Outre-Terre
érès

I.S.B.N.2749203732
320 pages

p. 161 à 167
doi: 10.3917/oute.008.0161

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Europe, la fin d'un monde

no 8 2004/3

2004 Outre - Terre Europe, la fin d'un monde

« Bloc de l’Est » : Sic transit...

Dorina Nàstase centre roumain d’étude de la mondialisation, Bucarest.
Bien avant la mise en scène des « Dieux du stade [1] » sous la houlette de l’architecte en chef (Speer) du chancelier du IIIe Reich, les Soviétiques avaient mis en œuvre, d’abord au nom d’un communisme mondial, puis du socialisme dans un seul pays, une réorganisation totale du sport ; d’autant que le sport comme spectacle de masse, sous les tsars, était à peine naissant. L’organisation générale et planifiée du sport allait devenir le modèle appliqué, après 1948, à tous les pays du bloc communiste. Même si l’URSS ne devait pas accéder aux grandes compétitions internationales avant 1952 avec les Jeux Olympiques d’Helsinki, alors que des pays de l’Est pouvaient déjà arguer d’un beau passé olympique [2].
À la base, la gratuité de masse (comme pour la musique ou les arts graphiques), donc un vivier dont les responsables font émerger les futurs champions qui sont chargés d’incarner la nation d’abord soviétique, et plus tard les Pologne, Hongrie ou Roumanie en premier lieu socialistes. Ce sont, pendant une longue phase, les vertus du système qui sont mises en avant au détriment de celles de la nation. Et c’est plus tardivement que les vertus nationales seront avancées dans le « camp socialiste », surtout lors des finales des Championnats d’Europe ou du monde en sports par équipes (football, basket-ball, hand-ball, hockey sur glace, etc.). Tant et si bien que toute victoire ne sera pas uniquement celle d’un homme, d’une femme ou d’une équipe aux qualités et à l’endurance exceptionnelles, non plus que celle, exclusive, de la nation qu’ils incarnent,
mais celle du système politique, dans l’acception quasiment transcendantale du terme, qui ont rendu cette victoire possible. Le sport qui illustrait les vertus sociales (réelles) du système éducatif avec ses spectacles à usage interne, ses défilés de sportifs lors des grandes fêtes politico-patriotiques, ses matchs organisés pour commémorer tel ou tel événement national, régional ou local, est désormais investi par une stratégie politique et culturelle. Certes, les pays capitalistes visent le même but, mais l’organisation y est différente ; par exemple aux États-Unis et en Grande-Bretagne où l’on puise dans le vivier universitaire, ou encore en France et en Italie avec des fédérations à statut d’association privée mais contrôlées par l’État par le biais de la tutelle d’un ministère de la Jeunesse et des Sports.
Avant la Première Guerre mondiale et pendant l’Entre-deux-guerres, le sport avait déjà servi de support aux identités ethno-nationales du Centre et de l’Est de l’Europe. Ainsi le célèbre Sokol de Bohême-Moravie, société de gymnastique construite sur le double modèle anglo-saxon et germanique, en même temps lieu de pratique sportive et institution de formation politique et sociale pour une élite nationale. En Hongrie de l’après 1919, une partie des clubs sportifs restèrent également des espaces où s’inscrivait l’identité ethnique : sociétés sportives ou associations gymniques des Allemands, des juifs, des Slovaques, des Ruthènes. Dans son plus célèbre roman qui se déroule à Cernauti, en Bukovine, de la fin des années 1920 au milieu des années 1930, l’écrivain roumain de langue allemande Gregor von Rezzori raconte un match de football entre le club des Allemands et celui des juifs, et le pogrom déclenché par la minorité allemande après la victoire des seconds [3]. Phénomènes que l’on rencontre aujourd’hui en Angleterre ou au Pays de Galles, lorsque des supporters hooligans de tel ou tel club organisent des ratonades dans les quartiers pakistanais ou jamaïquain après une défaite de leur équipe favorite. Des systèmes particuliers d’identification que l’écrivain roumain Fanus Neagu résume parfaitement : « Au sommet, on aimait tous l’équipe nationale, mais sous la bannière d’une province ou d’une ville [… ] on devient fanatique, on oublie les vieilles amitiés, les intérêts personnels, et on se bat pour la grandeur du fleuve collectif : unique amour sincère, beau, désintéressé, connu seulement des supporters des équipes de quartiers [4]. »
