europe’s diplomat was undiplomatic about
Bush’s speech »,
The Weekly Standard, 25 février 2002.
[21]
Victor David Hanson, « Misunderstanding America : we’re not the ones with the
problems »,
National Review Online, 25 février 2002 ; et du même « European Paradoxes »,
ibid., 29 juillet 2002, « European Morality ? »,
ibid., 12 juillet 2002.
[22]
Cf. John Laughland, « L’otan en Macédoine : pompier-pyromane au service d’un nouvel
ordre mondial »,
in Pierre-Marie Gallois (éd.),
Guerres dans les Balkans :
la nouvelle Europe
germano-américaine, Paris, Ellipses, Paris, 2002.
[23]
« The Case Against Europe »,
op.
cit. Ceci alors que les États-Unis furent aussi sanguinaires que les autres belligérants pendant la première guerre mondiale et que la paix imposée par eux à Versailles joua son rôle dans l’histoire à venir, cf. Paul Gottfried, « Cheeseeating surrender monkeys »,
The Spectator (Londres), 1
er juin 2002.
[24]
Jonah Goldberg, « French-Hating
Pas de deux »,
National Review Online, 13 juillet 2001.
[25]
Jonah Goldberg, « Europeans Save the World : Symbolism over substance. Guilt and
propaganda over self-confidence and moral reasoning »,
National Review Online,
30 novembre 2001.
[26]
Jonah Goldberg, « The European “Miracle” »,
National Review Online, 31 juillet 2002.
[27]
Meade illustre cocassement son opinion de supériorité américaine par référence à une
bande dessinée pour enfants.
[28]
William R. Hawkins, « EU ’s angry chorus »,
Washington Times, 24 mai 2002.