Outre-Terre
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I.S.B.N.2749201713
320 pages

p. 49 à 51
doi: en cours

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Morceaux choisis

no 5 2003/4

2003 Outre - Terre Morceaux choisis

Il serait temps pour les États-Unis de quitter les Nations-Unies

Alan Caruba journaliste, essayiste, chroniqueur pour le magazine internet Enterthestage right.com.
J’ai dans ma tête une idée obsédante. Et si nous prenions les millions de dollars que nous payons chaque année aux Nations-Unies aux fins de les utiliser directement pour financer les coûts de la guerre en Irak et les dépenses de reconstruction qui s’en suivront ? Nous, Américains, payons, en pratique, plus du quart du budget de ce grand trou noir de l’inutilité et des erreurs. Et je ne pense pas que nous en avons pour notre argent.
Le Congrès a voté en septembre 2002 le financement des opérations du Département d’État, soit : 8,6 milliards de dollars. La somme incluait 244 millions de dollars d’arriérés dus aux Nations-Unies, et 78 millions de dollars dus pour l’année suivante. Le Département d’État, en tout, dépense annuellement 891 millions pour le financement des organisations internationales, dont l’Unesco. Sur cette somme, 726 millions de dollars sont consacrés à des « actions de maintien de la paix » que les États-Unis assument pour l’essentiel, mais qui sont portées au crédit de l’ONU.
Je me demande si j’ai tort, mais je me demande si George W. Bush n’a pas savonné la planche des Nations-Unies. Le discours qu’il a prononcé en septembre 2002 et dans lequel il avertissait l’assemblée générale qu’elle risquait de glisser vers l’obsolescence a, en tous cas, attiré mon attention. Je ne me souviens pas qu’un Président des États-Unis ait prononcé des paroles semblables dans le passé.
D’autres présidents, certes, ont exprimé leurs frustrations. Certains ont suspendu le paiement des cotisations américaines. Seul George Bush est allé a la tribune de l’assemblée générale, où la voix des États-Unis vaut seulement ce que vaut la voix des Barbades ou du Liechtenstein et lui a dit qu’elle n’était pas à la hauteur des enjeux planétaires.
Il y a eu ensuite les simagrées au Conseil de sécurité où le Secrétaire d’État Colin Powell a dû s’y prendre longuement et à plusieurs reprises pour démontrer clairement qu’après douze années et dix sept résolutions, l’Irak ne respectait toujours pas les engagements qu’il avait pris : la démonstration n’a servi à rien. Le Conseil de sécurité a, de fait, montré une faible capacité d’action depuis sa naissance. Il n’a, par exemple, rien fait en 1994 pour arrêter au Rwanda des massacres qui ont coûté la vie à 800 000 personnes. Il s’est révélé incapable d’arrêter le « nettoyage ethnique » mené en Bosnie et au Kosovo par la Serbie. Une douzaine d’années d’inspections sporadiques et entravées en Irak n’ont rien donné. Les États-Unis ont toujours des troupes en Corée, plus de cinquante ans après une opération de police décidée en 1950.
La propagande menée concernant les Nations Unies est telle que nombre de gens n’ont toujours pas conscience non seulement de l’inefficacité de celles-ci, mais du fait que l’Organisation veut imposer ses propres taxes sur les transactions financières, exercer un pouvoir sur l’utilisation des terres sur la planète entière, exiger que toute la population planétaire soit fichée et ait une carte d’identité nationale ou internationale, exercer un contrôle des naissances. L’Organisation des Nations-Unies a même instauré son propre tribunal international pour juger, elle qui inclut une majorité de dictatures, quiconque elle estimerait coupable de « crime contre l’humanité ». Elle voudrait de surcroît disposer de sa propre armée.
Vous direz que cela ressemble à un cauchemar totalitaire, et vous aurez raison. Et je ne parle même pas des programmes de protection de l’environnement qui ont abouti, pour des motifs spécieux, à la disparition des produits pesticides les plus efficaces pour protéger les êtres humains Grâce aux Nations-Unies et à l’interdiction du DDT, la malaria a effectué un retour triomphal, et peut tuer des millions de personnes chaque année. Les Nations Unies ont aussi interdit le fréon, l’un des produits chimiques les plus efficaces à jamais avoir été inventé : le fréon ne peut plus être utilisé pour les circuits de réfrigération ou pour éteindre des incendies, et c’est dommage, il ne coûtait pas cher, ne produisait aucune pollution notable, et n’a jamais contribué à détruire la célèbre « couche d’ozone »…
Il serait, en fait, difficile de trouver en quel domaine les Nations Unies ont apporté quoi que ce soit de positif à l’humanité. On peut, en ces conditions, se demander pourquoi les États-Unis et tant d’autres pays acceptent une autorité sans fondement. On peut se demander quel rôle est joué par les Nations-Unies qui ne pourrait être joué par une autre organisation internationale plus performante.
L’administration Bush a accepté de laisser les Nations-Unies jouer un rôle humanitaire en Irak ; elle a refusé jusqu’à ce jour qu’elles jouent un rôle politique. Le programme « pétrole contre nourriture » est, pour le moment, et en ces conditions, maintenu. Puis-je poser une question ? Ce programme ne pourrait-il être administré indépendamment des Nations-Unies ? La réponse est oui, bien évidemment, et les dirigeants américains le savent.
Ce qui me reconduit à la question : le gouvernement américain ne se conduit-il pas de telle façon que l’Organisation des Nations-Unies apparaisse inutile dans quelques années…
Je me demande même si le Congrès américain ne pourrait pas décider qu’il est temps pour les États-Unis de se retirer entièrement des Nations-Unies.
Une chose est claire en tous cas. Des commentateurs éminents tels que George Will ou Linda Chavez disent désormais à haute et intelligible voix ce qui n’a été que murmuré ces dernières années. Il est temps pour les États-Unis de quitter les Nations-Unies.
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