Or, après la Seconde Guerre mondiale et la prise de pouvoir par les communistes, c’est toute l’organisation du sport qui précédait, tous les clubs et associations quelles qu’en fussent les visées, les objectifs et les mécanismes d’identification qu’on liquida. « Du passé il fallait faire table rase » pour que fût mis en œuvre et exalté le système soviétique ; le sport qu’avaient instauré les régimes bourgeois devait à son tour disparaître, même s’il était bien structuré dans certains pays d’Europe centre-orientale et que les équipes nationales de la région affichaient des résultats honorables, voire parfois brillants. En 1930, la Roumanie participe par exemple à la Coupe du monde de football en Uruguay, l’année même où apparaît sa propre fédération, et y fait bonne figure. En 1938, la Hongrie va en finale contre l’Italie, alors que l’URSS ne participera à la compétition qu’en 1962.
C’est après la mort de Staline que les sentiments nationalistes font retour lors des compétitions sportives entre les pays du bloc soviétique et ceux de l’Occident, au moment de l’histoire du communisme européen où commencent à se manifester, sous des formes sportives et culturelles, des différences entre nations de l’Est. Certains sports, ressortissant déjà dans le monde occidental au spectacle de masse, serviront d’outils privilégiés pour projeter vers l’Ouest, dans le champ plus vaste du conflit général nommé guerre froide, les vertus du communisme, mais aussi celles des nations.
À l’Est, ce ne sont pas, comme en Occident, les salaires faramineux qui motivent hommes et femmes à se lancer dans une carrière de sportif de haut niveau, mais quelque chose qui, dans le contexte, s’y apparente, soit la promotion sociale et l’accès aux privilèges des nomenklaturas politique, syndicale, policière ou militaire. Bien sûr, la hiérarchie du parti pèse sur le sort des sportifs, car leur statut officiel d’amateur n’est qu’un leurre idéologique : tous les champions recevant salaires et indemnités consistantes ainsi que des avantages en nature certains, y compris des voyages à l’étranger durant les périodes hors compétitions. Ces « amateurs » font partie des cadres des grandes institutions étatiques ou industrielles qui leur garantissent l’avenir et une retraite sans soucis matériels. Tel ou tel sportif de haut niveau est, à l’instar d’Emil Zatopek, officier dans l’armée ou dans la milice (police d’aujourd’hui), cadre de grandes entreprises qui donnent leur nom aux clubs : Dynamo, Étoile ou Étoile rouge, Lokomotiv, etc. Tout cela n’empêche pas les sportifs d’être simultanément portés par l’orgueil national, d’autant que chacun des pays du bloc a formé quelques champions exceptionnels.
Il y a plus : dans les ex-pays communistes, le public rassemblé et mobilisé à l’intérieur des stades perçoit et commente le sport, tout comme la presse spécialisée, en tant que lieu de liberté [5]; c’est que le stade est également dans le bloc soviétique un espace-temps cathartique où les tensions sociales et/ou politiques viennent se décharger par défoulement organisé par le pouvoir : « Seul endroit où la foule pouvait s’exprimer de manière sincère, spontanée et sans contrainte [6]. » C’est peut-être même au sein de ces manifestations de spectateurs lors des compétitions sportives que fait comme retour la « résistance par la culture [7] ». Mais avec un effet de boomerang, dès lors que la foule reprendra le chant des matchs de football pour clamer sa victoire (fût-elle illusoire) lors de la chute violente et sanglante du pouvoir communiste ; mais en vociférant cette fois : « Olé olé, olé, Ceausescu a disparu ! [8] »
Peu importe d’ailleurs qu’il se soit agi d’un espace de liberté cathartique ou bien de l’extrémisme d’identification à une équipe nationale, à un club de ville, professionnel ou syndical. Les résultats internationaux du sport communiste ont été spectaculaires, révélant des champions hors du commun : gymnastes et tennismen roumains, haltérophiles bulgares, escrimeurs hongrois, athlètes et footballeurs polonais, tennismen et tenniswomen tchèques, athlètes et spécialistes du football américain de Cuba, sans compter les innombrables Soviétiques dans tant de disciplines. Et l’enjeu de la compétition Est/Ouest en matière de sport est tel que les Allemands de l’Est n’hésitent point à jouer les apprentis sorciers d’une véritable ingénierie physiologique et biologique, fabriquant à coup d’hormones et autres produits de fantastiques nageuses dont les chroniqueurs, au vu de leur musculation, se demandent si elles sont femmes ou hommes… Preuve s’il en fallait que le travail sur les corps fonctionne de la même manière, qu’il se fasse le vecteur d’une politique ou bien qu’il véhicule, comme à l’Ouest, des profits énormes…
Mais la « transition » bien mal nommée a elle aussi transformé – sans pour autant les annuler – les rapports entre sport et nationalisme dans les pays de l’ex-bloc communiste et aligné par là ceux-ci sur l’Occident. Les compétitions majeures, nationales et surtout internationales, attisent les passions populaires, alors que s’effondre simultanément la participation égalitaire au sport : de plus en plus de spectateurs et de consommateurs. Côté dirigeants, la volonté de vaincre se mêle aujourd’hui à des enjeux résolument financiers dès lors que la « valeur des footballeurs du FC Barcelone représente un budget en dollars plus important que celui de la santé, de l’armée, de la culture… de certains pays des Balkans [9] ». En 2003, les bénéfices générés dans le monde par les différents sports se montent à 2 000 milliards de dollars [10] ! Enorme production de plusvalue à l’origine d’investissements encore plus énormes dans les infrastructures : « Tandis que le théâtre vit de plus en plus retiré dans des salles de plus en plus petites, peu conventionnelles, le roi-football a élargi ses capacités d’accueil, construisant des stades de plus de cent mille places et dotés des aménagements les plus modernes, de véritables temples de la modernité [11]. »
Un récent scandale, en Roumanie, traduit de façon très explicite des passions politiques normalement hors sujet. Les Roumains dominent largement le match de qualification pour l’Euro 2004 qui les oppose au Danemark ; or, l’arbitre suisse va accorder à la quarante-quatrième minute un penalty aux Danois et prolonger inconsidérément le temps réglementaire, avec pour résultat un nul, deux à deux, et la qualification des Danois. Le Suisse doit subir d’abord l’assaut des médias roumains, puis celui, violent, des supporters qui ont vécuses décisions comme faisant partie des nombreuses humiliations essuyées de la part des Occidentaux : courriel, téléphone ou libres opinions dans les quotidiens. Mieux, le calendrier publicitaire de la succursale roumaine d’une banque grecque relate les suites imaginaires dans un texte fictivement rédigé le 4 mars 2032 : à trente-neuf ans (l’arbitre) devient SDF, perdant travail et famille ; sa femme le quitte pour un footballeur roumain ; et il déclare aux journalistes… « avoir été maudit par les Roumains [12] ». Comme l’explique partiellement la journaliste Ioana Lupea du Cotidianul : une « réaction nationaliste disproportionnée », certes, mais le Premier ministre Adrian Nàstase ne s’y est pas trompé, prenant pour cible les États occidentaux « qui nous mettent [les Roumains] à genoux »; comme si le match traduisait les ressentiments, jamais révélés par les sondages, que les Roumains nourrissent à l’égard de l’Union européenne ; et comme si la masse des citoyens en appelaient à la solidarité nationale devant une trahison historique et globale de l’Occident à partir d’une simple – et bien réelle – erreur d’arbitrage [13]. Situation paradoxale, s’il en est, car ces mêmes citoyens, dès lors qu’ils répondent à des questions dégagées de tout contexte et hors réalité, accordent quelque 80 % d’opinions favorables à l’entrée de la Roumanie dans l’UE. On aurait pu, de fait, s’en prendre à l’arbitrage en tant que tel, s’interroger sur la compétence ou une éventuelle vénalité de l’arbitre, exiger que le ministère roumain des Sports dépose plainte et demande une enquête auprès de la FIFA afin de mettre à jour les raisons de cette décision erronée. La journaliste roumaine qui dénonce le nationalisme investi dans le sport manque néanmoins d’intelligence comparatiste, car de tels phénomènes sont fréquents dans toute l’Europe. Elle aurait dû mentionner le fait qu’à Budapest, les supporters hongrois traitent les Roumains de Tsiganes. Que, lors de matchs de rugby entre la France et l’Angleterre, les commentateurs français n’hésitent pas, pour galvaniser les supporters, à raviver la mémoire cuisante de Crécy, d’Azincourt et de Waterloo contre la « perfide Albion »; des« souvenirs » désagréables qu’est censée effacer telle ou telle victoire. Et les jeunes maghrébins sifflant la Marseillaise lors du France-Algérie du 6 octobre 2001 au Stade de France en disent bien plus que le discours convenu sur le multilatéralisme et les analyses sociologiques…
Enfin, l’investissement du sport par la passion nationale demeure encore dominant lors de matchs particuliers où la région retrouve la mémoire historique des confrontations et des lourds contentieux entre voisins. Les commentateurs se souviennent encore de la finale de hockey sur glace entre l’URSS et la Tchécoslovaquie en 1972, vécue par la seconde comme une revanche sur l’invasion d’août 1968. Cela vaut pour le football, avec beaucoup d’intensité, mais aussi pour le rugby. Ainsi les Hongrois de Transylvanie (Roumanie) qui soutenaient et continuent de soutenir l’équipe nationale hongroise lors des matchs entre les deux nations. Et les extrémismes peuvent renaître sur les terrains de sport même quand les passions se sont apaisées au plan politique à proprement parler. Le moral des sportifs semble requérir pour les grandes compétitions une identification supérieure : l’absence de supporters et d’applaudissements pour raisons de sécurité a par exemple été ressentie par les équipes de hockey sur glace de Miercurea Ciuc (en pleine région densément peuplée de Hongrois) et du Steaua Bucarest comme équivalant à une punition. Preuve que le sport moderne retrouve, mais par des cheminements totalement différents de ceux des Grecs de l’Antiquité, une dimension religieuse, l’oblation de l’effort étant consentie à un groupe singularisé de gens : supporters, citoyens, minorités ethniques ou religieuses.
Et cependant, il se pourrait que toutes ces bouffées de nationalisme ne soient que phénomènes rémanents qui disparaîtront dans l’ordre de la commercialisation et des marques. Les politiques du postcommunisme s’inspirent à l’occasion, tout comme leurs collègues occidentaux, directement du sport, surtout national et international, qui rassemble grâce aux médias des dizaines de millions de téléspectateurs. Même si les nouveaux riches de la première génération, en Roumanie (et plus généralement à l’Est), n’ont pas, loin de là, le vernis d’élégance d’un Silvio Berlusconi, il n’empêche, Gigi Becali qui s’est récemment offert le Steaua a repris aussi le Parti Noua Genera∑ie (Le parti de la nouvelle génération) fondé par le maire de Bucarest, pour lancer sa campagne présidentielle… Son discours est un mélange simpliste de populisme, de compétition brutale, de critique sociale confuse du gouvernement. Cependant qu’il se garde soigneusement de toute identification au Parti de la Grande Roumanie de l’extrémiste de droite Corneliu Vadim Tudor.
Les organisations sportives, les dirigeants et les sportifs eux-mêmes des expays de l’Est sont installés sur le marché capitaliste du travail. Joueurs et entraîneurs vendent leur notoriété, donc leur nom et leur image qu’ils négocient en des lieux d’où ceux-ci étaient naguère bannis. Les premiers allant à l’instar des mannequins jusqu’à exhiber leur corps contre monnaie sonnante et trébuchante. Il n’y a d’ailleurs plus, depuis quelque trente ans, d’équipe nationale de cyclisme; certaines compétitions de football entre clubs européens revêtant plus d’importance car générant des retombées financières supérieures. Pour conclure, les pays de l’ex-Europe communiste sont devenus grands exportateurs de nombreux sportifs de très haut niveau, comme avant eux les pays du tiersmonde, en matière de football et d’athlétisme.
 
NOTES
 
[1] Référence à l’admirable film (forme, mise en scène, découpage, montage, prises de vue), et ce, quels qu’en soient les sous-entendus politiques évidemment présents, réalisé par Leni Riefensthal à l’occasion des Jeux Olympiques de Berlin en 1936.
[2] Par exemple la Bohême de l’empire austro-hongrois, puis la Tchécoslovaquie d’après 1919 et la Hongrie avaient obtenu d’honorables résultats dans un certain nombre de compétitions.
[3] Cf. Gregor von Rezzori, L’hermine souillée, Gallimard, Paris, 1961.
[4] Fanus Neagu, « Floarea soarelui ≥i roata mortii » (Le tournesol et la roue de la mort), Secolul 20, n° 7-7, spécial Football, p. 31-33.
[5] Cf. Solomon Marcu≥, « Goooool ! » (Goaaaaaal !), Secolul 20, op.cit., p. 34-35.
[6] « Ole, ole, ole, Ceau≥escu nu mai e ! », cf. Andreea Deciu, « Fotbalul pe douà continente », Secolul 20, op. cit., p. 40-48. En Pologne aussi, des manifestations dites de « hooliganisme » pendant les matchs de football.
[7] Situation intéressante qui révèle la puissance de cette catharsis. L’équipe roumaine de football n’ayant pas été sélectionnée pour le championnat d’Europe de 1988, le pouvoir communiste prit la décision de ne pas retransmettre la compétition, frustrant ainsi une grande partie de la population d’un spectacle qu’elle attendait. On allait dès lors observer des attitudes surprenantes : téléspectateurs roumains de Transylvanie achetant des antennes pour capter la télévision hongroise ; ceux du sud tâchant de s’équiper de façon à recevoir le programme bulgare.
[8] Solomon Marcu≥, op. cit.
[9] D. R. Popescu, « Zeii-portari » (Les dieux-gardiens), Secolul 20, op.cit., p. 34-37.
[10] France info, 24 mars 2004, émission consacrée au dopage.
[11] D. R. Popescu, op. cit.
[12] Le Calendrier 2004 ( 2032) de l’Alpha Bank, Roumanie, mars 2004, dans« Decaderea lui Urs Maier » (La décadence de Urs Maier), Gazeta Prosporturilor, Cotidian Unificat de sport (La gazette des sports, quotidien unifié du sport), 4 mars 2032, Bucarest, 2004.
[13] Ioana Lupea, « Periferia civiliza∑iei » (La périphérie de la civilisation), Cotidianul, 15 septembre 2003, Bucarest.
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[2]
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[3]
Cf. Gregor von Rezzori, L’hermine souillée, Gallimard, Pari...
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[4]
Fanus Neagu, « Floarea soarelui ≥i roata mortii » (Le tourn...
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[5]
Cf. Solomon Marcu≥, « Goooool ! » (Goaaaaaal !), Secolul 20...
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[6]
« Ole, ole, ole, Ceau≥escu nu mai e ! », cf. Andreea Deciu,...
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France info, 24 mars 2004, émission consacrée au dopage. Suite de la note...
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D. R. Popescu, op. cit. Suite de la note...
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